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Une étude révèle que 64% des cliniques d’avortement au Canada sont la cible de protestataires
Mais la plupart des cliniques n’ont aucune zone de protection

16 novembre 2010

par la Coalition pour le droit à l’avortement au Canada

Une enquête, que vient de mener la Coalition pour le droit à
l’avortement au Canada (CDAC), révèle que 64% des cliniques d’avortement au Canada sont couramment la cible de manifestations, et que 15% de plus en ont déjà subies par le passé. Mais 73% des cliniques ne disposent d’aucune
protection juridique contre ces manifestations de protestation.

Cette enquête, menée par une étudiante de l’Université de la
Colombie-Britannique au nom de la CDAC, a consisté en entrevues
téléphoniques du personnel dans l’ensemble des 33 cliniques d’avortement
opérant au Canada. En plus d’interroger le personnel des cliniques sur la
présence actuelle ou passée de protestataires aux portes des cliniques,
l’enquête s’est intéressée aux effets de ces manifestations sur les
patientes et sur le personnel, ainsi qu’aux mesures de protection des
patientes et du personnel et à l’efficacité de ces mesures.

 Vingt-six (79%) des cliniques canadiennes d’avortement ont subi du
piquetage de protestation ; vingt et une (64%) en vivent plus ou moins à
l’heure actuelle et cinq (15%) en ont vécu par le passé. Sept cliniques
(21%) n’ont jamais subi de piquetage.

 Seize cliniques (53%) signalent que leurs patientes et/ou leurs employées
sont dérangées par la présence de protestataires, par exemple en étant
troublées, apeurées ou intimidées.

 Vingt et une cliniques (64%) ont tenté de réduire les effets de ces
manifestations en requérant des injonctions privées, en recrutant des
escortes bénévoles pour les patientes et le personnel, en engageant des
agents de sécurité, en faisant appel aux services locaux de police, en
formant leur personnel quant aux façons de réagir aux protestataires, et en
adoptant d’autres mesures.

 Sept cliniques (21%) ont obtenu des ordonnances judiciaires pour protéger
leur personnel et leurs patientes des protestataires. Deux cliniques (6%)
sont protégées par une loi provinciale de la Colombie-Britannique, l’Access
to Abortion Services Act (qui crée des zones de protection libres de
manifestations autour des cliniques, des hôpitaux et des domiciles de
fournisseurs). Vingt-quatre (73%) des cliniques opérant au Canada ne
disposent d’aucune protection juridique.

 Toutes les cliniques ayant obtenu des injonctions ou des zones de
protection ont signalé avoir subi des manifestations intenses ou agressives
avant l’obtention de leur injonction ou zone de protection.

« Les injonctions et la loi britanno-colombienne se sont avérées très efficaces : elles ont beaucoup réduit les manifestations à chaque clinique qui y a eu recours, les éliminant même parfois complètement. Les femmes ont droit à accéder en privé et sans être intimidées à des services de santé
nécessaires, et les fournisseurs de ces services ont le droit d’être
protégés contre le harcèlement et la violence anti-choix. Nous espérons que
les données de cette enquête se révéleront utiles à d’autres provinces qui
pourraient vouloir adopter une loi de zone de protection ou à des cliniques
qui songent à demander une injonction judiciaire », dit Joyce Arthur, coordonnatrice de la CDAC et co-auteure de l’étude.

Autres faits saillants de l’enquête :

 Toutes les cliniques du Canada ont participé à cette étude, soit 33
établissements au total. Il s’agit de 11 cliniques autonomes, 12 qui sont
situées dans des immeubles à plusieurs bureaux ou cliniques, et 9 cliniques
associées à autant d’hôpitaux.

 Dix-sept cliniques (52%) ont qualifié d’efficaces ou généralement
efficaces les mesures adoptées pour protéger des protestataires leurs
fournisseurs et leur personnel. Quatre cliniques (12%) ont dit que ces
mesures n’avaient pas été efficaces ou ne l’avaient été
qu’occasionnellement.

 Même si l’activité de protestation a été relativement faible et sporadique à la plupart des cliniques depuis le milieu des années 1990, elle connaît présentement une résurgence avec la campagne « 40 Jours pour la Vie », organisée une fois ou deux par an à l’extérieur des cliniques d’avortement.

 Dix-neuf cliniques (58%) ont dit qu’une loi de zone de protection
semblable à celle de la Colombie-Britannique serait souhaitable pour leur
clinique.

Le rapport complet de cette étude est en ligne en format pdf et en anglais seulement à cette page.

 Information : Coalition pour le droit à l’avortement au Canada

 Site de la Coalition pour le droit à l’avortement au Canada (CDAC)

Mis en ligne sur Sisyphe, le 16 novembre 2010

la Coalition pour le droit à l’avortement au Canada


Source - http://sisyphe.org/article.php3?id_article=3711 -