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samedi 8 février 2003 Syndrome d’aliénation parentale Une théorie inventée utile au lobby des pères Adaptation française de Martin Dufresne, Hélène Palma et Léo-Thiers Vidal
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La théorie du Syndrome d’Aliénation Parentale (SAP) a eu une profonde influence sur la manière dont les dossiers de droit de garde sont gérés par l’appareil judiciaire. Le Dr Richard A. Gardner, professeur de pédopsychiatrie clinique au College of Physicians and Surgeons (École de médecine et de chirurgie) à l’Université de Columbia, est le créateur et le principal promoteur du SAP. Gardner étale ses théories dans de nombreux livres et articles, dans lesquels il adresse des conseils aux professionnels de la santé mentale et de la sphère judiciaire en matière de droit de garde (1) .
J’entends examiner ici le fondement scientifique prêté au SAP, tel que conceptualisé par Gardner, et la pertinence de cette notion pour ce qui est des accusations d’agressions sexuelles sur enfants portées dans un contexte de différend de garde. Cet article analyse également les problèmes conceptuels inhérents à la théorie du SAP et les conséquences sociales de l’aval donné par l’appareil judiciaire aux théories de Gardner. Étant donné que la théorie du SAP repose essentiellement sur la pratique et sur la perspective du Dr Gardner, je traiterai brièvement de ses opinions sur la pédophilie et sur ce qu’il appelle un « climat d’hystérie » entourant l’agression sexuelle sur enfants. Le contexte de la théorie du SAP de Gardner Le SAP ne repose pas sur une recherche systématique : Gardner (1987) a plutôt créé cette théorie en s’appuyant sur ses observations personnelles de familles vivant des litiges de garde d’enfants. Étant donné que les seuls fondements de la théorie du SAP ont toujours été les seuls écrits de Gardner, il apparaît essentiel de se livrer à une analyse approfondie des ses théories et de ses opinions en matière d’agressions sexuelles sur enfants. Ce sont plus particulièrement ses positions en matière de pédophilie et du « climat d’hystérie » entourant l’agression sexuelle sur enfants qui doivent être examinées, car elles indiquent le contexte dans lequel Gardner procède à ses observations pour des évaluations de garde. Les positions de Gardner en matière de pédophilie Pour Gardner (1992, pp. 670-671), les activités sexuelles entre adultes et enfants font partie du répertoire naturel de l’activité sexuelle humaine. Il croit même que la pédophilie peut améliorer la survie de l’espèce humaine en servant des « buts procréateurs » (1992, pp. 24-5) (2). Selon Gardner (1992, p. 593), « la pédophilie a été considérée comme la
norme par une vaste majorité de gens dans toute l’histoire du monde » et « c’est une pratique largement répandue et acceptée par, littéralement, des milliards de gens ». Gardner (1986, p. 93) croit que les enfants ont spontanément des comportements sexuels et peuvent initier des rencontres sexuelles en « séduisant » l’adulte. De plus, Gardner (1992, pp. 670-71) soutient qu’une agression sexuelle n’est pas nécessairement traumatisante ; ce qui détermine un éventuel
traumatisme chez l’enfant, c’est l’attitude de la société envers ces rencontres sexuelles. En conséquence, Gardner
(1992, p. 593-4) considère que notre société a une attitude excessivement punitive et moralisatrice envers ceux qui
actualisent leurs pulsions pédophiles (Voir la section « L’épreuve des faits »). Lire intégralement et télécharger cet important document en PDF.
LIRE AUSSI Le Syndrome d’Aliénation Parentale (SAP) : la fin du mythe . Au Texas, un projet de loi pourrait invalider l’utilisation du SAP dans les causes de garde d’enfant portées devant les tribunaux. COMPLÉMENT D’INFORMATION Décès de Richard Gardner Sur le site de "The Independant" (http://news.independent.co.uk/people/obituaries/story.jsp ?story=411000) : une sommation par Andrew Gumbel de la triste carrière du principal "témoin expert" utilisé par les violeurs d’enfant pour discréditer leurs victimes et leurs mères. Gumbel décrit Gardner - qui est mort dimanche dernier - comme un "authentique monstre américain" dont la recommandation-type à une femme qui apprendrait que son enfant est agressé par son père était de recommander qu’elle menace l’enfant dans ces termes : "Don’t you say that about your father. If you do, I’ll beat you." !... Richard Gardner est l’auteur du prétendu "syndrome d’aliénation parentale", une fiction déculpabilisante qui ferait, si on y accordait foi, de tout enfant qui témoigne d’une agression subie par le père une victime de sa mère... Il a été jusqu’à écrire que, selon lui, les femmes qui divulguaient l’agression de l’enfant par le père exprimaient en fait leurs "propres" inclinations sexuelles à l’égard de la victime !... Ses thèses sont reprises au Québec et en Europe par Hubert van Ghyseghem, un "témoin expert" montréalais spécialisé dans l’approche "Monsieur ne peut pas être pédophile ; mon test scientifique le démontre..." Malheureusement, faute de plus d’exigence de la part des médias, le lobby des agresseurs sexistes continue à tenter d’imposer le "SAP" comme légitime sur toutes les tribunes, malgré son rejet par l’ensemble des instances de contrôle d’une pratique qui ne fait déjà pas de cadeaux aux femmes. Pour en savoir plus :
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Stephanie J. Dallam, infirmière et chercheuse |
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