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Le gouvernement néerlandais révoque la citoyenneté d’Ayaan Hirsi Ali, par Élaine Audet

dimanche 28 mai 2006

La députée Ayaan Hirsi Ali, connue pour sa dénonciation des abus subis par les femmes au nom de la religion musulmane, vient d’être forcée de renoncer à sa nationalité néerlandaise. Arrivée en 1992 aux Pays-Bas en tant que réfugiée somalienne, elle est acclamée ou attaquée pour sa critique sans compromis de l’islam. Proche du cinéaste Théo Van Gogh, assassiné par un extrémiste islamique, elle a été récemment contrainte de déménager par des voisins qui craignaient des représailles islamistes à la suite des menaces de mort dont elle a fait l’objet.

Tout a commencé le 11 mai par la diffusion d’un documentaire critique, Sainte Ayaan, produit par NPS, la télévision nationale, qui l’accuse d’avoir menti sur son nom, sa date de naissance, son lieu de résidence en 1992, à son arrivée aux Pays-Bas, ainsi que sur son mariage forcé. Hirsi Ali a répondu : « J’ai dit à de nombreuses reprises que je ne suis pas fière d’avoir menti lorsque j’ai demandé l’asile aux Pays-Bas. J’ai eu tort de le faire. Je l’ai fait parce que je sentais que je n’avais pas le choix. »

Puisque les médias et le grand public connaissaient depuis longtemps cette information, on peut s’interroger sur la soudaineté et la dureté des sanctions réclamées par la ministre de l’intégration, Rita Verdonk, qui a demandé à Hirsi Ali de renoncer à son poste de députée et de rendre son passeport néerlandais. "Nous croyons que le gouvernement néerlandais obéit aux demandes de l’islamisme politique et cherche à améliorer ses relations avec les pays dits islamiques ainsi qu’avec les groupes intégristes. […] Sous le couvert du multiculturalisme, ces régimes utilisent leur pouvoir économique et diplomatique pour faire avancer leur cause et lutter contre la liberté de pensée et de parole", déclare Homa Arjomand, coordonnatrice de la campagne contre les tribunaux islamiques au Canada, qui a lancé une pétition en ligne pour appuyer la militante d’origine somalienne dans sa lutte courageuse pour les droits des femmes et contre la montée de l’islamisme politique en Occident.

Hirsi Ali a déclaré vouloir s’installer aux États-Unis, après avoir reçu une offre d’emploi de l’American Enterprise Institute (AEI), un centre d’études conservateur, basé à Washington. Elle dit avoir « opté pour une plate-forme internationale » afin de « contribuer au débat sur l’émancipation des femmes musulmanes et la relation complexe entre l’islam et l’Occident ».

Sources.

À lire : Ayaan Hirsi Ali, un choc européen, Jean-Pierre Stroobants, Le Monde. 31.05.06.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 22 mai 2006.




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