">
|
|
jeudi 3 juillet 2003 Le Centre des médias alternatifs du Québec (CMAQ), véhicule du discours masculiniste
|
|
DANS LA MEME RUBRIQUE :
|
Dans un article publié le 22 juin 2002 sur le site du Centre des médias alternatifs du Québec, Yannick Demers, du groupe Hommes contre le patriarcat, s’est dissocié de la propagande antiféministe et haineuse qui y est publiée par des hommes depuis deux mois. Il a avisé qu’il lancerait un appel au boycott si le CMAQ ne prenait pas les mesures pour stopper rapidement cette propagande haineuse et diffamatoire. Puis, dans une lettre datée du 29 juin, Yannick Demers a prévenu le CMAQ qu’en l’absence de mesures appropriées prises par ce site, il était sur le point de passer à l’action. Nous publions, avec l’autorisation de l’auteur, le texte de cet appel, la lettre qu’il a adressée au CMAQ ainsi que l’article qu’il a publié sur le site du CMAQ.
UN APPEL AU BOYCOTT Depuis maintenant plus de deux mois, le site web du CMAQ est le lieu d’attaques massives et répétées de la part d’individus que nous avons pris l’habitude de nommer "masculinistes" : des messages anti-féministes ayant comme point commun de renverser le rapport d’oppression hommes-femmes, faisant des hommes les victimes et les femmes - mais surtout les féministes - les bourreaux. Un des lieux de diffusion par excellence des nouvelles et communiqués issus du milieu progressiste québécois, le CMAQ, créé dans la foulée de la contestation du Sommet des Amériques à Québec en avril 2001, était jusqu’à présent un lieu d’information dynamique et de discussion constructive autour de thèmes variés chers à la gauche : lutte altermondialiste, résistance aux politiques guerrières, féminisme... Or, il est devenu impossible de nier la présence de ce discours réactionnaire anti-féministe qui est de plus en plus toléré - plutôt que réprimé comme tout discours haineux - par les gestionnaires du site : plusieurs femmes ont cessé d’utiliser le CMAQ, agressées jusque dans les lieux autrefois les plus supportant de la cause féministe ; plusieurs individus, femmes et hommes, mobilisent toutes leurs énergies à tenter, sans grand succès, de stopper la haine et de convaincre les organisateurs-trices du site d’enfin contrôler les messages en question. La situation est donc la suivante : le "donjon" du CMAQ, page à accès public où se retrouvent les textes "rejetés", est rempli de propagande masculiniste, très facilement accessible ; plusieurs articles plus soft sont quant à eux affichés dans la section analyse ; et tous messages touchant de près ou de loin aux rapports de genre sont assaillis de dizaines de commentaires négationnistes et haineux. Il est devenu impossible de tenir un discours féministe sans être la cible d’intimidation et d’insultes. Les responsables du CMAQ, bien qu’ils et elles ne soient à ce jour pas restéEs totalement froidEs face à la question, en contrôlant entre autre la publication dans les sections les plus fréquentées du site et en réprimandant à l’occasion les interventions les plus misogynes, semblent incapables de remédier à la situation. Face aux pressions répétées de plusieurs individuEs, et malgré les ultimatums, la réponse demeure la même : le CMAQ ne peut censurer le contenu de son site - n’a en fait plus le contrôle - et se dit dans l’impossibilité de porter quelque action significative dans un délais acceptable. Nous avons été suffisamment patientEs, la situation a assez duré. Les attaques masculinistes continueront tant et aussi longtemps que des mesures drastiques ne seront pas prises. C’est pourquoi il est exigé que le CMAQ remédie à la situation : 1- en reconnaissant la dérive lamentablement anti-féministe qu’a pris
son contenu Nous appelons donc au boycott complet du CMAQ jusqu’à ce que des actions significatives soient prises. Nous vous invitons, si le coeur vous en dit, à signaler aux responsables du CMAQ votre intention de boycotter le site à l’adresse suivante : info@cmaq.net Le mépris a assez duré, il est temps d’agir ! Yannick Demers Voici quelques liens où on pourra se faire une opinion sur le discours mensonger, diffamatoire et haineux que le CMAQ diffuse en connaissance de cause depuis deux mois : http://www.cmaq.net/fr/module.php ?mod=donjon&id=11963
À l’équipe du CMAQ, Voici maintenant quelques semaines que dure l’affichage massif de messages anti-féministes sur le CMAQ qui, bien que relégués dans la section donjon, suite à l’effort de dénonciation de collaborateur- trices du CMAQ et à la bonne volonté de certainEs administrateur- trices, bénéficient d’un espace de diffusion privilégié dans nos tribunes alternatives. Tel que mentionné dans mon article affiché dimanche dernier dans la section analyse, je crois que l’effort que je peux faire pour effacer la propagande masculiniste du CMAQ est devenu vain, qu’il est maintenant plus que jamais entre vos mains d’agir et vite. J’ai été patient. J’ai dénoncé les envois anti-féministes et haineux tel que des membres comme Pat souhaitaient que nous le fassions, encaissant en échange de mes analyses politiques des nuées d’insultes personnelles intimidantes et humiliantes, toutes choses que je ne m’attends pas à voir et avoir à subir sur un site comme le CMAQ. La situation a assez duré : je ne peux supporter un instant de plus cette polution idéologique sur une tribune de la gauche. Vous n’êtes d’ailleurs pas sans savoir que l’anti-féminisme n’est pas du tout inconnu au milieu de la gauche, qui sait en faire preuve de façon admirable : la présence non-censurée d’un discours semblable encourage les hommes de gauche à maintenir leurs attitudes dominantes et à exprimer ouvertement leur discours de dominant. Ce qui n’aura comme résultat que de donner plus d’ouvrage aux féministes et proféministes qui devront assumer les ressacs annoncés. Nous ne pouvons rester silencieux-ses face à ce constat. Le CMAQ doit prendre conscience du rôle qu’il aura joué dans la multiplication de ces conflits et de son pouvoir d’action face à tout ceci : il n’est tout simplement plus possible d’attendre, en évoquant la liberté d’expression comme un alibi d’occasion ou la démocratie trop longue comme indice modérateur. Chaque jour qui passe est un coup de plus porté aux acquis des femmes et à leurs luttes, une insulte digne des médias traditionnels lancée au féminisme. C’est pourquoi, malgré que je ne doute toujours pas, jusqu’à preuve du contraire, de vos bonne intentions, j’ai l’intention de boycotter le site du CMAQ jusqu’à élimination du caractère public des publications anti-féministes, diffamatoires et haineuses, et je vous fais part de mon intention de diffuser aussi largement que possible un appel général au boycott dans le milieu traditionnellement sympathique au Centre, jusqu’à ce que la situation se rétablisse et que le CMAQ affiche ouvertement sont caractère proféministe. En espérant que vous comprenez mes motifs, et interpréterez mon action pour ce qu’elle est vraiment : non pas un geste visant à détruire le CMAQ, mais un geste de pression et d’incitation à l’action pour que sa véritable vocation soit respectée et qu’il ne se sclérose pas dans sa non-réponse au vent de droite. Respectueusement, yannick demers
« Attaque masculiniste au CMAQ : proposition » Yannick Demers, dimanche, 06/22/2003 - 03:26 Plus les heures filent et plus ça dégénère. Le donjon du CMAQ est devenu un lieu de rendez-vous - et non un lieu de rejet - où touTEs et chacunEs, utilisatrices et utilisateurs du CMAQ font leur possible pour tenter d’endiguer et/ou de mettre fin au matraquage d’analyses masculinistes, au pire misogynes, au mieux mensongères, mais toujours en opposition complète avec les principes du Centre (leur expulsion aux oubliettes en étant la preuve). Force nous est de constater que plusieurs, y comprit l’auteur de ces lignes, gaspillons notre temps à tenter de contredire, raisonner, expulser les tenants de ce discours : vraisemblablement, à mon grand regret, sans résultat. Les actions circonscrites à ce site semblant vouées à l’échec, et les administrateurs-trices du CMAQ tardant toujours à prendre quelque initiative que ce soit, serait-il venu le temps de tout simplement ignorer les futures attaques masculinistes, les spectatrices-teurs et actrices-teurs du débat ayant vraisemblablement eu tout le loisir de se positionner face à la question. Je suggère de laisser une dernière chance aux gens du CMAQ de nous prouver qu’ils-elles sont de bonne foi, et pendant ce temps laisser pourrir les résidus au donjon. Plus de réponse, plus de commentaire : ces messieurs disent que leur parole, LA parole masculine, est brimée, et bien laissons leur l’exprimer en toute quiétude et mettons les admnistrateurs-trices devant un constat clair : leurs égoûts sont envahis par les ordures, il est temps de faire le ménage du printemps. Pour ma part, si rien n’a été fait d’ici une semaine, je boycotterai le CMAQ jusqu’à ce que changement se fasse, et encouragerai tout mon réseau à faire de même. À bas le révisionnisme, à bas le mysticisme, à bas le masculinisme. Pour un mouvement révolutionnaire qui a le courage de se prendre en main. No Pasaran. Yannick Demers Mis en ligne sur Sisyphe le 1 juillet 2003
Lire aussi : Gros débat sur le cmaq.net, par Le collectif du CMAQ © Sisyphe 2002-2010 |
||||
|
Yannick Demers L’auteur est candidat au Baccalauréat en Travail social, à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et membre du groupe Hommes contre le patriarcat, dont le site est antipatriarcat.org Voici comment il décrit ce collectif : "Le collectif Hommes contre le patriarcat est un groupe affinitaire pro-féministe radical, contre le patriarcat et la différenciation sexuelle/genrée, dans une perspective anti-capitaliste, anti-État, anti-racisme ; bref contre tous les systèmes d’oppression." Yannick Demers se définit depuis plusieurs années comme un chansonnier anarchiste. |
|
Plan-Liens Forum (1/1) 3 juillet 2003 , par So rép:
Micheline Carrier
|
Les mots ne veulent plus rien dire, semble-t-il. Du moment que le texte est accessible à tout le monde sur un site PUBLIC, il est forcément diffusé. Et refuser de publier un texte, cela signifie...refuser, c’est-à-dire ne pas le placer sur un site public à la disposition de tout le monde. La transparence dont vous vous réclamez autorise tous les abus dont nous sommes témoins depuis quelques semaines. Et la liberté d’expression a le dos large. Les déclarations de bonnes intentions ne suffisent pas. On juge un arbre à ses fruits. Et il est vrai que le CMAQ sert de tribune aux masculinistes depuis deux mois. Malgré lui peut-être, car il semble être captif d’une politique éditoriale questionnable. Pourriez-vous m’expliquer le sens de cette phrase ? "et cherche seulement et de façon tout à fait courageuse à faire valoir la nécessité d’un autre mode de discours." Quel est ce mode de discours ? Micheline Carrier Éditrice de Sisyphe
Eh bien ! Si ce message vient du CMAQ, je trouve qu’il a un sacré culot de demander à d’autres de modérer leurs propos et de pondérer leurs analyses. Les propos qui se trouvent sur le CMAQ depuis quelque temps ne sont pas nécessairement modérés et pondérés.
D’accord, mais il ne s’agit pas de NOS propos !! Saisissez-vous la nuance ? Nous fonctionnons précisément sur les bases d’une tolérance maximale et d’une opposition franche à la censure systématique. Ce sont nos principes fondateurs. Pouvez-vous comprendre ceci ? Notre mode de fonctionnement est en bris de continuité avec l’exercice médiatique traditionnel, qui impose un contrôle au discours et détermine les balises de la pensée. La publication ouverte prête définitivement le flanc à une panoplie d’abus, et la présente attaque des "garscontents" en est l’exemple le plus éloquent qu’on puisse imaginer. Nous estimons pourtant que, bien que nous devions envisager des modifications importantes à notre processus éditorial, il est tout à fait hors de questions pour nous de se mettre du jour au lendemain à éliminer des participants au mépris de nos valeurs les plus essentielles. Soyez assuréEs que nous exercerons dorénavant un contôle plus strict sur la teneur diffamante des commentaires et sur les procédés méprisants et mensongers, mais il n’est pas question, pour des raisons à la fois pratiques (il est impossible d’empêcher l’accès des utilisateurs anonymes au formulaire de publication, à moins de renoncer au pricipe de publication ouverte) et philosophiques, que le CMAQ se mette à censurer systématiquement les articles qui ne correspondent pas aux opinions et aux valeurs des individus qui forment son collectif. En espérant que vous soyez disposéEs à tenir compte des implications inhérentes à l’exercice de publication ouverte, à admettre que nous faisons de notre mieux pour endiguer les dégâts dans des conditions qui échappent en grande partie à notre contrôle et, surtout, à comprendre que les propos qui sont publiés par les masculinistes sur le CMAQ ne reflètent absolument pas les valeurs et opinions des membres du CMAQ, je vous invite à porter attention aux nouvelles mesures éditoriales qui seront adoptées d’ici une ou deux semaines. Solidairement votre, PatCAd CMAQ
Est-il nécessaire de rappeler que ce n’est pas d’un appui actif au masculinisme que le CMAQ est blâmé, mais justement d’une tolérance qui permet la diffusion du discours et son acceptation par le fait même. Vous savez : lorsque se taire, c’est collaborer... J’ai beaucoup de misère avec le principe de tolérance maximale et unilatérale. Marcuse soulignait cette tendance que les gens censuréEs par le système ont d’être extrêmement tolérantEs envers le système, alors que le système fait preuve d’intolérance à leur égard, tout en implorant que l’on tolère sa propre incompétence. Avec comme résultat que la tolérance, qui devrait servir au débat public, en remettant en question la pensée dominante (et là n’aller pas me dire que le féminisme est justement la pensée dominante !!!), sert en fait à abriter la pensée des dominants sous un voile de tolérance absolue. Or, je crois que la tolérance pure ne peut s’exercer envers la pensée dominante, puisqu’elle dirige le discours de masse et exerce la balance du pouvoir : dans ce contexte de contrôle social, on ne tolère pas le faux pas qui a vite fait de tuer des milliers de gens (à qui viendrait l’idée de tolérer les "écarts de conduite" de Bush en Iraq) qui a un impact majeur sur la vie d’une population entière. Le discours masculiniste, ça a déjà été dit, a été dans l’histoire source de gynécides, comme le discours anti-sémite a été la source d’un des pires génocide. Il n’y a pas de place pour la tolérance pure face à ces plaies. Yannick Demers qui attend les nouvelles politiques éditoriales avec impatience
|
Sisyphe.org
| Archives
| Plan du site
| Copyright Sisyphe
|
|Retour à la page d'accueil
|Admin
|