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lundi 4 octobre 2004

L’élection présidentielle du 9 octobre en Afghanistan intéresse les femmes
Mais elles ne pourront pas toutes voter.

par Anne Collet, Courrier international






Écrits d'Élaine Audet



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Organisée avec le soutien des Nations unies, l’élection du 9 octobre prochain sera le premier scrutin présidentiel direct de l’histoire de ce pays (Afghanistan) ravagé par les guerres. Pour la première fois, les femmes vont pouvoir dire qui elles veulent pour gouverner l’Afghanistan. En effet, 42 % des 10 millions de personnes qui se sont inscrites sur les listes électorales sont des femmes. « Ce chiffre témoigne du lent réveil politique des Afghanes », analyse le quotidien canadien The Globe and Mail. « Dans les grandes villes, à Kaboul ou Jalalabad, les femmes, très motivées, se sont mutuellement encouragées à aller s’inscrire, avec l’espoir que les choses changent dans leur vie et celle de leurs enfants », se réjouit le journal.

Nombreuses aussi sont celles qui se sont engagées à participer à l’organisation de l’élection aux côtés des Nations unies, et celles qui ont pour cela payé le prix fort. Outre la misogynie et la violence quotidienne dans certaines régions du pays où la présence des talibans est importante, les femmes font face à un autre problème. « La plupart des inscrites n’auront sans doute pas l’autorisation de sortir de chez elles pour aller voter le 9 octobre », explique Noor Bibi, une des femmes qui se sont enrôlées auprès des Nations unies. « Mais nous avons un plan, nous irons dire aux maris ou aux frères que leur femme ou leur soeur a besoin de se rendre au centre de santé et nous les amènerons au bureau de vote pour qu’elles puissent mettre leur bulletin dans l’urne », continue-t-elle malicieusement.

Parmi les 18 candidats en lice, Massouda Jalal, âgée de 44 ans, médecin pédiatre et mère de trois enfants, est la seule femme à se présenter à ce scrutin historique. « Indépendante de toute faction », précise le Guardian, elle a réussi le tour de force de rassembler 55 000 signatures, dont celles de beaucoup d’hommes, quand 10 000 étaient nécessaires. « Le fait que je sois candidate est une révolution en soi. Si des femmes accèdent à des postes officiels, elles seront au service des autres femmes, les choses pourront alors vraiment changer. La Constitution afghane dit qu’hommes et femmes sont égaux devant la loi et j’ai l’intention de faire appliquer la Constitution », explique Massouda Jalal dans les colonnes du Washington Post.

Massouda Jalal essaie surtout de maintenir l’équilibre entre les idées conservatrices qui ont cours dans la société afghane et certaines idées progressistes véhiculées par des candidats ayant vécu à l’étranger. Son colistier, originaire d’une zone tribale très conservatrice du sud du pays, porte le turban, mais ses six filles ont fait des études poussées et vivent toutes à l’étranger. « Les femmes afghanes commencent juste à découvrir leurs droits politiques. Elles ont des priorités bien plus urgentes que le droit de divorcer. Si une femme est illettrée, comment peut-elle défendre ses droits ? Plutôt que d’aborder les droits des femmes, je préfère faire campagne sur des sujets pratiques tels que l’accès au travail, à la santé et à l’éducation », explique Massouda Jalal pour justifier ses thèmes de campagne.

« Les chances de l’emporter de Massouda Jalal face à Hamid Karzai sont
inexistantes », analyse Taipei Times, qui rappelle qu’elle s’était déjà présentée contre Karzai lors de l’élection à la présidence de la Loya Jirga, la grande assemblée, en 2002. Karzai lui avait alors proposé la vice-présidence si elle acceptait de se retirer, mais elle avait refusé. Elle était à l’époque très critiquée pour son attitude non islamique, mais sa présence aujourd’hui dans la course électorale est tout un symbole.

- Dans le Courrier international, le 14 septembre 2004.

- Merci à l’auteure et au Courrier international de l’autorisation de reproduire ce texte sur Sisyphe. Pour consulter et lire le Courrier international, voir : http://www.courrierinternational.com

Mis en ligne sur Sisyphe, le 30 septembre 2004.


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Anne Collet, Courrier international



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