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Tibet - Quand le génocide devient un gynocide

8 avril 2008

par Dre Michèle Dayras, présidente de SOS-SEXISME

Aujourd’hui la flamme olympique, symbole de la solidarité sportive planétaire, sillonne les rues de notre capitale protégée par une force dissuasive/répressive de grande ampleur.

Est-il justifié, dans une démocratie comme la nôtre, d’empêcher d’éventuelles manifestations sur son trajet en faveur des droits du peuple tibétain ? Pourtant, il aura fallu des décennies avant que le monde entier ne commence à s’émouvoir devant la colonisation de ce territoire...

Si j’approuve pleinement ces actions militantes en solidarité avec un peuple qui lutte pour sa survie et pour la pérennité de sa culture, je m’insurge avec véhémence contre l’ignorance des défenseurs des Droits dits « de l’Homme » qui semblent méconnaître l’oppression qui frappe spécifiquement les femmes tibétaines ET chinoises. Oublieraient-ils que dans un contexte d’exploitation et d’asservissement, les femmes sont toujours beaucoup plus gravement touchées que les hommes ? Où cela leur serait-il indifférent car « naturel » ?

Réunies dans une même SORORITE de souffrances, CHINOISES et TIBETAINES sont les cibles de nouvelles mesures discriminatoires en rapport avec la réapparition, dès les années 80, des idées ancestrales de supériorité et de suprématie masculines que le communisme n’avait fait que stopper, sans les éradiquer complètement.

Diverses tactiques sont mises en oeuvre pour briser la volonté émancipatrice féminine et revenir à la « bonne » vieille morale patriarcale. Le répit dans la « guerre des sexes » organisé par le communisme a fait long feu !

  • Accentuation des violences faites aux femmes, trop peu réprimées par la législation actuelle - violences conjugales, femmes objets, viols collectifs, harcèlement sexuel, diffusion de la pornographie.
  • Trafic et vente d’épouses sur les marchés d’esclaves.
  • Réapparition de la prostitution et de la coutume des concubines multiples comme au temps des seigneurs.
  • Discriminations variées sur le marché de l’emploi : inégalités salariales, chômage, exclusion des femmes.
  • Diminution du nombre des femmes dans les instances politiques de tous niveaux.
  • Mise en place de la Politique de « l’enfant unique » - essentiellement développée depuis les années 80 - qui associe des mesures incitatives, dissuasives ou répressives, financières et médicales : planning familial, stérilisations forcées, avortements sélectifs des foetus féminins, infanticides ou abandons des petites filles.

    Le sexe ratio femme/homme normalement de 100/105 à la naissance (régulé automatiquement du fait de la plus grande fragilité des garçons, à 100/100 à la fin de la 1ière année de vie) est actuellement de 70 filles /100 garçons...

    Quelle que soit la répression organisée ou la récompense promise, la campagne antinataliste est dirigée par le pouvoir masculin contre le libre choix des femmes à disposer de leur corps. Il s’agit d’une forme gravissime de violences faites aux femmes qui enfreint tous les textes internationaux signés par le gouvernement chinois :

  • Déclaration universelle des Droits de la Personne humaine, 1948 ;
  • Convention internationale sur l’élimination des discriminations à l’encontre des femmes, 1979 ;
  • Convention internationale contre la torture et autres traitements ou punitions cruels, dégradants ou inhumains, 1984 ;
  • Convention internationale sur la punition du crime de Génocide.

    DÉNONÇONS avec force LE GYNOCIDE CHINOIS ET TIBETAIN afin de venir en aide à ces femmes qui se battent au quotidien pour sauver leur vie et/ou celle de leur fille à naître, et retrouver dignité et liberté.

    * Ce GYNOCIDE est semblable à celui qui se déroule, dans le plus grand silence médiatique, aux Emirats Arabes Unis et en Inde où le manque de femmes pose de graves problèmes.

    Bibliographie

    1. Isabelle Attané, Une chine sans femmes, 2005, Ed. Perrin
    2. Femmes et Violences dans le monde, sous la direction de M. Dayras 1995, Ed. l’Harmattan.

    Mis en ligne sur Sisyphe, le 8 avril 2008

  • Dre Michèle Dayras, présidente de SOS-SEXISME


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