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dimanche 2 avril 2006
Villepin et le viol de la France, par Marie-Victoire Louis

À propos de la France, M. de Villepin, distingué Premier ministre de la France, a, selon Franz-Olivier Giesbert (1), déclaré : « Elle a envie qu’on la prenne. Ça lui démange dans le bassin » (2) ; à propos des journalistes jugés trop timides à ses yeux sur les démêlés conjugaux du couple Sarkozy : « Ils n’ont pas de couilles » (3) ; à propos des hommes politiques : « Leur seul organe développé, c’est le trouillomètre » ; à propos de la manière dont il a obtenu de Chirac sa nomination à Matignon : « C’était physique… j’ai violé Chirac » ; enfin, à propos de Sarkozy : « Un type qui ne peut pas garder sa femme ne peut pas garder la France. » (4)

Le 27 mars, dans un débat télévisé, par ailleurs exclusivement masculin (5), M. Abelès, anthropologue, a affirmé à propos de la « crise » actuelle du CPE : C’est « devenu un objet de politique interne… de savoir s’il (Villepin) en a ou pas ».

Le 28 mars, sur la première page du Monde, le dessin de Plantu montre des sondeurs face à de Villepin ; l’un d’eux déclare : « 57 % desFfrançais pensent que vous aurez les couilles de vous obstiner gravement ».

Le 30 mars, Le Monde, dans l’article intitulé : « Scènes de crise à Matignon », on peut lire ceci : « Villepin, campant comme toujours dans les pas du héros, […] avait affirmé : « Nous sommes en 14-18, il faut reprendre l’offensive, sortir de la tranchée. On va montrer que l’on a des couilles ». Ce à quoi Sarkozy lui aurait répondu « tranquillement » : « Vous savez dans ce pays, on ne coupe pas les couilles, mais les têtes ». (6)

Bref, la France est à feu et à sang, parce que M. de Villepin veut que l’on sache qu’il est un mec, qu’il a, lui, - et, plus encore, lui seul - des couilles, et, en tout état de cause, plus que Sarkozy.

Et de ses couilles, que fait-il ? Comme tant d’autres, il viole. Nombre de ses agissements resteraient d’ailleurs, sans cette grille de lecture, incompréhensibles.

Traditionnellement, la symbolique du viol d’une nation était réservée au pays « ennemi », au pays occupant. Ce qui est ici nouveau, c’est que c’est « la France » - nous tous et toutes donc - qu’un chef de gouvernement veut violer, projet évidemment plus excitant - et rêve inconscient de combien ? - que de violer n’importe quelle femme, n’importe quel mec, au coin d’un bois.

Aujourd’hui, Villepin fait donc mieux, plus fort que Joe Starr. De Nique Ta mère, on est passé à Nique la France. Avec comme prochaine étape : Nique le monde entier comme horizon de notre société.

Que certains déclarent que « peut-être avec un débat préalable, il aurait été possible de s’entendre davantage », que d’autres pensent qu’il faudrait « laisser le champ entièrement libre à M. Sarkozy », que les socialistes scandent « retrait, retrait ! », que Chirac - qui partage avec Villepin, nous dit-on, une ‘certaine idée de la France’ - « joue son rôle » est révélateur de la manière dont la classe politique analyse les enjeux : qui va baiser qui, quand, à combien, comment, avec quels risques ? pour son ego ? pour sa peau ? Et une fois le viol commis, à quel moment faut-il se retirer pour empêcher que « les Français ne se dressent les uns contre les autres ».

Mais que nul-le ne veuille être violé-e ne fait pas partie du sujet.

La France - qui n’en a pas le monopole - est aussi malade et peut-être avant tout - de ses hommes [politiques]. Au terme d’une si lourde histoire de mépris, de peur, de haine des femmes et des féministes, la classe politique française a pu produire ce que Villepin exprime et incarne aujourd’hui : des hommes de Cro-magnon. (7)

Notes

1. La tragédie du Président, Flammarion. mars 2006
2. On peut aussi, dans ce même livre, lire cette phrase : " La France a l’air à la ramasse. Mais observez - là de près. Elle a les jambes écartées. Elle attend désespérément qu’on la baise : ça fait trop longtemps que personne ne l’a honorée" . (p.284)
3. Le même Franz Olivier Giesbert a par ailleurs déclaré à l’émission « On a tout essayé » que le Premier Ministre employait sans cesse le mot « couilles ». « tous les trois mots », crois-je me souvenir.
4. Citations reprises dans Le Monde 2, 18 mars 2006.
5. LCI. 11 heures 30.
6. Le Monde, 30 mars 2006. 7. Chirac à propos des hommes : « Nous autres les hommes, nous sommes toujours comme les Cro-magnons de la préhistoire. Toujours à chasser et à courir la gueuse. Mais à la fin des fins, il nous faut retourner dans la grotte. Sans elle, je serai malheureux comme les pierres ». Repris du même livre de Franz-Olivier Gisbert.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 30 mars 2006

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Propos révoltants d’un homme politique
6 avril 2006, par Gabrielle



Propos révoltants d’un homme politique
6 avril 2006, par Gabrielle   [retour au début des forums]

Bonjour,

Dans le canard Enchaîné du 22 mars je suis tombée sur l’entrefilet suivant :

Le 14 mars notre fringant Premier ministre quitte la réunion du groupe des parlementaires UMP sur ces fortes paroles : "Je ne ferai pas comme Balladur avec le CIP. J’irai jusqu’au bout. Moi j’ai des couilles". Réponse à distance et quelques jours plus tard d’Edouard Balladur :"Vu le vocabulaire qu’il emploie, ce type doit être un obsédé sexuel".

J’avais mis ça sur le compte de l’esprit gaulois, mais au détour du web je trouve la dépêche AFP suivante et ça se confirme, ce type est un obsédé : "La France a envie qu’on la prenne. Ça la démange dans le bassin. Celui qui l’emportera à la prochaine élection, ce ne sera pas un permanent de la politique mais un saisonnier, un chenapan, un maraudeur", confiait récemment Dominique de Villepin à l’ancien directeur de la rédaction du Figaro Franz-Olivier Giesbert, qui a retranscrit cette image inattendue dans son ouvrage ’La tragédie du président’ (Flammarion)."

J’ai feuilleté le livre en librairie et on y trouve même une citation encore plus élégante à la page 284 : " La France a l’air à la ramasse. Mais observez-là de près. Elle a les jambes ecartées. Elle attend désespérement qu’on la baise : ça fait trop longtemps que personne ne l’a honorée".

Je ne condamne pas la gauloiserie mais je m’inquiète de la fréquence obsessionnelle de la vulgarité avec lesquelles Villepin s’y adonne. Et je suis révoltée par cette apologie du viol qui est clairement sous-jacente dans son discours.

Ce type a l’air de sortir de l’époque pas si lointaine où les tribunaux demandaient aux victimes de viol si elles n’avaient pas "un peu allumé" leur violeur. A l’heure où l’UMP agite le fantasme de la ’tournante’ en banlieue pour des motifs purement électoralistes, ça me parait non seulement pas très opportun mais surtout profondément malsain.

Je suis enseignante en banlieue parisienne et je ne vois pas comment je vais apprendre le respect de l’autre et de la loi à mes élèves quand le Premier ministre du pays s’exprime publiquement comme un délinquant sexuel d’habitude !

Bien à vous

Gabrielle

[

    > Propos révoltants d’un homme politique
    26 septembre 2006   [
    retour au début des forums]


    Vous êtes d’une grande naîveté, qui confine à la plus parfaite sotttise. On voit que vous ne connaissez pas le vrai Villepin. C’est un raffinné, et au fond un parfait romantique. Je ne peux décidément pas l’imaginer ni en obsédé sexuel ni en soudart. Il n’a pas prononcé un mot de ce que pour nuire, Giesbert lui attribue, tout le mode le sait. Quand aux histoires de couilles, c’est plutôt rigolo, à ce stade c’est une métaphore, celle du courage. Moi-même, une femme des gens ont dit que j’avais des couilles pour une intervention faite dans une revue, ce qui ne m’a pas le moins du monde blessée, Lui, l’avez-vous bien regardé, il ne violerait jamais personne, je suppose qu’il doit plutôt repousser souvent les assauts de la gent féminine. Lui et moi n’avons pas eu besoin de nous assaillir, mais nous nous charmons depuis des années. J’ai beau avoir brillamment réussi dans une profession intellectuelle, je n’ai jamais été tentée par les sirènes du féminisme ; qu aboutissent à de telles stupidités.

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