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dimanche 11 septembre 2005

Comment (version rap)

par Tania Kontoyanni






Écrits d'Élaine Audet



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Tania Kontoyanni a interprété ce poème rap le 7 mai 2005, lors de la grande marche qui a eu lieu dans les rues de Québec, où une chaîne humaine déployée sur 2,5 kilomètres, composée de plus de 2000 femmes, a transporté la Charte mondiale des femmes pour l’humanité, de main en main, de la Place de Paris jusqu’à l’Assemblée nationale du Québec.

Comment vivre / le monde est pourri
Comment manger, ou marcher / le monde est pourri.
Comment travailler, se reposer / le monde est pourri.
On r’garde la tévé, on watch the news,
mais comment ? / Le monde est pourri.

J’ai mal / j’me fais baiser par tous les trous à grands coups de mensonge,
l’illusion est parfaite, tout le monde y plonge
Manipulé, escroqué, on s’en fout...
Le monde est fou-
J’en ai assez, la terre tremble sous mes pieds.
Je vois les bombes exploser,
Les balles tirées, les coups frappés...
Vous allez me dire que vous les sentez.
Non // on est bien entraînés,
On ne sait pas pleurer.
On médite,
On fait nos exercices,
On s’applique,
On se convertit au boudhisme narcissique de l’Amérique :
A chacun son karma.
Moi, j’aime mon moi.
Je suis compatissant
Y s’agit pas d’mon sang.
C’est beau d’voir ça.
Moi, j’aime mon moi.
J’embarque pus là-dedans.

C’est poche
On vit pour les grosses poches
Ce qui compte c’est la sacoche
Garrocher des bombes sur d’la roche
Fuck the world
Mais...

Nos actions montent d’une coche
Nos cennes se changent en piasses
On va se faire la passe
Ce qui s’passe ailleurs, se passe ailleurs
C’est pour mon cul que j’ai peur
J’veux pas le geler icitte
J’veux partir, vite
Vivre en winner
Éduquer ma progéniture
Lui faire croire qu’la vie est pas dure
Qu’y est pas un looser
J’prépare son avenir
Je signe des traités de paix
Avec des épais
Qui m’donnent leur terre pour une bouchée de pain
Toujours le même refrain
(Boom ! Boom ! Boom !)
J’te laisse sauter mes tours de Babel
J’ te fais sauter avec mes bébelles
J’me fais du cash, la vie est belle
Pis j’rapatrie les infidèles
Pêle-mêle
C’est convenable en crisse
J’fais tout ça au nom du Christ !
Les States ont la grippe
C’est moi qui tousse
J’leur fais des pipes
Y’se la coulent douce
Oh Canada !
nos couilles sont molles
On gobe tout ce qu’on nous dit
Comme des vaches folles
Des putes frivoles
Fierté mon cul
La politique pue
Dedans, que du pu
Je sais que c’est cru
Mais qui-croire, le PQ. ? le PLQ ?
J’les ai déjà crus ! jamais plus.
Des traîtres comme tant d’autres,
Des Judas qui crient qu’ils sont des apôtres.
Faites / croire / ça / à d’autres
On fait aux autochtones
C’que les Anglais nous ont fait
Que le fédéral encore nous fait
Comme ça le monde reste parfait
Y’a pas de progrès

On est tous des porcs
On couine tous vers la mort
Et quand bien même ça me mord
Cette morsure vaut de l’or.

(Ha. Ha. Ha.)
J’me fais rire
Quand j’pense aux illusions que j’ai pu nourrir
J’voyais un nouveau monde jaillir
Dans la métropole
On se métisse de plus en plus
Grecs, Italiens, Chinois, Russes, Hindous et Latinos
Sortez de vos ghettos
Faire votre patrie en plus petit
C’est ça la prison à vie
Le rêve américain
Se bâtit su’l dos des tiens
Qui sont restés derrière
À travailler pour trois fois rien
Tu veux être libre et souverain ?
Vois le peuple qui t’accueille comme le tien !
Tu aimes ses banques
Mais tu méprises sa langue.

J’sais pas c’qui me fait parler
J’crois plus en rien
J’en ai assez de tolérer
J’suis proche d’la fin
Faut que j’arrête de penser
Parce que j’vais me tuer
Ça va m’tuer
Pis je l’sais
J’peux m’exploser su’a place publique
Mais ça f’ra pas lever le public
Dans une seconde y’est amnésique.
J’craque. J’débarque.

Maman...
Mais qu’est-ce qu’il reste à espérer ?
Qu’un enfant peut tout changer ?
Que procréer c’est triompher ?
J’peux pas, ça me donne le goût de brailler
Quand j’pense au jour où il va pleurer
Quand j’pense au jour où mon enfant va me demander :

« Maman, le monde est fucké,
comment on fait pour le changer ? »

Mais où est-ce que j’vais trouver l’courage
En regardant son doux visage
De dire : « j’ai épuisé ma rage
Comme un hamster dans sa cage
J’ai laissé faire le carnage
On est tous des bêtes sauvages
Et même pire des anthropophages »
J’enrage !

Les couillons jouent les offusqués
Quand ils entendent le franc-parler
C’est trop dûr de s’faire réveiller
Par les cris d’ceux qu’on a tués
C’est le frappeur qui se fait frapper
C’est le baiseur qui se fait baiser.
Mais tout est bien qui finit bien
Demain encore une autre chance
D’exploiter et de frapper
Pour prendre enfin notre revanche
Et vivre une plus grande opulence.

Moi, j’espérais que c’est ici que ça allait se passer
Le nouveau courant, la nouvelle mentalité
Le réveil de l’humanité...
Ouais...

Copyright Tania Kontoyanni/mai 2002

Mis en ligne sur Sisyphe, le 1er août 2005.


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Tania Kontoyanni

Comédienne, poète et auteure dramatique, Tania Kontoyanni a publié de la poésie et joué dans diverses pièces de théâtre dont La savetière prodigieuse de Garcia Lorca et adaptatera pour l’écran une pièce roumaine dans laquelle elle a déjà joué au théâtre de la Veillée en 1998, La femme comme champ de bataille. On la connaît aussi pour le rôle d’Angélique dans Watatatow.



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