| Arts & Lettres | Poésie | Démocratie, laïcité, droits | Politique | Féminisme, rapports hommes-femmes | Femmes du monde | Polytechnique 6 décembre 1989 | Prostitution & pornographie | Syndrome d'aliénation parentale (SAP) | Voile islamique | Violences | Sociétés | Santé & Sciences | Textes anglais  

  Hébergé par                   Sisyphe.org    Accueil                                   Plan du site                       Éditions Sisyphe






dimanche 4 mai 2003

Les femmes, le féminisme et la religion

par Marie-Andrée Roy, professeure, UQAM



Format Noir & Blanc pour mieux imprimer ce texte Imprimer ce texte


Chercher dans ce site


AUTRES ARTICLES
DANS LA MEME RUBRIQUE


Stratégie islamiste : d’une pierre trois coups
Pour le lobby de Dieu, la femme est un ventre, rien qu’un ventre !
Je me tiens aux côtés des femmes
Renoncer à sa religion au nom de l’égalité
Pape Benoît XVI - Traduire M. Ratzinger en justice ?
Le féminisme islamique : nouveau concept ou leurre efficace ?
La place et le rôle de la femme dans l’islam, le christianisme et le judaïsme
Le mystère de la pédophilie échappe au Vatican
La religion et les femmes
Excuses du cardinal Ouellet : l’Église doit encore cheminer, dit la ministre St-Pierre
Féminisme et Vatican : l’inconciliable
Question du voile islamique - un dossier
"Vous me faites mal deux fois"
Être vue
Françoise Gange et la mémoire ensevelie des femmes
Benoit XVI renouvelle sa croisade antilaïque
L’action diplomatique de Jean-Paul II contre les femmes
La modernisation du Vatican s’est arrêtée avec Jean-Paul II
Des islamistes aux évangéliques : Dieu et la politique
L’islamisme contre les femmes partout dans le monde
Vieux démons
L’Église catholique et la rhétorique féministe
Les femmes refusent le statu quo dans l’Église
Le Vatican veut contrôler la sexualité des réfugiées
Des prêtres violent des religieuses




Au Québec, les femmes ont eu accès au savoir universitaire sur la religion au tournant des années soixante. Au cours des années cinquante, Marie-Andrée Bertrand, la criminologue bien connue, s’était vue refuser l’accès à la formation donnée par la faculté de théologie de l’U. de Montréal, à l’époque sise au Grand Séminaire et dirigée par les messieurs de Saint-Sulpice parce qu’elle était une femme et que cet enseignement était alors réservé aux futurs prêtres.

Des pionnières

Au cours de la même période, des communautés religieuses féminines, dont la Congrégation de Notre-Dame avec soeur Sainte-Madeleine-du-Sacré-Coeur, c.n.d., à leur tête, déterminées à ce que leurs membres puissent recevoir une formation universitaire en théologie, font preuve d’une rare détermination en poursuivant des négociations difficiles avec les sulpiciens, lesquelles conduiront à la création de l’Institut supérieur de sciences religieuses de l’U. de Montréal en 1955 (Sauvé, 1995, 33-56). Cet Institut, ouvert à tous et à toutes, se fondra avec la faculté de théologie quand celle-ci viendra s’installer sur le campus de l’U. de Montréal en1967. Madeleine Sauvé, s.n.j.m., avec une thèse sur les femmes dans la Bible, deviendra la première religieuse à obtenir son doctorat en théologie ; elle sera professeure de théologie fondamentale dans cette université avant de devenir grammairienne de ce même établissement.

Anita Caron, avec une thèse sur la démythologisation, sera la première femme laïque à décrocher un doctorat en théologie et fera partie de l’équipe fondatrice du département des sciences religieuses de l’U. du Québec à Montréal (1969) où elle mènera une longue et fructueuse carrière en poursuivant notamment des travaux sur les femmes et la religion (Caron, 1991) et en contribuant de manière significative au développement des études féministes dans cette institution. En 1966, la Faculté de théologie de l’U. Laval ouvrira ses portes à ses premières étudiantes : Olivette Genest et Ghislaine Boucher. Puis, en 1969, la création de l’U. du Québec avec ses différentes constituantes (Trois-Rivières, Rimouski, Chicoutimi et Montréal) sera la voie d’accès aux sciences religieuses pour les femmes sur tout le territoire du Québec.

De minoritaires qu’elles étaient au début des années soixante-dix, les étudiantes au premier cycle en théologie et en sciences religieuses représenteront, dans la plupart des établissements, la majorité dans les cohortes à la fin des années quatre-vingt. Au cours de cette période, quelques femmes seront engagées comme professeures dans les départements et facultés de théologie et de sciences religieuses et contribueront à donner une formidable impulsion au développement du savoir sur les femmes et les religions. Depuis l’U. du Québec à Rimouski, la théologienne et éthicienne Monique Dumais, après des études à Harvard et à l’Union Theological Seminary de New-York, s’affirmera comme une des leaders québécoises de la théologie féministe - en contribuant notamment de manière significative à faire connaître la pensée féministe américaine dans le domaine (Rosemary Radford Ruether, Elizabeth Schüssler Fiorenza, Mary Daly, etc). Elle fondera en 1976, avec Louise Melançon et Marie-Andrée Roy, la collective féministe et chrétienne L’autre Parole qui sera un lieu majeur de développement, de diffusion et de vulgarisation de la pensée critique sur les femmes et la religion et contribuera à la mise en place de pratiques féministes religieuses alternatives. Elle publiera, avec Marie-Andrée Roy, l’ouvrage Souffles de femmes. Lectures féministes de la religion (1989). On lui doit également, en plus de nombreux articles en théologie et en éthique, un ouvrage sur Les droits des femmes (1992) et un autre sur Femmes et pauvreté (1998).

À la faculté de théologie, de philosophie et d’éthique de l’U. de Sherbrooke, deux théologiennes vont contribuer au développement de la pensée féministe et auront une influence décisive : Louise Melançon et Marie Gratton. Louise Melançon complète, au milieu des années soixante-dix, une thèse de doctorat sur la théologie de la libération à l’Institut catholique de Paris et développe par la suite son expertise tant dans le domaine de la théologie féministe de la libération que de l’éthique. On lui doit, entre autres, de nombreux articles savants qui permettent un approfondissement de la théologie féministe américaine (Mary Daly, Rosemary Radford Ruether, Elizabeth Schüssler Fiorenza, Maria Ada Isasi-Diaz, etc.), des articles ayant trait à la bioéthique et un ouvrage sur L’avortement dans une société pluraliste (1993). Marie Gratton, qui est l’auteure d’un mémoire sur " La femme dans l’oeuvre de saint Augustin ", sera professeure à la faculté de théologie à compter de 1975. Elle rédige un grand nombre d’articles sur les rapports des femmes avec l’institution ecclésiale et la contribution des femmes au devenir du christianisme. Également membre de la collective L’autre Parole, Marie Gratton, par sa présence dynamique dans les médias, assure une large diffusion de la lecture féministe de la religion.

À l’U. de Montréal, Olivette Genest, docteure en théologie de l’U. grégorienne de Rome, devient, au cours des années soixante-dix, professeure d’exégèse du Nouveau Testament. On doit à cette sémioticienne des articles de fond sur la question du langage religieux, de la représentation des femmes dans le Nouveau Testament et de la catégorie du genre dans la Bible. La théologienne Élisabeth J. Lacelle de l’U. d’Ottawa peut certainement être considérée comme une pionnière dans le développement des études sur les femmes et la religion. Cette docteure en théologie de l’U. de Strasbourg a publié en 1979 le premier collectif sur La femme et la religion au Canada français et elle a dirigé en 1983 la publication d’un collectif sur La femme, son corps et la religion. Elle fonde en 1987 le Centre canadien de recherche sur les femmes et les religions au département de sciences religieuses de son université. Ses travaux de recherche porteront principalement sur le développement d’une ecclésiologie oecuménique et sur les femmes dans le christianisme. Plus récemment, la figure de la docteure de l’Église Catherine de Sienne (1347-1380) a particulièrement retenu son attention.

Nous devons à ces pionnières d’avoir mis sur pied des enseignements sur les femmes et les religions dans leur université et d’avoir assuré le développement des recherches féministes dans ce domaine au Québec et au Canada français. Ces travaux ont en commun de s’intéresser surtout au christianisme, tant dans ses manifestations passées et actuelles que dans ses discours et ses pratiques institutionnelles. Ils partagent également une même volonté de rendre visibles les femmes et leur apport dans le champ religieux. D’occultées quelles étaient, dans l’histoire et au niveau de la compréhension que l’on avait de leur rôle dans l’institution ecclésiale, les femmes sont apparues comme des sujettes en quête d’égalité dans une tradition religieuse patriarcale marquée par le sexisme et la misogynie. Ces travaux partagent également le fait de s’inscrire dans une épistémologie féministe, c’est-à-dire de remise en question des savoirs dominants masculins et de volonté de rendre compte de l’apport des femmes et des rapports sociaux de sexe qui prévalent dans le champ religieux. Ils s’inscrivent également dans une approche interdisciplinaire du savoir où l’on n’hésite pas à faire appel aux différentes sciences humaines et sociales pour comprendre et expliquer la dynamique complexe des rapports entre les femmes et la religion. Il importe également de rappeler que toutes ces chercheures ont manifesté un souci constant d’assurer la diffusion et l’accès au savoir pour les personnes qui oeuvrent en dehors des milieux académiques et qu’elles ont développé des liens significatifs avec les intervenantes du champ religieux et avec celles du mouvement des femmes. Enfin, force est de reconnaître, au moment où je rédige ces lignes, que ces pionnières, même si elles conservent une certaine activité de recherche, ont toutes pris leur retraite de l’université. Une page d’histoire est en train de se tourner.

Des recherches

Au fil des ans, d’autres chercheuses de différentes disciplines (sciences religieuses, théologie, science politique, sociologie, histoire, etc.) se sont jointes au bassin des pionnières et ont apporté une contribution importante. Il est toujours difficile et hasardeux de rendre compte, pour un domaine donné, de l’ensemble de la production scientifique qui s’étale sur une trentaine d’années. Le défi gagne en complexité avec le dossier " femmes et religions " parce qu’il ne s’agit pas d’un simple domaine de recherche mais d’une question transversale qui touche l’ensemble de l’étude de la religion. Je me risque quand même, à partir des travaux que j’ai recensés, à proposer un regroupement en sept rubriques : la critique féministe de la religion, les travaux en théologie et éthique féministes, les travaux en sciences humaines et sociales, les études sur les femmes dans l’Église, les religieuses, les domaines peu explorés et les travaux en langue anglaise.

La critique féministe de la religion

La plupart des chercheures qui ont investigué le champ " femmes et religions " l’ont fait à l’intérieur d’une perspective féministe. Cela implique qu’il y a eu un sérieux effort pour déconstruire le savoir traditionnel masculin, débusquer les biais sexistes des approches utilisées en théologie et en sciences des religions et reconstruire des outils méthodologiques qui rendent compte de la réalité plurielle des femmes. Une véritable herméneutique du soupçon s’est pratiquée et a permis de questionner la légitimité et la validité scientifique des travaux qui excluent et marginalisent l’expérience des femmes ou encore la traitent d’une manière stéréotypée. Cela implique également que les chercheures se sont donné un ensemble de référents conceptuels pour étudier et comprendre le religieux, le spirituel, et les contextualiser dans notre culture. Je pense ici à des concepts comme patriarcat (société, culture où le privé et le public sont sous le contrôle des hommes ou de certains hommes), sexisme (approche discriminatoire de la réalité fondée sur la hiérarchisation des sexes et habituellement la dévalorisation du sexe féminin par rapport au masculin), androcentrisme (approche du réel à partir du seul point de vue des sujets de sexe masculin et qui universalise ce point de vue), etc.

L’approche féministe ne signifie pas par ailleurs qu’il y a, chez les chercheures, unanimité au plan des théories servant à la compréhension de la réalité et du devenir des femmes et à l’analyse des rapports entre les sexes. Il y au contraire, en ce domaine, un formidable pluralisme. Le principe de l’égalité entre les sexes guide les travaux d’un certain nombre de chercheures qui voient, par exemple, dans la religion et ses institutions des instruments pour reproduire l’inégalité entre les sexes (par exemple, l’exclusion des femmes du sacerdoce dans l’Église catholique). D’autres chercheures s’inspirent des approches féministes matérialistes et discernent, dans les pratiques et les institutions religieuses, des outils pour reproduire des rapports de sexage entre les hommes et les femmes, c’est-à-dire des rapports où les femmes deviennent des sujets individuellement et/ou collectivement appropriés par les hommes. Certaines chercheures insistent plutôt sur la dimension de la différence entre les sexes et s’appliquent à caractériser et à valoriser cette différence, à en réclamer la légitimité et à la considérer comme fondationnelle d’un nouveau rapport entre les sexes.

Cette énumération n’épuise évidemment pas les modèles théoriques féministes qui se déploient dans les études sur " femmes et religions ", elle traduit simplement l’existence d’un véritable pluralisme théorique en ce domaine. Il importe également de considérer que l’on retrouve dans les travaux de nombre de chercheures des " combinaisons " ou des " mixages " théoriques qui ont pour effet de rendre aléatoire toute classification des chercheures. Pratiquement toutes les références bibliographiques que l’on retrouve à la fin de cet article apportent une contribution à la critique féministe de la religion. Je me permettrai quand même de signaler quelques auteures : Denise Couture (2000), Monique Dumais (1983, 1989, 1997), Micheline Dumont (1995), Olivette Genest (1990, 1995), Naomi Goldenberg (1993), Nicole Laurin et Danielle Juteau (1991, 1997), Élisabeth J. Lacelle (1994), Louise Melançon (1989, 1996b), Marie-Andrée Roy (1996), Denise Veillette (1995).

Enfin, il importe de préciser que, chez nombre de ces chercheures, la critique féministe de la religion s’accompagne de propositions substantielles pour élaborer des modèles alternatifs pouvant servir à la transformation de la situation des femmes, des rapports entre les sexes dans le champ religieux et même des discours et des pratiques des institutions religieuses.

Les travaux en théologie féministe

Sous cette rubrique, on va retrouver les travaux en histoire de l’Église, en exégèse, en ecclésiologie, en théologie, les analyses des discours de Jean-Paul II et quelques recherches en éthique et spiritualité féministes. La théologie féministe québécoise puise principalement, mais non exclusivement, aux sources de la théologie de la libération et des théologies féministes américaines. Elle les fait connaître, les discute et les prolonge en tenant compte du contexte et des expériences d’ici. L’histoire de l’Église a peu retenu l’attention des chercheures mais les quelques sources repérées s’inscrivent clairement dans une perspective féministe.

Marie Gratton a livré un mémoire sur " La femme dans l’oeuvre de saint Augustin " (1974) et Flore Dupriez a publié un ouvrage fort documenté sur La condition féminine et les Pères de l’Église latine (1982). Quelques chercheures ont investi le domaine des études bibliques. En 1962, à l’U. de Montréal, Madeleine Sauvé a défendu sa thèse de doctorat sur " La femme dans la Bible " et trente-cinq ans plus tard, dans la même université, Micheline Gagnon soutenait sa thèse sur " Les femmes de la Bible : le double rapport stérilité-fécondité et virginité-maternité ". Les travaux menés à l’U. Laval sur la Bibliothèque copte de Nag Hammadi (BCNH) entraînent une relecture des textes du Nouveau Testament, notamment en ce qui a trait au rôle des femmes et à une meilleure connaissance de certaines figures féminines, dont celle de Marie Madeleine (Barry, 1997 ; Pasquier, 1983, 1990). D’autres travaux s’appliquent davantage à faire une relecture d’expériences vécues contemporaines à l’aide de textes bibliques. C’est le cas de l’ouvrage de Nicole Bouchard (1997) sur l’expérience de la maternité vécue par quatre femmes.

Pour sa part, Olivette Genest (1987) a apporté une contribution majeure qui renouvelle la compréhension du rôle des femmes dans le Nouveau Testament et la compréhension des ministères. De plus, ses travaux sur la catégorie de genre et la critique du langage religieux (Genest, 1995) fournissent un nouvel éclairage sur l’impact de la représentation de la différenciation sexuelle dans le langage religieux de la tradition chrétienne. La recherche en exégèse biblique représente un des lieux où les chercheurs masculins se sont intéressés tant à la question des femmes dans la Bible qu’aux approches féministes des Écritures. On trouve un exemple probant de ce type de dialogue homme-femme dans l’ouvrage publié sous la direction de Gérald Caron, Des femmes aussi faisaient route avec lui. Perspectives féministes sur la Bible (1995) et qui livre les résultats des travaux du 51e congrés de l’Association catholique des études bibliques du Canada.

Quelques théologiennes ont porté le dossier de l’ecclésiologie. Yvonne Bergeron (1991) soutient le principe de l’égalité entre les hommes et les femmes et travaille contre vents et marées à établir un véritable partenariat homme-femme dans l’Église. Pour sa part, Marie Gratton voit plutôt dans l’Église une institution qui pratique la discrimination à l’endroit des femmes et s’avère structurellement et systématiquement sexiste (Gratton, 1986, p. 87). Les perspectives oecuméniques en ecclésiologie ont principalement été mises de l’avant par Élisabeth J. Lacelle (1994) qui, avec des concepts comme la coresponsabilité, la réconciliation et l’alliance, trace des pistes pour l’affirmation d’une humanité nouvelle en Jésus-Christ.

En théologie féministe, on trouve également d’autres contributions significatives. Monique Dumais a principalement développé la question de l’expérience (Dumais, 1993) et celle du corps (Dumais, 1983, 1997). Dans ses contributions elle s’applique à montrer que l’expérience des femmes comme sujettes sexuées est lieu d’incarnation et de révélation. Louise Melançon (1989) insiste davantage sur la prise de parole par les femmes comme lieu de libération. Parce que dans notre culture patriarcale les femmes n’ont pas pu se nommer ni nommer leur relation à Dieu, il importe qu’elles puissent se libérer en accédant à la parole, tant individuellement que collectivement. Denise Couture partage cette vision des choses et s’applique pour sa part à explorer de nouvelles façons de nommer Dieue (Couture, 1994) et à inventer l’ekklèsia des femmes (Couture, 2000). Elle se retrouve en complicité avec Carolyn Sharp qui soutient qu’il faut sortir le Christ de l’univers masculin " pour renouer avec la radicalité du Christ qui n’est ni masculin ni féminin, pour découvrir un langage féminin capable de dire la présence divine dans le Christ " (Sharp, 1995, p. 301).

Une autre contribution originale se retrouve dans l’ouvrage de Michel Dion (1995) qui met en discussion la théologie de Mary Daly avec celle de Paul Tillich. L’analyse des discours de Jean-Paul II sur les femmes a retenu l’attention de Denise Couture (1995), qui montre comment le pape sacralise la supériorité hiérarchique de l’homme sur la femme, et de Patrick Snyder (1999), qui soutient que l’enseignement du pape sur les femmes est fondé sur une conception traditionnelle qui enferme la femme dans la finalité de sa dimension corporelle. Enfin, la spiritualité et l’éthique constituent des volets novateurs de la pensée féministe mais dont on ne peut pas bien rendre compte dans le cadre restreint de ce chapitre. On se référera cependant aux travaux de Dumais (1997) et à ceux de Melançon (1996a) qui traitent de la spiritualité à partir d’un point de vue écoféministe. En matière d’éthique, Louise Melançon (1993) a une contribution significative sur la question de l’avortement et Monique Dumais (1997) s’est notamment intéressée à l’éthique féministe de la relation. Ce ne sont là que des exemples qui ne traduisent pas la pleine richesse de la contribution de ces chercheures.

Les travaux en sciences humaines et sociales

Je puis affirmer sans hésitation que l’ouvrage publié sous la direction de Denise Veillette, Femmes et religions (1995), constitue la plus importante contribution multidisciplaire que nous ayons sur le sujet. Il permet une saisie stimulante des grands domaines d’études qui ont retenu l’attention des chercheures depuis une vingtaine d’années. On retrouve une mise en valeur de l’épistémologie féministe qui a servi à questionner la religion patriarcale, une synthèse des principaux travaux en histoire et en sociologie sur les vocations religieuses féminines, un ensemble de données sur les rapports des femmes à l’institution ecclésiale et quelques contributions sur des domaines peu explorés, le chamanisme et la sorcellerie. Cet ouvrage contient également une impressionnante et fort utile bibliographie de 1328 titres. Bref, il s’agit d’un ouvrage incontournable.

Il importe également de mentionner, même si c’est un peu dans le désordre, des travaux sur divers sujets qui ne sont pas mentionnés dans les autres rubriques de cet article et qui contribuent de différentes façons à la compréhension de la problématique " femmes et religions ". Jacques Zylberberg et Jean-Paul Montminy (1981) ont mené des travaux sur la place des femmes au sein du mouvement charismatique québécois. Pauline Côté et Jacques Zylberberg (1995) ont fait une analyse de ce qu’ils appellent " la reproduction théalogique du fait féminin en Amérique du Nord ". Le numéro 21 de la revue Religiologiques, " Luce Irigaray : le féminin et la religion " (Roy (dir.), 2000), propose neuf contributions qui abordent les fondements de la pensée de Luce Irigaray, les différents concepts qu’elle met de l’avant pour discuter le spirituel et le religieux et quelques mises en dialogue avec d’autres auteures. La question des intégrismes religieux et des femmes en a préoccupé plus d’une. Marie-Blanche Tahon fait une lecture sociohistorique de la situation des femmes en Algérie ; elle se refuse à simplement pointer du doigt les islamistes et soutient la thèse que " si les Algériens et les Algériennes sont aujourd’hui massacrés, c’est qu’ils ne sont pas constitués en "sujets politiques" " (Tahon, 1998, p. 14). Yolande Geadah (1996) a publié un ouvrage sur la question du port du voile et la montée de l’intégrisme religieux en Égypte et craint une possible extension de ce mouvement en Occident. Édith Pagé a analysé, dans le cadre de son mémoire de maîtrise en théologie-études pastorales à l’U. de Montréal, " La montée de la Droite religieuse au Québec et ses conséquences sur la vie des femmes " (1999).

L’équipe de recherche sur les discours religieux des États et des Organisations non gouvernementales aux Nations Unies sur les femmes (Marie-Andrée Roy, Anita Caron, Denise Couture et Anick Druelle) devrait faire paraître, au cours de l’année 2002, les résultats de ses travaux de recherche et fournir une analyse du redéploiement du religieux dans le champ politique sur la scène internationale. Enfin, la problématique de la diversité culturelle et religieuse, en regard des droits des femmes, a fait l’objet d’une recherche et d’un avis de la part du Conseil du statut de la femme rédigés par Marie Moisan. Elle examine les pistes à suivre pour respecter la diversité tout en veillant à assurer la cohésion sociale et le respect des droits des femmes.

Les études sur les femmes dans l’Église

La situation des femmes dans l’Église catholique québécoise a été finement investiguée, principalement par deux groupes de recherche. L’un d’eux a été initié par Femmes et Ministères, un réseau autonome de femmes engagées en Église qui compte parmi ses membres plusieurs chercheures universitaires dont Lise Baroni (U. de Montréal), Yvonne Bergeron (U. de Sherbrooke), Pierrette Daviau et Micheline Laguë (U. Saint-Paul). Un autre est posté à l’UQÀM et rassemble plusieurs chercheures dont Anita Caron et Marie-Andrée Roy, professeures à l’UQÀM, Agathe Lafortune, chercheure autonome, et Marie Gratton, de l’U. de Sherbrooke. Les deux groupes partagent un même diagnostic sur la situation des femmes engagées en Église : elles représentent une main d’oeuvre indispensable à l’intérieur de cette institution, exercent différentes fonctions pastorales et administratives mais ne sont pas reconnues comme des membres à part entière. Elles n’ont pas accès à tous les ministères et sont confrontées à une hiérarchisation des fonctions entre clercs et laïcs qui a des conséquences négatives tant sur la vie des femmes que sur celle de l’institution.

En 1988, Femmes et Ministères publiait un portrait du personnel pastoral féminin au Québec préparé par Sarah Bélanger. Ce portrait empirique a permis de réaliser l’ampleur du travail accompli par les femmes, les difficultés qu’elles rencontraient et les changements qu’elles souhaitaient. En 1995, Voix de femmes, Voies de passage, une recherche-action menée par des chercheuses impliquées dans le Réseau Femmes et Ministères, explore avec les femmes engagées en Église une autre façon de faire Église et propose une interprétation théologique et ecclésiologique des pratiques pastorales vécues et de celles que l’on essaie de mettre en place. Il en ressort qu’il importe de repenser les ministères pour transformer les pratiques actuelles qui sont discriminatoires, établir un véritable partenariat entre hommes et femmes en Église et que " [s]i l’institution ecclésiale ne reconnaît pas les femmes d’une façon pleine et entière, aux plans idéologique, structurel et juridique, elle devra faire face à une perte de crédibilité qui risque de compromettre très sérieusement sa pertinence sociale et culturelle, et cela pour plusieurs générations " (Baroni et al., 1995, p. 243).

Le collectif publié en 1991 sous la direction de Anita Caron, Femmes et pouvoir dans l’Église, cherche à comprendre pourquoi, en dépit de la situation qui leur est faite dans l’Église, les femmes persistent à apporter leur collaboration. Il montre comment la division sexuelle du travail dans l’Église, fondée sur un accaparement masculin du sacré, empêche l’avènement de l’égalité entre les sexes et que la participation continue des femmes à la vie ecclésiale ne transforme pas significativement cette institution patriarcale. Marie-Andrée Roy, avec Les ouvrières de l’Église (1996), prolonge cette analyse et insiste sur les modes de reproduction du pouvoir clérical et sur la difficulté d’entamer la croyance en sa légitimité. Elle soutient que la participation des femmes à la vie ecclésiale, tout en ayant sa signification propre, contribue directement à la reproduction du pouvoir clérical et que les femmes vivent dans cette institution des rapports d’appropriation. Il appert que, dans le cadre restreint de la vie ecclésiale, il est difficile pour les femmes de prendre conscience de leur aliénation et qu’elles doivent se donner des lieux autonomes de réflexion et d’action pour penser le changement. Dans leur étude sur Les rapports homme-femme dans l’Église catholique : perceptions, constats, alternatives (1999), l’équipe de chercheures de l’UQÀM explore des pistes de changement et Pierrette Daviau fait de même dans Projets de femmes. Église en projet (2000). Si les analyses des deux groupes de chercheures comportent des différences sur les orientations stratégiques pour le changement, elles s’entendent sur l’importance d’effectuer des recherches en partenariat avec les femmes impliquées en Église pour que celles-ci soient les véritables initiatrices du changement.

Les études sur les religieuses

De nombreux travaux ont été menés au sujet des religieuses, de leur vie en communauté et de leur apport à la vie culturelle et sociale. Il y a les monographies qui présentent des figures importantes, des fondatrices de communautés ou qui retracent l’évolution d’une communauté religieuse particulière. Ces travaux permettent de saisir l’expérience religieuse de femmes novatrices, le contexte social et culturel où elles ont vécu, leur apport à la société de leur temps et les rapports de pouvoir qu’elles ont connus tant avec les autorités religieuses masculines que les autorités civiles. Je ne mentionnerai que quelques auteurs à titre d’illustration : Françoise Deroy-Pineau sur Marie de l’Incarnation, Hélène Pelletier-Baillargeon sur Marie Gérin-Lajoie, Gisèle Huot sur Marie de la Charité, Denise Robillard sur Émilie Tavernier-Gamelin et Louise Roy sur les Soeurs de Sainte-Anne.

Il y a encore les travaux comme ceux de Micheline D’Allaire (1997) qui tracent un vaste panorama de l’histoire des communautés religieuses. D’autres fournissent une analyse critique et documentée sur un aspect particulier du rôle des communautés religieuses. Je pense ici à l’ouvrage de Micheline Dumont et Nadia Fahmy-Eid (1986), qui propose une nouvelle lecture de l’apport des congrégations religieuses à l’éducation des filles, et celui de Marie-Paule Malouin (1996), qui recontextualise l’histoire des enfants de Duplessis et le rôle qu’y ont joué les communautés religieuses. Ces ouvrages rendent compte de la pratique de femmes dans un contexte de culture patriarcale où elles doivent notamment composer avec un clergé puissant et contrôlant. Une publication comme celle de Marta Danylewycz (1986), de regrettée mémoire, a permis de prendre des distances avec la problématique de l’oppression et de voir le milieu des communautés religieuses sous un jour nouveau, celui de la promotion des femmes. Micheline Dumont (1995) a à son crédit un nombre impressionnant de publications qui s’appliquent à proposer une nouvelle problématisation de la vie religieuse. Elle se demande notamment si la vocation religieuse a pu, à un moment de l’histoire, représenter une forme de féminisme pour les femmes du Québec, si les communautés religieuses, malgré leur idéologie marquée par le pouvoir religieux patriarcal, n’ont pas constitué des lieux d’innovation et d’affirmation pour les femmes.

Les ouvrages de Nicole Laurin et de Danielle Juteau (1991 et 1997) s’imposent comme des références incontournables où les religieuses apparaissent comme des travailleuses vivant plusieurs paradoxes. Ces femmes confinées dans l’espace (couvent) se déplacent à travers le monde pour vivre leur mission, elles occupent des ghettos d’emplois mais connaissent individuellement une importante mobilité occupationnelle, leur travail est gratuit mais elle détiennent d’importants postes de commande. Reprenant magistralement la thèse de l’appropriation des femmes, elles montrent que si le travail des religieuses exercé sans salaire et à l’extérieur du mariage échappe à l’appropriation privée, il consolide par ailleurs le pouvoir de l’Église androcentrique et assure le fonctionnement de ses oeuvres.

Les domaines peu explorés

Il existe des domaines peu explorés mais que l’on pourrait qualifier d’" émergents ". Ainsi, Marie-Andrée Roy et Agathe Lafortune (1999), dans la perspective de contribuer au développement d’une mémoire et d’une spiritualité féministes, ont dirigé la publication d’une série de courtes biographies de vies de femmes qui ont marqué l’histoire du christianisme, chacune suivie d’une brève méditation spirituelle. D’autres travaux sortent des sentiers de la tradition judéo-chrétienne pour explorer des pistes nouvelles. L’ethnologue Marie-Françoise Guédon (1995) s’est intéressée à l’exercice du pouvoir chamanique par les femmes chez les Dénés et montre comment cette étude questionne nos définitions du pouvoir et nos manières de décrire les fonctions des femmes dans les sociétés différentes.

La mythologie ancienne et nouvelle exerce également une réelle fascination. En 1985, Ginette Paris publiait son ouvrage sur La renaissance d’Aphrodite où elle propose une lecture archétypale de la déesse. Pour Paris, " le mythe d’Aphrodite se présente comme une alternative à la fois à la répression sexuelle judéo-chrétienne, et à son corollaire, la promiscuité sexuelle contemporaine et insignifiante qui l’accompagne " (Paris, 1985, p. 44). L’auteure soutient que la sexualité, pour retrouver son caractère sacré, doit être associée aux forces civilisatrices d’Aphrodite. Cette quête du sacré est également présente dans le mémoire de maîtrise de Manon Dufour (1999), qui décèle dans la civilisation celtique les traces d’une conception sacrée de la féminité.

Pour sa part, Ève Gaboury (1995) qui s’est intéressée, il y quelques années, au mouvement contemporain des sorcières néo-païennes, considère le divin comme féminin et soutient que le retour de la Déesse a un impact sur le rapport des femmes au sacré. Elle avance l’idée que c’est à travers leur corps que les femmes vont retrouver leurs pouvoirs spirituels et que c’est en inventant de nouveaux rituels qu’elles verront s’épanouir leur créativité. Tous ces travaux, inscrits dans le sillage de la recherche féministe, semblent indiquer que l’atteinte de l’égalité politique et sociale ne suffit pas et que la mythologie peut constituer un lieu d’exploration pour des nouvelles manières de traduire rituellement et symboliquement l’expérience des femmes.

Les travaux en langue anglaise

L’objectif n’est pas de rendre compte ici de manière exhaustive de la production scientifique sur le thème " femmes et religions " en langue anglaise, mais simplement de pointer dans cette direction pour signifier l’importance et la diversité des travaux que l’on retrouve chez nos collègues de l’U. McGill, de l’U. Concordia, de l’U. d’Ottawa et de l’U. St-Paul. Quelques-uns de ces travaux se rapprochent des productions francophones mais plusieurs investiguent des champs inexplorés ou quasi inexplorés du côté francophone : psychologie et religion, hindouisme, bouddhisme et islam. Katherine K. Young, spécialiste de l’hinhouisme à l’U. McGill, mène depuis plusieurs années des travaux sur la situation des femmes et la pensée hindoue.

Au département de religion de l’U. Concordia, on retrouve le plus fort contingent de spécialistes sur le thème " femmes et religions ". En effet, six personnes travaillent dans différents domaines avec une approche féministe. Sheila McDonough a été une pionnière. Cette spécialiste de l’islam de l’Asie du Sud a également effectué des recherches sur la situation des femmes musulmanes en Inde et au Canada. Elle a pris sa retraite mais conserve une activité scientifique. Lynda Clark, récemment engagée comme professeure, est une spécialiste de l’islam chiite et travaille les questions de genre dans les textes de loi. Leslie Orr, mène des études sur les femmes des religions de l’Inde (hindouisme, bouddhime et jaïnisme) de la période médiévale. Rosemary Drage-Hale poursuit des recherches sur l’histoire du christianisme en Europe au Moyen ge et à la Renaissance et s’intéresse notamment aux femmes cloîtrées et mystiques. Norma Baumel Joseph s’adonne à l’étude de la situation des femmes juives contemporaines, au développement de rituels religieux pour les femmes et à la lecture féministe de la Bible. Susan Palmer publie depuis plusieurs années divers travaux sur les femmes dans les nouveaux mouvements religieux. À l’U. d’Ottawa, Naomi Goldenberg propose des lectures féministes et psychanalytiques de l’expérience religieuse.

À l’U. St-Paul, Heather Eaton a publié différents travaux sur la théologie et la spiritualité écoféministes comprises comme pratiques de résistance à l’exploitation et à la subordination des femmes et de la terre. Et Maureen C. Slattery, de la même université, s’intéresse à la question des femmes dans les pratiques pastorales. Cet éventail trop restreint me permet par ailleurs d’observer que les travaux de langue anglaise s’inspirent presqu’exclusivement de sources anglophones et qu’il y a peu de contacts entre les chercheures anglophones et franphones, à l’exception peut-être de celles qui travaillent à l’U. St-Paul qui offre des enseignements dans les deux langues. En général, les deux groupes de chercheures, sauf exception, même lorsqu’elles habitent dans la même ville, ne se connaissent pas et ignorent à peu près tout des travaux menés par l’autre groupe linguistique. Bref, la recherche féministe n’évite pas les clivages.

Éléments de prospective

Le panorama que je viens de tracer indique l’extraordinaire richesse et diversité des études sur les femmes et les religions qui sont l’oeuvre de femmes chercheures dans 95% des cas. Et on peut formuler l’hypothèse que les lecteurs de ces travaux sont, également dans une très forte proportion, des lectrices. On se rappellera que les études sur le thème " femmes et religions " ont vu le jour dans un contexte favorable à leur développement : déplacement de la théologie du séminaire à l’université, démocratisation du savoir universitaire et affirmation d’un fort mouvement social de libération des femmes qui a soutenu le principe de l’accès des femmes à tous les savoirs, remise en cause des paradigmes traditionnels et émergence de nouveaux paradigmes aptes à rendre compte de la réalité des femmes.

On peut penser que la vitalité à venir des études sur les femmes et les religions dépend, au moins en partie, de la force et du dynamisme du mouvement des femmes et de sa capacité à faire reconnaître la nécessité sociale d’un savoir qui tienne compte des deux sexes. La partie n’est pas gagnée d’avance. Les postes laissés vacants par les départs à la retraite des " pionnières " n’ont pas tous été remplacés et, quand il y a des remplaçantes, celles-ci ne souhaitent pas nécessairement s’investir à fond dans un domaine de recherche qui est demeuré un peu dans la marge. En fait, le développement du savoir sur les femmes et les religions est une véritable réussite tant par la qualité que par la diversité de ses travaux, si on tient compte du fait qu’il y a quarante ans il était, à toutes fins pratiques, inexistant. Il est par ailleurs une demi-réussite parce qu’il est demeuré, en pratique, un savoir à la marge des autres savoirs sur la religion et qu’il n’est pas parvenu à transformer les paradigmes dominants de la recherche, c’est à dire à désexiser le savoir. Cette position " à côté " lui procure sans doute une certaine liberté mais le maintient dans la vulnérabilité (2).

Pour les prochaines années, il y aurait sans doute lieu de poursuivre les " investissements " à trois niveaux : le renforcement de l’interdisciplinarité, le développement des rapports entre chercheures et la diversification des objets de recherche. Au plan du renforcement de l’interdisciplinarité on peut dire que les études féministes en général, et les études féministes sur " femmes et religions " en particulier, ont bénéficié du désenclavage disciplinaire et de la libre circulation des théories et des méthodes. Cela a contribué à leur originalité et à leur pertinence sociale et culturelle. Avec l’accélération de la libre circulation du savoir, les études féministes sont sans doute en bonne position pour renforcer leur caractère interdisciplinaire parce qu’elles ont développé de bonnes habitudes de collaboration en recherche de même que des lieux pour vivre cette collaboration. L’Institut de recherches et d’études féministes de l’UQÀM est un exemple éloquent en ce sens.

Au chapitre des rapports entre chercheures/chercheurs, il faudrait sans doute évoquer la nécessité du développement de la mixité sexuelle et linguistique ! Même si nous ne sommes pas parvenues en quarante ans à assurer l’intégration du savoir sur les femmes à l’intérieur du savoir dominant, nous devons sans doute poursuivre nos efforts. On a vu que quelques chercheurs masculins manifestent un réel intérêt pour les approches féministes ou les questions concernant les femmes. Cela est de bon augure. En tous les cas, il y a lieu de soutenir les initiatives en ce sens. Il serait également souhaitable que l’on parvienne à franchir les barrières qui séparent les deux communautés linguistiques pour qu’il y ait mutuelle fécondation intellectuelle. Dans un contexte de mondialisation du savoir, il ne serait pas excessif de souhaiter que des chercheures qui travaillent à trois ou quatre stations de métro de distance puissent échanger sur leurs travaux de recherche.

Au sujet de la diversification des objets de recherche, quelques idées sont à retenir. Il importe bien sûr de conserver une expertise de haut niveau pour toutes les questions concernant les femmes et le christianisme. Nous avons là un acquis précieux et notre société manifeste toujours un besoin d’études de qualité dans ce domaine. Il serait par ailleurs urgent de développer nos connaissances à d’autres niveaux. Le phénomène religieux s’est significativement diversifié au cours des trente dernières années et de nouvelles manifestations religieuses rejoignent un nombre croissant de femmes : religion de la déesse, chamanisme, sorcellerie, néo-paganisme, spiritualité féministe, etc. Les études sur ces sujets sont trop rares. Il y aurait lieu de les développer. Enfin, au chapitre des grandes religions du monde (islam, hindouisme, bouddhisme, judaïsme, etc.) et des traditions spirituelles amérindiennes, nous accusons un retard important par rapport à nos collègues anglophones. Compte tenu de la diversité religieuse croissante que connaît le Québec et de l’impact qu’a toujours la religion sur la vie des femmes, nous nous devons de placer des ressources à ce niveau.

Et que la recherche sur femmes et religions continue sous le signe de la qualité, de la diversité, de la solidarité et de la transformation des discours et des pratiques !


Bibliographie

Baroni, Lise, Yvonne Bergeron, Pierrette Daviau et Micheline Laguë, 1995, Voix de femmes. Voies de passage. Pratiques pastorales et enjeux ecclésiaux, Montréal, Éditions Paulines, 259 p.

Barry, Catherine, 1997, Des femmes parmi les apôtres : 2000 ans d’histoire occultée, coll. " Les grandes conférences ", Montréal et Québec, Fides et Musée de la civilisation, 50 p.

Bélanger, Sarah, 1988, Les soutanes roses. Portrait du personnel pastoral féminin au Québec, Montréal, Bellarmin, 296 p.

Bergeron, Yvonne, 1991, Partenaires en Église. Femmes et hommes à part égale, Montréal, Éditions Paulines, 121 p.

Bouchard, Nicole, 1997, Quand une femme devient mère, Montréal, Fides, 228 p.

Caron, Anita, Marie Gratton, Agathe Lafortune et Marie-Andrée Roy, 1999, Les rapports homme-femme dans l’Église catholique : perceptions, constats, alternatives, Les cahiers de l’IREF, Institut de recherches et d’études féministes de l’UQÀM, 4, 105 p.

Caron, Anita (dir.), 1991, Femmes et pouvoir dans l’Église, Montréal, VLB éditeur, 254 p.

Caron, Gérald (dir.), 1995, Des femmes aussi faisaient route avec lui : perspectives féministes sur la Bible, Montréal, Médiaspaul, 230 p.

Comité des affaires sociales de l’Assemblée des évêques du Québec, Pleins feux sur le partenariat en Église, 1997, Actes du symposium " Le partenariat hommes et femmes Église ", Montréal, Médiaspaul, 224 p.

Côté, Pauline et Jacques Zylberberg, 1995, Des légitimations ontologiques : la reproduction théalogique du fait féminin en Amérique du Nord, Québec, U. Laval, Laboratoire d’études politiques, 46 p.

Couture, Denise, 2000, " La réception du divin féminin de Luce Irigaray en Amérique du Nord. Point de vue québécois ", " Luce Irigaray : le féminin et la religion ", Religiologiques, 21, p. 83-99.

Couture, Denise et Marie-Andrée Roy, 1994, " Dire Dieue ", dans Camil Ménard et Florent Villeneuve (dir.), Dire Dieu aujourd’hui, Montréal, Fides, p.133-146.

Couture, Denise (dir.), 1995, Les femmes et l’Église (suivi de Lettre du pape Jean-Paul II aux femmes), Montréal, Fides, 113 p.

D’Allaire, Micheline, 1997, Les communautés religieuses de Montréal, Montréal, Éditions du Méridien, tome 1, Les communautés religieuses et l’assistance sociale à Montréal, 1659-1900, 168 p. ; tome 2, Les communautés religieuses et l’éducation à Montréal, 1659-1900 (à paraître).

Danylewycz, Marta, 1988, Profession : religieuse. Un choix pour les Québécoises, Montréal, Boréal, 247 p.

Daviau, Pierrette, en collaboration avec Jacynthe Fortin, 2000, Projets de femmes. Église en projet. Jalons d’analyse sociopastorale, Montréal, Éditions Paulines, 143 p.

Deroy-Pineau, Françoise, 1989, Marie de l’Incarnation, Marie Guyart, femme d’affaires, mystique, mère de la Nouvelle-France, 1599-1672, Paris, Éditions Robert Laffont, 310 p.

Dion, Michel, 1995, Libération féministe et salut chrétien : Mary Daly et Paul Tillich, Coll. " Recherches. Nouvelle série ", 29, Montréal, Bellarmin, 231 p. .

Drage-Hale, Rosemary, 1999, " Catherine of Siena ", dans Paul F. Grendler (dir.), Encyclopedia of Renaissance, vol. 6, New York, Scribner’s & Renaissance Society of America.

Dufour, Manon, 1999, " Le concept de féminité dans la civilisation celtique : les perspectives sociohistorique, religieuse et mythologique ", mémoire de maîtrise (sciences humaines de la religion), U. Laval, 108 p.

Dumais, Monique, 1983, " Femmes faites chair ", dans Élisabeth J. Lacelle (dir.), 1983, p. 52-70.

Dumais, Monique, 1992, Les droits des femmes, Montréal, Médiaspaul, 132 p.

Dumais, Monique, 1993, Diversité des utilisations féministes du concept expériences des femmes en sciences religieuses, Les documents de l’ICREF, 32, n.p.n.d.

Dumais, Monique, 1996, " Préoccupations écologiques et éthique féministe ", " Questions d’éthique en sciences des religions ", Religiologiques, 13, p. 115-124. .

Dumais, Monique, 1997, " Éthique féministe de la relation et perspectives sur le corps ", Laval théologique et philosophique, 53, 2, p. 377-384. .

Dumais, Monique, 1998, Femmes et pauvreté, Montréal, Médiaspaul, 134 p. .

Dumais, Monique et Marie-Andrée Roy (dir.), 1989, Souffles de femmes. Lectures féministes de la religion, Montréal, Éditions Paulines, 239 p. .

Dumont, Micheline et Nadia Fahmy-Eid, 1986, Les couventines. L’éducation des filles au Québec dans les congrégations religieuses enseignantes, 1840-1960, Montréal, Boréal, 315 p.

Dumont, Micheline, 1995, Les religieuses sont-elles féministes ?, Montréal, Bellarmin, 167 p.

Dupriez, Flore, 1982, La condition féminine et les Pères de l’Église latine, Montréal, Éditions Paulines, 194 p.

Eaton, Heather, 1998, " Ecofeminism, Cosmology and Spiritual Renewal ", Église et théologie, 29, p.115-128.

Gaboury, Ève, 1995, " Ou à défaut, on invente. La sorcellerie néo-païenne comme lieu d’épanouissement du processus créateur gynocentrique ", dans Denise Veillette (dir.), 1995, p. 237-248.

Gagnon, Micheline, 1997, " Les femmes de la Bible : le double rapport stérilité-fécondité et virginité-maternité ", thèse de doctorat (théologie), U. de Montréal.

Geadah, Yolande, 1996, Femmes voilées, intégrismes démasqués, Montréal, VLB Éditeur, 293 p.

Genest, Olivette, 1987, " Femmes et ministères dans le Nouveau Testament ", Studies in Religion/Sciences religieuses, 16, 2, p. 7-20.

Genest, Olivette, 1990, " Langage religieux chrétien et différenciation sexuelle : de quelques évidences ", " L’autre salut ", Recherches féministes, 3, 2, p. 11-30.

Genest, Olivette, 1995, " Langage religieux chrétien et catégorie de genre ", dans Denise Veillette (dir.), 1995, p. 93-109.

Gratton-Boucher, Marie, 1974, " La femme dans l’oeuvre de saint Augustin ou l’impossible synthèse entre le rêve et la réalité ", mémoire de maîtrise, U. de Sherbrooke.

Gratton-Boucher, Marie, 1986, " Les femmes, "infortunées convives" de la pratique sacramentelle ", dans L’initiation sacramentelle des enfants. Étude de la politique de l’Église du Québec, Montréal, Fides, p. 85-99.

Gratton-Boucher, Marie, 1987, " La question clercs-laïques dans une perspective de théologie féministe ", dans Jean-Claude Petit et Jean-Claude Breton (dir.), Le laïcat, les limites d’un système, actes du congrès de 1986 de la Société canadienne de théologie, Montréal, Fides, p. 117-139.

Gratton-Boucher, Marie, 1991, " La récupération de Dieu au service de l’idéologie patriarcale ", dans Roberta Mura (dir.), Un savoir à notre image ? Critiques féministes des disciplines, Montréal, Éditions Adage, p. 269-284.

Goldenberg, Naomi, 1993, Resurrecting the Body : Feminism, Religion and Psychoanalysis, New York, Crossroads, 255 p.

Goldenberg, Naomi, 1995, " Psychoanalysis and Religion : A Feminist Atheist’s Perspective on Recent Work ", dans Morny Joy et Eva Dargyay (dir.), 1995, p. 101-115.

Guédon, Marie-Françoise, 1995, " La femme et le pouvoir dans les pratiques chamaniques des Dénés, Amérindiens de l’Alaska et du Nord-Ouest canadien ", dans Denise Veillette (dir.), 1995, p. 207-236.

Huot, Giselle, 1987, Une femme au Séminaire : Marie de la Charité (1852-1920), fondatrice de la première communauté dominicaine du Canada (1887), Montréal, Bellarmin, 525 p.

Joseph, Norma Baumel, 1995, " The Feminist Challenge to Judaism : Critique and Transformation ", dans Morny Joy et Eva Dargyay (dir.), 1995, p. 47-70.

Joy, Morny et Eva Dargyay (dir.), 1995, Gender, Genre and Religion, Waterloo (Ont.), Wilfrid Laurier University Press.

Juteau, Danielle et Nicole Laurin, 1997, Un métier et une vocation. Le travail des religieuses au Québec de 1901 à 1971, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 194 p.

Lacelle, Élisabeth J. (dir.), 1979, La femme et la religion au Canada français : un fait socio-culturel, Montréal, Bellarmin, 232 p.

Lacelle, Élisabeth J.,1983, La femme, son corps et la religion. Approches pluridisciplinaire, Montréal, Bellarmin, 246 p.

Lacelle, Élisabeth J.,1994, L’incontournable échange. Conversation oecuménique et pluridisciplinaires, Montréal, Bellarmin, 297 p.

Laurin, Nicole, Danielle Juteau et Lorraine Duchesne, 1991, À la recherche d’un monde oublié. Les communautés religieuses de femmes au Québec de 1900 à 1970, Montréal, Le Jour, 424 p.

Malouin, Marie-Paule (dir.), 1996, L’Univers des enfants en difficulté au Québec entre 1940 et 1960, Montréal, Bellarmin, 458 p.

McDonough, Sheila, 1995, " The Impact of Social Change on Muslim Women ", dans Morny Joy et Eva Dargyay (dir.), 1995, p. 125-141.

Melançon, Louise, 1989, " La prise de parole des femmes dans l’Église ", dans Monique Dumais et Marie-Andrée Roy (dir.), 1989.

Melançon, Louise, 1993, L’avortement dans une société pluraliste, Montréal, Éditions Paulines, 166 p.

Melançon, Louise, 1996a, " Pour une guérison du monde. Une spiritualité écoféministe selon Rosemary Radford Ruether ", dans Camil Ménard et Florent Villeneuve (dir.), Spiritualité contemporaine. Défis culturels et théologiques, actes du congrès 1995 de la Société canadienne de théologie, Montréal, Fides, p. 271-293.

Melançon, Louise, 1996b, " La théologie féministe comme théologie critique ", Laval théologique et philosophique, 52, 1, p. 55-65.

Moisan, Marie, 1997a, Diversité culturelle et religieuse : recherche sur les enjeux pour les femmes, Québec, Conseil du statut de la femme, 55 p.

Moisan, Marie, 1997b, Droits des femmes et diversité : avis du Conseil du statut de la femme, Québec, Conseil du statut de la femme, 79 p.

Moreux, Colette, 1969, Monographie d’une paroisse canadienne-française, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 485 p.

Orr, Leslie, 1998, " Jain and Hindu "Religious Women" in Early Medieval Tamilnadu ", dans John E. Cort (dir.), Open Boundaries Albany, State University of New York Press, p. 187-212.

Palmer, Susan, 1994, Moon Sisters, Krishna Mothers, Rajneesh Lovers : Women’s Roles in New Religions, Syracuse (NY), Syracuse University Press, 287 p.

Paris, Ginette, 1985, La renaissance d’Aphrodite, Montréal, Boréal-Express, 186 p.

Pasquier, Anne, 1983, L’Évangile selon Marie, (BG,1), Bibliothèque copte de Nag Hammadi, section " Textes ", 10, Québec et Louvain, Presses de l’Université Laval et Peeters, 118 p.

Pasquier, Anne, 1990, " Polémique autour d’une figure féminine dans quelques textes gnostiques ", Recherches féministes, 3, 2, p. 127-132.

Pelletier-Baillargeon, Hélène, (1985), Marie Gérin-Lajoie : de mère en fille, la cause des femmes, Montréal, Boréal-Express, 383 p.

Richard, Édith, 1999, " La montée de la Droite religieuse au Québec et ses conséquences sur la vie des femmes ", mémoire de maîtrise (théologie-études pastorales), U. de Montréal, 124 p.

Robillard, Denise, 1988, Émilie Tavernier-Gamelin, Montréal, Éditions du Méridien, 330 p.

Roy, Louise, 1992, Les Soeurs de Sainte-Anne. Un siècle d’histoire, tome II, 1900-1950, Montréal, Éditions Paulines, 556 p.

Roy, Marie-Andrée, 1996, Les ouvrières de l’Église. Sociologie de l’affirmation des femmes dans l’Église, Montréal, Médiaspaul, 420 p.

Roy, Marie-Andrée (dir.), 2000, " Luce Irigaray : le féminin et la religion ", Religiologiques, 21.

Roy, Marie-Andrée et Agathe Lafortune (dir.), 1999, Mémoires d’elles. Fragments de vies et spritualités de femmes, Montréal, Médiaspaul, 318 p.

Sauvé, Madeleine, 1962, " La Femme dans la Bible. Sa destinée ", thèse de doctorat, U. de Montréal.

Sauvé, Madeleine, 1995, L’Institut supérieur de sciences religieuses de la Faculté de théologie, Montréal, Bellarmin, 224 p.

Sharp, Carolyn, 1995a, " La Christologie féministe ", Relations, 616, p. 300-302.

Sharp, Carolyn, 1995b, " The Emergence of Francophone Feminist Theology ", Studies in Religion / Sciences religieuses, 25, 4, p. 397-407.

Slattery, Maureen C., 1998, " Women and the New Spiritual Consciousness ", Pastoral Sciences/Sciences pastorales, 17, p. 121-144.

Snyder, Patrick, 1999, La femme selon Jean-Paul II, Montréal, Fides, 253 p.

Snyder, Patrick, 2000, Représentations de la femme et chasse aux sorcières : XIIIe-XVe siècle : lecture des enjeux théologiques et pastoraux, Montréal, Fides, 123 p.

Veillette, Denise (dir.), 1995, Femmes et religions, Québec, Corporation canadienne des sciences religieuses et Presses de l’Université Laval, 466 p.

Tahon, Marie-Blanche, 1998, Algérie. La guerre contre les civils, Québec, Éditions Nota Bene, 198 p.

Young, Katherine K., 1995, " Theology Does Help Women’s Liberation : Srivaisnavism, a Hindu Case Study ", Journal of Vaisnava Studies, 3, p. 173-232.

Zylberberg, Jacques et Jean-Paul Montminy, 1981, " L’esprit, le pouvoir et les femmes. Polygraphie d’un mouvement culturel québécois ", Recherches sociographiques, XXII, 1, p. 449-104.


1. Je tiens à remercier Geneviève Proulx, étudiante au doctorat en histoire à l’U. du Québec, pour sa précieuse collaboration à la préparation du présent article. Elle a effectué une excellente revue de la littérature pour la période 1995-2000.

2. Ce constat est valable pour l’ensemble de la recherche féministe.

Télécharger ce document en format Word en cliquant sur l’icône ci-dessous ou imprimer en version pleine page en cliquant sur Imprimer.

Word - 131 ko

SOURCE ET REMERCIEMENTS

Remerciements à l’auteure et aux Presses de l’Université Laval qui ont autorisé la reproduction de ce texte sur Sisyphe. « Femmes, féminisme et religion » constitue un chapitre de l’ouvrage L’étude de la religion au Québec. Bilan et prospective, sous la direction de Jean-Marc Larouche et de Guy Ménard, Les Presses de l’Université Laval/Corporation canadienne des sciences religieuses, 2001, pp. 343-359

LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ LAVAL

Pavillon Maurice-Pollack, Bureau 3103
Cité universitaire
Sainte-Foy (Québec)
GlK 7P4

Site internet : http://www.ulaval.ca/pul

Le téléphone : (418) 656-2803
Le télécopieur : (418) 656-3305
Le courriel : presses@pul.ulaval.ca

Commenter ce texte                         Format Noir & Blanc pour mieux imprimer ce texteImprimer         Nous suivre sur Twitter       Nous suivre sur Facebook


Marie-Andrée Roy, professeure, UQAM

Marie-Andrée Roy est professeure au Département des sciences religieuses à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). La sociologie est sa discipline de recherche et ses champs de spécialisation disciplinaire sont la Sociologie des religions et les Études féministes. Les domaines de sa recherche sont les suivants : Discours religieux et rapports sociaux de sexe, Spiritualité féministe, Théorie féministe et religion.

Parmi ses ouvrages, mentionnons les suivants : Roy, Marie-Andrée et Anick Druelle (dir.). 2000. Lectures féministes de la mondialisation : contributions multidisciplinaires. UQAM : Les Cahiers de l’IREF, no 5, 200 pages ; Caron, Anita, Marie Gratton, Agathe Lafortune, Marie-Andrée Roy avec la collaboration de Nadya Ladouceur et Patrick Snyder, 1999. Les rapports homme-femme dans l’Église catholique:perceptions, constats, alternatives. UQAM : Les Cahiers de l’IREF, no. 4, 106 pages ; Roy, Marie-Andrée, 1996. Les ouvrières de l’Église, Montréal : Éditions Médiaspaul, 420 p. ; Roy, Marie-Andrée, 1999. Mémoires d’Elles. Fragments de vies et spiritualités de femmes, sous la dir. Agathe Lafortune et Marie-Andrée Roy, Montréal : Médiaspaul, 318 p. Pour d’autres recherches et publications de l’auteure voir le site du Département des sciences religieuses de l’UQAM, section Personnel. Le texte ci-contre de Marie-Andrée Roy, « Les femmes, le féminisme et la religion » est un chapitre (pp. 343-359) de l’ouvrage L’étude de la religion au Québec. Bilan et prospective, sous la direction de Jean-Marc Larouche et de Guy Ménard, Les Presses de l’Université Laval/Corporation canadienne des sciences religieuses, 2001.



Plan-Liens Forum

  • > Les femmes, le féminisme et la religion
    (1/1) 23 août 2004 , par isis

    rép: Internaute
    rép: Internaute




  • > Les femmes, le féminisme et la religion
    23 août 2004 , par isis   [retour au début des forums]

    je suis ravie de voir que je pas suis la seule qui détient ou cherche la véritée. En effet la bible renie l’existensialité de la femme tandis que les évènements majeures de la bible à été marquée par la femme Ève dont le serpent la séduite et qui ensuite fit découvrir Adam la sexualité, et la vierge Marie qui donna naissance à Jésus-Christ le sauveur. Aussi le facteur qui me trouble le plus est la trinité Dieu , jésus et le saint-esprit tous masculin où est la femme dans cela, la femme donne la vie et non l’homme. Ont dit que dieu créa l’homme à son image alors si Adam fut le premier homme sur terre et que la femme fut créer de la côte d’Adam comment se fait-il que l’homme ne donne pas naissance ? les néo-païenne ont tout à fait raison de croire en la mère (dieu) mais elles croient aussi au père il eu Adam et Ève qui fut créer à l’image de dieu donc il est tout à fait normale de croire que il existe 2 entitées fondateur. Dieu et Satan l’un masculin et l’autre féminin, et il est aussi normale de croire que le Dieu des catholiques serait la femme et le dieu des sorcières serait satan l’homme. Cela expliquerait l’attachement des prêtres a cette maîtresse et la masculinasation de la bible. si l’on connaît bien sa bible on peut remarquer le féminisme de Dieu (adorer, moi et seulement moi, prosterner vous devant moi) sont quelques exemples d’un caractère totalement féminin et cela expliquerait que la femme d’aujourd’hui soit sous la domination des hommes à cause de ce Dieu (jalouse) et les prêtres reconnait les pouvoirs dela femmes que cela soit les muslim qui Humilie la femme sachant son pouvoir.je ne continuerait pas plus avec mon savoir de la véritée mais je félicite ses femmes qui cherches à savoir et j’espère que vous lirait attentivement ce que j’ai ecrit et cela puisse vous donné quelques indices à ses questions !

    Sincèrement Isis


        Pour afficher en permanence les plus récents titres et le logo de Sisyphe.org sur votre site, visitez la brève À propos de Sisyphe.

    © SISYPHE 2002-2003
    http://sisyphe.org | Archives | Plan du site | Copyright Sisyphe 2002-2011 | |Retour à la page d'accueil |Admin