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Le tourisme de prostitution, une industrie mondialisée florissante

3 avril 2009

par Mélanie Claude, doctorante en sociologie

    "On peut hélas prédire, sauf sursaut providentiel, qu’il n’y aura plus demain de touristes sexuels, il n’y aura que des voyageurs qui perdront leur humanité à la suite d’un viol (et vol) organisé." (Richard Poulin, Enfances dévastées. L’enfer de la prostitution, tome I, Ottawa, L’Interligne, 2007, p. 133)


Le tourisme sexuel est un phénomène mondial. Facilité et consacré par l’industrie du tourisme, bien peu de pays échappent à ce type de voyage à caractère sexuel. Berceau du tourisme de prostitution, la Thaïlande, les Philippines, la Corée du Sud et le Vietnam ne sont désormais plus les seuls lieux prisés. À ces derniers s’ajoutent, entre autres, le Cambodge, l’Indonésie et la Chine. En Afrique, le tourisme de prostitution est en plein essor. Certaines villes du nord du continent sont particulièrement touchées, comme Le Caire, Casablanca et Marrakech. Les touristes sexuels parcourent également le Sénégal, la Gambie, la Zambie, la Tunisie et Madagascar. En Europe, la légalisation de la prostitution en Allemagne, en Grèce, en Hongrie et aux Pays-Bas a engendré une augmentation du nombre de touristes ayant des motivations d’ordre sexuel. En Amérique du Nord, le tourisme de prostitution se pratique dans les grandes métropoles, telles que Montréal, Toronto, Vancouver et Las Vegas. En Amérique latine, l’exotisme et la sexualité se conjuguent. Le Costa Rica et le Brésil sont devenus des destinations populaires pour le tourisme prostitueur d’enfants.

On estime en 2003 que 62% des enfants prostitués costaricains ont été la proie de touristes sexuels. Pour leur part, la République dominicaine, Cuba et la Jamaïque comptent parmi les pays où le tourisme sexuel féminin est en croissance.

Alors que les lieux les plus visités par ces touristes sexuels se trouvent majoritairement dans les pays en voie de développement, on constate que les voyageurs en quête de nouvelles sensations sexuelles proviennent pour leur part surtout des pays industrialisés, essentiellement de l’Australie, des États-Unis, de l’Italie, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, du Japon, des Pays-Bas et du Canada. À cette liste s’ajoutent certains pays nouvellement industrialisés comme la Corée du Sud, Singapour et Taiwan.

Certains auteurs estiment qu’il existe dans le tourisme de prostitution un archétype des rapports coloniaux. Inspirés par certains mythes racistes et sexistes, les voyageurs avides d’expériences sexuelles cherchent à actualiser les stéréotypes de la femme asiatique soumise, de la femme africaine sauvage ou de l’homme noir chaud dont le sexe serait surdimensionné. En ce qui a trait aux rapports de pouvoir entre l’Occident et ses colonies, ils se perpétuent dans les relations inégales entre les touristes du Nord et les femmes et les enfants prostitués du Sud. Selon Franck Michel, le nouveau colonisateur ne se caractérise plus par son casque colonial ; il l’a troqué pour le short à fleurs. Bref, la conquête n’est plus celle de l’espace géographique, mais celle de l’espace corporel.

Le tourisme sexuel : définition et historique

Le terme « tourisme sexuel » a fait son apparition dans le vocabulaire vers les années 1980. Bien que cette expression renvoie à une image exotique et érotique du voyage, elle n’est, en fait, qu’un euphémisme : c’est un tourisme qui exploite la prostitution des femmes et des enfants à l’étranger.

Il existe des divergences sur la façon de définir le tourisme sexuel ; elles portent notamment sur les questions de l’intention et des motivations. Néanmoins, la majorité des auteurs s’entendent sur le fait que le tourisme sexuel est la consommation d’une activité sexuelle tarifée au cours d’un voyage à l’étranger. Selon une étude de l’Unicef, environ 10% des touristes à l’échelle mondiale pratiquent le tourisme de prostitution, ce qui concernerait, en 2006, 84,2 millions de voyageurs. En Asie du Sud-Est, entre 70% et 80% des touristes masculins en provenance du Japon, des États-Unis, d’Australie et d’Europe occidentale, visitent cette région d’abord pour des rapports sexuels tarifés. Rien ne laisse présager une décroissance du phénomène. Au contraire, à Svay Pak au Cambodge, il y a eu entre décembre 2001 et décembre 2002, une augmentation de 42% des touristes sexuels occidentaux.

La pratique du tourisme sexuel n’est pas apparue subitement, elle est depuis ses débuts un commerce largement organisé. En effet, les premiers lieux exploités pour le tourisme de prostitution ont été les anciennes bases de « repos » pour les soldats. D’abord utilisées par les militaires japonais dans les années 30 et durant la Deuxième Guerre mondiale, puis par l’armée américaine lors de la guerre du Vietnam, ces « maisons de réconfort » ou « rest and recreation facilities » étaient des lieux dits de « repos » où en réalité des milliers de soldats profitaient à moindre coût du corps des femmes et des fillettes asiatiques.

En 1967, le Bangkok Bank Monthly Review estimait que cinq millions de dollars américains avaient été dépensés dans les rest and recreation facilities de la Thaïlande. En trois ans seulement, le montant d’argent dépensé dans ces lieux de « repos » a quadruplé pour atteindre la somme de 20 millions de dollars. Il va sans dire que ces endroits de repos n’allaient pas devenir désuets une fois l’occupation américaine terminée.

Or, la guerre n’est pas le seul facteur facilitateur du tourisme sexuel ; il y a aussi les politiques économiques de la Banque mondiale.

Au début des années 70, cette institution internationale a fortement recommandé aux pays en voie de développement d’utiliser le tourisme comme stratégie de croissance économique. La logique étant fort simple : les investissements directs étrangers et l’argent dépensé par les touristes engendrent dans le pays l’entrée de devises fortes, ce qui en retour permet l’achat de marchandises et l’échange sur le marché international, sans compter le paiement des intérêts de la dette qui ne peut être effectué qu’en devises fortes.

En Thaïlande, les résultats de cette stratégie se sont fait rapidement sentir. À la suite de son adoption, le nombre de visiteurs est passé de 630 000 en 1970 à près de 2,4 millions en 1985. De fait, en 1986, l’industrie du tourisme générait des revenus de près de 1,5 milliard de dollars américains, ce qui dépassait largement ceux de l’industrie du riz, jusqu’alors principale exportatrice du pays.

En République dominicaine, l’utilisation du tourisme comme mode de croissance économique n’a pas été un choix volontaire de la part des autorités dominicaines. C’est à la suite de la perte d’accès des Américains au marché touristique cubain que l’UNESCO et la Banque mondiale ont fait pression sur le gouvernement dominicain afin qu’il développe son secteur touristique. En 1970, la République dominicaine accueillait tout près de 63 000 visiteurs, alors qu’en 1999, elle en a reçu 2,6 millions. Cependant, l’arrivée massive de touristes étrangers ne s’est pas faite sans conséquence.

Parallèlement à la naissance du secteur touristique est apparu un tourisme de prostitution. Selon des données de l’Unicef, entre 20% et 30% des clients de la prostitution dans ce pays sont des touristes.

En Égypte, le seuil des six millions de visiteurs a été franchi en 2003. Le tourisme étant devenu la première source de revenus pour l’État, ce dernier souhaite maintenant développer des stations balnéaires afin de libérer les principaux sites historiques submergés de visiteurs. Les old ladies se manifestent déjà. Si la tendance se maintient, il ne serait pas erroné de prédire une explosion du tourisme sexuel dès l’apparition de ces stations balnéaires.

D’un point de vue purement économique, il ne fait aucun doute que l’utilisation du tourisme comme mode de croissance économique est une réussite, surtout si l’on considère que l’industrie du tourisme est la deuxième source de devises pour 46 des 49 pays les plus pauvres.

Néanmoins, cette croissance économique s’est effectuée au détriment du sort des femmes, des fillettes et des garçons des pays en développement.

L’exécrable pactole

« Il existe certaines formes de divertissements que vous considérez être dégoûtantes et honteuses, car elles sont des types de divertissements qui attirent les touristes […], mais nous devons le faire parce qu’il faut considérer les emplois que cela créera. »

Ces paroles prononcées par un Premier ministre thaïlandais montrent en quoi l’industrie du tourisme sexuel représentait, et représente toujours, un pactole. Il serait faux de croire que ce commentaire relève de la mégalomanie d’un seul homme. Certaines autorités gouvernementales ont même été jusqu’à parler de « sacrifier une génération de femmes » au profit du développement économique par le tourisme sexuel. Au Cameroun, en 2006, lors d’un débat à la radio sur la question de la prostitution, un personnage officiel a affirmé qu’il fallait « encourager l’industrie nationale de prostitution pour favoriser le développement d’un tourisme durable ». Par ailleurs, en 1998, lors du congrès annuel de la Caribbean Hotel Industry Conference, le directeur général du tourisme des Bahamas, Vincent Vanderpool-Wallace, a souligné que « le romantisme et la sensualité doivent être mis plus de l’avant que ce que nous faisons actuellement ». Enfin, dans une brochure récemment publiée par l’office de tourisme de Dubaï, l’émirat s’est affiché tolérant par rapport aux débauches des visiteurs afin de ne pas « laisser la religion gâcher [leurs] vacances ». Une fois de plus, l’attrait des puissantes devises étrangères obnubile les autorités des pays concernés.

Cette connivence entre les autorités gouvernementales, l’industrie du sexe et le secteur touristique est alimentée par le souci toujours plus prééminent d’une augmentation des recettes de l’État. À en croire les hommes cités, miser sur l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants rapporte.

Selon Thang-Dam Truong, l’argument qui fait du tourisme sexuel un moyen de réduction de la pauvreté, à la fois du pays et de sa population, a pour conséquence de « nationaliser » un phénomène qui pourtant transcende les frontières nationales. Par ailleurs, faire usage de la carte du besoin de devises étrangères ne peut que faciliter les dérapages, comme le démontre le cas des îles Fiji alors qu’en 1970 certains affirmaient : « La prostitution est une industrie largement localisée qui permet l’emploi de travailleuses non qualifiées car la plupart des autres emplois ne sont pas accessibles. La prostitution ne requiert aucun investissement étranger, néanmoins elle amène des capitaux étrangers avec un minimum de pertes. » Cet argument peut servir à déculpabiliser une industrie touristique et les touristes. « Des agents de voyage japonais ont organisé ces voyages en Asie et non dans d’autres pays seulement parce que les pays asiatiques le tolèrent. Ils ont besoin de devises étrangères. »

Face aux revenus exorbitants du tourisme sexuel, il ne faut pas s’étonner que certaines autorités gouvernementales approuvent ouvertement l’exploitation sexuelle de ses femmes et de ses enfants. Bien que la nature illicite et la banalisation de la prostitution rendent difficile l’obtention de données solides, il n’en demeure pas moins que les estimations actuelles sont suffisamment inquiétantes. Une étude publiée par l’Organisation internationale du travail (OIT) en 1998, évalue que les revenus du tourisme de prostitution en Thaïlande se situent entre 33 et 44 milliards de dollars américains par année. À la même époque,
on estime que les revenus du tourisme de prostitution en Indonésie se chiffraient entre 1,2 et 3,3 milliards de dollars par année. À n’en pas douter, la prostitution fait partie intégrante de l’économie nationale. Pour plusieurs pays asiatiques comme la Thaïlande, les Philippines, l’Indonésie et la Malaisie, la prostitution représente de 2% à 14% du produit intérieur brut. Concrètement, l’importance relative de ces
revenus excède ce que représente pour le Canada, en 2006, le secteur de l’agriculture, de la foresterie, de la pêche et de la chasse.

La cupidité créée par l’économie néolibérale engendre un trade off du droit des femmes et des enfants à vivre en sécurité et dignement au profit d’une croissance économique nationale.

Des retombées qui ne sont pas qu’économiques

Le tourisme sexuel impliquant des enfants est une réalité qui, malgré les campagnes de sensibilisation, ne cesse de faire des ravages.

Selon des données de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), le tourisme de prostitution au Brésil, en Thaïlande et aux Philippines représenterait 10% des cas d’exploitation sexuelle d’enfants et d’adolescents.

Au Cambodge, environ la moitié des touristes japonais et occidentaux « consomment » des mineurs. Au Kenya, une étude réalisée dans cinq districts entre octobre 2005 et novembre 2006, révèle qu’entre 2 000 et 3 000 filles et garçons sont prostitués dans l’industrie du tourisme sexuel.

Le nombre d’enfants et d’adolescents prostitués pour le plaisir sexuel des touristes ou des locaux est effarant. En République dominicaine, près de 25 000 enfants seraient impliqués dans l’industrie du sexe, dont environ le tiers est âgé de 12 à 15 ans. À San Jose, capitale du Costa Rica, on estime que plus de 3 000 enfants sont prostitués dans 300 bordels. À Bogota, en Colombie, les estimations varient entre 5 000 et 7 000 personnes prostituées âgées de moins de 18 ans. Selon l’Unicef,
les touristes représentent de 30% à 80% des clients des jeunes filles et
garçons prostitués dans les Caraïbes. Au Cambodge, un tiers des filles prostituées ont moins de 18 ans. En 2003 seulement, environ 200 000 enfants ont été impliqués dans l’industrie du sexe en Thaïlande. Ce qui représente environ 1,5% du groupe d’âge de 0 à 14 ans.

En Thaïlande, la prostitution d’un enfant engendre des revenus d’environ 6 281 bath par mois. Devant ce pactole, en apparence facilement gagné, il n’est pas surprenant d’assister à un exode rural. En effet, les habitants des régions pauvres des pays se déplacent vers les lieux touristiques dans l’espoir d’obtenir un meilleur revenu. À quel prix ? On sait que la Thaïlande détient le record du plus grand nombre d’abus sexuels commis par des étrangers. On sait en outre que des
enfants sont devenus toxicomanes à l’âge de neuf ans, que d’autres ont été violés ou enchaînés aux lits pour éviter qu’ils ne s’évadent.

Il serait illusoire de croire que le tourisme sexuel impliquant des enfants n’existe pas en Amérique du Nord. Malgré l’inexistence de données officielles, on sait que le phénomène n’est pas négligeable. À cet effet, le service de police de Toronto a émis un numéro de téléphone sur son site Internet afin de signaler tout cas d’exploitation sexuelle des enfants allant du tourisme sexuel à la tromperie sur Internet. Il existe également un service Internet pancanadien qui reçoit et analyse
les cas d’exploitation sexuelle. Le mandat de Cyberaide.ca traite les questions de pornographie juvénile, de cyberprédation, de tourisme sexuel et de prostitution juvénile.

Le tourisme sexuel féminin

Bien qu’encore marginal, le tourisme sexuel féminin est un phénomène qui connaît une croissance importante dans certaines régions du monde, notamment en Gambie, au Sénégal, en République dominicaine et en Jamaïque. Certains estiment que les femmes ne représentent que de 5% à 6% de l’ensemble des touristes sexuels, quoique ce taux s’élèverait jusqu’à 20% dans certains pays comme la Thaïlande, le Sénégal, la Gambie et la République dominicaine.

D’après les estimations d’agences de voyages, il y aurait chaque année près de 600 000 Européennes, Américaines et Canadiennes qui vont aux Caraïbes à la recherche d’aventures sexuelles. Pour leur part, les jeunes hommes prostitués locaux proposent leurs services, entre autres, dans les petites annonces de journaux sous la rubrique foreign service.

À la Barbade, ce type de tourisme est appelé le « syndrome de la secrétaire canadienne » tellement la clientèle des jeunes hommes prostitués est majoritairement constituée de Canadiennes. En Égypte, c’est le phénomène des old ladies, soit des femmes occidentales âgées qui viennent à la recherche de jeunes Égyptiens : « Près de 400 “vieilles peaux blanches”, selon la terminologie locale, seraient ainsi mariées à de jeunes Égyptiens loin d’être sots. » Ces unions ont des conséquences importantes sur le milieu social. En effet, le gain immédiat
incite les jeunes à ne plus vouloir travailler, ni à se marier avec des filles locales. Le pouvoir de l’argent est une fois de plus révélé ; les autorités tout comme les familles ferment les yeux.

On les appelle « beach boys » et « sanky pankys » en République dominicaine, « jineteros » à Cuba, « kamakia » (harpon de pêche) en Grèce, « kuta cowboys » et « pemburu-bule » (chasseurs de blanches) à Bali, « malboro men » en Jordanie et « gringa hunters » en Équateur.

Certains offriront leurs services à la fois aux hommes et aux femmes.

La prostitution des jeunes hommes est intrinsèquement liée au fonctionnement des complexes hôteliers. Souvent engagés par un hôtel à titre de guide, de moniteur de plongée ou d’homme de service, ces jeunes hommes souvent cultivés et séduisants jouent la carte du garçon de confiance, bien élevé, amical, avide de connaissances et qui aime prendre soin des dames. Contrairement aux femmes et aux enfants prostitués au profit du tourisme sexuel masculin, les jeunes hommes prostitués ont souvent le loisir de sélectionner leur cliente.

En Jamaïque, les jeunes hommes prostitués effectuent leur choix en fonction d’un but sexuel, amoureux ou économique. Dans les deux premiers cas, les clientes sont jeunes et séduisantes, alors que dans le dernier cas, elles sont généralement plus âgées. En Indonésie, les jeunes hommes prostitués préfèrent avoir pour clientes des jeunes femmes, néanmoins, l’option de sélectionner des dames plus âgées n’est pas exclue dans le cas d’un besoin financier.

Interviewées sur la pratique du tourisme sexuel, certaines femmes affirment être plutôt à la recherche d’une aventure amoureuse, et que la relation n’est pas explicitement basée sur l’échange monétaire. Cette nuance a fait apparaître le terme « sex romance » afin de distinguer le tourisme sexuel féminin de celui des hommes. Or, très peu de caractéristiques distinguent ces deux tourismes. Selon Jacqueline Sanchez Taylor, les touristes ne comprennent pas toujours la subtilité avec laquelle opèrent ces jeunes hommes prostitués. Le bénéfice financier peut être obtenu par connivence. Certains racontent qu’ils amènent parfois les dames dans les bars ou les boutiques où celles-ci payent un peu plus cher pour leurs biens et services ; par la suite, il y a partage des profits entre les différents acteurs.

Par ailleurs, les différences au niveau de ceux qui sont prostitués sont à noter : les femmes et les enfants sont davantage stigmatisés par la police et le milieu social, alors que pour les jeunes hommes prostitués être avec des femmes occidentales est valorisé. Le tourisme sexuel féminin participe à la culture machiste dans la mesure où les beach boys font étalage de leurs vertus viriles par leur capacité à « conquérir » les femmes. En outre, les jeunes hommes prostitués subissent rarement des violences physiques et psychologiques de la part des clientes alors que le nombre de cas d’abus chez les femmes et les enfants prostitués est élevé. De même, contrairement aux femmes et aux enfants qui sont « enchaînés » à l’industrie du sexe, les beach boys font souvent cette activité à temps partiel.

Enfin, le tourisme de prostitution lesbienne commencerait à émerger. Il se pratiquerait, entre autres, à Mytilini en Grèce, à Bangkok et à Pattaya en Thaïlande ainsi qu’à Bali, en Indonésie.

- Parce que les extraits publiés ici sont déjà longs, nous avons supprimé les notes de références qui se trouvent dans le livre. On peut se procurer ce livre dans les librairies.

  • Ce livre sera lancé jeudi le 2 avril 2009, au Royal Oak, 161 Av. Laurier, Ottawa, de 17h30 à 19h.
  • Prostitution et traite des êtres humains, enjeux nationaux et internationaux, sous la direction de Mélanie Claude, Nicole LaViolette et Richard Poulin, Les éditions l’Interligne, Collection « Amarres », Ottawa, 2009. Extraits des pages 243 à 254.
  • Voir la maquette et la table des matières du livre dans cette page.

    Mis en ligne sur Sisyphe, le 25 mars 2009

  • Mélanie Claude, doctorante en sociologie


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