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Élections Canada - Les femmes et le programme de lutte contre la criminalité

27 avril 2011

par la Coalition spéciale pour l’égalité des femmes et les droits de la personne

Est-ce que le programme de maintien de l’ordre public va assurer une plus grande sécurité des femmes ?

En dépit de l’attention médiatique et des prétentions contraires du gouvernement, les taux de criminalité ont baissé. En 2009, près de 2,2 millions de crimes ont été rapportés à la police, ce qui représente une baisse de 17 % par rapport à dix ans plus tôt. Les réformes législatives adoptées récemment ne vont pas empêcher les crimes et elles vont coûter des dizaines de milliers de dollars.

Les femmes représentent la population carcérale dont la croissance est la plus rapide. Le soi-disant « programme de maintien de l’ordre public » ne va pas augmenter la sécurité des femmes. Il va drainer des ressources de services nécessaires à une véritable égalité des femmes. Selon le type de prison et les besoins des femmes, il en coûte entre 50 000 dollars et 500 000 dollars par année pour incarcérer une femme. Si elle a des problèmes de santé mentale, elle sera sans doute gardée en isolement et soumise à une surveillance élevée.

Sous-protégées

Les femmes au Canada sont sous-protégées. Les femmes connaissent les taux de pauvreté les plus élevés au Canada. Ce problème est aggravé par la victimisation, l’abus de drogues, les problèmes de santé mentale, la racialisation et les incapacités. Dans plusieurs cas, les femmes commettent des crimes pour survivre.

Interventions excessives

Les taux de criminalité sont en baisse, pourtant les femmes représentent la population carcérale dont la croissance est la plus rapide. Les femmes autochtones sont surreprésentées dans le système carcéral. Un complexe carcéral coûteux ne va pas résoudre les problèmes économiques et sociaux auxquels les femmes se heurtent au Canada. Les prisons ne garantissent pas la réadaptation ou les soins de santé et les programmes d’éducation dont les femmes ont besoin.

Inabordable

Le « programme de maintien de l’ordre public » est coûteux par rapport aux solutions de rechange. On estime que les changements planifiés au système carcéral vont coûter aux contribuables 9,5 milliards de dollars d’ici 2015-2016. Il en coûte en moyenne 185 000 dollars par année pour incarcérer une femme au Canada.

Le « programme de maintien de l’ordre public » déplace les enfants

Lorsqu’une femme est incarcérée, une mère est incarcérée. Soixante pour cent des enfants dont les mères sont en prison vivent avec des grands-parents, 17 % avec d’autres parents, et 25 % vivent en famille d’accueil ou en centres d’hébergement. Fait intéressant, près de 90 % des enfants dont le père est en prison continuent de vivre avec leur mère.

L’inaccessibilité des programmes sociaux combinée avec une hausse de l’incarcération ne mène pas à une sécurité accrue ou à l’égalité pour les femmes et les enfants au Canada. Les femmes en prison connaissent des taux élevés de dépression et d’automutilation. Entre 80 % et 90 % ont survécu à une agression sexuelle et/ou à des actes de violence physique. Parmi les femmes incarcérées, 34 % sont autochtones. Lorsqu’elles quittent la prison, elles doivent composer avec les traumatismes, la violence, la pauvreté et le manque d’accès à de bons emplois, des soins de santé et des services de santé mentale.

Le gouvernement du Canada doit assurer la sécurité des femmes et des jeunes filles au Canada en :

· assurant l’accès à la participation à la société du savoir
· créant un accès à un travail décent
· augmentant les programmes de réadaptation et le soutien dans les prisons et la communauté
· mettant en œuvre une stratégie nationale dotée de politiques et de ressources précises dédiées à mettre fin à la violence faite aux femmes et aux filles
· créant un accès égal aux programmes de santé, de santé mentale et d’éducation
· mettant en application les recommandations du rapport Arbour à la Commission canadienne des droits de la personne.

Pour savoir quelle est la position de votre candidate ou de votre candidat-e au sujet du « programme de maintien de l’ordre », pensez poser les questions suivantes :

Q. Si vous êtes élu(e), allez-vous travailler à l’annulation des réformes inutiles de la justice criminelle et réallouer les ressources au développement de services d’éducation et de santé ?

Q. Allez-vous rétablir le Programme de contestation judiciaire ?

Source : Coalition spéciale pour l’égalité des femmes et les droits de la personne.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 25 avril 2011

la Coalition spéciale pour l’égalité des femmes et les droits de la personne


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