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dimanche 5 septembre 2004

Sur le CMAC, les femmes sont "toutes des salopes" et les féministes "des chiennes"

par Micheline Carrier






Écrits d'Élaine Audet



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Les Carnets de Sisyphe, no 2,
le 5 septembre 2004
Sur le CMAQ, les femmes sont "toutes des salopes" et les féministes "des chiennes"



Au Québec, cet été, on a beaucoup parlé de liberté d’expression. Le CRTC, organisme canadien de contrôle des ondes, a suspendu la licence d’une station de radio de Québec, CHOI-FM, après des années de diffamation et de désinformation de la part de certains de ses animateurs. Il était temps que le CRTC assume ses responsabilités. Toutefois, ne nous réjouissons pas trop vite. Le propriétaire de la station de radio va en appel de cette décision. Sous les pressions de démagogues qui se portent à la défense de la liberté d’expression pour un oui ou pour un non, et qui, en réalité, servent les intérêts commerciaux d’une entreprise, le CRTC vient d’accorder à CHOI-FM un sursis jusqu’au printemps. On a vu des député-es, et même la ministre des Communications du Québec, s’indigner que le CRTC assume ses responsabilités, et le premier ministre Charest demander que le Québec soit représenté au sein du CRTC... Pour que le Québec aille soutenir les diffamateurs et les cinglés qui attaquent n’importe qui sur les ondes ? À moins que le Parti libéral du Québec n’ait un intérêt particulier à voir maintenus cette station et ses animateurs abusifs.

Les avocats n’ont pas fini de s’enrichir grâce à la liberté d’expression garantie par la Charte canadienne des droits et libertés. Je vous recommande trois excellents articles sur le sujet sous la rubrique « Sisyphe et la liberté d’expression ». L’un d’eux explique comment ce genre de station de radio est une école de diffamation et d’insultes pour les jeunes qui l’écoutent.

*

Si le réseau Internet était régi par des règles semblables à celles du CRTC, certains sites devraient être fermés. Je pense, en autres, au site du Centre des médias alternatifs du Québec (CMAQ) qui continue de propager des propos parfois haineux, parfois diffamatoires contre des féministes et des pro-féministes. Ce site diffuse souvent de la désinformation sur les femmes et sur le féminisme. La situation dure depuis près d’un an et demi mais le CMAQ continue de se réfugier derrière la liberté d’expression pour ne pas assumer ses responsabilités. D’ailleurs, sa "politique éditoriale" est explicite à ce sujet : le CMAQ n’est pas responsable de ce qui se publie sur son site. C’est probablement le voisin qui l’est. Il ne suffit pas de décliner toute responsabilité pour que cela soit légitime. Quant à moi, quoi que le CMAQ prétende, je le tiens responsable de tout ce qui se publie sur son site. C’est lui qui décide de publier ou non ces textes, d’accepter ou de rejeter les commentaires diffamatoires. Il me semble que cette déclaration d’irresponsabilité affichée dans la politique éditoriale revient à donner carte blanche aux héritiers du "salaud", qui publiait, en 1990, une attaque en règle contre les féministes (Manifeste d’un salaud, Roch Côté) et que certains sites d’hommes semblent avoir adopté comme l’un de leurs maîtres à penser. Le "salaud" tripotait déjà les statistiques sur la violence faite aux femmes, pour mieux la nier, comme ses émules le font aujourd’hui.

Le CMAQ et la cohérence ne font pas toujours bon ménage. Le 16 juillet 2003, les administrateurs de ce site émettaient un communiqué intitulé « Le CMAQ se donne les moyens de contrer les abus sur son site », dans lequel ils faisaient de belles promesses et invitaient les internautes à leur signaler les abus. Donc, ils admettaient qu’il y avait des abus. Le CMAQ n’a appliqué que mollement ses principes et pas pour bien longtemps. Certains valideurs ont décidé, semble-t-il, de ne plus se prononcer lorsqu’il est question de textes portant sur les femmes et le féminisme, de textes d’hommes attaquant des féministes ou de commentaires abusifs sur ces textes. On dit qu’ils sont fâchés parce que d’autres sites auraient "attaqué" le CMAQ en rapportant simplement ce qui s’y passe... Eh bien ! je croyais pourtant que la liberté d’expression était leur dogme. Toujours est-il qu’après avoir invité les internautes à lui signaler les abus, le CMAQ ne répond même plus à certains pro-féministes qui répondent à son invitation.

Le CMAQ a fait en sorte, il y a quelques mois, que les articles en attente ne soient plus accessibles avant publication dans la page d’accueil, et c’est une bonne décision. Mais les commentaires, de plus en plus agressifs, reflètent toujours la même haine antiféministe et parfois carrément misogyne. Allez lire les commentaires sous un texte félicitant Normand Lester d’avoir craché sur les femmes en général et les femmes dans l’armée en particulier, dans une revue d’hommes et dans Le Devoir. Quelques internautes ont rappelé au CMAQ sa politique. En vain. L’un d’eux a écrit : « C’est beau de discuter et de débattre de positions, fussent-elles féministes. Mais, je sens que l’intervention d’un certain Gilles, relève plutôt de la misogynie. Je croyais que le CMAQ était un endroit où les courants progressistes, exclusivement, pouvaient s’exprimer. Quant aux courants réactionnaires et simplistes comme celui exprimé ci-haut, ils ont toujours à leur disposition pleins d’espaces alloués par la grande presse. Alors, pourquoi perdre nos énergies à les publier ? » Dans les commentaires, un habitué des propos sexistes et outranciers traite un pro-féministe de "psychopathe anti-hommes" et un autre se déclare misogyne. Apparemment, tout cela est juste et bon pour la mission sociale du CMAQ.

Je pense que la politique éditoriale du CMAQ n’est qu’une façade. Sa véritable politique, c’est le laisser-faire qu’il considère comme de l’ouverture d’esprit. Le CMAQ est miné par l’occupation masculiniste et la propagande haineuse contre les féministes. Le lire, pour une femme, c’est se faire violence. C’est pourquoi je visite de moins en moins ce site et j’ai cessé d’y écrire. Si vous pensez que j’exagère en parlant d’un site miné par l’occupation masculiniste, comptez le nombre de titres dans la section accessible et dans la section inaccessible du donjon. Armez-vous de patience, vous en aurez pour un bon moment. Voyez également qui occupe la plus grande place dans les commentaires à la suite des articles où il est question de femmes, de féminisme ou de condition masculine.

**

Je crois que la tolérance du CMAQ à l’égard des agresseurs - oui, des AGRESSEURS - encourage les comportements abusifs et entrave plutôt qu’elle ne favorise la liberté d’expression, si tant est qu’on reconnaisse que la liberté d’expression est l’affaire de tout le monde et non seulement d’une clique de harceleurs. À quoi bon définir une politique éditoriale qu’on n’applique pas ? Qu’on traite les féministes de « chiennes » et toutes les femmes de « salopes » sert-il la justice sociale, gens du CMAQ ? Les administrateurs ont-ils fini par se ranger du côté des masculinistes les plus violents, adhèrent-ils maintenant à leurs discours ?

Les propos suivants sont-ils acceptables sur un site qui se dit progressiste et militant pour les droits humains ?

« ...mais ne sais-tu pas pauvre type qu’au Canada ce sont les femmes qui ont le pouvoir. Charest veut remplacer le conseil du statut de la femme par le conseil de l’égalité, pis les chiennes de feministe chialent pour pas que ca arrive, pourtant conseil de l’égalité semble beaucoup plus juste que conseil de la femme. Combien veux-tu gager que Charest va reculer devant les pressions des petites madames ? »
http://www.cmaq.net/fr/node.php?id=17576

Article intitulé : « LES FEMMES SONT ÉGALES CE SONT TOUTES DES SALOPES ET SOUVENT SUPÉRIEUREMENT SALOPES COMPARATIVEMENT AUX SALAUDS QUE SONT TOUS LES HOMMES » (http://www.cmaq.net/fr/module.php?mod=donjon&id=17695)

Voici des extraits de cet article :* « C’est la seule réponse, après maintes fouilles archéologiques, qu’il a été trouvé à la pérennité des femmes. Car, après tout, comment les femmes peuvent-elles encore exister en si grand nombre après tous les sévices qu’elles ont subis. La castration n’était pas un concept psychanalytique à la sauce épaisse freudienne, ce fut une réalité, pratiquée sur grande échelle. Les pénis enfermés à double tour dans des ceintures libidinales, sont aussi une réalité oubliée. Et les têtes mâles coupées, présentées sur plateau entourées de câpres et de serpents languissants. Les mâles longeaient les murs, 24hrs/24, à cause de l’intérêt marqué des femelles pour ce qui leur traînait entre les deux jambes. Des zizis coincés, il y en a eu. Résultat : Viagra. Ou des gars déguisés en femmes qui crient au meurtre : j’en ai pas, j’en ai pas. »
Pourquoi ce texte se trouve-t-il dans la section accessible du donjon, avec un nombre impressionnant d’autres textes masculinistes, antiféministes, sexistes et parfois diffamatoires et dans l’autre section ?

En dépit de son titre, aucun des trois valideurs ne reconnaît que cet article diffame les femmes. Aucun n’affirme clairement sa non-pertinence - l’un des valideurs n’est pas sûr de sa pertinence... - ni non-conformité avec la mission de "justice sociale" du CMAQ. On invoque le caractère "incompréhensible" du texte. Ce texte n’est pas incompréhensible dans son entier, certains passages sont très explicites et constituent une charge contre les femmes. Un valideur affirme même que ce texte ne déroge pas à la politique éditoriale. C’est l’allusion à CHOI-FM qui le dérange : « En fait le style plutôt surréel est intéressant, mais ca "shear" sur la dernières lignes sur CHOI. Globalement je ne suis pas sûr que le propos est pertinent... Je failli voter zero moi aussi, c’est ambigu, je crois pas qu’il y ait violation de la PolEd dans le texte lui-même ici, mais je ne suis pas prêt à le laisser aller à cause du titre. Donc -1 ». On n’ose pas affirmer explicitement que le titre est de la diffamation contre les femmes et le contenu plus que tendancieux. Un autre valideur n’a pas le courage de se prononcer : « Salut, je comprends rien du tout à cet envolée. Je ne vote pas là dessus. » Qu’est-ce que je vous disais de ceux qui se défilent...

Dans un autre cas, des hommes se drapent dans la compassion envers les enfants, pour se donner un prétexte d’attaquer à nouveau les femmes, et un commentateur invente un passé à un homme pro-féministe. Le CMAQ n’y voit toujours rien à redire (http://www.cmaq.net/fr/node.php?id=17906). On invoque pourtant la "justice sociale" pour refuser un autre article, non pertinent et confus, certes, mais qui est loin d’avoir la charge haineuse du précédent. (http://www.cmaq.net/fr/module.php?mod=donjon&id=17696). Protégé par l’anonymat, quelqu’un-e a publié un article antiféministe copié d’un site sous copyright (http://www.cmaq.net/fr/node.php?id=17756). De toute évidence ce texte, qui ne mentionnait personne en particulier, a été soumis dans le but d’offrir l’occasion d’attaquer nommément des féministes québécoises en commentaires et c’est ce qui s’est produit. J’imagine que faciliter le salissage de la réputation d’autrui fait partie de la mission sociale du CMAQ.

***

Comme La Tribu du verbe, le CMAQ a fait son lit en acceptant les masculinistes dans ses pages au nom de la liberté d’expression. On peut y inventer n’importe quoi sur les féministes et sur les femmes (ou sur n’importe qui) à charge pour elles de réfuter les propos mensongers. Une stratégie bien connue. On nous a déjà dit sur ce site que les personnes qui se croient attaquées injustement peuvent toujours entamer des poursuites judiciaires. Drôle de raisonnement pour des gens qui se disent libertaires et défenseurs de la justice sociale. Je ne crois pas du tout à la sincérité de toutes ces déclarations en faveur de la liberté d’expression. Ces deux sites soi-disant progressistes ont choisi le camp des détracteurs et s’y maintiennent résolument. La liberté d’expression, c’est un paravent, comme pour Demers et Fillion de CHOI-FM. 

Le discours sur les femmes et sur les féministes, qui se tient sur le site du Centre des médias alternatifs du Québec (CMAQ), s’apparente au discours réactionnaire et autoritaire dont le Vatican vient de nous donner un exemple dans une lettre adressée aux évêques. Tiens, il me vient une idée : il serait intéressant de comparer les propos masculinistes et le contenu de cette lettre. Le CMAQ ne souhaite probablement pas la présence du discours féministe, facteur de "trouble" ou de travail additionnel pour les valideurs. Bien entendu, lorsque des crétins attaquent systématiquement tout propos féministe, ce sont les féministes qui en sont responsables. J’ai vu la même chose sur La Tribu du verbe où on a menacé 100 fois de modérer les commentaires. Sans le faire, sauf à une ou deux notables exceptions.

Dans un article publié sur Sisyphe, le professeur Guy Giroux écrit : « (...) il n’y a aucune liberté ni droit inconditionnels en démocratie lorsqu’ils interfèrent avec ceux des autres, d’où leur modulation respective. C’est notamment le cas de la liberté d’expression dès lors qu’entrent en jeu des libertés ou des droits concurrents, comme le droit à la vie privée ; le droit à la dignité humaine, à l’honneur et à la réputation de sa personne ; le droit d’être traité équitablement afin de ne pas être exposé à la discrimination et à la haine sur la place publique ; etc. ».

Cette position sensée n’impressionnera sans doute pas les hommes de Cromagnon qui sévissent sur le CMAQ. En juillet dernier, certains de ces nostalgiques de la soumission silencieuse des femmes mettaient en cause la validité d’une recherche concernant les garçons en invoquant l’âge mûr de ses auteurs... D’autres s’en prennent aux "experts" et aux universitaires en avançant un argument aussi simpliste que celui-ci : « Dans universitaire il y a le mot "taire", ces gens-là veulent nous faire taire ». Il faut dire que l’anti-intellectualisme est assez répandu parmi ces gens qui ne ratent pas une occasion de proclamer la supériorité de la force physique des hommes. Cette force-là, on la leur laisse volontiers.

Après un an et demi de guerre contre les féministes, il n’y pas d’espoir que cela change sur le CMAQ parce que les personnes qui pourraient empêcher les dérives ne le veulent tout simplement pas. La liberté d’expression de n’importe quel salaud vaut davantage à leurs yeux que le droit de ne pas être exposé injustement à la discrimination, à la diffamation et à la haine. Alors, laissons ces messieurs faire leurs petites affaires entre eux et occupons-nous des nôtres. Même en notre absence, ils trouveront bien à nous rendre responsables de quelque chose.

Notes

* Il importe peu que ce texte ait été soumis par une femme qui veut se faire une notoriété auprès des antiféministes de service sur le CMAQ. D’ailleurs, le CMAQ s’empresse de publier à peu près tous les propos antiféministes et parfois antifemmes de cette personne. La question est la suivante : Pourquoi le CMAQ n’applique-t-il pas son simulacre de politique quand il s’agit de haine, d’attaques personnelles, de diffamation contre des féministes ou des femmes, ou de propos sexistes ? Pourquoi l’antiféminisme et le sexisme ont-ils un traitement d’exception sur le CMAQ ? Poser la question, c’est presque y répondre.
- N.B. Depuis deux ans, j’écris périodiquement sur les sites du réseau Indy Media d’Europe, du Canada anglais et des États-Unis. Certaines de mes interventions ont parfois suscité des réactions critiques, ce que je trouve tout à fait normal. L’unanimisme n’est pas souhaitable. Mais jamais je n’ai été traitée avec grossièreté et avec mépris comme je l’ai été sur le site du Centre des médias alternatifs du Québec (CMAQ) (et parfois sur La Tribu du verbe). À croire que le mépris et la grossièreté sont un trait caractéristique de certains Québécois, chantre de la virilité triomphante. Sur ces deux sites, surtout sur le CMAQ, on n’a même pas besoin d’intervenir pour s’attirer le mépris, la grossièreté et des propos qui frisent la diffamation. Voici le dernier exemple à ce jour (20 septembre 2004). Voir les commentaires à la suite de l’article avec lequel je n’ai strictement rien à voir, et pourtant, je suis devenue le sujet du débat : http://www.cmaq.net/fr/node.php?id=18097. Et certain-es disent qu’il faudrait ignorer tout cela parce que le souligner braquerait les gens du CMAQ contre le féminisme... comme s’ils avaient besoin qu’on signale leur complicité antiféministe pour se braquer contre le féminisme. Selon la même logique, faisons semblant d’ignorer la destruction du tissu social par le gouvernement Charest, n’en parlons surtout pas, au cas où il accentuerait davantage ses attaques contre les plus démuni-es. Faisons semblant qu’il n’y a pas de violence contre les femmes, de peur que la violence augmente. Plier l’échine devant l’adversité est-il vraiment une attitude féministe ?

Micheline Carrier, le 5 septembre 2004


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Micheline Carrier
Sisyphe

Micheline Carrier est éditrice du site Sisyphe.org et des éditions Sisyphe avec Élaine Audet.



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  • > Sur le CMAC, les femmes sont "toutes des salopes" et les féministes "des chiennes"
    (1/1) 25 septembre 2004 , par





  • > Sur le CMAC, les femmes sont "toutes des salopes" et les féministes "des chiennes"
    25 septembre 2004 , par   [retour au début des forums]

    Tout à fait d’accord avec ce que dénonce cet article. Malgré que j’y publie quelques fois mes textes, je ne peux faire autrement que de constater le débilitisme rampant dont s’incruste de plus en plus le CMAQ. Comme le souligne Mme Carrier, il y a un monde de différence entre promouvoir et défendre la liberté d’expression et laisser toute la place à n’importe quel imbécile de démontrer à la face du monde son incommensurable ’’ratatinement’’ intellectuel.

    De plus, à l’époque où nous étions capable de lire les textes en attente, j’ai lu un texte qu’une mère de famille avait écrit en rapport avec les réseaux de prostitution juvénile qui sévissaient à Québec. À moins d’être complètement déconnecté il était aisé de deviner que celle-ci avait quelqu’un de son entourage directement impliqué dans cet épisode honteux. Dans son cri du coeur elle a osé critiqué haut et fort la lâcheté et la paresse des groupes communautaires locaux les accusant d’être beaucoup plus actifs à défendre leur budgets que les causes qu’ils devraient être à défendre et ce.... de manière active et visible.

    Toujours est-il qu’un certain Desjardins décidant de ce qui est publiable ou non a décidé que ce texte ne méritait pas d’être publié . Selon ce qu’il avait écrit sous le texte en question pour justifier sa décision c’est que ce texte n’apportait rien au débat et que ce texte était juste du chialage inutile. J’ai personnellement porté à l’attention de Desjardins mon total désaccord avec sa décision en lui spécifiant que j’étais moi-même un travailleur du monde communautaire et que j’approuvais la dénonciation que faisait cette mêre de famille du nombrilisme semblant atteindre de plus en plus de gens au sein des organismes communautaire.

    Bout de viarge tu peux écrire comme commentaire sur le CMAQ que Micheline Carrier est une crisse de folle ou encore une crisse de frustrée totalement anti-sexualité( oui, oui j’ai bien lu ça) mais oser questionner le travail des organismes communautaire qui malheureusement trop souvent renvoient à la population qui paie leur salaires l’image de gros clubs de bridge subventionnés capables de faire beaucoup de bla-bla-bla autour des problématiques qu’engendre la pauvreté ( problématiques justifiant en passant les budgets accordés à leurs organismes) incapables de trouver des moyens de faire réellement pression afin qu’on s’attaque plutôt à la base même de ce qui génère ces problématique : la pauvreté en elle-même.

    Ce qui est vraiment dommage c’est que de tous ceux et celles qui visitent le CMAQ dans l’espoir d’y trouver une information alternative intelligente (parce qu’il y en a) combien remettront en cause dès leur première visite la véracité ou encore le réalisme de très bon articles uniquement parce que ceux-ci cotoient un ramassis de merde insignifiant véhiculant une haine inacceptable et injustifiable.

    Qu’elle soit masculine ou féminine l’imbécilité, la haine,la bêtise et le crétinisme ne parviendront jamais qu’à une chose ; contribuer à diviser encore davantage ce qui devrait pourtant être indivisible ne serait-ce que pour assurer sa survie : la race humaine.

    Quand sur une même table se cotoie excréments et filet mignon, même le plus affamé finit par ne plus avoir faim pantoute.

    Il y a de ces jours où je regarde le hamster de ma fille et je me demande à quel niveau en terme de pourcentage son cerveau est supérieur à certains de mes semblables.

    Pierre Gravel

    • Inintelligence ou antiféminisme ?
      26 septembre 2004 , par
        [retour au début des forums]

      Je ne sais pas si on a raison de parler d’"imbécilité" pour désigner les textes et commentaires que quelques antiféministes et misogynes patentés accumulent dans les pages du CMAQ dès que les "validateurs" se tannent de filtrer leurs insultes.

      Sans leur prêter une intelligence particulière, il est clair que ces imprécateurs anonymes ont une politique concertée, qui consiste à interrompre grossièrement toute exploration constructive, en vue de discréditer les femmes et leurs droits, pour chercher à inverser la vapeur d’un changement social qui menace les privilèges masculins.

      Je ne suis pas Gravel dans sa défense d’un texte qui accusait sans le moindre fondement des groupes communautaires non identifiés de garder leurs distances des vigiles de l’Opération Scorpion.

      Mais je partage son écoeurement de constater ce que l’équipe du CMAQ tolère comme salissage des participantes et participants à ses forums de la part des ultras masculinistes qui font la pluie et le beau temps dans leurs pages.

      Je crois que nous devons être plusieurs à protester publiquement sur toutes les tribunes contre les "responsables" qui laissent le CMAQ dériver vers le statut d’un simple micro ouvert où n’importe quel réactionnaire peut déverser son fiel et diffamer le mouvement des femmes.

      D’ailleurs, cela comprend le Public Interest Research Group - un groupe habituellement progressiste - qui accueille depuis quelques mois le CMAQ dans ses locaux du centre-cille à Montréal et qui devrait répondre des propos hyper-sexistes qui s’accumulent sur les pages du CMAQ.

      Si des néo-Nazis prenaient autant de place au Centre des médias "alternatifs" du Québec pour cracher sur leurs ennemis-es et paralyser les échanges, combien de temps s’écoulerait, selon vous, avant que le PIRG ne leur tire la plug...?

      Martin Dufresne
      Collectif masculin contre le sexisme

      [Répondre à ce message]


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