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Niki de Saint Phalle : une géante

17 novembre 2014

par Ana Pak, féministe laïque

Photo 1964 : Erling Mandelmann

Une artiste ? Une artiste avant-gardiste ? Une exploratrice ? Une aventurière ? Une inventrice ? Une géante créatrice ?

Niki de Saint Phalle (1930-2002) est encore plus que tout cela.

Rien ne lui est inconnu et étranger. Aucune matière ne résiste à ses mains. Tout peut être objet d’art, même son propre corps.

Elle touche à toutes les matières, plâtre, bronze, argent, or, pierre, galets, bois, grains de café ou de riz, coquillages et oeufs, objets urbains et domestiques récupérés, fragments des vaisselles, grillage, dentelles, fer, cuivre, jouets d’enfant, beaucoup de clous et de balles, tissu, papiers collé, résine, crayons de couleur, pastel, feutre, polyester, laine, mosaïque, miroirs, etc.

Aucune artiste dans l’histoire n’égale cette femme qui sait créer de toutes petites broches ou encore des oeuvres architecturales.

D’immenses cathédrales de corps des femmes, des impératrices, déesses...qui dominent des forêts de Toscane et veillent sur les rives méditerranéennes.

Chat vase, 1986

Les matières se mélangent comme se mélangent les formes et les expressions artistiques et créent un monde qui renaît des cendres d’un vieux monde en autodestruction.

Nous sommes sans doute devant la plus grande artiste poly-expressive de tous les temps. Elle est à la fois peintre, réalisatrice, sculptrice, écrivaine, graphiste, photographe, une artiste autodidacte.

Niki de Saint Phalle ne connaît pas de frontière, elle n’est pas enfermée dans son atelier ni dans un quelconque musée.

Son oeuvre sensuelle tactile et populaire s’implante dans la nature, vit dans les rues, domine la place publique à travers des villes dans le monde.

La danse, 1993

Son oeuvre s’impose aussi par ses engagements féministes et politiques contre la domination des hommes, de l’Église, du capitalisme, etc.

Au fil du temps, l’artiste par un travail acharné se libère de la souffrance d’être née femme dans une société patriarcale et violente, comme elle le dit : « une femme dans la civilisation des hommes c’est comme un nègre dans la civilisation des Blancs. Elle a droit au refus, à la révolte. L’étendard sanglant est levé. »

Son étendard à elle : donner vie à des nanas aériennes, sportives et danseuses, puissantes qui nous accompagnent et nous apportent de la couleur et de la joie un peu partout en Europe et ailleurs.

- Exposition au Grand Palais, Galeries nationales du 17 septembre 2014 au 2 février 2015.

- Niki de Saint Phalle, le Jardin des Tarots, sur Youtube.

- Photos de quelques oeuvres.

- Plus d’information ici.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 16 novembre 2014

Ana Pak, féministe laïque


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