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L’évolution du modèle homme/femme

27 mai 2006, 18:24, par Jack

Enfin une analyse qui refuse de tomber dans la facilité des propos généralisants, et qui de surcroît aborde le problème sous l’angle socioloqique, aussi complexe –s’intéresser aux motifs qui poussent à faire appel à la prostitution- et frustrant –refus du cliché de l’homme mu par ses pulsions, et de la femme victime d’un système esclavagiste-.
Je souhaiterais réagir au paragraphe « Les autres femmes sont responsables » dans lequel il est dit : « À l’évidence, le discours de ces hommes révèle une nostalgie pour un passé idéalisé. Il tend à décrire un passé dans lequel "chacun était à sa place", où les repères et les hiérarchies étaient clairs et la "complémentarité" socialement valorisée. »
Oui il existe aujourd’hui une catégorie d’hommes nostalgiques de cette époque –que je ne connaît moi-même qu’à travers les exemples familiaux, pour cause mon jeune âge- marquée par la prédominance du modèle social [femme au foyer/ Homme au bureau] ou de ses déclinaisons. Je ne pense pas m’égarer en affirmant que ce schéma familial a explosé à la suite de la révolution sexuelle et de la naissance d’un nouveau modèle : celui de la femme moderne, libre de vivre sa féminité comme elle l’entends (droit à l’avortement, généralisation des moyens de contraception, épanouissement sexuel assumé, en oppositions avec les normes sociales et religieuses de l’époque extrêmement restrictives etc…). Cette évolution s’est produite, exhaussant en partie dans son sillage l’idéal égalitaire homme/femme (certaines inégalités persistent, telles les inégalités sur les salaires). La question qu’elle soulève est la suivante : quels nouveaux modèles de la femme et de l’homme a-t-elle engendré ? Comment ces nouveaux modèles peuvent-ils expliquer la désorientation de certains hommes dans la société actuelle ?
Force est de constater qu’aujourd’hui les femmes peuvent être mères et femmes actives à la fois : elles ont gagné leur indépendance. Les hommes, eux, conservent leur statut d’hommes actifs, mais ont perdu le rôle qu’il leur conférait au sein de la cellule familiale. J’insiste pour mettre sur un même pied d’égalité les anciens rôles de l’homme et de la femme, dans le sens ou ils donnaient à chacun de contrôler une branche de la vie familiale, et ou ils étaient chacun restreignant et épanouissants : d’un côté la femme détenait le contrôle de l’éducation de ses enfants, de l’autre l’homme assurait les revenus du foyer, exerçant son contrôle dans la sphère professionnelle. Ces rôles sociaux et familiaux s’inscrivaient dans les cadres de dogmes religieux, (sacrement du mariage…) et d’impératifs sociaux (se marier jeune, afin d’assurer la pérennité de la famille…).
Aujourd’hui l’homme déboussolé constate qu’une femme peut choisir de vivre sa sexualité entre 20 et 30 ans, donc de privilégier son épanouissement sexuel, puis se concentrer, à la trentaine, sur sa fonction procréatrice -recherche du père de ses enfants- tout en travaillant. Le modèle sociétal qui faisait de la femme une mère très tôt, et exclusivement une mère, donnant ainsi à l’homme un rôle et des responsabilités spécifiques, s’est évanoui.
Accordé avec l’ascension de l’esprit individualiste, l’homme comme la femme choisi à présent la trajectoire qu’il souhaite suivre, les engagements et les responsabilités renvoyés en seconde position derrière l’impératif sacré d’épanouissement personnel. Si donc aujourd’hui les hommes et les femmes partagent cette focalisation sur leurs intérêts propres, que deviennent leur rencontre et leur union sinon une pure concordance d’intérêts ?