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jeudi 31 mai 2007 Anorexie et boulimie - Parents, aidez votre enfant en détresse
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Je m’appelle Vittoria et je voudrais adresser un message aux parents de filles et garçons (1) touchés par les TCA (Troubles du Comportement Alimentaire) et, par extension, en état de détresse/dépression ou dépendance. Durant mon enfance, j’étais une petite fille sage, studieuse et raisonnable. L’enfant rêvée en somme. Et pourtant ! Au fur et à mesure des années, l’image de la plaisante et lisse Vittoria s’est brisée et je suis tombée dans le cercle vicieux des TCA. J’ai d’abord été touchée par l’anorexie, puis j’ai basculé dans la boulimie. Et dans les deux cas, je me souviens que je me suis trouvée face à une très grande incompréhension de la part de mon entourage. La vie d’un-e anorexique Si je semble forte, c’est parce que je me bats continuellement contre moi-même et n’accepte aucun relâchement. Je veux absolument dompter et dépasser mes besoins. Toutefois, cette force n’est qu’une apparence car au fond de moi je suis envahie par de multiples peurs. Si je m’écarte des gens, ce n’est pas parce que je me sens supérieure, mais uniquement parce que je crains les rapports humains qui me font trop souffrir. Si l’on me reproche de ne pas sourire ou d’être trop mûre, c’est parce j’ai déjà une vision très grave, voire très sombre de la vie. Si je parais dure, ce n’est pas parce que je n’ai pas de cœur mais parce je suis complètement prisonnière de mes comportements obsessionnels (sport, régime draconien ...). Je le reconnais, je suis extrêmement orgueilleuse ; ainsi, personne ne sait que je me recroqueville pendant des heures sous ma couette, que je m’enfonce les poings dans la bouche pour ne pas faire de bruit en pleurant ou me balance doucement dans mon lit pour m’imaginer dans un autre monde où je ne souffrirais plus tant je ne trouve ma place nulle part. Mon corps ayant été très longtemps résistant, je n’ai pas du tout conscience que je porte atteinte à ma santé. J’ai juste le sentiment d’être plus lucide et plus sensée que les autres personnes. Par ailleurs, combien de fois ai-je entendu : "Allons ressaisis-toi toi qui étais si raisonnable et si mature avant !" Pourtant c’est drôle, au début, ma grande volonté suscitait l’admiration. En outre, il est sûr que cela me blesse au niveau de mon ego, mais au lieu de me faire changer d’avis, cela me braque encore plus. "Allez il faut arrêter ce comportement absurde et manger maintenant car nous nous faisons trop de soucis à cause de toi". J’ai alors le sentiment de gêner, voire de déranger par rapport aux autres membres de la famille. "Mais pourquoi tu nous fais ça, tu n’es qu’une égoïste, est-ce que tu penses à nous au moins ?" Mais enfin vous ne comprenez pas que je ne maîtrise absolument rien. Si je persiste dans ma position, ce n’est pas que je suis contre vous et désire vous narguer, mais c’est parce que je suis entraînée dans la spirale infernale de la maladie et, surtout, de la culpabilité ? Par contre, j’admets que je désire devenir totalement "pure", mais il s’avère que ce contrôle sur mon corps me procure un sentiment d’autosuffisance, de sécurité et surtout l’impression d’être enfin "quelqu’un". Alors, quand on me traite d’égoïste, je suis estomaquée car moi j’ai justement l’impression que personne ne pense vraiment à moi et essaie de se mettre à ma portée. "Mais tu ne penses qu’à toi, tu ne veux pas guérir de toute façon". Je réponds "oui" pour qu’on me laisse tranquille, mais en fin de compte je ne sais même pas ce que cela veut dire "guérir", étant donné mon état psychique. À l’idée de grossir et de prendre des formes, je panique complètement. Je ne veux pas rentrer dans ce monde d’adultes, mais rester à mon stade asexué. Par ailleurs, sachez qu’une bouchée d’aliments est à mes yeux un intrus qui s’infiltre dans mon corps et m’encrasse, et que chaque calorie est une ennemie pernicieuse qui me souille. Le fait de manger est donc une véritable torture mentale car source d’angoisses indescriptibles. "Nous en avons assez de ton comportement puéril, à ton âge, on n’a plus de telles lubies !" C’est le comble : je suis perçue comme une personne qui veut attirer l’attention et qui fait un caprice alors que je suis complètement dépassée par ma situation. "Mais, enfin, je ne te comprends pas, dire que toi tu as la chance d’avoir un toit sur la tête, un travail et que tu sais bien qu’il y a tant de gens qui eux meurent de faim sans le vouloir". Je sais bien tout cela, mais vous n’arrivez qu’à me faire culpabiliser davantage d’être finalement encore en vie ! "Tu sais nous avons eu des remarques des voisins, tu as trop maigri, il faut te ressaisir maintenant". Pourquoi voulez-vous que je guérisse ? Parce que les voisins ont fait une remarque sur votre responsabilité de parents ? Moi, ce que j’aimerais entendre, c’est par exemple "je me fais du souci pour toi", "j’ai mal de te voir décliner ainsi" ou "est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ?" La vie d’un-e boulimique Perdue dans le regard des autres, je me montre souriante et serviable, mais c’est en fait pour quémander une validation, un sourire et/ou un compliment qui me sortiraient un peu de ces sentiments envahissants et omniprésents d’être si insignifiante et si nulle. Combien de fois ai-je entendu : "Allons enfin arrête tout ça", alors que je suis envahie par un sentiment de vide immense et d’impuissance totale. Mon besoin de manger sans même avoir faim est une pulsion que je vis tel un envoûtement. Moi, l’ancienne ascétique, sèche et flegmatique, je suis devenue une furie. Telle une droguée, j’ai besoin de mes crises avec ma dose de nourritures pour pouvoir me défouler, et surtout ne pas "exploser" tant je vis sous pression dans la journée. De surcroît, je ne peux m’arrêter car j’ai trop longtemps vécu dans le secret, cachant mon mal à tous avec la peur que l’on vienne à le découvrir. J’ai beau limiter les dégâts avec le sport, les laxatifs, le jeûne et les vomissements, je suis écrasée par la culpabilité avec le sentiment de n’être qu’une menteuse et une tricheuse face au monde à force de paraître ce que je ne suis pas. "Mais il suffit de faire preuve de volonté !" Alors que vous vous n’arrivez même pas à arrêter de fumer ou de boire votre petit verre ! Vous ne comprenez pas que je ne fais pas exprès, seules mes pulsions me gouvernent. A vrai dire, j’ai même l’impression d’être enfin moi-même durant mes crises car à ces moments-là, je ne porte plus le masque de la gentille Vittoria, et je me lâche enfin. J’exprime alors ma rage, ma violence et mes frustrations. "Et dire que nous avons tant fait pour toi, qu’est-ce qu’il t’arrive". Un enfant n’est-il qu’un éternel redevable envers ses parents sous prétexte qu’ils l’ont mis au monde ? "Comment peux-tu me faire souffrir ainsi". Et moi si tu savais combien je souffre avec toutes ces idées noires qui me harcèlent au point de vouloir que tout cela cesse tant je ne me supporte pas et suis dégoûtée par mes pulsions et mon corps. "Tu ne nous aimes pas pour faire cela". Mais pas du tout, c’est MOI que je ne respecte pas et exècre. "Bon ça suffit maintenant, je perds mon temps avec toi puisque tu ne veux même pas m’écouter ou discuter". T’écouter ou être de nouveau assénée d’ordres, de reproches et critiques négatives ? Discuter ou entendre un monologue ? "Tu n’es qu’une insolente car tu ne daignes même pas me répondre". Répondre à quoi ? A force d’être d’emblée coupable, je suis incapable de la moindre discussion. "Je ne comprends pas pourquoi tu t’obstines ainsi alors qu’on fondait vraiment tant d’espoir sur toi". "Tu sais tu me déçois vraiment, je me suis pas sacrifiée autant pour en arriver là". Ne suis-je donc qu’un projet ou un investissement à tes yeux ? "Allez fais-moi plaisir, et fais... va...". Je veux bien te faire plaisir car c’est mon désir le plus cher, mais jusqu’à quel point ? A force de vouloir te faire plaisir depuis ma plus tendre enfance, je ne sais même pas qui je suis ? J’ai beau faire mon maximum, j’ai cependant l’impression que je n’arriverai jamais totalement à te faire plaisir et être aimée inconditionnellement et pour ce que je suis. "Tu ne veux même pas manger avec nous". Ce n’est pas du tout parce que je ne "veux" pas. En fait, je ne "peux" pas manger avec vous car j’ai vraiment peur de ne plus pouvoir me contrôler en public. Par ailleurs, je ne veux pas de commentaires sur tout ce que je mange. Pendant les repas, je ne veux surtout pas entendre parler de mes pires obsessions : la nourriture et mon poids. Je ne veux pas non plus que l’on me force à manger comme un bébé ou une oie. En ayant assez d’être surveillée, scrutée et espionnée durant chaque repas dans une ambiance tendue et stressante, je préfère nettement manger seule pour être sûre d’être tranquille. "Oh mais tu es invivable !" "Tu n’as pas de cœur !" Si je ne manifeste pas mes émotions, c’est parce que je suis incapable de les gérer. Désirant tout contrôler, je garde tout en moi. Avec le temps, je refoule tant que je suis complètement exsangue terrassée par l’impuissance, la tristesse, la honte et le désespoir, comme au fond d’un trou ne voyant plus la lumière depuis un certain temps. "Tu ne fais plus rien". "Tu deviens de plus en plus paresseuse". Je ne suis pas paresseuse, je n’ai tout simplement envie de rien. Je suis lasse. Mon chagrin et ma prostration sont devenus mon "hurlement silencieux", seul langage à ma portée. Je me renferme sur moi-même pour me faire une carapace et camoufler mon hypersensibilité maladive et ma vulnérabilité extrême, mais surtout pour tenter de ne plus souffrir. "Toi qui es si gentille pourquoi tu n’as pas d’ami(e)s". Mais justement, j’en ai assez d’être gentille. Ma gentillesse dissimule mon incapacité viscérale à m’affirmer et notamment dire "non". Ne sachant ni me défendre ni dire ce que je pense, je préfère être seule pour ne plus jamais être dominée et objet de remarques ou moqueries de la part des autres. Culpabilité et impuissance : comment nous aborder ? J’ai par conséquent dans ces deux types de troubles le sentiment d’être constamment en faute à force d’entendre des critiques. Non seulement n’ayant ni confiance en moi ni d’estime de moi-même, mais aussi souffrant d’un trouble grave de la perception de l’image de mon corps et ne m’acceptant guère, tous ces jugements m’écorchent vive et m’achèvent. J’ai même fini par me considérer comme une moins que rien et une "ratée". Or, si une jeune fille se sent impuissante face à ces maux, à force d’entendre que les troubles de comportement alimentaire (TCA) sont des maladies touchant essentiellement les filles, je me demande ce que vivent les garçons concernés alors qu’ils sont censés être forts et aimer la compétition ? Ils doivent encore plus douter d’eux-mêmes, voire de leur virilité, ne plus pouvoir fréquenter les autres jeunes pour éviter toutes allusions et affronts face à leur trop grande vulnérabilité, mais surtout ne pas avoir la force de se faire soigner. Parents, je veux bien croire que vous vous sentiez impuissants face à notre mal-être, mais surtout ne nous abordez plus de la sorte car cela ne fait qu’empirer notre mal-être et accroître notre détresse. Sachez aussi que ce qui nous fait encore tenir, c’est vous et quelques souvenirs qui nous renvoient des bribes d’images encore positives de nous-mêmes. Oui, nous avons incontestablement besoin de vous, mais surtout pas de critiques, jugements, gestes brusques, éclats de voix, cris, menaces ou chantages, car nous-mêmes nous nous autocritiquons déjà en permanence et nous dévaluons à un point tel que nous ne sommes même plus capables de nous regarder en face. Nous n’avons pas besoin de davantage de culpabilité car celle-ci est déjà notre "compagne" de chaque seconde au point de nous faire sentir d’être coupables d’être de ce monde car si décevants à vos yeux. Souffrance et solitude Tantôt paraissant "solides et obstiné(e)s", tantôt "serviables et douces(x)", nos maux reflètent nos troubles psychiques, résultat de profonds et douloureux déchirements intérieurs. Toute notre souffrance (cocktail explosif composé d’un désir viscéral de perfection et d’obtenir l’approbation de tous, de blocages émotionnels, de peurs multiples dont la violence, les conflits, échouer, être rejetée, abandonnée...) nous éloigne de tout et tous, et nous entraîne dans une solitude implacable qui nous ôte toute envie de continuer. Moi, j’ai ainsi grandi trop vite avec le sentiment que je serai toujours seule, et pire, que je ne pourrai jamais compter sur quiconque dans la vie. Ne passez pas à côté de votre enfant Alors, je vous en supplie, ne restez plus à côté d’elle(lui) tels des juges impitoyables et intransigeants, mais accompagnez-la(le) tel un-e ami-e et un être à part entière avec notamment ses propres envies et besoins. En effet, même si elle(s’il) ne le dit pas, elle(il) a véritablement besoin de votre temps, de votre patience, de votre écoute, de votre chaleur, de votre tendresse, de votre douceur, de votre contact, de dialoguer, de savoir la vérité sur certains non-dits et d’être traité-e comme un être capable et à part entière. Je sais bien que vous voulez la plupart du temps le meilleur pour votre enfant, mais si vous vous montrez trop parfaits, trop durs ou peu disponibles, les distances entre vous ne feront qu’augmenter. Lui laisser sa place d’enfant Par ailleurs, avez-vous oublié votre enfance ? Alors considérez bien votre petit comme un enfant et non comme un-e adulte miniature ou un prolongement de vous-mêmes. Et si vous n’avez pas eu une enfance facile - ce qui est souvent le cas -, ne faites pas semblant de croire que cela n’a pas existé en n’en parlant guère, et en pensant que vous finirez par tout oublier. Les émotions négatives (tensions, colères, rancunes, ressentiments, haine, etc.) ne s’oublient pas, et finissent toujours par se manifester d’une façon ou d’une autre si elles ne sont pas gérées. Moi-même, ma mère m’a transmis le message que la féminité était un danger, et un état d’infériorité, de sacrifice et de servitude. C’est ainsi qu’inconsciemment je ne voulais ni être une fille ni une femme. Ou encore, à la mort de mon père, je n’en ai parlé à personne pensant être suffisamment forte pour gérer son absence et mes manques. Mais n’ayant pas pu partager ma peine, avec le temps, je me suis complètement écroulée et ai dû attendre des années pour pouvoir en faire enfin le deuil. Essayer de communiquer et de lui montrer votre affection Par conséquent, bien au contraire, si vous avez des nœuds et blocages sur votre passé, ne gardez pas tout sur le coeur, parlez-en et rompez enfin ces tensions et silences si pesants dans tant de familles. Les silences qui se veulent protecteurs se révèlent bien trop souvent tels un venin qui ronge peu à peu les liens, l’amour et la confiance. Si vous êtes incapables de manifester votre affection, de reconnaître les qualités de votre enfant et de voir la vie avec son aspect positif, sachez que celle(celui)-ci finira par croire qu’elle(il) ne vaut absolument rien, qu’elle(il) ne sera jamais digne de vous, et que finalement la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Même si vous lui donnez de l’argent et lui offrez de belles choses, cela ne suffit pas. Et si vous n’arrivez pas à vous rapprocher d’elle(de lui) et à lui exprimer votre amour, expliquez-le-lui, et elle(il) saura au moins que vous l’aimez mais que vous êtes juste bloqués. Sinon, votre maladresse et votre pudeur seront mal interprétés et creuseront un fossé grandissant ; votre enfant finissant par croire que vous ne l’aimez pas. Je vous en supplie, aidez votre enfant. Prenez conscience que vous êtes leurs modèles et leur miroir. Tentez au moins de casser et dépasser les transmissions qui vous font du mal. Ne les jugez plus d’emblée - comme on l’a fait avec vous -, et essayez au moins de vous renseigner pour les comprendre un peu. Surtout, réagissez avant qu’il ne soit trop tard. Ainsi, tendez-lui la main pour qu’elle(il) ait l’envie et la force de se relever, de s’ouvrir et de vivre pour rentrer dans le monde des adultes. Effectivement, avec votre soutien, votre écoute, vos encouragements et votre compréhension, le chemin de la guérison est bien entendu bien plus aisé. Note 1. Un (1) anorexique sur 10 est un garçon ou jeune homme, et trois (3) boulimiques sur 10 sont des garçons ou jeunes hommes. Livre de l’auteure
Pour en savoir plus sur les TCA :
Mis en ligne sur Sisyphe, le 25 mai 2005. © Sisyphe 2002-2010 |
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Vittoria Pazalle |
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Plan-Liens Forum (1/11) 18 décembre 2008 , par Raquel (2/11) 3 octobre 2007 , par Internaute (3/11) 12 septembre 2007 , par eliet rép:
Internaute
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(4/11) 28 janvier 2007 , par Internaute (5/11) 16 juillet 2006 , par jayscie rép:
julian de paris
(6/11) 30 mai 2006 , par sarie365 (7/11) 13 avril 2006 , par Internaute (8/11) 5 février 2006 , par samia (9/11) 5 janvier 2006 , par thegirl5 rép:
camille
(10/11) 4 novembre 2005 , par aurore (11/11) 8 juin 2005 , par Seb |
Salut ! avez vous eu des informations ? Si oui pouvez vous nous les transmettre. Nous sommes des étudiantes et nous avons un dossier a faire sur l’anorexie. poline_78@hotmail.com ou sissicasimir@hotmail.com Merci d’avance !!
Bonjour, Vous pouvez notamment consulter le site suivant pour trouver des informations dont des sites et articles spécialisés sur les TCA : http://www.vittoria-pazalle.com. Bien cordialement. V. Pazalle
je suis dans la même situation que vous sauf que notre fille ne veut pas en parler. Peut être pouvons nous en parler, nous aider et nous soutenir.
Bonjour Eliette, Je vous remercie pour votre confiance. Votre fille vit une grande souffrance à l’intérieur et elle ne sait pas comment l’exprimer d’où parfois une certaine agressivité avec les proches. Je pense que vous pouvez essayer d’être sincère tout simplement en lui exprimant votre inquiétude et votre désarroi. Vous pouvez également lui dire que vous êtes disponible si elle a envie de parler, mais surtout ne la forcez pas car elle se sentirait espionnée ou contrôlée. Enfin, vous pouvez lui dire que vous vous renseignez sur les TCA et que vous aimeriez en discuter avec elle pour tenter de mieux la comprendre. J’espère que ceci pourra vous aider. Une dernière idée : elle peut écrire des lettres si elle n’arrive pas à s’exprimer oralement. Cela fonctionne aussi chez certaines personnes ! Bien cordialement. V. Pazalle
slt je suis un garçon ano restrictif depuis quelques mois je glisse de 70kg au mois de mai je suis a 57 fin juillet je fond et je m’enfonce solitude et incomprehension de l’exterieur tu sais je suis ano depuis l’age de 12ans j’en ai 33 et quand un probleme survient dans mavie je glisse doucement il faut garder courage je t’ecris car les garçons ano c’est rare et il faut sans doute que l’on s’aide les uns les autres je te laisse mon mail rstieff@noos.fr juliananorexique.unblog.fr a plus j’espere julian de paris
Bonjour, L’anorexie touche principalement le sexe féminin mais il est tout à fait vrai que les garçons peuvent être touchés. On n’en parle pas assez car ceux-ci osent rarement en parler tant cette maladie est assimilée au sexe féminin. Avez-vous eu un choc émotionnel ou une grande déception récemment ? En effet, un état dépressif peut conduire à l’anorexie avec une perte d’appétit importante, amaigrissement, dégoût de la nourriture et grande tristesse. Je comprends très bien votre solitude car votre famille ne doit pas trop connaître ce problème car se nourrir est généralement un plaisir. Pour sortir de ce cercle vicieux de solitude, je vous conseille d’en parler à un spécialiste des Troubles du Comportement Alimentaire qui lui ne vous jugera pas et d’aller dans des sites spécialisés où vous pourrez discuter avec des personnes qui traversent les mêmes affres et qui vous comprendront (cf. http://www.vittoria-pazalle.com/Liens.html). Il ne faut pas avoir honte de votre état et vous isoler, et en en discutant avec un thérapeute vous comprendrez certainement la raison de cette perte d’appétit qui est comme un signal de ce que vous vivez à l’intérieur de vous (choc émotionnel notamment une rupture, la séparation des parents, un éloignement, un échec, le décès d’un proche, une grande déception, etc). Surtout ne restez pas replié sur vous-même durant les vacances, sortez et changez-vous les idées car l’anorexie finit par provoquer des idées noires. En allant sur des forums sur les TCA, vous pourrez notamment dialoguer avec d’autres hommes. Bravo d’avoir eu le courage d’écrire sur ce site car peu d’hommes osent le faire tant la pression est grande sur l’image masculine supposée forte et solide ; or même un homme peut être très sensible, très émotif, ne pas savoir comment se confier et gérer ses émotions. Vittoria
Merci de votre réponse, je refléchi mais je ne trouve pas de cause à cette chose...je fait des études que je réussi avec succés, j’ai une famille et des amis qui m’aiment, même si ils ne me comprennent pas,il y a juste ce corps dans lequel je vie, dans lequel je ne me sent pas "chez moi".j’en parle déja bcp avec des personnes que j’ai rencontré sur le net, cela m’aide, même si ce n’est que des mots. J’ai également vu votre site qui m’a aidé a comprendre bcp de chose, je vai souvent relire certains passages qui me redonne du courage et l’envie de m’en sortir.j’arrive aussi à ne plus y penser, durant des journées complétes, mais le soir venu, quand je me retrouve seul dans ma chambre, c’est a nouveau l’angoise et les pleurs qui viennent me tenir compagnie. Je ne me sent pas encore prés à en parler à un spécialiste, pour l’instant j’ai juste l’envie et la conviction que je vais m’en sortir. la percepective d’un avenir meilleur, d’une vie "normale" me motivent, mais c’est dur... quelque soit la suite je tiens à vous dire merci encore une fois, je ne connai que votre nom mais vos écrits m’aide à survivre. Merci beaucoup, sincérement JC
j’ai besoin d’aide car je ne sais pas si je suis boulimique ou anorexique(je mange énormément et je me fais vomir)je vous en pris aidée moi
réponse être anorexique c’est manger très peu (ex:1 fruit par jour), y faire très attention l’inverse c’est être boulimique : manger beaucoup et vomir après tu es donc boulimique
A 14 ans j’ai fait une dépression à cause des relations que j’avais avec les élèves de ma classe depuis, je fait un rejet presque total sur la nourriture. Je ne mange presque pu de peur de vomir qui est d’ailleurs une phobie que j’ai depuis toute petite. Depuis ce temps là , je n’arrive plus à m’en sortir je rejette mon corps que je trouve maigre, je n’ai plus beaucoup de forces je pèse 38kg pr 1m58 et ça m’inquiète énormément et ça inquiète mes proches. Je fais dépression sur dépression et je ne sais plus quoi faire pour m’en sortir. Je me bats constament avec moi même pour essayer de reprendre du poids mais cela devient trop dur. Je ne sais pas vraiment si je suis anorexique, mon médecin m’a dit que non mais la perte de poids devient trop importante et si quelq’un veux m’aider il peut me laisser un message sur : marilyne591@hotmail.com Je vous remercie d’avance.
je ne pense pas pouvoir t’aider car cela fait 7 ans que je suis ano. au pire de ma situation j’ai pesée 33 kilos pour 1m72. tous ceux qui me connaissaient avant étaient hyperaffolés. pendant quasiment deux ans, j’ai cru que j’était sur la bonne voie de guérison, j’ai repris du poid ; maintenant je pèse environ 55 kilos, mais je ne suis pas guérie. je fais encore pas mal de restrictions. mais j’essaie de m’obliger à manger avec des amis, même si c’est un truc avec lequel je me sens mal, je reste avec eux le plus lontemps possible apres avoir mangé et j’essaie de m’occuper avec eux, et de faire des trucs intéressants et, surtout, prenant pour l’esprit, histoire de ne pas penser à la nourriture. j’habite seule et si je ne veux pas manger c’est très facile pour moi. change de medecin, car tu es dans ce que j’appelle la "frontière pile" du poid en dessous duquel tu ne dois pas descende. le mieux c’est que tu trouves un psy qui soit adapté à toi. j’en ai trouvée une très bien quand je vivais en france, mais maintenant je suis aux us, c’est plus complexe. bon courrage. l’ano est un truc très solitaire, celui qui ne l’a pas véccu ne peux pas le comprendre réellement. la question est de comprendre pourquoi tu ne veux pas vivre ?(ne pas manger c’est mourir, donc si tu ne veux pas manger tu veux mourir) est ce qu’il y a un truc qui pourrait inverser la tendance ? comment ? je n’ai malheureusement pas la réponse à ces questions ; et certainement si je l’avais elle serait personnelle et donc inutilisable pour toi. je pense que tes problèmes avec tes camarades de classe sont une conséquence de ton état, et peut-être aussi une sorte d’excuse pour l’expliquer, comme celles que j’utilisais pour ne pas manger. mais la question n’est pas vraiment là. maintenant quand je ne mange pas, ou peu, j’essaie d’assumer, et je dis c’est parce que je suis anorexique, et que ce n’est pas pour faire de mon corps une silouette de mannequin. les gens ne comprennent pas car ils considèrent que je suis une femme "parfaite" : "très belle (1m72, blonde, yeux bleux ; les parfaits critères cannons actuels),très intelligente (26 ans en fin de doctorat en gestion), et très tallentueuse (je suis aussi chanteuse lyrique, j’étudie au conservatoire à Paris). j’ai beau prendre ça avec humour et expliquer que la perfection n’existe pas. je sais aussi pourquoi ils me considèrent parfaite, je ne veux pas exister. je renouvelle mes encouragements à trouver un psy. bonne chance.
http://www.vittoria-pazalle.com Merci Camille, En effet, le désir de perfection et de contrôle sur tout sont caractéristiques des TCA. Or comme vous le soulignez si bien, on peut être "apparemment bien" (jolie, intelligente, gentille, serviable, douce) aux yeux des autres mais être très mal "à l’intérieur" (manque de confiance en soi, absence d’estime de soi, tristesse, peurs viscérales de l’échec, du rejet, de l’abandon...). Bravo pour votre témoignage car l’apparence peut effectivement être trompeuse, et c’est notamment ce qui donne tant de mal à diagnostiquer tôt ces troubles. Et grâce à une thérapie, on peut peu à peu dénouer certains noeuds profondément enfouis. Vittoria
Bonjour Maryline, Je vous réponds en privé et vous conseille en attendant de vous renseigner sur l’émétophobie. Vittoria
l’hospitalisation n’est pas le meilleur moyen. j’ai failli être hospitalisée pour anorexie 34 kilos pour 1m72, et je sais pertinement que si je l’avait été, je me serais laissée mourrir. mes amis ont toujours été là pendant les moment les plus durs de mon ano, et je peux dire que c’est grâce à eux que je suis en vie aujourd’hui. un jour, j’étais dans la rue et une de mes meilleures amie m’a pris par les épaule, m’a secouée, et m’a dit "tu n’as pas le droit de mourrir parce que nous on t’aime". je ne pense pas que s’était une bonne raison, mais c’est quelque chose de gravé dans ma mémoire. surtout ne romps jamais le fil avec ton amie. essaie de lui donner des engagements qu’elle doive tenir. une autre de mes meilleures amie m’a demandée de recréer un opéra oublié avec elle et tout un groupe (je suis aussi chanteuse). comme je lui avais dit oui, j’étais obligée de tenir ma promesse, c’est un engagement qui m’a sauvé et m’a empêché de mourir, car chaque fois que je chantais avec eux j’avais besoin d’un peu d’energie et je mangeais un peu. nier l’ano de ton amie n’est pas une solution. en parler tout le temps non plus. les gens ne comprennent pas ce que c’est, et chaque fois qu’ils en parlent et font des reproches, et même parfois sans en faire, s’est très culpabilisant. c’est vraiment difficile d’être dans la balance avec ça. si tu peux parler avec la famille de ton amie, c’est aussi important. pour leur faire comprendre qu’ils ne sont pas responsables, et que les grands drames ne servent à rien, mais que leur présence avec partimonie et discretion est bonne. mes parents et mes soeurs ont beaucoup souffert de mon état (le problème c’est qu’il n’y a pas que l’ano qui souffre là, même toi tu es dans l’enfer), et n’ont pas toujours trouvé des personnes avec qui en parler. essaie de manger avec ton amie (a son rythme,pas trop en quantité, mais suffisament et de tout), et de faire ça de manière ludique. nouvelle nouriture à découvrir, et autres inventions. reste avec elle au moins 3 heures après les repas pour ne pas qu’elle vomisse. et pendant ces trois heures fait des choses très interessantes et prenantes pour l’esprit, pour qu’elle n’ai pas l’occassion de penser, si oui ou non elle avait raison de manger, combien de calories, etc... j’espere que ton amie va aller mieux, et surtout, si tu vois qu’elle a repris un poid normal, reste très vigilente et continue a l’investir, car on peut rester anorexique sans que personne ne s’en rende compte vraiment. bon courrage
Salut, j’ai moi aussi été anorexique. Tout a commencé au collège, je voulais faire un régime car mon frère n’arretait pas de me répéter que j’étais grosse, que j’avais du ventre et un gros cul (alors que je faisais 52 kg pour 1m64, ce qui est un poids normal !!). Au lycée, l’année de la 1ère a été la plus difficile pour moi car je n’allais plus au self avec les copines, j’allais aux soirées, mais je ne touchais à rien de ce qu’il y avait sur la table, quand j’allais au café, boire un jus d’orange ou autre chose me rendait malade car trop sucré alors je demandais systématiquement de l’eau !J’avais peur de la moindre calorie qui me ferais grossir et pourtant j’étais maigre pour les autres (mais je ne le voyais pas). Plus je perdais du poids, plus j’étais fière de moi, j’avais un sentiment de superiorité car j’arrivais à maitriser un besoin auquel les autres ne pouvaient se passer : manger. Et pourtant, plus je maigrissais et plus je me trouvais grosse !! Je pesais alors 42kg pour 1m67 (IMC= 15). Puis je suis tombée dans la boulimie. Je ne mangeais toujours rien dans la journée, mais toute la journée je la passais à me demander ce que j’allais pouvoir avaler en rentrant à la maison. Je vivais chez mes parents alors j’espérais qu’ils n’étaient pas là quand je rentrerai. Je dévalisais alors le frigo (reste de riz froid, pates froides, fromage, yaourts...) et quand je savais qu’il n’y avait rien qui me tenterai, je passais à carrefour avant de rentrer et j’achetais des paquets de gateaux. Je pouvais en avaler 5 paquets en un temps record ! quand j’ouvrais le dernier paquet, même si j’étais totalement écoeurée, je savais que je le finirai car il était hors de question pour moi de ne pas finir un paquet entamé !!!Finalement je me dégoutait tellement que j’ai fini par en parler à mes parents qui ont essayé de me faire du chantage pour que j’arrete (plus de gateau=des vacances avec les copains...etc)mais ça ne marchait pas. Un jour j’ai eu le déclic pour arreter et c’est ainsi que je m’en suis sortie. Mais je sais que je suis toujours très fragile psychologiquement et pourtant c’était il y a 6 ans. Maintenant, j’ai 24 ans, je suis infirmière et j’ai toujours en moi cette peur de grossir. J’ai peur de franchir la barre des 50 kilos, de changer de Dizaine. J’en ai jamais parlé comme ça à part dans mon journal à l’époque, mais ça fait du bien d’en parler, de me rappeler l’horreur que j’ai vécu. L’entourage est très désarmé face à une anorexique ou une boulimique. Elle ne veut pas entendre ce que les autres peuvent lui dire. Quand on me disait que j’étais maigre, je ne les croyais pas puisque je ne me voyais pas maigre. Et puis je me sentais en pleine forme (du moins au début). Voilà, un petit régime s’est transformé en obsession et m’a gaché pas mal de bons moments que j’aurais pu avoir.
BRAVO POUR TON COURAGE ET TA TENACITE ; DANS TON RECIT JE VOIS MA FILLE Julie 19 ans qui a été anorexique et maintenant boulimique et qui se fait vomir après les repas. ELLE AUSSI DEVALISE LE FRIGO, je retrouve dans sa chambre les paquets de gateaux vides, plaques de chocolat Etc... elle avait vu un psy (homme) puis a arrêté en disant que celà ne servait à rien, depuis elle ne voit personne elle ne voulait pas, puis à force d’en parler ensemble ,elle est d’accord pour voir quelqu’un mais pas facile de trouver une psy "femme" et de plus conventionnée, car nous sommes de gens modestes, et je ne peux pas "payer" 100 euros par semaine pour qu’elle se fasse suivre, donc nous sommes en recherche actuellement sur Paris d’une psy (spécialisée dans les TCA) et conventionnée.De lire votre message m’a fait du bien j’espère un jour que ma fille julie pourra témoigner dans le même sens que toi, et là je sais qu’elle ne souffrira plus et nous non plus. Je t’embrasse et encore bravo Une maman en détresse.
Anorexie et boulimie : parents, aidez votre enfant en détresse Bonjour Madame, Je vous propose le lien suivant : http://www.vittoria-pazalle.com/Liens.html. A la partie "Sites spécialisés" vous trouverez des sites qui donnent des adresses précises (cf. Enfine, Gefab, Anorcri, Anoboul...). Vous verrez qu’il existe en effet des psychiatres spécialisés dans les TCA. Votre fille n’a peut-être pas senti le premier psy., mais dès qu’elle aura trouvé celui/celle qui lui convient, elle arrivera enfin à s’exprimer sur ce qui la fait tant souffrir. Plus précisément, les TCA sont comme des "signaux" de conflits trop profondément enfouis (ex. choc émotionnel, séparation, divorce, décès, humiliation, etc). Si votre fille veut sortir de son isolement, je lui conseille également des forums spécialisés dans les TCA où elle pourra discuter de ses soucis et de son intimité en tranquillité avec des personnes qui traversent les mêmes troubles et essaient de s’en sortir. En effet, s’exprimer aide à relativiser et dédramatiser. Même si elle a honte de son état, ce que l’on ressent très généralement avec la boulimie et ses "crises" pulsionnelles, dites-lui bien que ces troubles ne sont pas un hasard et qu’ils étouffent de profonds problèmes qu’elle doit enfin oser verbaliser. Vittoria
je viens de finir un lire qui s’appelle :à Sollen de Véronique Poivre D’Arvor sollen etait une fille formidable mais malheureusement atteinte d’anorexie mentale elle mit fin à ces jours à 19 ans j’ai pensé que peut etre ce livre aidera à ne pas vouloir connaitre le même destin si court et tragique -lala
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