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mercredi 19 octobre 2005

Lettre à Pauline Marois

par Lise Payette, Le Devoir






Écrits d'Élaine Audet



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Il y en a qui disent que tu ne seras pas élue chef du Parti québécois. Il y en a qui disent qu’André Boisclair a trop d’avance et que tu n’arriveras pas à le dépasser. À moins qu’on arrive à te « sauver » comme ils le font à Star Académie quand une participante est mise en danger.

Ce serait bien si plein de femmes prenaient leur carte de membre du PQ, comme les jeunes le font, paraît-il, pour Boisclair, et qu’elles arrivaient à renverser la vapeur. Des fois, je me dis que si c’était Julie qui menait la campagne à la chefferie, ça ferait longtemps que Boisclair aurait pris son trou.

Il y en a qui disent que c’est parce que tu es une femme que tu ne gagneras pas. Dans ce beau pays qui est le nôtre, on sait bien que les femmes sont les égales des hommes (ils n’arrêtent pas de nous le chanter sur tous les tons) et ils jurent qu’ils sont prêts à voter pour une femme... que le sexe de la personne ne joue pas dans leur décision.

ALORS, C’EST QUOI LE PROBLÈME ?

Le problème, je crois, c’est le goût marqué de notre société pour les voyous, les bums, les mal engueulés, les smarts, les faibles et les repentis. Nous aimons mieux nos héros un peu baveux, défaits, hésitants, pas sûrs d’eux, alcooliques, un peu ou même beaucoup, pas fiables, un peu fraudeurs ou même un peu drogués.

Nous avons un faible pour les candidats dont nous aimons dire « qu’ils nous ressemblent », qu’ils sont près de la population et que nous nous reconnaissons en eux. Tout un programme !

Toi, ma chère Pauline, avec ton sens de l’honneur, ta loyauté, ton sens du devoir, ta vie en ligne droite, ton honnêteté, ton coeur à la bonne place, ta langue parlée sans faute, ton casier judiciaire vierge, tes études solides, ton expérience de vie, tes quatre enfants bien élevés, ta capacité de travail et ton sens des responsabilités, tu n’as pas ce qu’il faut pour nous représenter.

Tes onze ministères, et pas des moindres, ne pèsent pas lourd dans la balance en ce moment. Tu aurais plus d’attrait pour l’électorat avec 11 péchés capitaux qu’il faudrait te pardonner... On aime mieux les petits, les minables que ceux qui se tiennent debout.

Il aurait fallu, pour que nous t’aimions, que tu te fasses arrêter en état d’ébriété au volant, que tu voles un de tes foulards chez Holt Renfrew, que tu fasses une scène désagréable dans un restaurant parce qu’on te faisait attendre, que tu te présentes en Chambre complètement saoule, que tu sacres en public.

Il aurait fallu que tu aies déjà tourné un film porno dans ta jeunesse et que tu t’en excuses comme d’une erreur de jeunesse. Là, on t’aurait aimée. Là, on aurait cru que tu étais digne d’être notre première ministre.

UN PARCOURS PARFAIT

Ce que je voulais te dire Pauline, c’est que je suis fière de toi. Je ne suis pas la seule. Ton parcours jusqu’à maintenant est parfait. Moi, j’aime que tu me représentes. J’aime ta dignité dans les circonstances et j’admire ton entêtement à aller jusqu’au bout.

Je te donne en exemple aux jeunes qui m’entourent et aux moins jeunes, parce que je pense que s’il y avait plus de monde comme toi dans notre pays, nous nous porterions mieux.

Je ne veux pas que cette lettre te décourage, au contraire. Je veux qu’elle te rassure sur le fait que tu ne fais pas fausse route et que tu remplis ta tâche de candidate comme une championne. Tu es la meilleure, Pauline. Les femmes te doivent une fière chandelle pour ton courage et ta détermination.

Je souhaite que tu gagnes, Pauline. Juste parce que tu es la meilleure, la plus digne de notre confiance et la plus compétente.

Journal de Montréal, 10 octobre 2005, p. 29.


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Lise Payette, Le Devoir



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