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mardi 25 octobre 2005 Inde : La Haute Cour lève l’interdiction du livre de Taslima Nasreen
La Haute Cour de Calcutta a levé l’interdit frappant le livre Dwikhandita de Taslima Nasreen. Il y a deux ans, le gouvernement communiste de l’Etat du Bengale occidental avait ordonné la confiscation du livre en vertu de la section 295A du Code Pénal indien (actes délibérés et malveillants dans l’intention d’outrager les sentiments religieux de tout groupe de personnes en insultant la religion ou les croyances religieuses). Les trois juges siégeant au Tribunal spécial de la Haute Cour de Calcutta ont fait observer que le livre ne remplissait aucun des critères décrits dans l’article invoqué et que l’interdiction n’était pas en accord avec la loi. La Cour a également noté que les passages controversés du livre se limitaient à deux pages seulement (pp. 49 et 50 - lesquelles ne jouaient pas un rôle central dans l’ensemble du livre qui compte 359 pp.) et que l’interdiction ne se justifiait donc pas. En outre, le livre avait circulé pendant un bon moment sans causer le moindre incident de violence collective. Dwikhandita ("Coupée en deux")est paru en 2003 en bengali à Kolkata (Calcutta), c’est la troisième partie de l’autobiographie de Taslima Nasreen. l’auteur critique la transformation de son pays d’origine, le Bengladesh voisin, qui d’Etat laïque est devenu un Etat islamique, et elle décrit sans ménagement la manière brutale dont les femmes sont traitées sous l’Islam. Taslima Nasreen a dû fuir son pays en 1994, lorsque des militants fondamentalistes l’ont menacée de mort, et elle vit toujours en exil actuellement. La levée de l’interdiction est un revers pour le gouvernement du Front de Gauche partisan de la censure dirigé par le Premier Ministre Buddhadev Bhattarcharjee (CPI ö M). Cherchant à plaire à l’électorat musulman de son parti, il s’était empressé de jeter l’interdit sur le livre dérangeant. Dans la nuit du 28 novembre 2003, il fit opérer une razzia sur les librairies de Calcutta pour saisir tous les exemplaires disponibles. Cet acte de censure fut apprécié de l’opposition (Parti du Congrès) mais fortement critiqué par l’Association Rationaliste Internationale et d’autres défenseurs de la liberté d’expression. Taslima Nasreen est membre honoraire de Rationalist International. Source : Rationalist International, Bulletin #148, 19 octobre 2005. Mis en ligne sur Sisyphe, le 19 octobre 2005. © Sisyphe 2002-2010 | ||||
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