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lundi 21 mai 2007 La résidence alternée, une loi pour les adultes ?
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En cours de parution en 2005 dans le Journal des psychologues (France). À l’instigation du lobby des hommes divorcés, la formule de la résidence alternée (aussi appelée garde physique partagée 50-50) est devenue une nouvelle norme, présentée comme nécessaire au bien-être de l’enfant dès le plus jeune âge, même à un rythme effréné, qui peut aller jusqu’à une alternance quotidienne entre les deux foyers. Pourtant, la résidence alternée était encore interdite en France il y a quelques années, parce que tenue pour contraire à l’intérêt de l’enfant à disposer d’un pôle d’attachement stable, le parent à qui était reconnue la garde. Aujourd’hui, nous connaissons tous des enfants qui passent deux semaines par mois parqués devant la télé du parent qui s’était le moins occupé d’eux, et dont l’équilibre et la réussite scolaire s’en ressentent. Mais les « droits du Père » imposent le silence. En effet, que le partage des tâches soit symétrique ou non (il l’est rarement), les pères séparés/divorcés y gagnent un prétexte de maintien de l’autorité paternelle, une part égale des avantages fiscaux et sociaux et, surtout, l’occasion de conserver le domicile familial et de récuser toute responsabilité de pension alimentaire. Les opposants au droit au divorce voient dans cette formule une normalisation. Pour les femmes et enfants qui espéraient échapper à la violence familiale, la résidence alternée non choisie mais imposée équivaut au risque d’une violence perpétuée, sinon aggravée, par les contacts répétés de la mère et l’isolement des enfants avec l’agresseur. Dans l’inédit ci-dessous, en cours de parution en 2005 dans la Revue des Psychologues (France), le Dr Maurice Berger témoigne de ses observations cliniques sur la dynamique psychologique de certains pères qui réclament cette alternance et sur la difficulté avec laquelle certains enfants la vivent, surtout avant six ans. À verser au dossier d’une investigation à poursuivre, sans égard aux intimidations. Martin Dufresne La loi de Mars 2002 sur l’autorité parentale est un bon exemple pour réfléchir sur la manière dont, en France, sont construites les lois concernant l’enfance. Parce que cette loi civile ne prend pas assez en compte les lois du fonctionnement psychique, on peut dire que malgré certaines avancées, elle constitue le prototype des occasions manquées. Je me centrerai ici sur la question de la résidence alternée concernant les enfants petits, de moins de six ans, car ce sont les plus vulnérables, bien que ce mode de garde puisse poser problème à certains enfants plus grands. A noter que d’autres modes d’hébergement peuvent aussi se révéler inadaptés, comme le morcellement du temps d’hébergement (cinq changements de lieu en sept jours ou sept en dix jours dans certains jugements, chaque parent ayant ainsi sa part d’enfant), ou les week-end prolongés du vendredi matin au lundi soir chez les bébés, ou la moitié des vacances scolaires, temps de garde qui, chez certains enfants petits, amènent l’apparition de troubles. Rappelons que l’enfant petit n’a pas le même sens du temps qu’un adulte, et que lorsqu’il se trouve dans une situation où il se sent mal, il ne peut pas penser que cela va prendre fin à tel moment ; une heure ou une journée est un moment infiniment long, et pour lui, "ça ne se terminera jamais". Les faits Dans ces contextes, depuis 1997, j’ai été saisi de plus de 150 situations dans lesquelles des enfants de moins de six ans présentaient des troubles importants. Je précise que ma position est essentiellement médicale, clinique, et ne se situe pas par rapport aux droits du père ou aux droits de la mère, ou par rapport à la loi actuelle, mais uniquement du point de vue du développement affectif de l’enfant. Ces symptômes, qui n’existaient pas avant la mise en place de la résidence alternée, étaient les suivants (Berger M. et coll., 2004) :
Bref, il s’agit de troubles qui sont décrits depuis une cinquantaine d’années, et qui surviennent chaque fois qu’un enfant petit est soumis à une séparation d’avec sa mère, trop longue par rapport à ce qu’il peut supporter, c’est-à-dire par rapport au temps pendant lequel il peut garder en mémoire l’image sécurisante de sa mère. Au-delà de ce temps, pour lui, sa mère est perdue. Il faut souligner ici que chaque enfant a une susceptibilité personnelle différente à la séparation qui ne dépend que partiellement du genre de maternage qu’il reçoit, et qui est impossible à prévoir. Je ne suis pas au courant de toutes les situations qui vont mal, ni de toutes celles qui vont bien. Mais il faut dire clairement que dans un raisonnement médical, si la résidence alternée était un médicament, en raison du principe de précaution, elle n’obtiendrait pas d’autorisation de mise sur le marché chez l’enfant petit du fait de ses effets secondaires possibles, ou alors elle serait au tableau A, prescrite dans des indications précises et avec un suivi très attentif. D’autant plus qu’on sait que ces troubles peuvent s’installer de manière durable jusqu’à l’adolescence et se retrouver à l’âge adulte sous la forme d’angoisse et de dépression chroniques. Ces effets peuvent être extrapolés à partir des nombreuses études concernant des enfants qui se sont trouvés séparés de leur mère de manière répétitive dans d’autres contextes. On se trouve donc devant un véritable problème de santé publique, d’autant plus que cette pathologie ne nous paraît pas traitable actuellement. Pour comprendre ces troubles, il faut évoquer ici, entre autres, les travaux récents concernant la théorie et la clinique de l’attachement (A. et N. Guedeney, 2002). Le lien qu’établit précocement un bébé avec ses parents est constitué de plusieurs "brins". L’attachement est l’un d’eux, les autres concernant les processus d’indifférenciation puis de différenciation progressive, les sentiments d’amour et d’ambivalence, l’instauration de la transitionnalité, etc, chaque brin pouvant avoir une influence sur les autres. La relation d’attachement porte sur la constitution du sentiment de sécurité, qui nécessite que le nourrisson puisse, dans les premiers mois de sa vie, bénéficier de la présence d’un adulte, figure d’attachement stable, prévisible, accessible, figure qu’il pourra intérioriser peu à peu. Un enfant petit peut bénéficier de plusieurs figures d’attachement, mais il existe une hiérarchie. Parce que c’est la mère qui est enceinte, accouche, allaite, non seulement elle arrête ses activités afin d’être totalement disponible pour son enfant, mais de plus elle noue une relation spécifique avec lui. Et c’est elle, premier "caregiver", qui constitue la première base de sécurité, comme le montre le travail de Lamb décrit plus loin. Si une résidence alternée est mise en place trop précocement, cette base de sécurité est inaccessible à l’enfant pendant une durée trop longue. L’absence de sentiment de sécurité interne risque alors d’entraîner la constitution d’un attachement dit "désorienté - désorganisé", qui se manifeste par les symptômes décrits ci-dessus. De plus, Cyrulnik indique précisément qu’un enfant qui n’a pas pu bénéficier d’une figure d’attachement stable et accessible ne peut jamais devenir résilient. Un facteur aggravant certain est la conflictualité dans le couple. Le contexte est particulier : le couple se sépare souvent alors que la grossesse est en cours ou peu après l’accouchement, ou l’enfant est encore petit. Le "maternage" est alors pris dans le conflit, dans la passion, et toute exhortation à la non-conflictualité n’est souvent qu’un vœu pieux (1). L’enfant n’a pas pu être représenté par un des deux conjoints au moins comme se situant dans une parentalité partagée. Souvent, il n’y a pratiquement aucune communication entre le père et la mère concernant l’enfant, si bien que ce dernier vit deux vies complètement indépendantes. Par exemple, quand l’enfant manifeste son inquiétude alors qu’il est chez son père, ce dernier n’évoque pas la présence de la mère en lui disant "tu vas bientôt revoir maman". Ceci a une importance particulière le soir, au moment où l’enfant se sépare de l’adulte et se retrouve seul, ce qui explique en partie les troubles signalés par Solomon et George chez les nourrissons passant une ou plusieurs nuits chez leur père (cf. infra). Il est fréquent que les pères ne permettent pas à leur enfant d’être en contact téléphonique avec sa mère quand il est chez eux. Ainsi l’enfant perd un parent quand il va chez l’autre. Ceci potentialise fortement les effets de l’éloignement répété de la "base de sécurité" maternelle. Le Pr Golse qui a exposé récemment les recommandations de la WAIMH (Association mondiale pour la santé du nourrisson) concernant la résidence alternée chez les enfants de moins de trois ans, indique que l’enfant doit d’abord avoir une base de sécurité pour pouvoir s’ouvrir au changement, qu’il doit acquérir un premier attachement solide avant d’en acquérir un second, et que de plus le moment choisi pour mettre en place ce type d’hébergement n’est pas le bon car c’est celui où le conflit est le plus aigu. En 1999, trois ans avant la loi de 2002, dans des recherches longitudinales très précises commanditées par le Programme de recherche de santé chez l’enfant aux Etats- Unis, Solomon et George, deux chercheurs réputés, montrent, sur 145 enfants âgés de 12 à 20 mois, puis revus de 24 à 30 mois, que les deux tiers des enfants de parents divorcés qui passent régulièrement une ou des nuits avec leur père ont des comportements qui traduisent la constitution d’un mode d’attachement beaucoup plus insécurisé que les enfants de parents divorcés qui ne passent pas de nuits chez leur père, et que les enfants de couples non divorcés. Ces nourrissons présentent des moments d’hypervigilance, d’agrippement, d’agressivité, d’hypersensibilité à toute séparation potentielle ou réelle d’avec la mère. Ils ne parviennent à être bien ni au moment des séparations, ni au moment des retrouvailles, et ils ne considèrent pas que leurs parents soient capables de les aider dans ces circonstances. Et en conclusion, "les tribunaux ont à accepter que le divorce crée, au moins temporairement, une situation dans laquelle le meilleur intérêt du petit enfant n’est pas synonyme d’équité pour les deux parents". Citons encore les travaux de Brazelton. Sa position est qu’il faut évaluer comment un enfant peut bénéficier le plus souvent possible de la présence de son père, et réciproquement, sans créer une discontinuité préjudiciable concernant la relation avec la mère. En 2001, dans les situations conflictuelles, il propose d’encadrer le rythme des contacts sous la forme d’un droit d’hébergement évolutif qui passe par l’utilisation d’un calendrier répondant au principe de précaution (2). Il prend comme hypothèse la situation la plus fréquente où la mère est responsable des premiers soins et prévoit des contacts prolongés avec le père plusieurs fois par semaine dès les premiers mois. Ce calendrier peut être assoupli en fonction de l’investissement du père dans les premiers soins ; de la manière dont il s’est occupé seul de l’enfant la nuit, du fait, par exemple, des obligations professionnelles de l’épouse ; de la capacité de l’enfant à gérer le changement ; et de l’éventuelle non conflictualité du couple. J’ai constaté que lorsque des parents séparés viennent d’eux-mêmes ensemble demander un avis et un suivi concernant la manière de s’occuper de leur enfant petit, on a la possibilité d’introduire une souplesse beaucoup plus grande dans le mode d’hébergement car la préoccupation du couple est alors centrée sur le bien-être de l’enfant, les parents repèrent rapidement ses éventuels signes de mal-être, on n’est plus dans le registre de "c’est mon droit". Ce calendrier introduit une contrainte importante pour la mère qui ne peut pas prendre de longues vacances afin de ne pas priver l’enfant de la présence de son père. Par ailleurs, si une mère présente des difficultés psychiques majeures, il est évidemment préférable que l’hébergement soit confié au père. Comment en est-on arrivé là ? Certains juges des Affaires familiales reconnaissent qu’ils tâtonnent, certains politiques n’osent pas remettre la loi en question de peur d’être traités de réactionnaires, on attend, pour constater l’apparition de dégâts psychiques inévitables, ce qui n’est pas acceptable d’un point de vue médical. Comment aurait-on pu faire autrement pour comprendre tous les enjeux de la loi ? Eh bien, on aurait pu solliciter la Direction Générale de la Santé, qui aurait pu nommer des scientifiques français spécialistes du développement de l’enfant appartenant à la Société Française de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent et/ou à la WAIMH, les deux organisations officielles. Ce n’a pas été fait. Ainsi les professionnels de la santé ne seraient compétents que pour soigner les dégâts, mais pas pour donner leur avis sur les causes. • Ces scientifiques auraient étudié les travaux existants et leur validité. Ce n’est pas parce qu’une recherche est publiée qu’elle est valable. Une publication assez exhaustive d’Otis (1995), reprenant l’ensemble des travaux (parue dans "Développement récent en droit familial"), conclut que "Les recherches qui comparent les différentes modalités de garde sont restreintes, présentent des résultats souvent contradictoires et montrent des faiblesses méthodologiques qui invitent à la prudence quant à la généralisation des résultats. L’état des enfants est évalué par checkliste et pratiquement jamais par observation directe". Etc. • Ces spécialistes auraient replacé dans leur contexte les citations de travaux dont les politiques sont assaillis, et qui peuvent obscurcir leur discernement. Beaucoup de travaux ont été déformés et tronqués par certaines associations de pères. Ainsi, il n’est cité de Brazelton que le fait qu’il évoque l’attachement entre le bébé et son père, et non pas son calendrier progressif très précis dont nous avons parlé. Ou encore, les travaux de Lamb, un chercheur psychologue, ne sont cités que jusqu’en 1980 ; il pense alors que père et mère peuvent avoir des rôles strictement équivalents dans le registre émotionnel et comportemental. Mais ne sont pas cités ses travaux ultérieurs, indiquant que la mère demeure la personne de référence principale pour procurer au nourrisson un sentiment de sécurité. En effet, en 1983, il montre que des enfants âgés de huit à seize mois, vivant avec leurs parents non divorcés et élevés prioritairement par leur père, souvent du fait de la profession de la mère, manifestent une préférence pour leur mère dans des situations "étranges", inquiétantes, comme la présence d’un visiteur inconnu. On peut donc dire que si le père occupe bel et bien une position de figure d’attachement, l’enfant préfère cependant la "base de sécurité" maternelle en cas d’inquiétude ou de détresse. La mère est donc plus appropriée que le père dans ce registre, la demande de protection de la part de l’enfant reste en faveur de la mère. Le père n’est donc pas une mère comme les autres. On aurait aussi rappelé la masse de publications qui montrent que les pères et les mères proposent à leur bébé un style d’échange différent, complémentaire mais non équivalent (cf. in Berger M., Gravillon I., 2003). Les mères sont plus dans un dialogue émotionnel, attentives aux variations de tonus de leur enfant pour réguler ses états de bien et mal-être, avec davantage de vocalisations et d’échanges de regard, et plus tournées vers la protection. Alors que les pères sont dans des échanges plus physiques, plus stimulants et plus discontinus ; mettent plus leur enfant au défi d’une manière plus adaptée à l’ouverture sur l’environnement. Pourquoi cette réflexion n’a-t-elle pas été menée au cours de l’élaboration de la loi ? Pour au moins deux raisons, la représentation implicite de l’enfant et la force du lobbying. La représentation de l’enfant implicite dans la loi française. 1) L’enfant, ou l’enfance, est un phénomène social. Si les adultes, en particulier les pères, ont décidé d’exercer différemment leur rôle parental dans une société en évolution, il faudrait adapter le droit à cette évolution. Mais ce n’est pas pour autant que les besoins relationnels des bébés changent. Ils sont les mêmes depuis des siècles et demeureront toujours les mêmes. Et si on peut affirmer que le père a une place spécifique à prendre auprès de son bébé, elle n’est pas équivalente à celle de la mère, même si elle est complémentaire. Il existe actuellement une confusion entre l’égalité de droit au niveau de l’autorité parentale et l’égalité de rôle au niveau du développement précoce de l’enfant. On perçoit les limites de la position sociologique lorsque G. Neyrand, sociologue connu pour être favorable à la résidence alternée, répond à une mère dont le bébé, depuis la mise en place d’une telle mesure à l’âge de sept mois, pleure silencieusement pendant son sommeil, a des réveils fréquents la nuit, présente un visage sans expression pendant plusieurs heures à chaque retour, et a des instants de panique dans la journée : "Le fait que votre bébé en arrive à pleurer la nuit ne me semble pas anormal : il a à faire le deuil de l’amour que ses parents avaient l’un pour l’autre quand il a été conçu" (sic). 2) L’enfant n’est que l’objet de ses parents. Sinon, pourquoi au moment de la révision de la loi en 2004, lors des auditions effectuées par la Commission concernée à l’Assemblée nationale, personne n’a été invité à donner le point de vue de l’enfant ? Ou plus exactement, mon audition a été fortement suggérée au dernier moment par le Président de la Commission des Lois, qui est député dans mon département, alors que cinq associations de pères ont été entendues sans problème ? 3) Il existe le fantasme qu’une mère sans homme est potentiellement dangereuse pour son enfant. Ceci n’est pas dit tel quel, mais j’ai été frappé par la manière dont les résultats de la période d’essai de résidence alternée décrite dans la loi (art. 373-2-9) ont été déformés par certains magistrats, heureusement pas par tous. Ainsi, si à l’issue de cette période, une mère se montre inquiète face aux symptômes que présente son enfant depuis la mise en place de ce dispositif, il en est conclu que l’enfant présente des troubles non pas parce qu’il ne supporte pas la discontinuité de son mode de vie, mais parce que sa mère est angoissée. On arrive alors à une inversion de l’origine des symptômes. De plus, il faut ajouter que quand une mère voit son bébé aller mal et qu’elle ne peut rien faire pour lui, elle se met à aller mal elle aussi, si bien que certains enfants ne peuvent se sentir bien ni avec leur père ni avec leur mère. 4) L’expertise permettrait de décider en sécurité. L’idée serait qu’en demandant une expertise, on tiendrait compte du développement affectif de l’enfant petit et on préserverait ainsi son intérêt (Art. 373-2-11). Mais c’est justement là que le bât blesse, parce que dans ce contexte, l’expertise a une visibilité réduite à quelques mois, six mois, un an au grand maximum. En fait, dans un bon nombre de situations, il est impossible, si on est un expert compétent et consciencieux, de prévoir comment un enfant va s’adapter, et donc comment on peut permettre l’augmentation de son temps de présence auprès de son père. Dans un article récent, le Pr Hayez et le Dr Kinoo, deux experts réputés en Belgique, prônent des décisions susceptibles de révision de six mois en six mois, ou au maximum annuellement, et le passage où ils indiquent cela est encadré dans leur publication, ce qui est exceptionnel. L’expert doit accepter d’être humble et de prendre la position la plus inconfortable qui consiste, sans dogmatisme, à raisonner différemment pour chaque enfant, chaque couple, et sur le court terme. Comment s’en sortir ? On ne peut pas demander que soit ré-effectuée une expertise tous les six mois ou tous les ans. On ne peut pas demander non plus à un magistrat d’être spécialiste du développement psycho-affectif du nourrisson. On ne peut pas demander que ces situations soient orientées vers une AEMO pour un suivi régulier, la justice des enfants étant déjà surchargée. Ajoutons à cela le problème de la qualité des expertises. Fréquemment un père ou une mère a été reçu seul(e). Or, plusieurs auteurs insistent sur la nécessité de recevoir chaque parent avec l’enfant. Un parent peut très bien verbaliser et décrire le comportement de son enfant et ses besoins, et n’avoir aucune adéquation émotionnelle avec lui. Et chaque fois que c’est possible, c’est-à-dire que la situation n’est pas imprégnée de violence, il est intéressant d’assister au passage d’un enfant des bras d’un parent dans ceux de l’autre. Il faut aussi être attentif aux signes qui indiquent une sensibilité spéciale de l’enfant à la séparation. Ainsi, au cours d’une expertise, je reçois un petit garçon de dix-neuf mois pour lequel, en attendant le jugement, le père a imposé à la mère une résidence alternée une semaine sur deux, ce qui a entraîné très rapidement des troubles obligeant à suspendre ce dispositif. Lorsqu’il est reçu avec sa mère, l’enfant est assez tranquille, mais au moment où elle le prend sur les genoux pour qu’il soit face à moi afin de passer les épreuves du Brunet Lézine (3), il devient immédiatement inquiet. C’est une situation dans laquelle il est face à un homme, et il ne voit pas sa mère, bien qu’il soit en appui contre son thorax. Il interroge alors de manière anxieuse "Maman ? Maman ?" Ma conviction est que l’on a beau tourner autour du pot, on ne pourra pas éviter la création d’un corps de spécialistes de la petite enfance formés pour être compétents en matière de séparation parentale (psychologue ou psychiatre) qui devraient réévaluer la situation à intervalles réguliers afin de constater l’adéquation du mode de garde avec le développement psycho-affectif de l’enfant. On peut trouver cela lourd, sauf si on prend en compte l’idée que le fait même qu’un enfant ne va pas bien entretient la conflictualité. Ces spécialistes auraient un rôle totalement différent de celui des médiateurs car la médiation concerne essentiellement la conflictualité entre les parents, sans oublier l’intérêt de l’enfant, mais les médiateurs ne sont pas formés à évaluer la santé psychique du tout petit. De plus, plusieurs organismes de médiation sont dirigés par des hommes membres d’association de pères. La force du lobbying Les conditions dans lesquelles la loi de Mars 2002, qualifiée de "Loi SOS papa" par une association de pères, a été conçue et votée posent le problème de la relation entre les pouvoirs exécutifs, législatifs, judiciaires et le lobbying. Partons des deux questions suivantes : pourquoi les pères membres d’associations veulent-ils si tôt une place égale à celle de la mère auprès de l’enfant petit, alors que beaucoup d’autres pères en cas de divorce investissent leur bébé mais ne se sentent pas effacés ou dépossédés par le fait que la mère ait une place plus importante au départ ? Et pourquoi vouloir que ce partage soit réalisé à la minute près ? Je précise que certaines mères présentent aussi des problèmes psychiques impliquant leur enfant, mais elles utilisent beaucoup moins la "solution militante" dont je vais parler. Mes constatations, à partir des écrits des associations de pères et des rencontres que j’ai eues avec ces pères lors de consultations ou d’expertises, c’est que ces demandes sont une tentative de trouver une solution, inadaptée, à une souffrance personnelle ancienne qui trouve son origine bien avant la rencontre avec la compagne future mère. Cette souffrance n’est pas la même pour tous les pères.
Quelles que soient les raisons de cette souffrance, la solution est toujours la même, à savoir mettre ces souffrances d’homme ensemble et escamoter leur dimension personnelle liée à l’histoire de chacun pour en faire un problème de société, une revendication groupale concernant le droit des pères, on ne reconnaîtrait pas aux pères la place qui devrait être la leur. Ces pères sont prioritairement identifiés à l’enfant qui souffre en eux mais pas à leur enfant réelmêmes’ilsparlentsansarrêtd’intérêtde l’enfant. Ils se soignent ainsi, ils sont dépendants de ce combat, c’est pour cela que leur demande concernant l’enfant ne sera jamais réglée, il en faudra toujours plus comme le montrent les demandes récentes de pères anglais et québécois qui ont fait un procès pour interdire à leurs ex-compagnes d’avorter de l’enfant qu’elles attendaient d’eux. Cette revendication n’aura jamais de fin. Tous les moyens seront utilisés, avec ténacité, pour attirer les médias, pour harceler les parlementaires. Les associations de pères guettent le maillon faible politiquement, c’est-à-dire un changement de ministre, de conseiller, pour trouver la faille. Alors que dans le même temps, tous les pères qui trouvent des aménagements d’hébergement souples n’éprouvent pas le besoin de faire parler d’eux, même s’ils souffrent comme la plupart des adultes dans une situation de divorce. Comment tenir compte de leur expérience ? Face à ces pressions constantes, le seul moyen pour les politiques d’y voir clair, c’est de faire fabriquer du savoir, c’est-à-dire de faire appel à la recherche, et d’avoir recours à ce savoir comme tiers. Une loi votée sous la pression de la souffrance sans référence au savoir risque toujours d’être une mauvaise loi. La loi actuelle ne donne que des garde-fous insuffisants. La manière dont elle a été construite a fait perdre une occasion féconde de réfléchir sur la place du père auprès de son enfant. On a mis la charrue avant les bœufs. Et la même manière inadéquate de procéder plane sur la réflexion concernant l’homoparentalité. La recherche ne peut se faire sans l’implication commune du ministère de la Justice, des juges des Affaires familiales, et de la Direction générale de la santé, avec des méthodes spécifiques. Un tel travail est justifié parce que la justice prend des risques pour la santé psychique de l’enfant, c’est la décision judiciaire qui va donner une cohérence ou non à la vie de l’enfant. Il n’y a donc pas d’autre choix que de fabriquer du savoir ensemble, même si on ne parviendra jamais à un savoir parfait qui éliminerait toute subjectivité. Notes 1. Je précise ici que contrairement à ce que me font dire G. Poussin et A. Lamy dans leur livre "La résidence alternée", je n’ai jamais proposé que le père aille s’occuper de son bébé chez la mère, car le niveau de conflictualité règnant fréquemment entre les deux parents rend irréalisable un tel aménagement. Mes propositions ont toujours été un droit d’hébergement évolutif chez le père. Bibliographie BERGER M, GRAVILLON I. 2003, "Mes parents se séparent", Albin Michel. Mis en ligne sur Sisyphe, le 15 janvier 2005.
Autres lectures suggérées
Parution récente à signaler Jacqueline Phélip, Le Livre noir de la garde alternée, Dunot, Paris, 2006, préface du Dr Maurice Berger, 226 pages. © Sisyphe 2002-2010 |
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Maurice Berger, psychiatre et psychanalyste |
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martin dufresne
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je pense qu’avant de juger l’article, il faut le lire entièrement, premièrement.Deuxièmement,Je comprends trés bien que votre experience fût difficile et douloureuse, cependant vous nous racontez une situation qui est la votre, en toute subjectivité, avec une emotion vive et un sentiment vindicatif sans réelement faire avancer le débat.Ne faisons pas d’un cas précis une généralité ;Certes, certaines mamans,dans l’unique but de se venger de leur ex-epoux, imposent leur loi par le seul fait d’être mère et privent ainsi une relation alors privilégiée de l’enfant avec le père ; mais celles-ci ne font pas partie de la majorité des mères, ne mettons pas les oeufs dans un même panier ! c’est bien trop simpliste et partial en plus d’être subjectif. Penser un peu, sans être psychorigide, aux mères qui ont fuit un conjoint ou un concubin violent, au comportement agressif et destructeur, et qui se trouvent prises en otage par la mise en place d’une garde alternée, permettant ainsi au père par le biais de l’enfant(instumentaliser pour se venger de la fuite de la maman) de perpétuer le cycle de la violence. Il y a des pères qui demandent la résidence alternée pour continuer à faire pression sur une mère fragilisée par des années de maltraitances psychologiques et physiques (l’enfant étant dans la majorité des cas présent lors de scènes violentes). Par là, j’ai tenter de vous faire comprendre que chaque histoire est differente et trés personnelle et que tout est relatif, l’article vous a choqué, moi il m’a rassuré et inquiété à la fois car dans la majorité des cas la détresse psychologique de l’enfant est trés peu prise en compte lors d’une séparation.Voilà les quelques mots d’une maman meurtrie dans sa chair et son âme, et qui au jour d’aujourd’hui est séparée de son enfant...
madame bien evidemment c’est une injustice dans votre situation et cet enfant doit tre proteger de la negligeance de sa mere biologique ;vous semblez avoir suffisamment d’arguments pour mettre en evidence la situation et obtenir gain de cause ;il faut que la lois s’adapte au cas par cas et change ;ne cessez de saisir la justice elle doit avoir des passerelles qui vous donneront raison ;soyez forte_
Bonjour, Mes petits enfants m’appellent Mamou, je suis donc une grand’mère révoltée.Ma fille n’a jamais eu de chance, elle a eu une petite fille avec un garçon qui s’est révélé être violent, bon à rien,mythomane, voleur, après des violences répétées, elle l’a quitté pour se remettre très rapidement avec une autre personne qui tout de suite lui a fait un petit garçon. Nous n’avons jamais apprécié cette personne. Ma fille peu de temps après s’est retrouvée avec un être machiavélique, violent jaloux , méchant après avoir beaucoup supporté, elle s’est enfui, ne pouvent prendre avec elle son petit garçon. Son ami ne supporte pas d’avoir perdu ma fille et la harcèle elle sait que cette personne est très dangereuse et elle a très peur. Elle a donc emménagé dans une ville proche du père pour éventuellement accepter une garde partagée. Elle a inscrit ses deux enfants dans une école à deux pas de son domicile, le papa habitant à 12 Kms. Malheureusement le juge a décidé pour une garde alternée mais par contre avec l’école au domicile du papa, ce qui infaisable compte tenu des horaires de rentrée des deux enfants. et des horaires de travail de ma fille. Lever des enfants une heure plus tôt. D"épense de voiture, de temps et d’argent, alors que le père dit être tout a fait disponible pour garder son fils. Je suis découragée, on aide ntre fille comme on peut, mais, quelle drôle de justice
vous attendez les 18 ans de votre aîné pour l’avoir avec vous ? Vous voulez vous marier avec lui ? Vous allez l’empêcher de vivre ! C’est une bonne chose qu’il ait la version de son père en garde alternée pour qu’il puisse construire sa propre vie et ne pas dépendre de la vôtre. Si vous aimez vraiment vos enfants, il faut tout faire pour qu’ils deviennent autonomes et que la garde-alternée soit un plaisir pour eux. Je suis une maman de 4 enfants.
Je trouve vos propos trés désobligeants envers cette maman qui ne parle pas de garder son fils pour elle seule, elle attend sa majorité pour que celui-ci puisse enfin choisir sa propre destinée. Ce sont les mots d’une maman qui à l’ air d’avoir souffert. Alors gardez vos propos inutiles et blessants. MAMAN AUSSI, D’UNE PETITE FILLE !!!
Bonjour, Vous vous battez pour la garde alternée et vous considérez que ce choix est le meilleur pour l’enfant ! Vous payez une pension alimentaire et vous avez la charge des actes de la vie commune pour votre enfant ! Oui bien au regard des responsabilités, un contexte et une image paternelle "sympathique" matériellement pour l’enfant..... en apparence l’image est sécurisante mais par un bout de la meutrière..la vôtre. Vous dites l’enfant a besoin d’un repère paternel structurant...certes je dirais un besoin de repère familial structurant tout d’abord, pour lui et vous en suite L’enfant devenu adulte vous dira un jour lui-même si vous avez fait bien ou non en fonction du contexte obligé ou non et au moment de votre "retraite" vous saurez et vous assumerez "seul" l’avis de votre enfant-adulte. Je pense, compte tenu de notre environnemnt social d’aujourd’hui que nous ne pouvons et de devons pas obliger un enfant à lui demander ce que nous même nous ne pourrions vivre c’est à dire une année chez maman ...un foyer et une autre chez papa ....autre foyer avec les conjoints de chacun...famile recomposée ! Replacez ceci dans un contexte d’adulte par ex un CDI chez deux employeurs !!! pourquoi pas certes, mais il faut être "bien dans sa peau" et bien avec les autres dans tous les sens du terme...non ? Oui, votre conscience est intacte pour le moment et c’est tant mieux pour votre enfant car il lui faut du "solide". Mais, un risque ou 2 ou 3 selon le nombre d’enfants ...votre enfant sera peut-être destructuré demain et peut-être aussi ceux de votre nouvelle compagne malgré une "vraie" famille structurée.....l’avenir vous le dira en fonction des nouvelles "mésententes" avec cette famille recomposée. Sans famille recomposée.......encore plus de risque. Pourquoi d’abord devoir se séparer de la mère de votre enfant ? mésentente ...il n’y a jamais de vrai entente car nous sommes différent entre nous en dehors de la coutune sociale ou éducative différence "naturelle" tout simplement et sans discussion définitivement naturelle Mésententes lesquelles ? D’abord un problème d’adulte doit être compris et solutionné si possible par les deux car les deux ont une responsabilité envers l’enfant à naître et à vivre Vous préconisez un suivi thérapeuthique obligatoire...après la séparation Je pense à faire avant car cette "mésentente" survivra à tout. La responsabilité des deux ne doit pas faire l’objet de discussions interminable engendrées avec des cerveaux d’adulte structurés déjà par leur propre enfance Ne "refaisons" pas le monde à notre image laissons le naturel continuer sa route car il reprendra le dessus tout seul. Vous l’homme, prenez votre rôle d’homme et d’image structurante de stabilité que nous avons tous besoin, à partir du moment où vous vous engagez avec une femme devenu mère de vos enfants, base fondamentale. Passage encore naturel de la vie. J’ai écrit homme, pas père....encore une différence à vivre avec votre enfant L’avis, l’environnement et les ressentis de votre ex-épouse sont fondamentaux dans votre contexte pour que je puisse être objective, alors en conclusion j’écris que ... des deux parents séparés, que celui qui est "capable" de tenir le gouvernail du bateau de l’enfant... le garde. Christine
Je suis père de deux enfants de 10 et 13 ans. Je suis divorcé depuis 7 ans. J’ai pour ma part renoncé à l’espoir d’une "résidence" partagée, sous-entendue pour moi une "existence de parent" partagée. La mère de mes enfants étant partie s’installer il y a 3 ans à 800 kilomètres de mon domicile, je n’ai même plus pu les recevoir les week-end (ce à quoi je m’étais accoutumé). A cette époque, après 3 ans de résidence chez sa mère, mon fils (alors agé de 6 ans et demi) m’avait demandé de venir vivre chez moi et, tout comme sa soeur (son aînée de 3 ans), supportait mal le retour chez elle le dimanche soir (c’est si court un week-end...). Ils auraient bien voulu que je les emmène à l’école le lundi matin, mais les quelques 10 kilomètres (en région parisienne...) qui séparaient leur domicile du mien rendaient cela difficilement faisable. Je les ai alors assuré que je ferais tout pour me rapprocher et permettre une résidence partagée que je leur ai décrite comme LEUR choix d’aller le soir chez papa ou chez maman. Pour toute réponse, mon ex conjointe a déménagé deux mois plus tard. La question était tranchée. Alors, voilà, je suis ... déconcerté après la lecture de la réponse de Christine au témoignage intitulé "un homme se bat pour la garde alternée". Je l’ai trouvée confuse et partisane. Il m’a semblé y déceler une rancoeur liée à un échec personnel avec un conjoint. Chaque histoire de couple est différente, chaque individu est différent. Je refuse l’amalgame et la généralisation et suis révolté par le ton et la teneur de cette réponse qui sont sans rapport avec l’exposé fait par ce père. Il s’agit d’une "instruction à charge". Sans connaître cet homme, ce père, ce parent, cet être humain qui un jour a désiré un enfant et rêvé une vie de famille. Je ne me rappelle pas son nom, mais me souviens des propos à la télévision d’un psychologue qui regrettait que les enfants soient le prétexte d’une entreprise de destruction d’un conjoint par l’autre. Le témoignage de ce père, la réponse de Christine ne me rendent pas optimiste. La parité homme/femme n’est décidément pas pour demain. David
Je ne me prononcerai pas sur l’entier du message. Mais une chose que j’aimerai dire, c’est que ce n’est pas à des enfants de 6 ans et demi et 9 ans de décider chez qui ils veulent habiter, c’est leur donner un pouvoir de décision qui ne convient pas à leur âge et qui est excessif. De plus, étant mère de deux enfants, je vois que leurs critères de choix reposent parfois sur des faits tels un conflit momentané, le refus d’un parent de leur accorder quelque chose ou un ras le bol vis à vis des obligations quotidiennes tels les devoirs scolaires et non sur une évaluation d’ensemble de la situation, en particulier le fait que le rôle de parent n’est pas que de faire plaisir à leurs enfants mais aussi de leur imposer des obligations (comme se brosser les dents après les repas par ex.) et des régles (manger ce qui est servi à table par ex.). Hors, ce sont souvent les femmes qui se chargent de cela au quotidien, tous les jours de l’année, alors que les pères s’occupent davantage des loisirs et du jeu, si ce n’est parfois "jouent au gentil père" qui reste en dehors de ces contraintes parfois haïes par les enfants. Sablée
Vous avez parfaitement raison, Madame, lorsque vous écrivez que le pouvoir de décision ne revient pas aux enfants. Il incombe aux parents, en l’occurence à la mère, en espérant qu’elle en fasse usage avec équité. Elle a choisi "d’enfoncer le clou" en partant, en pleine année scolaire (intérêt supérieur de l’enfant ?), à 800 km de là, rendant les "visites" dominicales irréalisables (de grâce ! Epargnez moi cette curieuse arithmétique qui consiste à "rétablir l’équilibre" en modifiant le partage des vacances scolaires...). Etait-ce là le moyen le plus aproprié pour répondre aux attentes (démesurées ?) de nos enfants qui réclamaient de prolonger le week-end avec moi et que je les emmène à l’école le lundi matin ? J’ai employé le mot "visite" à dessein car l’on a tôt fait de réduire le père à un "père visiteur" qui n’est plus impliqué dans la vie quotidienne de ses enfants, légitimant ainsi le tableau partisan et généralisant du "gentil-père-qui-ne-s’occupe-que-des-loisirs-et-des-jeux". Stigmatisation ! Et pourquoi pas le derrière rivé dans son fauteuil devant le match de foot avec la bière à la main ? La caricature et l’amalgame sont commodes, n’est-ce pas ? Je ne suis pas, Madame, de ceux là. Je m’implique dans les tâches quotidiennes. J’aborde les problèmes quotidiens avec la sensibilité qui m’est propre en tant qu’homme mais surtout en tant qu’individu. Ma compagne compte sur moi pour emmener et aller chercher à l’école son enfant. J’ai déjà pris plaisir à lui faire réciter ses leçons. Je m’insurge, comme sa maman, lorsqu’elle essaie de nous faire croire qu’elle s’est brossé les dents. Je ne peux m’empêcher de conserver une certaine réserve car je ne suis pas son papa. Papa chez qui elle vit une semaine sur deux car ma compagne et moi avons fait en sorte de vivre à proximité de son domicile. Malgré toutes les objections qu’elle pouvait formuler elle lui a "accordé" le droit d’exister dans sa vie depuis l’âge de quatre ans. Toutes les mères ne sont pas des ex épouses "de droit divin". David
Je suis assez d’accord avec vous, sans me prononcer sur le conflit existant entre vous et votre ex épouse. Mais malheureusement, de nombreuses études montrent que le partage équitables du travail domestique n’est de loin pas une réalité, par exemple que pour les femmes avoir des enfants est un frein à leur carrière professionnelle alors que pour les hommes, avoir une famille promeut leur carrière. Je trouve malheureux qu’il y ait confusion et amalgame entre être féministe et promouvoir la guerre des sexes. En effet, comme vous l’expérimenter d’ailleurs, les statuts encore trop différents et inégaux entre femmes et hommes dans notre société ne portent pas seulement préjudice aux femmes mais aussi aux hommes, de manière différentes toutefois. Par exemple, alors que les femmes ont des problèmes de temps partiels contraints et de bas salaires, car le monde économique profite de leur statut de pourvoyeuse "accessoire" du revenu familial pour leur imposer ce statut, certains hommes ont toutes les peine du monde à faire admettre à ce même monde économique que d’être un travailleur performant ne veut pas dire "être accro au boulot", à plein temps naturellement, et que le temps partiel, pour entre autre s’occuper de sa famille, est tout à fait compatible avec un travail performant et la masculinité. Du fait de leur socialisation (sans trop généraliser) qui les pousse vers l’action et la compétition, si ce n’est une certaine violence, les hommes sont aussi plus nombreux, en particulier les jeunes, à mourir d’accident et à "réussir" leur suicide, car utilisant des méthodes plus violentes (armes à feu entre autre). Samba
Je travaille depuis des années avec des femmes dans la fonction publique. Je suis le seul membre masculin de l’équipe. La seule différence qui existe dans nos rémunérations est liée à l’ancienneté et bien sûr au prorata du temps partiel. J’ai été le témoin des difficultés de mes collègues à assumer les horaires de travail les plus matinaux ou les plus tardifs dans la mesure où, pour s’occuper des enfants le matin ou le soir, elle ne pouvaient pas compter sur leurs conjoints, eux-mêmes assujettis ( ?) à des amplitudes horaires professionnelles importantes. Pour ma part, j’emmenais ma fille tous les matins chez la nounou et parvenais à (ou m’efforçais de ?) venir tôt au travail où j’entendais, sans les écouter, les commentaires de mes collègues (féminines) sans enfants qui se plaignaient que ce soient toujours les mêmes qui viennent à huit heures... Mêmes récriminations, même animosité au moment de l’organisation des vacances scolaires, celles n’ayant pas d’enfant n’admettant pas la priorité pour celles (et celui...) en ayant. Guerre des sexes ? Lorsque notre deuxième enfant est né, mon ex femme a pris un congé parental car je savais que la pression serait trop forte pour moi du point de vue des horaires étant donné qu’elle même n’aurait pas pu s’occuper des enfants tout en assumant ses horaires de travail. Je ne crois pas à une guerre spécifiquement "des sexes" mais déplore l’individualisme et l’égoisme des personnes (tous sexes confondus). Mais chacun voit "le nez au milieu de la figure des autres". Les discussions entre collègues m’ont suffisamment éclairé sur la part que prenaient leurs conjoints aux tâches ménagères (y compris sans l’alibi du travail). Mais alors, comment être reconnu comme homme faisant les courses, la cuisine, partageant le ménage et les lessives (mais ne repassant presque pas... mon ex non plus...), assumant la paperasserie (hormis celle spécifiquement liées aux enfants)...etc ? Vous l’aurez compris je suis partisan de l’égalité entre les femmes et les hommes. J’approuve le temps partiel pour laisser de la place à la vie familiale même si ce n’est pas sans créer des problèmes d’organisation au travail et des tensions pour l’attribution des mercredis... Je reconnais la nature plus violentes des hommes mais ne la crois pas uniquement due à des facteurs sociaux mais également physiologiques. Je ne suis pas un partisan aveugle et forcené d’une résidence alternée mécaniquement administrée et imposée. Surtout lorsqu’il s’agit d’enfants en bas âge. Je souhaite seulement que soient réunies les conditions pour que les hommes puissent continuer à donner un sens à leur vie de père et cultiver un lien avec leur(s) enfant(s) avant qu’il ne soit trop tard. Même si certains ne se sont éveillés à leur paternité qu’au choc de la séparation. Encore faudrait-il qu’ils soient en mesure de le faire... Mais que faire lorsque les enfants servent aux règlements de comptes et que la mère agit comme si le père n’existait pas ? Que faire lorsque le problème verse dans des batailles rangées idéologiques, scientifiques ou autres ? David
Désolé, mon message ne va pas beaucoup vous aider, car j’ai le même problème que vous. Ma compagne et moi sommes en cours de séparation, et elle refuse ce mode de garde (que j’aimerais intaurer progressivement, persuadé qu’il est dans l’intérêt de l’enfant de na pas perdre tous ses repaires : chambre, jouets, chien , voisinage, maison, etc. au moment même ou le modèle familial se chamboule devant lui). Mais elle le trouve trop contraignant. Aussi, pour tenter de la convaincre, je cherche des infos sur la question. Si vous en trouvez, vous seriez fort bons de bien vouloir transmettre : polocho@ifrance.com. Merci par avance.
Père divorcé de deux enfants de 10 et 13 ans, votre témoignage, Madame, me réconforte. Je suis ému par l’intelligence et la générosité de votre attitude. Vous n’avez pas sombré dans l’hystérie de la vengeance. Vous évoquez le "rôle de couple parental". J’y vois la reconnaissance mutuelle du rôle de parent, celui de "parent-mère", celui de "parent-père". Que, dans la séparation, le destin des enfants ne soit plus prétexte à un règlement de compte et n’aboutisse plus à l’élimination d’un des parents par l’autre de la vie de ses enfants (triste satisfaction...) ! Mon expérience est à l’opposé de la vôtre mais je souhaitais réagir à votre témoignage et vous dire mon admiration. MERCI. David
Vous êtes vraiment des parents formidables, à se demander pourquoi vous vous séparez. Vous êtes les seuls dans tout ce que j’ai lu à vouloir vraiment tous les 2 le bien de vos enfants (enfin, on ne fait pas 6 enfants par hasard, c’est en général qu’on les aime). J’espère que si d’autres l’ont fait avant vous, ils nous en donneront les résultats. Bravo encore pour votre initiative généreuse.
Vous avez tout-à-fait raison.Ceci dit, quand ça se passe bien, les gens n’en parlent pas, c’est donc presqu’uniquement sur des pathologies que les discussions se font. On devrait au contraire chercher à interroger tous ceux pour lesquels ça se passe bien. Mais comme pour que ça se passe bien, il faut que les 2 parents soient généreux, désintéressés et ne pensent qu’au bien de leur enfant, il n’y en a pas beaucoup. Je suppose que ceux-là ne divorcent en général pas car s’ils sont généreux et attentifs pour le bien de leurs enfants, ils ont sûr l’être l’un vis-à-vis de l’autre !
Merci de savoir ces choses. D’etre le protecteur de la famille ,mere et enfants. De lire ici le plus beau role que l’on peut attendre d’un homme et d’un papa. Merci d’exister, et respect Monsieur.
Je suis toujours étonnée des arguments féministes ou masculinistes qui concernent la résidence alternée des enfants et particulièrement des plus jeunes.Ils relèvent davantage d’un égalitarisme idéologique que d’une réalité objective. Il ne sert à rien de nier les differences sexuées dues à la differences des sexes :Nous sommes régis par des hormones differentes qui influent non seulement sur notre aspect physique (sexe, grain de peau, muscles,timbre de voix etc...)mais aussi sur notre fonctionnement émotionnel et psychique.Si la nature impose aux seules femmes trois quart d’une année(ce qui n’est pas rien...)pour faire un enfant, peut-on considérer qu’il n’ y a pas de signification intrinsèque ? qu’il s’agit d’une punition divine parcequ’Eve a croqué la pomme ? Les aptitudes des hommes et des femmes, pères et mères, sont différentes et le resteront jusqu’à ce que l’Evolution fasse de nous tous, peut-être, des hermaphrodites.Quant aux compétences, personne ne doute qu’un homme soit capable de changer une couche donner un biberon, faire du repassage ou laver les vitres !!! Cela n’en fait pas une bonne mère pour autant.Et les enfants que nous représentons qui n’ont pas été informés de ces "guerres" des sexes le manifestent très douloureusement. F.Descarries affirme de la façon la plus péremptoire qui soit, que les aptitudes sont le produit d’un processus d’apprentissage : Elle affirme sa conviction de sociologue, mais il s’agit d’une contre-vérité scientifique. Certes on peut apprendre à un petit garçon, a se comporter de façon feminine et à une petite fille l’inverse. Là, ce sera de l’apprentissage. Il est curieux que des feministes nient ce qui est une magnifique spécificité feminime,unique chez tous les mammifères : maternité et maternage, et que nombre d’hommes envient.Réalisent-elles qu’elles sont en train de favoriser le retour le plus délétère qui soit d’un masculinisme et patriarcat pur et dur ? C’est en tout cas ce que nous constatons dans les centaines de dossiers qui nous parviennent. Quant à la recherche de nouveaux modèles parentaux, il serait bon de penser à l’intêret de l’enfant avant de proposer des modèles qui favorisent surtout l’epanouissement personnel des adultes qui est devenu aujourd’hui un véritable égocentrisme. On peut aussi penser, comme modèle, à Tarzan qui a été élevé par une guenon et à qui cela a bien réussi !!! Jacqueline Phelip Présidente de "l’enfant d’abord"
Je viens ici, car en tant que maman j’aimerais que l’on arrete de penser que la maman est la seule capable d’élèver un enfant, de penser que le père n’est là que pour subvenir aux besoins, surtout au delà du divorce... le tiroir caisse en qq sorte... je connais bien papa2enfants, j’ai pu constater l’amour qu’il porte à ceux-ci, non pas un amour exclusif , égoiste, mais un amour sincère de papa attentif à leurs besoins dans tous les domaines et j’ai pu constater de visu quel attachement ses enfants avaient pour lui..., la confiance qu’ils lui accordent, ils ont un manque de leur maman ce qui est tout à fait normal, mais leur maman a fait un choix très conscient et c’est elle qui a décidé de mettre la distance, papa2enfants n’a fait que penser, non pas à lui, mais à leur laisser la possibilité de garder leur environnement habituel.... il vit ce que la plupart des mamans vivent, il travaille, il a un logement à s’occuper, des enfants à nourrir, blanchir, vetir, et ce dans le quotidien et non 1 we/2, ses loisirs il les pense avec ses enfants... pourquoi quand ce cas est inversé, la maman est quelqu’un de formidable, pleine d’abnégation ? pourquoi quand un père agit comme l’a fait papa2enfants c’est quasiment l’horreur absolue ??? que dire de ces mères qui utilisent tous les stratagèmes les plus écoeurants pour évincer le papa... l’inceste notamment... moi je serais d’avis que toute atteinte calomnieuse non prouvée et ayant pour but d’évincer un parent soit sévèrement punie par la loi... je vous fais le pari que ces accusations d’inceste baisseront d’au moins 90 %... que dire de ces mères violentes ??? car on oublie trop souvent ce cas aussi... et la violence des mères est un fait qui malheureusement existe bel et bien... et bien plus qu’on peut le penser... mais là faut pas trop s’y attarder... pas bon ca pour l’image de la maman... on occulte... nous ne demandons pas plus de droit pour l’un ou pour l’autre des parents, juste reconnaitre qu’un enfant a besoin de ses deux parents et c’est là que la garde alternée intervient... de facon progressive en fonction de l’age de l’enfant, bien sur, mais la mettre en pratique toutes les fois que cela est possible... ah oui mais... ca obligerait notamment la maman à ne pas bouger comme elle le veut... bin oui comme elle a souvent la garde monoparentale, elle est libre de ses mouvements... faut surtout pas lui enlever cette liberté !!! vous savez qq chose me fait bien rire : combien de fois je peux lire des mamans qui sont écoeurées de la non participation du père dans la vie des enfants, il ne s’investit pas assez... il est égoiste etc... et si jamais ce mm père demande une résidence alternée, parce qu’il a envie de s’investir, mon dieu quelle horreur !!!! et là comme par hazard il devient celui qui ne doit pas s’investir au yeux de la maman... cette maman là se sent en danger ... mais en danger de quoi ?????? quand comprendra t elle qu’un enfant aime ses deux parents ???? que ce n’est pas parce que l’enfant va passer du temps avec l’un qu’il aimera moins l’autre !!! maintenant je vais vous dire, je suis une maman qui a quitté le père de son fils pour violence conjuguale... qui a demandé un divorce pour faute, qui l’a obtenu aux tords exclusifs du mari... qui a dit au juge qu’elle voulait que le papa puisse voir son fils comme il veut et quand il veut, car elle savait que son fils aurait besoin de son père comme de sa mère... qui vit certe éloignée (avant 400 kms car elle n’a pas eu le choix, maintenant de 100 kms) qui a la garde monoparentale à cause de cette distance, qui sait que le père n’aurait pas demandé la garde, mais qui s’interdit de partir plus loin, uniquement pour permettre la continuité des liens entre le père et le fils... et que si jamais le pb géographique n’existait plus, accepterait la résidence alternée, si le papa le demandait, et en a mm déjà parlé au papa... cette maman que je suis n’a pas voulu mélanger ses pbs avec l’homme qu’était son mari, avec le père de son fils... salutations cathy
Père divorcé, j’ai apprécié l’ouverture d’esprit de Madame F. Descarries. L’angle sous lequel elle aborde le problème de la résidence alternée permet d’espérer une évolution. L’espèce humaine a, "peut-être", fini d’évoluer physiologiquement et pourrait ne jamais donner naissance à une société d’hermaphrodites, comme l’a écrit Madame J. Phelip. Cependant je crois que le cerveau humain n’a pas fini, et ne finira "peut-être" jamais, d’évoluer. Il permettra une transformation psychologique des individus et culturelle des sociétés. Je crois que de nouveaux modes de fonctionnement seront inventés. L’Humanité est-elle encore trop proche de l’Animalité et d’un mode de fonctionnement sexué et spécialisé propre, jusqu’à nos jours, à assurer la survie de l’Espèce ? Ou est-il d’ores et déjà possible de réfléchir aux conditions féminines et masculines sans animosité ? Parmi les témoignages que j’ai pu lire, j’ai retenu ceux d’individus, femmes ou hommes, d’abord soucieux de ne pas faire de l’enfant l’enjeu d’une lutte de pouvoir sous couvert d’en préserver "l’intérêt supérieur". Il ne s’agit pas de remettre en question les spécificités de chaque sexe mais de promouvoir le respect mutuel, entre "être humain" et la reconnaissance mutuelle en tant que parent. Si un enfant est né, c’est qu’il a été désiré (la plupart du temps) par... deux personnes, alors amoureuses et respectueuses l’une de l’autre. Le désamour ne devrait pas engendrer la négation de l’autre et de ses espoirs. Il ne s’agit ni de légiférer ni de se partager un enfant comme une marchandise. Il s’agit de créer les conditions matérielles (la proximité des domiciles entre autres exemples... !) et morales (la reconnaissance mutuelle du droit de "l’autre" à exister comme parent) pour permettre la présence libre (non dictée) et apaisée de chacun dans la vie de ses enfants. David
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