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mardi 1er octobre 2002

Faire réussir les garçons ou en finir avec le féminisme ?
La montée d’une idéologie conservatrice

par Pierrette Bouchard






Écrits d'Élaine Audet



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Lire aussi le résultat des plus récentes recherches : Les garçons et l’école : un livre qui donne l’heure juste !"

Alors que certaines théories scientifiques ont encadré la question des écarts de réussite scolaire pendant la première moitié de la décennie 90, le début du millénaire annonce malheureusement des solutions inspirées de l’opinion. Entre les deux, en effet, les voix des anti-féministes auront tonné suffisamment fort pour imprimer des craintes dans l’imaginaire du grand public quant aux chances de réussite des garçons. Ces voix anti-féministes auront du même coup fait de gros efforts pour tenter de culpabiliser les femmes.

Le discours masculiniste

Ce thème des écarts de réussite scolaire entre garçons et filles sert en effet présentement de catalyseur à des revendications masculinistes qui se réfèrent abondamment et pêle-mêle au taux plus élevé de suicide chez les garçons, à la prise de Ritalin, à la perte d’identité, au manque de modèles masculins, à la souffrance des hommes, au rôle non reconnu du père ou encore à la violence dont les hommes seraient victimes de la part des femmes. Ces masculinistes de tout acabit se gardent bien de parler des écarts de salaire qui persistent entre hommes et femmes, de la pauvreté plus marquée de ces dernières, des ghettos d’emplois où les femmes sont trop souvent cantonnées, de la détresse psychologique des filles ou encore des filières de formation qui leur sont présentées.

Ils oublient le partage inégal du travail domestique, la quasi-absence des femmes dans les institutions civiles, religieuses et politiques, tant sur le plan national qu’international ; ils oublient aussi l’analphabétisme dans le monde, situation toujours plus désespérante pour les femmes et les filles. Les masculinistes interviennent surtout sur des questions concernant la violence, l’éducation et la garde des enfants. Ils attaquent indifféremment le système scolaire, le système de santé, les tribunaux, les lois sur la famille, le divorce et la gestion de la garde des enfants. Ils exercent toutes sortes de pressions sur les institutions politiques et remettent en question les programmes, les lois et les mesures qui ont au fil des ans permis aux femmes de faire respecter leurs droits.

Trois domaines les intéressent donc tout particulièrement, disions-nous : la famille, l’éducation et la santé. Curieusement, ce sont trois domaines où les femmes se sont retrouvées professionnellement cantonnées à certains niveaux, avant tout parce que peu d’hommes ont choisi de s’y investir quand la rémunération n’était pas assez élevée ou en raison du manque de reconnaissance sociale. Il faut regarder cela de plus près.

L’enjeu des emplois

Le contexte de la mondialisation et les crises économiques des années 80 et 90, avec l’impact particulièrement significatif sur les pertes d’emploi au sein de la main-d’œuvre masculine, ont suscité selon plusieurs chercheurs un fort sentiment de ressentiment chez les hommes appartenant à la classe moyenne comme aussi chez ceux des milieux ouvriers. Les difficultés d’insertion professionnelle de certains intellectuels confrontés aux mesures d’accès à l’égalité et, pour d’autres, l’obligation alimentaire, ont été dans ce contexte le terreau fertile d’une offensive contre le féminisme. Les ressources financières distribuées par l’État dans le domaine communautaire et en éducation, avec les emplois qui y sont rattachés, font aussi partie des enjeux.

Les craintes quant à l’avenir de la société parce que plus de filles que de garçons terminent leur baccalauréat et leur maîtrise à l’université vont d’ailleurs dans le même sens. Il faut aller au-delà des discours sur le besoin d’enseignants masculins ou de soignants de même sexe pour identifier l’enjeu au niveau des emplois. La compétition pour l’obtention des ressources est serrée et suscite des attitudes parfois peu scrupuleuses qui vont jusqu’à faire dire à des données, par exemple, que les femmes sont aussi violentes que les hommes. Le recours à des théories dont les bases empiriques sont nébuleuses est de plus en plus fréquent. J’en veux pour preuve le syndrome de la mère malveillante, la thèse de la mémoire faussée, la suspicion de fausses accusations, la misandrie, etc.

Les prétentions des groupes masculinistes connaissent actuellement beaucoup de succès, probablement parce qu’elles alimentent le ressentiment auquel je viens de faire allusion. Certains de ces groupes tiennent allègrement des propos hargneux et diffusent de la propagande haineuse contre les femmes sur leurs sites Internet. Ils épient le Conseil du statut de la femme, certaines ministres, certaines féministes et font des remarques personnelles, allant même jusqu’à proférer des menaces. Les internautes peuvent facilement le confirmer. Il est par ailleurs assez étonnant que d’autres regroupements d’hommes plus sensés ne demandent pas à se dissocier de ces groupes masculinistes tapageurs. En gardant le silence, espèrent-ils profiter eux aussi de cette très visible offensive contre le féminisme ? J’ose croire que non.

Le « politically incorrect » démenti

La question des difficultés scolaires des garçons est prééminente parmi les thèmes discutés par les groupes masculinistes et c’est entre autres pourquoi les médias leur accordent beaucoup d’attention. Bien que la question des difficultés scolaires des garçons suscite de l’inquiétude chez les parents (et je les comprends), il faut bien voir qu’elle sert aussi de prétexte à des débats publics qui alimentent les médias, oui, mais participe en même temps à une offensive contre les femmes. Commentaires, chroniques et reportages pullulent ces temps-ci pour tenter de convaincre la population que les hommes et les garçons souffrent de discrimination. En fait, cette idée n’a pas cessé d’être martelée au cours des dix dernières années.

Certains prétendent encore que de parler des difficultés scolaires des garçons est « politiquement incorrect ». Pourtant, il n’est question que de cela, sans considération aucune pour les filles qui continuent, elles aussi, même si c’est en moindre nombre, à avoir des difficultés scolaires. Je viens tout juste de terminer une recherche en collaboration (qui sera publiée au printemps prochain) sur le thème des discours sur la réussite scolaire selon le sexe. Les revues et journaux canadiens, américains, australiens, français et britanniques y ont été scrutés pour la période 1992-2000. Le corpus canadien comprend 374 articles ( la moitié pour le Québec à lui seul). Il en ressort en gros que 80,2 % des articles étudiés sont écrits du point de vue des garçons ou des hommes.

Le discours anti-féministe et ses manifestations

L’analyse fine de la recherche ci-haut mentionnée montre que le thème des garçons « victimes » domine les contenus. La principale cause des difficultés scolaires des garçons serait la trop grande présence des femmes (mères, mères monoparentales, enseignantes du primaire ou féministes). C’est là que le discours anti-féministe se manifeste. En tant que mères, les femmes seraient trop étouffantes ; comme mères monoparentales, leur encadrement serait déficient ; comme enseignantes, elles imposeraient leurs valeurs à l’école et brimeraient l’expression des garçons ; comme féministes, elles seraient castrantes. Quant au mouvement des femmes, il aurait fait profiter indûment les filles d’un traitement de faveur.

Ce type de discours anti-féministe manichéen est parfaitement illustré par la brochure du Service régional des admissions au collégial de Montréal (SRAM) intitulée « Ça suffit ! ». Ramassis de toutes les idées publiées dans les journaux depuis dix ans, elle est indigne d’une institution publique. Ce texte s’apparente en effet bien davantage à de la propagande qu’à de l’information. Son auteur établit une relation de cause à effet entre la déperdition scolaire des garçons et le féminisme, sans fournir pour son discours une base établie scientifiquement. Il attaque des personnalités féministes reconnues et les catalogue entre « bonnes » et « mauvaises ». En utilisant son statut d’ex-secrétaire général du SRAM, cet auteur profite d’un espace de rédaction privilégié pour abuser impunément de son pouvoir auprès d’un public piégé. Quelles collégiennes oseront encore affirmer leur féminisme après la lecture de cette brochure qui leur est expressément destinée ? Par quels moyens les jeunes hommes pourront-ils connaître la vérité sur le féminisme ? Ou peut-être que par un renversement souhaitable de tels excès susciteront-ils plutôt l’engagement des unes et des autres envers l’égalité !

Le renforcement des différences 

On assiste présentement à un processus exacerbé de différenciation entre les sexes, au renforcement des assignations sexuées pour ne pas dire un retour en arrière. Qu’on songe seulement à la résurgence des théories naturalistes (la masculinité et la féminité comme essence), et ce, même chez des universitaires ayant étudié en sciences sociales. Des chercheurs dont les travaux n’ont jamais porté sur la problématique des écarts de réussite scolaire entre les garçons et les filles se prononcent ouvertement sur la question. La réserve qui caractérise habituellement la recherche universitaire disparaît alors au profit d’une volonté d’intervenir dans un débat qui les interpelle parfois personnellement. Mais en fait, nul besoin d’être universitaire pour participer au diagnostic et être cité dans les médias. À partir du moment où on serait un homme ou une femme, on peut y aller de ses commentaires.

C’est montrer en même temps jusqu’à quel point la place qu’on occupe dans les rapports hommes/femmes peut influencer notre réalité. On donne ainsi à des mythes, des croyances ou des préjugés un statut de connaissance scientifique. Les solutions qui émergent, toutes différentialistes (pédagogie, modèles, non mixité), ne résultent pas de démonstrations rigoureuses, mais bien d’opinions. Prenons un exemple : les garçons connaîtraient des difficultés scolaires au primaire parce qu’ils se retrouvent dans un milieu dans lequel prédominent les « valeurs féminines ». Ils seraient brimés dans l’expression de leur énergie par des enseignantes qui valoriseraient les comportements de docilité, attribués aux filles. De plus, ils manqueraient de modèles d’identification et finiraient par se désintéresser de l’école et par l’abandonner au secondaire.

Comment expliquer alors le cheminement régulier des 86,1% de garçons qui sont toujours dans le système scolaire à 17 ans (Indicateurs du MÉQ, 2000) ? N’ont-ils pas eu, eux aussi, des enseignantes au primaire ? Comment comprendre qu’à résultat égal à la fin du secondaire, il se crée de nouveaux écarts entre garçons et filles ? On ne peut quand même pas invoquer la féminisation du personnel enseignant au niveau collégial. En ce qui concerne l’absence de modèles d’identification, comment expliquer que dans les collèges et les universités, où le personnel enseignant est majoritairement masculin, les filles performent et persévèrent en plus grand nombre que les garçons ? Le manque de modèles du même sexe, ne les dérangerait pas, elles ?

Le Conseil supérieur de l’éducation a par ailleurs réfuté cette thèse dans son Avis de 1999. Il donne l’exemple du Danemark où les femmes représentent 57% du corps enseignant au primaire et où les écarts entre garçons et filles sont de 23 points. À l’opposé, la France, où le taux est plus élevé avec 67%, toujours au primaire, l’écart n’est pourtant que de 3 points. Qu’en est-il de la situation des filles en difficulté au primaire et au secondaire ? Ne devraient-elles pas réussir puisqu’elles bénéficient d’enseignantes ? La CSQ est bien silencieuse sur tout cela de même que l’employeur. Par ailleurs, quand les parents des filles en difficulté feront-ils valoir leurs droits aux mêmes ressources pour ces dernières que celles qui sont en train de se mettre en place pour les garçons ?

La critique des idées de nature

Les arguments essentialistes prétendent que démontrer de l’attention en classe, manifester de la curiosité intellectuelle, faire des efforts et étudier serait plus féminin que masculin. Les études montrent que ce sont là les caractéristiques des « bons » élèves, peu importe leur sexe. Il y a des élèves responsables et impliqués tout comme il y a des élèves turbulents chez les deux sexes. Présentement, on gomme du paysage scolaire les garçons sages, doux, gentils, dociles et timides pour ne mettre en évidence que les actifs ou les agressifs. On passe aussi sous silence qu’il y a des filles indisciplinées, agressives et actives. Ces enfants sont-ils tellement rejetés qu’on va jusqu’à occulter leur existence ?

Si à l’école, « la » masculinité est brimée comme certains le prétendent et que c’est une cause des difficultés scolaires des garçons, que font-ils de ceux qui réussissent, soit la majorité des garçons ? Des travaux de recherche récents montrent que les perceptions de la masculinité varient selon les cultures, les époques et les âges de la vie. Il est question de plusieurs types de masculinités construites socialement plutôt que d’une seule culture homogène. D’autres chercheurs ont critiqué le modèle hégémonique de la masculinité nord-américaine blanche imposé aux hommes d’origine africaine ou asiatique. S’il est question de donner aux garçons des modèles de même sexe au primaire, de quels modèles s’agirait-il ? Des hommes qui font la promotion des valeurs machistes, homophobes et anti-féministes ? Les classes ou les écoles non mixtes sont des formules ségrégationnistes, comme dans le bon vieux temps des stéréotypes de rôles... quand les hommes avaient le contrôle sur la famille et les enfants, autrement dit quand les féministes n’avaient pas encore remis en question cette organisation. Réunir tous les garçons dans une même classe n’empêcherait nullement qu’il se crée des écarts entre eux.

La généralisation abusive

Ces contradictions permettent de cerner le défaut de ces approches : la généralisation à tout un sexe de problématiques qui concernent les deux sexes, à des degrés divers selon les conjonctures. Aussi faut-il se demander ce qui est en jeu dans ces dix années de discours sur les problèmes des garçons et des hommes. Le doute est permis à l’effet que ce soit la réussite scolaire du plus grand nombre, quoi qu’on puisse prétendre. Pourquoi tenir absolument à homogénéiser un groupe de sexe, au-delà de toute réflexion logique, sinon pour réhabiliter une idéologie conservatrice ?

Au lieu de comparer - et de différencier- les deux sexes dans le but de les enfermer dans des rôles traditionnels limitatifs, pourquoi ne pas comparer, par exemple, les garçons qui réussissent avec ceux qui sont en difficulté ? Plusieurs données, dont celles issues de mes dix années de recherche dans ce domaine, établissent que la problématique des difficultés scolaires plus grandes chez les garçons se conjugue avec celle de l’origine sociale, géographique, ethnique ou culturelle. Il s’agit de sous-groupes de garçons. Ces recherches montrent également que l’ouverture à l’autre, la tolérance et l’inclusion sont des valeurs qui se conjuguent avec la réussite scolaire. Pas l’inverse.


Octobre 2002

Suggestions de l’éditrice


Réseau, Magazine de l’Université du Québec, L’école rose favorise-t-elle les filles ? Dossier. Plusieurs professeur-e-s se prononcent sur la question.

Joanne Fortier, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Les difficultés scolaires des garçons. S’inspirer du féminisme plutôt que le dénigrer . Le Devoir, le 12 novembre 2002
Françoise Nduwimana, Le féminisme n’explique pas les problèmes des gars, Le Devoir, 5 et 6 octobre 2002
Normand Provencher, « Le mâle dans tous ses états », Le Soleil, 28 janvier 2003


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Pierrette Bouchard

L’auteure est chercheure et professeure à l’Université Laval, et elle est présentement titulaire de la Chaire d’étude Claire-Bonenfant sur la condition des femmes. Elle possède un doctorat (Ph. D.) en Sciences politiques, une Maîtrise en Science de l’éducation ; les inégalités scolaires et sociales ; les écarts de réussite scolaire entre garçons et filles ; la scolarisation des filles dans le monde et la socialisation familiale et scolaire. Elle a publié plusieurs articles dans des revues spécialisées, notamment, Recherches féministes, et elle est co-auteure des deux ouvrages suivants : Bouchard, P. St-Amant, J. C., Bouchard, N. et J. Tondreau (1997), De l’amour de l’école. Points de vue de jeunes de quinze ans. Montréal, éditions du Remue-ménage. Bouchard, P. et J. C. St-Amant (1996), Garçons et filles : stéréotypes sexuels et réussite, scolaire. Montréal : éditions du Remue-ménage. 2ième édition en 1999. Pierrette Bouchard termine, en collaboration, un autre projet de recherche intitulé « La réussite scolaire au secondaire : l’implication des pères et des mères », subventionné par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH).



Plan-Liens Forum

  • > Faire réussir les garçons ou en finir avec le féminisme ?
    (1/6) 4 mars 2008 , par

  • > Faire réussir les garçons ou en finir avec le féminisme ?
    (2/6) 22 novembre 2002 , par

  • > Faire réussir les garçons ou en finir avec le féminisme ?
    (3/6) 20 novembre 2002 , par

  • > les vugaires sophismes n’ont pas de sexe...
    (4/6) 11 novembre 2002 , par

  • > Faire réussir les garçons ou en finir avec le féminisme ?
    (5/6) 11 novembre 2002 , par

  • > Faire réussir les garçons ou en finir avec le féminisme ?
    (6/6) 29 octobre 2002 , par





  • > Faire réussir les garçons ou en finir avec le féminisme ?
    4 mars 2008 , par   [retour au début des forums]

    bonjour mon nom est mr x je me dois de donner mon opinion sur cet article. Je trouve difficile à prendre de comparer des morts avec l’évolution intellectuelle d’un groupe cible. Selon moi, le travail d’équipe est signe d’avancement et le contraire est signe de perpétuel conflit. Merci.

    > Faire réussir les garçons ou en finir avec le féminisme ?
    22 novembre 2002 , par   [retour au début des forums]

    Bravo pour ce texte. Il est très intéressant. J’ai enseigné pendant huit (8) ans dans une classe d’enfants souffrant de problèmes de comportement avec ou sans difficulté d’apprentissage. Le maximum d’élèves dans cette classe était de 8 enfants. Au cours de ces huit ans je n’ai eu que 5 filles. Donc le pourcentage n’est pas tr ;es élevé. Mais ce qui a surtout retenu mon attention pendant toutes ces années c’est que les gerçons ont des problèmes de comportement pour une seule et unique raison : ils veulent le pouvoir, ils veulent dominer et lorsqu’on leur refuse le droit de tout diriger cela déclenche chez eux différents comportements carrément inacceptables. Ces enfants avaient entre 5 et 12 ans. Je pourrais vous en raconter bien d’autres mais.....Encore une fois BRAVO !
    Claudette Bouchard
    cbouchar@vianet.ca

    > Faire réussir les garçons ou en finir avec le féminisme ?
    20 novembre 2002 , par   [retour au début des forums]

    Votre texte me parait excessivement féministe. Sous prétexte d`adresser un problême d`éducation, vous lancez un peu trop de flèches féministes. Cela ne peut certainement pas améliorer la situation au sein de notre société. Je ne vois pas comment vous aidez pas la condition féminine ni la société car j`observe que l`élément masculin commence à perdre respect pour les femmes. Oh, très peu d`homme vont l`admettre, et extérieurement ils vont dire qu`ils respecte la femme, mais je vois des signes qu`ils ont, de plus en plus, une colère vis-à-vis la femme et le mouvement féministe qu`ils considèrent oppressif.

    Au point de vue de l`éducation, Radio-Canada annoncait (19-11-2002) que le décrochage scolaire à Gatineau était de 37%.

    Peu importe qu`il s`agisse majoritairement de garçons ou de filles, ce taux démontre que 37% des adultes de demain (futurs parents) ont un très mauvais départ dans la vie.

    C`est ce problême qu`il faut adresser car il est beaucoup plus important que la condition féminine.

    Jean-Pierre Gauthier

    > les vugaires sophismes n’ont pas de sexe...
    11 novembre 2002 , par   [retour au début des forums]
    http://www.québécoislibre.qc.ca

    Madamme,

    Je suis référé à votre article par madame Claudette Gagnon qui a écrits sur le site de "Québécois libres". À chaque fois que je lis des commentaires dans votre genre, je ne peux m’empêcher de ressentir une profonde colère. Il n’y a rien de pire pour un humain qui s’identifie à un groupe (ici, "les hommes"), de sentir que beaucoup de gens (de l,"autre groupe") ne cherchent qu’à nous intégré au statut de "coupable". Le problème est que vous ne faite pas de distinctions en fonctions des générations... Je suis né en 1972. J’ai nullement besoin de vous dire que cette période marque le pas de la "révolution féministe". C’est durant cette période que j’ai reçu mon éducation primaire, ensuite secondaire. Ho ! Je considère que je suis né à une très bonne période ; celle où on a commencé à remettre en question les satanés "carcands" de stéréoypes oppressants pour les femmes... ET les hommes. Ainsi, à partir de la maternelle nous avons été "driller" à l’idée que les filles et les garçons sont égaux et on a très bien intégré cette idée. Pourtant, dans les "média populaires", certains faiseurs et "faiseuses" d"opinion continu néenmoins à "brainwasher" le peuple à l’idée que rien n’a tellement changé, que les hommes sont toujours des maudis machos... Par exemple, Denise Bombardier à fait un reportage à Enjeu concernant le célibat des femmes... Une vraie horreur. J’ai cette vidéo chez moi, je garde précieusement ce "bijoux". On y voit des femmes intérogé par la Madamme, qui suggère constement que les hommes sont ABSENTS, TROP CONS, INDÉFFÉRENTS... D’ailleurs, AUCUNS n’est interviewés !!! Le plus grave, quand Madamme Bombardier interview 3 jeunes filles de 18 ans, qui on à peu près ce message : "on voit souvent des gars hypocriote ...etc etc."... C’est tous ce qu’elles avaient à dire ? Ca, ca s’appelle de la malhonêteté intellectuelle et c’est fou comme il y a en a de cette cochonnerie à la télé. Tellement, que je ne la regarde plus depuis le début 2002. Revenons à mon éducation. Sacondaire. Cours de sexualité. Résumé de ces cours : "Les filles, faites attentions au p’tits gars à coté de vous car il sont tous plus ou moins prêts à vous sauter dessus pour vous violer..." , "les gars, CONTENTEZ VOUS DONC DE VOUS CROSSER DANS VOS KLEENEX et un bon p’tit gars, ca ne donne pas priorité au filles qui lève leur jupe...". Je me disais juysqu’à récemment que ca avait surement changer mais j’ai lu un commentaire d’une sexolgue américaine qui a écrit un livre sur la sexaulité des ados et... ca pas ben ben changer. J’ai tellement de chose à dire sur ce sujet. Tiens ! Je me rappelle d’un 7 décembre 1989 sur l’heure du midi. Ligne ouverte à CKAC. Les "madames" y allaient tous de bon coeurs avec des "Ha !!! on sait ben les hommes ! Ils se sentent ben toff avec un fusils" ; "mais quest-ce qu’il faiesait les gars dans les classes ? ils auraient pu défendre nos pauvres filles ! On a plus les "vrais hommes" qu’on avait !... Je parle bien sur de la tuerie à Polytechinique. On en a entendu de toute les couleurs. Des hommes aussi. Ils en a qui osait dire que c’était la fautes des féministes ! ... C’ÉTAIT DES VIAILLARDS D’AILLEURS... ;-) Moi j’avais 17 ans, homme en devenir, crise d’identité, bouton kelleex etc. Qu’avaent à dire MON prof de français à ce sujet ? Le bonhomme dans la quarantaine à l’époque avaient cru bon de nous dire qu’on devraient (les gars) faire une intrspection par rapport à notre violence et nos comportement anvers les filles, etc... IL NOUS FAISAIENT CARRÉMENT PORTER UNE PARTIE DU BLÂME ! IMAGINEZ ! ON DOIT PORTER UNE PARTIE DU CRIME D’UN TYPE QUI ABAT 14 PERSONNES ! DES EMBRYONS D’HOMMES DE 16, 17 ANS !!! J’ai tellement de chose à dire, mais la je suis tanné. Je pense écrire un livre des fois. Ou bien je coupe court et je dis à toute celles qui aiment se convaincre qu’elles ne sont pas responsable de leur malheurs et que c’est la faute d’est bibitte à trois pattes. C’est comme une pièce de théatre. Faut surtout pas changer, nuancer les rôle la ! SINON ON VA ÊTRE TOUTE MÊLÉ LA ! Une femme monoparentale ? MAUDIT HOMME QUI L’ABANDONÉ ! C’est peut être ELLE qui ne voulais pas d’homme ? QUOI !? FAIT LA TOI ! TA PAS COMPRIS LA PIÈCE ? C’EST LES TROIS PATTES LES SALAUD ! Bon ok d’abord ! Je suis juste un trois patte qui ne veut pas accepter son rôle de méchant !

    - bitte # ui57645569o769

    > Faire réussir les garçons ou en finir avec le féminisme ?
    11 novembre 2002 , par   [retour au début des forums]

    Félicitations pour ce texte si clair.

    > Faire réussir les garçons ou en finir avec le féminisme ?
    29 octobre 2002 , par   [retour au début des forums]

    Chère madame,
    Une amie me fait parvenir votre article et je me réjouis de la fermeté de vos propos. Je suis moi-même enseignant au secondaire, depuis trente ans bientôt, et je n’en peux plus de ces discours auto-flagellants au sujet des « pauvres garçons » déconsidérés par le système scolaire prétendument féminin...

    Les garçons ne sont pas mal servis par l’école, loin de là ! Comme vous le mentionnez, il y a une majorité de gars qui tirent tout à fait leur épingle du jeu scolaire. Évidemment, ce ne sont pas ceux qu’on a vus dans le désormais célèbre documentaire présenté à Télé-Québec, il y a quelques jours... C’est vrai que des garçons qui écoutent leurs profs, qui prennent des notes, qui travaillent à leurs devoirs, qui ne se vautrent pas dans l’insignifiance et la veulerie, c’est pas mal moins « sexy », pour reprendre une expression trop répandue...

    Il faut interroger certains silences troublants, à propos de l’absence dans ces débats, des pères de famille, par exemple. Où sont les modèles masculins dont les garçons pourraient avoir besoin, en effet, s’ils ne se trouvent pas à la maison ? Hélas ! ils se trouvent un peu partout dans les médias, dans les réclames publicitaires présentant, ad nauseam, l’image d’hommes, éternels adolescents, préoccupés par les projets essentiels de boire de la bière et de dépasser les limites de vitesse au volant de leur bolide, quand ce n’est pas de se faire éventuellement pouponner par Dr. Maman...

    Améliorer la situation des gars à l’école, si tant est qu’elle doive l’être, ne passera pas par d’autres moyens que ceux qui ont toujours réussi à structurer des adultes responsables : présenter et valoriser les efforts soutenus, le sens des responsabilités personnelles, la capacité de reporter son plaisir, etc.

    Au fond, n’est-ce pas un peu ce qu’on a enseigné, bien souvent, aux petites filles, avant même qu’elles n’arrivent à l’école ? « Laisse ce que tu fais, et viens m’aider, une minute !... » « Occupe-toi de ton frère (sic), pendant que je vais répondre au téléphone !... »

    Voilà, pêle-mêle, quelques réflexions que m’inspire votre article. Tous les hommes n’adhèrent pas au courant néo-masculiniste auquel vous faites allusion, heureusement, et nous sommes quelques-uns à prendre la parole à ce propos dans nos milieux de travail.

    Denis Béland, enseignant

    • > Faire réussir les garçons ou en finir avec le féminisme ?
      8 novembre 2002 , par
        [retour au début des forums]

      Je désire répondre à cet enseignant qui offre une réponse au texte de madame Bouchard.

      Cela me fait un grand bien d’entendre enfin un homme affirmer qu’il n’adhère pas aux propos de ces masculinistes qui tentent de faire passer les garçons pour des victimes du système d’éducation (mais au fond, j’ai l’impression que ce discours vise plutôt, de façon insidieuse, à s’en prendre carrément aux femmes).

      On dirait qu’actuellement, il n’y a que le discours des masculinistes qui "passe" et je me demande souvent "mais où sont les hommes qui ne sont pas d’accord avec de tels propos ?" ; "où sont les pères de famille qui veulent voir leurs garçons et leurs filles réussir en fonction des mêmes exigences ?". Je me réjouis de savoir que ces hommes critiques existent et se manifestent dans leurs milieux.

      Mais je demeure malgré tout inquiète. Je suis moi-même enseignante et ce qui me désole le plus, c’est d’entendre maintenant des collègues (même féminines, pour ne pas dire en majorité) reprendre ces propos sur la victimisation des garçons et y croire vraiment . Je crois qu’il faut s’inquiéter des effets à long terme de pareils discours qui, à mon avis, peuvent engendrer une attitude sexiste à l’égard des enfants dans les écoles. Par exemple, les professeurs-eures, craignant de brimer les garçons, peuvent se mettre à développer plus ou moins consciemment un double standard dans leur tolérance (ou intolérance) face aux comportement répréhensibles ou tout simplement face aux efforts exigés en classe.

      Je crois moi aussi que nous devons tendre vers une éducation neutre qui encourage la responsabilisation de tous les enfants en tant que citoyens et citoyennes de demain ; pas une éducation où l’on postule au départ que les garçons sont moins capables que les filles de travailler avec ardeur et motivation. L’effet pernicieux d’une telle posture idéologique est inévitablement l’application d’un double standard, fondé sur le sexe, dans les exigences scolaires.

      La société doit tirer le meilleur de toutes les personnes qui la composent et permettre aux garçons comme aux filles de développer leur plein potentiel. Pour cela, il faut exiger autant de tout le monde... ou diminuer les critères pour tout le monde ! Mais comme le monde du travail en est un d’exigences et d’adaptation (je ne crois pas que cela change d’ici peu), on a tout intérêt à former les jeunes en leur inculquant des valeurs telles que l’effort et la persévérance (quant à l’éducation physique, c’est vrai que les enfants n’en font pas assez, tout comme les adultes ; on devrait en faire davantage la promotion... et les petites filles aussi ont besoin de bouger !).

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      • > Faire réussir les garçons ou en finir avec le féminisme ?
        12 novembre 2002 , par
          [retour au début des forums]

        Féminisme. Masculinisme. Réusite scolaire...

        Je ne sais pas, il est peut-être vrai que les garçons ont plus de difficultés à réussir leurs études. Avant, il n’y avait que des gars qui allaient à l’école passé le secondaire. Nous n’avons pas de repère. Je crois que garçons et filles doivent faire des efforts pour réussir. Il n’y a pas d’autres moyens. Les garçons et les filles ont peut-être besoin d’approches différentes pour réussir étant égaux mais différents mais le discours antiféministe ne règle rien. Il est faux. Il y a des pères qui abandonnent leur famille. Il est des mères qui rejettent le père de leurs enfants. Certains, certaines, ont de bonne raisons et d’autres pas. Il y a des bons et de mauvais pères. Il y a de bonnes et de mauvaises mères. Il y a de bonnes et de mauvaises personnes. Nous n’avons pas le choix, il faut faire avec.

        Peu importe, il n’y a que l’étude pour avancer à l’école et réussir.

        Je suis un homme de 47 ans. Je ne me sens pas mal. Je n’ai aucun malaise à identifier mon rôle et mes responsabilités. Je ne vois aucune menace à ce que les femmes réussissent, soient heureuses comme elles l’entendent. Je me contrefout avec qui couche la personne avec qui je parle et m’entretient, que ce soit une personne de son sexe ou de l’autre, ça ne me concerne pas.

        J’ai un fils. J’essaie de le rendre heureux. Je veux qu’il s’accomplisse. J’aurais une fille, idem.

        Mon garçon a joué aux camions et il a joué à la poupée avec sa cousine quia aussi joué aux camions. C’est bien, ils s’amusaient sans mal, correctement et sainement.

        La réussite dans la vie est de réaliser ses rêves, de se réaliser. C’est ce que je souhaite à toutes les filles et à tous les garçons de ce monde.

        Merci !

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        • > Faire réussir les garçons ou en finir avec le féminisme ?
          13 décembre 2002 , par
            [retour au début des forums]

          Je trouve dommage qu’on emploie dans ce texte le terme "masculiniste" comme synonyme d’anti-féministe. Au départ, pourtant, ce terme était utilisé par des hommes réfléchissant sur la condition masculine, non pas CONTRE les féministes mais AVEC elles, qui se posaient des questions sur le conditionnement social des hommes, responsable du comportement violent, misogyne d’une bonne partie d’entre eux. En associant le terme "masculiniste" à "anti-féministe", on retire à ces hommes de bonne foi un terme pour se désigner. On m’a dit l’autre jour : "que ces hommes anti-sexistes changent de terme !" Mais que dirait-on si des gens disaient aux féministes "changez de terme" à cause du fait que certains associent les féministes à des "extrémistes" ? Ou alors on affirme : que ces hommes voulant un réellement changement entre hommes et femmes se désignent par le terme "féministes". Mais là encore, c’est un problème : la plupart de ces hommes anti-sexistes se considèrent comme féministes, mais souhaitent également réfléchir sur la condition masculine, sur ce qui crée leur conditionnement, etc. N’est-ce donc pas essentiel qu’ils se désignent par le terme "masculinistes". Ne faut-il pas différencier les "anti-féministes" des "masculinites" ? Ne sont-ils pas le contraire l’un de l’autre ? Les premiers sont contre les féministes alors que les seconds travaillent avec elles.

          Mis à part cette question importante des termes, j’adhère au point de vue de l’auteure et ne peut que m’attrister des réactions violentes lues plus haut. Les féministes ont le dos bien large quand on lit des réflexions aussi violentes que le jeune homme qui se désigne par son pénis et qui semble mettre tous ses malheurs sur le dos du féminisme. Une dame dit une connerie sur les hommes ? La faute aux féministes ! Une éducatrice sexuelle parle de la sexualité en la résumant à un rapport de pouvoir ? La faute au féminisme ! Pourtant, je me suis également révoltée contre cette vision réductrice de la sexualité, étant jeune,...je suis pourtant Féministe. Et pour avoir lu quantité de livres féministes (ce qui ne doit pas être son cas), je sais très bien que plusieurs féministes ont aidé les gens à mieux vivre leur sexualité. Ce sont les féministes qui ont déculpabilisé les femmes de leur sexualité, à l’explorer sans honte (ben oui, une femme aussi se masturbe, monsieur kleenex !) et à faire en sorte que les femmes exigent des davantage de respect envers leur sexualité (une femme, on ne lui dit pas : "couche-toi là, fais-ci, fais-ça", on doit avoir un rapport AVEC elle). Les féministes ont tant fait pour nous tous, hommes comme femmes. Si on l’enseignait davantage dans les écoles, peut-être les hommes sauraient davantage de quoi ils parlent. Que le féminisme n’équivaut pas à "discours anti-hommes" comme certains incultes le croient. Au contraire, s’il est possible aujourd’hui de se "cruiser" dans les bars, de se faire de beaux sourires parfois dans les rues, de se côtoyer dans nos cours, c’est grâce aux féministes. Les hommes qui accusent les femmes de ne pas être assez "disponibles" sexuellement oublient que ce sont les féministes qui se sont battuent contre la double mythologie féminine, la vierge et la putain, que les hommes ont eux-mêmes crée. Finalement, les hommes d’aujourd’hui reprochent aux femmes se qu’ils se sont eux-mêmes acharnés à créer pendant des siècle.

          Monsieur "pénis" (comme vous vous appelez vous-même), si les femmes ont peur du viol, ce n’est pas à cause du discours féministe, mais bien à cause que, oui, les hommes continuent à violer des femmes, en plus de les prostituer et de les battre. Si vous respectez vraiment les femmes et que vous êtes contre le viol, la prostitution ou la violence conjugal pourquoi ne vous battez-vous pas pour faire changer cette situation ? Si vous êtes réellement tanné que les femmes aient peur du viol, pourquoi n’appuyez-vous pas les féministes, puisque (ça tombe bien), nous aussi on est tannées du viol ? Nous voilà avec au moins un point en commun, c’est déjà ça....

          Monsieur "pénis" prend les féministes comme bouc émissaire parce que ça fait son affaire au fond. Ça évite de se poser des questions sur lui-même qui lui ferait peur.

          Nous avons plus que jamais besoin de "masculinites" (les vrais, pas les anti-féministes) pour que les hommes réfléchissent sur la haine des femmes qu’ont leur inculque.

          Quand on parle d’un Noir anti-raciste, on n’affirme pas qu’il est "anti-Blanc" : de la même façon, on n’a pas le droit de dire que les féministes sont "anti-hommes" quand elles sont "anti-sexistes". En tant que Blanche occidentale, je considère que les discours anti-racistes des Noirs ou des Chinois m’ont permi de me questionner sur mon propre conditionnement de colonisateur, d’essayer de ne pas avoir trop de préjugés. Il en est de même pour la plupart des Blancs occidentaux. Pourtant, je n’ai pas "honte. pour autant d’être blanche ou occidentale, je ne suis pas responsable des actes de mes ancêtres, mais je me dois d’essayer de ne pas tomber dans les mêmes pièges d’ethnocentrisme.

          Pourquoi les hommes ne réagissent pas de cette façon ? Pourquoi ne prennent-t-ils pas enconsidèrations les critiques féministes sans pour autant avoir "honte" d’être des hommes ? Serait-ce parce que se serait se rabaisser que d’admettre que les féministes ont eu raison de leur reprocher leur domination ?

          Rhéa Jean

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          • Au sujet de l’expression " masculiniste "
            17 décembre 2002 , par
              [retour au début des forums]

            Qu’on le veuille ou non, ce terme a un lourd passé. Pour avoir suivi dès ses débuts l’évolution du " mouvement de la condition masculine " au Québec, je vous dirai que la misogynie, la haine des mères et l’antiféminisme y ont toujours figuré en place centrale, même si c’était sous couvert d’" exprimer ses émotions ". Il n’y a pas que le conditionnement, hélas, derrière le pouvoir sexiste : il y a des intérêts et des choix tactiques concertés pour tenir les femmes "à leur place".

            Depuis, le volet " condition masculine " et le volet " droits des hommes et des pères " ont fusionné au sein d’organisations militantes, en exploitant un soutien de l’État lorsque les militants de la première heure ont investi les réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux pour y défendre les privilèges masculins – et notamment ceux des criminels sexistes* - aux frais des contribuables.

            D’ailleurs, les masculinistes québécois n’ont rien inventé. Je vous recommande un ouvrage comme " Un siècle d’antiféminisme " (Christine Bard (dir.), Fayard, 1999) pour constater le rôle des représentations pathétiques d’une soi-disant " condition masculine " dans le mouvement de lutte contre les droits de la femme qui s’est réorganisé à chaque poussée des femmes depuis le XIXe siècle. Et ce n’est pas que de l’histoire ancienne. L’excellent reportage de Susan Faludi — BACKLASH : La guerre froide contre les femmes (Éd. des femmes, 1993) — étoffe le même constat de misogynie et d’antiféminisme. L’auteure a interviewé les auteurs de plusieurs initiatives et productions culturelles fondatrices du ressac masculiniste actuel. Tout en se prétendant progressistes, ils ne font aucun mystère de leur hostilité aux femmes et à leurs droits.

            Non, à en juger par leurs écrits et leurs revendications, ce n’est pas du patriarcat que prétendent souffrir les masculinistes mais bien des droits " excessifs " concédés aux femmes et je doute que " la majorité d’entre eux se considèrent comme féministes " autrement que comme artifice tactique pour mieux attaquer les véritables féministes.

            Il faut se méfier de la symétrie factice qui applaudirait côte à cote des féministes luttant pour les intérêts des femmes et les masculinistes qui défendent ceux des hommes. Les féministes reconnaissent les pièges de la féminité ; les masculinistes, eux, défendent les prérogatives de la virilité. Les premières veulent mettre fin à un rapport d’oppression ; les seconds nient cette oppression ou prétendent qu’elle fonctionne en sens inverse, qu’on a été " trop loin ", etc.

            Vous demandez pourquoi les hommes ne sont pas plus nombreux à appuyer le mouvement pour l’égalité entre les sexes : " Serait-ce parce que ce serait se rabaisser que d’admettre que les féministes ont eu raison de leur reprocher leur domination ? " Hypothèse plus simple : n’est-ce pas parce que le maintien de cette domination sert leurs intérêts matériels en tant qu’hommes et parce qu’encore très très peu d’entre nous préférons à la " virilité " les valeurs de justice et d’égalité ? En ce sens, il me semble utile qu’un terme comme masculinisme désigne clairement la résistance masculine.

            Martin Dufresne, secrétaire
            Collectif masculin contre le sexisme
            Organisation proféministe et antimasculiniste créée en 1979

            * Lire " Masculinisme et criminalité sexiste " Recherches féministes 11(2) (1998), 125-137 sur Cybersolidaires

            [Répondre à ce message]

          • > Faire réussir les garçons ou en finir avec le féminisme ?
            30 mars 2004 , par
              [retour au début des forums]

            Ce forum est modéré à priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

            on imagine bien,merci !

            [Répondre à ce message]

    • > Réponse aux critiques contre l’article sur les causes des problèmes spécifiques rencontrés par les garçons dans l’enseignement
      23 mars 2005 , par
        [retour au début des forums]

      La majorité de vos réponses me font plaisir, à l’exception d’une ;

      Une chose qui me dérange un peu est l’allusion à la théorie des « néo-masculinistes » que pointerait l’auteure (attention, ce n’est pas de l’indicatif^^) : on lui reproche d’enfermer les garçons dans un rôle naturel, des « jeunes machos » en somme, alors même que tout son article est dédié à la visibilité des garçons qui ne sont pas, ou sont moins, victimes de l’assignation de ce genre (=construction sociale de l’identité sexuelle) fondée sur une virilité archaïque et dominatrice qui les disqualifierait dans l’enseignement. En gros, on lui reproche d’être essentialiste alors qu’elle réfute et le caractère naturel de ces particularités, et leur prépondérance.

      J’engage donc les quelques auteurs (largement minoritaires, à ma grande joie) de répliques d’un anti-féminisme virulent sur les raccourcis de l’auteure de l’article à relire ce dernier en se focalisant sur la critique de ces deux théories cumulatives largement médiatisées, du caractère naturel du genre masculin qui se fonde sur l’axiome actif/agressif, et de la prépondérance de ce genre parmi les garçons en début de scolarité.

      Je résumerai ainsi l’article, fort intéressant à mon avis : ce qui cause le différentiel de réussite entre petits garçons et petites filles, et donc handicape spécifiquement les garçons, au-delà des problèmes globaux rencontrés par les deux sexes, dans l’enseignement primaire, ce n’est pas la féminisation à outrance des instances professorales, encore moins le féminisme, c’est la survivance dans certains groupes sociaux d’un genre masculin fondé sur une virilité machiste qui prévient les petits garçons contre les comportements attentifs, sages, curieux et studieux qui sont les qualités essentielles requises pour réussir. La solution n’est donc pas d’adapter les instances scolaires à des minorités masculines victimes d’une notion machiste et rétrograde de la virilité, mais d’abolir les genres, ou du moins de « féminiser » la définition de la virilité pour qu’elle ne soit plus incompatible avec une attitude attentive, sage, respectueuse, curieuse et studieuse.

      Quant à moi, je suis parfaitement d’accord. Il y a peu de choses qui m’horripilent davantage que l’éducation différenciée en fonction du sexe.

      Cordialement,

      Pennac.

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