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Transgenres - Repenser le projet de loi C-16 : parce que le sexe, ça compte !

19 juin 2017

par Michèle Sirois et Diane Guilbault, présidente et vice-présidente de Pour les droits des femmes du Québec (PDF Québec)

Beaucoup auront remarqué la montée phénoménale de la question des adultes et des enfants « transgenres ». Pensant à tort que ce sujet ne concernerait qu’une poignée de personnes, très peu cependant ont pris le temps de réfléchir à ce que signifie l’identité de genre ou l’expression du genre, les deux concepts que vient de consacrer le projet de loi C-16.

Précisons que le sexe renvoie aux caractéristiques physiques de l’homme et de la femme, tandis que le genre renvoie aux attributs dits masculins ou féminins, soit les stéréotypes associés à chacun des sexes. Avec la reconnaissance par la loi et les chartes de ces nouveaux concepts, un homme sera considéré « transgenre » sur sa seule affirmation, sur son « ressenti ». S’il se sent de l’autre « genre », il faut le reconnaître comme femme. Aucune balise pour cadrer quoi que ce soit. Ce faisant, on redéfinit la notion de femme. Ce n’est plus une question de biologie, mais une question d’apparence externe.

Ainsi, la protection de l’identité de genre pourrait signifier l’élimination du facteur « sexe » comme base de protection pour les femmes. C’est pour cela qu’une analyse comparative selon les sexes (ACS) était nécessaire. L’ACS est un engagement du gouvernement pour protéger le droit à l’égalité des femmes afin de vérifier qu’une nouvelle loi ou un nouveau programme ne met pas en danger les droits des femmes.

En plus d’insister sur la nécessité d’une ACS et de dénoncer l’indifférence des traitements infligés aux enfants transgenres, lesquels vont jusqu’à leur stérilisation chimique, Pour les droits des femmes du Québec (PDF Québec) a présenté devant le comité sénatorial qui examinait le projet de loi C-16 deux exemples où les droits des femmes sont en danger avec C-16 : dans le sport et dans les prisons.

Compétitions sportives

Ce n’est que depuis 2012 que les femmes ont concouru dans tous les sports au programme des Jeux olympiques. Elles ont maintenant des équipes sportives, ont accès à des équipements et, afin de promouvoir la participation accrue des femmes aux activités sportives, plusieurs pays favorables à l’égalité des sexes ont créé des programmes pour soutenir la participation des femmes aux sports. Il s’agit donc d’une mesure basée sur le sexe, le sexe étant le facteur qui détermine l’admissibilité à un programme.

Or, avec la reconnaissance de l’identité de genre par des pays et par le Comité international olympique (CIO), des hommes qui se « sentent femmes » peuvent maintenant EXIGER de participer aux compétitions féminines en tant que femmes, même s’ils n’ont subi aucune opération. Le CIO leur permet un niveau de testostérone TROIS à QUATRE fois plus élevé que le niveau des femmes.

C’est ainsi qu’un haltérophile de 39 ans, Hubbard, après avoir fait de la compétition du côté des hommes toute sa vie, s’est présenté en mars 2017 en tant que femme transgenre et a facilement éliminé toutes ses concurrentes. Aux États-Unis, le refus d’accepter un transgenre dans des équipes de filles leur a valu une poursuite pour discrimination. C’est justement ce que permettra la loi C-16, compromettant le droit des femmes à concourir à des compétitions sportives en toute équité.

Prisons

Les femmes détenues dans les prisons canadiennes devront bientôt, si ce n’est déjà fait, cohabiter avec des hommes qui, au nom de leur « identité de genre », réclament d’être transférés dans des prisons correspondant à leur « genre ». Jusqu’à présent, seuls les hommes qui avaient subi une opération de réassignation sexuelle (dont une pénectomie) pouvaient obtenir un tel transfert.

Il y a dans les prisons de nombreux criminels condamnés pour agressions sexuelles. On peut s’attendre à ce qu’ils soient surreprésentés parmi les demandeurs de transferts dans les prisons pour femmes, si l’on se fie au témoignage, en 2016, de l’Association britannique des spécialistes de l’identité de genre
devant le parlement britannique qui étudiait une loi semblable à C-16. Les femmes détenues ont-elles perdu leur droit à la sécurité ? Si des personnes craignent la violence dans les prisons pour hommes, c’est là qu’il faut régler le problème au lieu de le déplacer dans les prisons pour femmes.

L’ACS, qui aurait été réalisée sur le projet de loi C-16, a été gardée secrète par le gouvernement. Il semble donc que la loi ait été votée à l’aveugle !

PDF Québec croit que toutes les personnes ont droit au respect et à la non-discrimination. Mais hélas, dans ce dossier sur l’identité de genre, les femmes ont été dans l’angle mort, et leurs droits ignorés.

- Devant le comité sénatorial des affaires juridiques et constitutionnelles PDF Québec réclame Une Analyse comparative selon le sexe (ACS) avant l’adoption dy projet de loi

- Site Web de Pour les droits des femmes du Québec

NDLR - Le Sénat canadien a adopté avec une écrasante majorité le projet de Loi C-16 le 15 juin 2017. La ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould a déclaré à La Presse canadienne, après le vote au Sénat : « Je suis en extase, je suis vraiment heureuse. C’est une célébration de ce que ça représente d’être Canadien. C’est fantastique ». L’Actualité.

- Intervention de la sénatrice Linda Frum devant le Sénat. La sénatrice a néanmoins voter en faveur du projet en dépit des arguments opposés qu’elle a avancés.

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Mis en ligne sur Sisyphe, le 19 juin 2017

Michèle Sirois et Diane Guilbault, présidente et vice-présidente de Pour les droits des femmes du Québec (PDF Québec)


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