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lundi 6 février 2006


Journée internationale des Nations unies "Tolérance zéro aux mutilations génitales féminines (MGF-excision)"
Les mutilations génitales féminines, une forme extrême de violence faite aux femmes

par Aoua Bocar Ly-Tall, sociologue






Écrits d'Élaine Audet



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Si, jusque dans les années 80, l’Amérique du Nord n’avait que de vagues échos de la pratique des mutilations génitales féminines (MGF) lui venant de l’Europe (1), il n’en sera plus de même dans les années 90. On se rendra compte qu’elle est devenue une réalité d’ici, notamment au Canada et au Québec. Elle interpelle tous les secteurs de la société et devient un enjeu pour le mouvement féministe et un défi pour les professionnel-les de la santé et des services sociaux.

D’où l’importance pour nous de la saisir concrètement afin d’y faire face à divers niveaux.

La pratique des MGF : aussi une réalité d’ici

Le Conseil du statut de la femme du Québec (1995), le Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme (1994a), la Commission des droits de la personne du Québec (1994) et plusieurs chercheurs (Daya 1995a et b ; Maldonado et Bouchard 1995 ; Calder, Brown, et Rae 1993) s’accordent sur le fait que les MGF sont devenues un nouveau problème de santé au Canada. En effet, le problème des MGF constitue aujourd’hui une préoccupation pour tous les secteurs (santé, services sociaux, enseignement, justice, recherche, etc.). D’où cette pratique d’ailleurs devenue une réalité d’ici. Car, au-delà du risque de la perpétuation de ces pratiques sur les fillettes néo-canadiennes, la plupart des femmes adultes originaires de pays « excisants » ont déjà subi l’opération avant leur arrivée. Leur état de santé nécessite un suivi médical et psychologique, surtout lors d’une grossesse ou d’un accouchement (par exemple : nécessité de désinfibulation pour permettre le passage du bébé, demande de réinfibulation après accouchement par la patiente... ). En plus, l’expérience en Europe a montré que les ressortissants de ces pays « excisants » perpétuent les MGF dans les pays d’accueil, d’autant plus que certaines cliniques médicales acceptent d’effectuer clandestinement ces opérations et, donc, les médicalisent (Erlich 1986).

En 1993, le Québec comptait 42 179 immigrants francophones en provenance de l’Afrique (2) dont plus de 50% étaient des femmes (Régie régionale de Montréal-Centre 1994). La majorité de ces femmes sont en âge de procréer et elles ont, ou auront dans le futur, des filles ’’excisables’’. Ces femmes ayant un niveau d’éducation plutôt faible (3), il y a une plus grande probabilité qu’elles maintiendront des pratiques et coutumes traditionnelles (Omer-Hasbi 1993). En effet, Marian Shermarke (1995) et Marie-Claude Manga, toutes deux membres fondatrices du Réseau "Femmes africaines, Horizon 2015" (FAH2015), ont effectué une consultation commanditée par le gouvernement fédéral auprès des immigrantes et immigrants originaires des pays « excisants » et vivant au Québec. Ceux-ci avouent que des aînées restées au pays exercent sur eux de la pression pour que les jeunes filles soient excisées. Et, plusieurs personnes murmurent que les MGF seraient pratiquées silencieusement au Québec.

En Ontario où résident les immigrantes venues de pays dont la majorité pratique la forme extrême de l’excision, à savoir l’infibulation (Somalie, Éthiopie, Soudan, etc.), la situation est similaire, sinon pire. Il semble que, comme en Europe, certaines cliniques médicales acceptent de procéder à l’opération de l’excision/infibulation moyennant de fortes sommes d’argent. De même, il y aurait des exciseuses traditionnelles parmi ces communautés. Le journal La Presse (2002) a révélé le cas d’une fillette de 12 ans qui avait été excisée au domicile de ses parents par un membre du corps médical du Canada. L’affaire est sous enquête policière.

Or, contrairement à ce qui se passe en Europe où l’on est confronté à ce problème depuis plus de 20 ans (1982-2005), en Amérique du Nord, les intervenant-es de la santé ne sont pas préparé-es à ce genre de situation ni techniquement ni psychologiquement. Deux chercheures en sciences infirmières confirment ce fait : « Ainsi, les infirmières se retrouvent de plus en plus souvent dans la position délicate de signaler et de soigner les problèmes de santé associés à la mutilation génitale. Cette situation représente un défi important puisque très peu d’entre elles sont véritablement préparées à offrir des soins culturellement congruents aux MGF. Elles sont nombreuses à exprimer le besoin d’améliorer leurs connaissances et leurs pratiques transculturelles. » (Popiea, E., Moreau. D. , 2004)

Aux Etats-Unis, selon le Centre de contrôle des maladies, en 1994, il y avait 130 000 jeunes filles et femmes africaines originaires de pays ayant pour coutume les MGF ; à New-York en juin 1997, il y en avait 20 000 (Research, Action, Information Network for the Bodily Integrity of Women (RAINBOW), 1997). Il semble qu’aux Etats-Unis également, les MGF s’effectuent en clandestinité. D’où plusieurs États, dont la Californie, le Delaware, le Minnesota, le Dakota du Nord, le Rhode Island, le Tennesse et le Wisconsin, en plus du gouvernement fédéral, qui ont promulgué en 1996 des lois interdisant la pratique des mutilations sexuelles.

Parmi les 120 millions de femmes qu’elles affectent à travers le monde, 5% au moins d’après l’OMS (1994) vivent dans les pays occidentaux, soit au tour de 6 500 000.

Mais qu’est-ce donc que les MGF et comment affectent-elles la santé des femmes ?

Prévalence et conséquences psycho-médicales des MGF

En 1994, le Colloque de la Fédération des gynécologues et obstétriciens (FIGO) qui s’est tenu à Montréal tirait la sonnette d’alarme, avertissant que chaque année, au moins deux millions de filles dans le monde sont victimes des mutilations génitales féminines (MGF), soit 6 000 par jour et 5 par minute (Toubia, 1994a). Aujourd’hui, l’Organisation mondiale de la santé (OMS, 2004) chiffre à 120 millions le nombre de femmes à travers le monde souffrant de problèmes de santé liées aux mutilations génitales féminines.

Dénommées également circoncision féminine, les MGF sont connues sous trois formes. D’abord, l’incision ou la "sunna" qui consiste à enlever un petit bout du clitoris ou encore à procéder à la piqûre ou au percement du clitoris. Les deux autres formes sont l’excision et l’infibulation, qui consistent, dans le premier cas, à sectionner le capuchon du clitoris et/ou à procéder à l’ablation du clitoris et d’une partie ou de la totalité des petites lèvres, et dans le second cas, à couper entièrement les petites lèvres, le clitoris et à coudre ensemble les grandes lèvres en ne laissant qu’un petit orifice qui permet le passage des urines et du flux menstruel. L’excision constitue environ 85% des mutilations génitales féminines tandis que l’infibulation en représente 15% (Toubia, 1994a).

Au regard des conséquences des MGF sur la santé physique et mentale des femmes, les MGF constituent, en dehors du meurtre, la forme extrême de la violence faite aux femmes. En effet, elles ont des effets multiples qui peuvent être immédiats, à court ou à long terme. Sur le plan psychologique, l’état de choc de la fillette, dû au saignement mais aussi à la douleur aiguë et à la peur, peut être durable et entraîner plus tard chez elle des troubles de comportement qui vont d’un manque de confiance à l’égard des êtres aimés, à des névroses, voire des psychoses (Organisation mondiale de santé - OMS 1994).

Certaines complications physiques (hémorragies, infections, tétanos, décès...) peuvent immédiatement après l’opération. La lésion des organes voisins (urètre, vagin, périnée ou rectum) est aussi fréquente. Parmi les complications à long terme, on note des saignements répétitifs, l’obstruction et l’infection chronique des voies urinaires et génitales, la formation de chéloïdes, de kystes, de neurinomes, de calculs et de fistules vésico-vaginales. Les rapports sexuels douloureux et la réduction de la sensibilité peuvent entraîner des dysfonctionnements sexuels. La pénétration peut être difficile ou impossible et parfois la cicatrice doit être ouverte à nouveau. Des désordres menstruels, tels la dysménorrhée, sont fréquents. Ces diverses complications peuvent conduire à l’incontinence et à la stérilité de la femme (OMS 1994), et la placer dans une situation sociale critique dans un contexte où c’est la maternité qui confère un statut social respectable.

Les problèmes liés à la grossesse et à l’accouchement sont tout aussi nombreux : les complications du travail prolongé ou obstrué sont dangereuses pour la mère et l’enfant, qui peut souffrir de lésions cérébrales néo-natales. La désinfibulation est parfois nécessaire pour permettre le passage de l’enfant. Les désinfibulations et réinfibulations à répétition fragilisent le tissu cicatriciel. La transmission du VIH est aussi un risque accru chez les femmes mutilées sexuellement.

Les mutilations génitales féminines : une pratique universelle

Si l’origine de la pratique de l’excision et de l’infibulation reste mal connue, on sait par contre qu’elle est ancienne. Selon Correa (1984), l’historien grec Hérodote en fait mention au Ve siècle avant Jésus-Christ, donc aux temps pharaoniques. Il apparaît qu’elle précède l’Islam, même si beaucoup d’observateurs sont convaincus qu’elle est une exigence de l’Islam et que cette religion en est la source. Contrairement à la circoncision masculine, qui est observée principalement par les juifs et les musulmans, l’excision, elle, est ancrée dans les fondements culturels de plusieurs peuples que séparent la distance, l’appartenance ethnique, la race et la religion (musulmans, catholiques, protestants, coptes, animistes, juifs et non croyants).

Plusieurs sociétés, dont celles de l’Europe, l’ont pratiquée à divers moments de leur histoire. En effet, une secte chrétienne russe, les « skoptzis », invoquant une citation du Christ, aurait obtenu de ses fidèles mâles qu’ils se châtrent eux-mêmes, les femmes étant contraintes de s’exciser et de se couper les seins (Brisset 1979). Le médecin français, Michel Erlich (1986 : 80), qui a pratiqué en Afrique de l’Est pendant plus de 10 ans, confirme ces faits : « Les peuples exotiques n’ont pas l’exclusivité des pratiques sanglantes : un foyer européen de mutilations génitales masculines et féminines d’inspiration religieuse s’est développé durant deux siècles en Russie. »

De même, d’après Brisset (1979), selon un rapport de 1864, l’excision a été pratiquée dans des hôpitaux psychiatriques en Grande-Bretagne et en France, pour lutter contre la masturbation des jeunes filles. Il en a été de même en Amérique du Nord. Belal et Blanchot (1999) rapportent un autre exemple de la pratique de l’excision en Occident : « Au XXIième aux États-Unis, l’Orificial Surgery Society se fit la propagandiste de l’ablation des organes où siégeait le diable. »

Tous ces faits historiques démontrent le caractère universel de la pratique des MGF.

Cependant, en ce début du XXIième siècle, ce n’est que la situation en Afrique au Sud du Sahara qu’on connaît un tant soit peu. On retrouve les MGF dans 27 pays africains situés sur la bande allant d’Est en Ouest et au long de la vallée du Nil où elles touchent 120 millions de femmes. Mais, ce nombre ne serait que la pointe de l’iceberg, car il n’indique que les femmes qui en sont affectées en Afrique au Sud du Sahara. Or, les MGF se pratiquent également dans certaines parties du Moyen Orient et de l’Asie du Sud et de l’Est, soit au total dans 40 pays au monde, selon la Dre Nafis Sadik, Directrice du Fonds des Nations Unies en matière de population (FNUAP). Mais, en dehors de l’Afrique, on n’a pas de données. Tout s’y passe dans un silence complice tant au Moyen-Orient qu’en Asie et dans des pays d’émigration de leurs populations.

Actions et stratégies d’éradication des mutilations sexuelles féminines

C’est en 1977, dans la foulée de l’Année internationale de la femme (1975), que des Africaines, appuyées par quelques femmes suisses, créèrent à Genève un groupe de travail chargé d’examiner la question des MGF. Après 7 années de discussions et de travail sur le terrain, à travers des missions en Afrique, en collaboration avec le ministère de la Santé publique du Sénégal et appuyé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et d’autres bailleurs de fonds, ce groupe organisa en 1984 un séminaire à Dakar (Sénégal). Son mandat était de lutter contre les pratiques traditionnelles néfastes (MGF, gavage, tabous nutritionnels) et de promouvoir les pratiques traditionnelles africaines positives (allaitement maternel, massage du corps de la mère et du bébé, etc. ). Cette rencontre, qui réunissait des femmes déléguées de 22 pays d’Afrique, déboucha sur la création du CI-AF ou Comité inter-africain sur les pratiques traditionnelles ayant effet sur la santé des femmes et des enfants (CI-AF). C’est à partir de cette implication active des Africaines dans le dossier des MGF que la lutte contre cette coutume prendra un tournant décisif tant en Afrique qu’à travers le monde. L’Union européenne est très impliquée et appuie la lutte des Groupes (4) contre les MGF et d’autres pratiques néfastes sur le sol européen.

À la Conférence de Beijing, le CI-AF reçoit le Prix de l’ONU (1995 Population Award) en reconnaissance de son travail pour l’éradication des MGF à travers le monde. Depuis l’après-Beijing, on note des avancées sérieuses dans le sens du changement de mentalités qui favorise l’abandon de la coutume du MGF.

Dans la même foulée, prenant conscience que la pratique des MGF est devenue une réalité au Québec, le Réseau FEMMES AFRICAINES, Horizon 2015 (FAH2015) fait de cette question son dossier prioritaire. Ses membres organisent et animent des sessions d’information et de sensibilisation au Québec, au Canada et même aux Etats-Unis dans de prestigieuses universités telles que Columbia University et Michigan State University (MSU). Après huit années de travail (1994 - 2003) avec peu de moyens au Québec, FAH2015 obtient enfin, en 2003, une subvention substantielle de Condition féminine Canada et l’appui du Ministre de la Santé du Québec. Ce qui lui permet de mener des activités d’envergure à travers sept forums publics de sensibilisation en matière de MGF. Ces activités ont largement été couvertes par les médias qui ont relayé aux professionnel-les de différents secteurs au Québec et au Canada et au public, les données des expert-es invité-es aux forums. Ce qui a fait tomber le tabou entourant les MGF au Québec et que "tout le monde en parle" (5). Ainsi, FAH2015 a reçu un certificat de mérite du Secrétariat d’État à la Condition féminine du Canada et le Ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec a mis sur pied un Comité MGF et a promis de développer un plan d’action 2005 - 2006. Les animatrices de Horizon 2015 attendent toujours des nouvelles subventions pour entamer la Phase II de leur projet, soit la recherche-action et intervention en vue de la prévention des MGF au Québec, d’assistance aux femmes déjà victimes des MGF et d’appui aux professionnels de divers secteurs (justice, éducation, recherche), en particulier, ceux de la santé et des services sociaux afin qu’ils soient capables de fournir aux patientes souffrant des séquelles des MGF des soins appropriés, surtout, lors du suivi médical des grossesses et des accouchements.

Mesures juridiques et dispositions internationales contre les MGF

En outre, grâce à la campagne de sensibilisation sur les méfaits des MGF et de « lobbying » du CI-AF auprès des populations de base, des chefs d’État africains et des dirigeants des organismes internationaux, de nombreux gouvernements africains et occidentaux ont promulgué des lois interdisant les MGF. Au niveau international, les textes adoptés, en particulier après la Conférence internationale sur les femmes à Nairobi en 1985, recommandent aux gouvernements et aux communautés plusieurs mesures et stratégies visant à l’élimination des MGF et une assistance aux filles et aux femmes victimes des MGF. Parmi ces textes, signalons la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes, la Convention relative aux droits des enfants, la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la Déclaration de Beijing, et la déclaration suite à la Conférence sur la population au Caire.

Au Québec, la Charte des droits et libertés de la personne (1997) et au Canada, le Code criminel protègent les citoyennes contre toute atteinte illicite à leur intégrité physique et mentale. Spécifiquement, en 1997, le gouvernement du Canada a ajouté deux paragraphes à l’article 268 du Code criminel interdisant la mutilation génitale des personnes de sexe féminin. Au Québec, c’est en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne (1997) que les mutilations génitales sont interdites. Ces lois prévoient des peines criminelles pour les personnes qui pratiquent une MGF ou qui incitent à une telle pratique, ce qui comprend les parents qui auraient demandé l’excision.

C’est dire que des mesures légales et juridiques existent aujourd’hui en nombre suffisant pour protéger les fillettes dans leurs pays d’origine et d’immigration contre les MGF, qui constituent la forme extrême de violence faite aux femmes, une violation des droits des fillettes et une atteinte à l’intégrité physique et psychique des femmes. Cependant, les lois ne peuvent être que des mesures d’accompagnement dans la lutte pour l’élimination des MGF. C’est surtout par le biais de l’éducation et de la sensibilisation des mères de famille, des leaders d’opinion dans les communautés, des exciseuses traditionnelles, des hommes (surtout les plus jeunes) et des membres du corps médical que l’on parviendra à vaincre les MGF.

Conclusion

L’éradication de la coutume des mutilations génitales féminines qui existe depuis des millénaires, soit depuis l’Égypte pharaonique, est un travail de longue haleine. Mais, après deux décennies d’information, d’éducation et de sensibilisation menées sous le leadership des femmes africaines et des législations nationales et internationales, des avancées considérables ont été enregistrées. Cependant, il reste beaucoup à faire pour arriver à l’éradication définitive de la pratique des MGF. Cela requiert autant la recherche, l’action que la formation. C’est à cette tâche que s’atèle, depuis 1994, le Réseau FEMMES AFRICAINES, Horizon 2015 (FAH2015) au Québec (6). Cependant, il est temps que les autorités politiques du Québec et du Canada s’impliquent davantage dans la quête de solutions à ce problème de société. Pour ce, les animatrices de FAH2015 peuvent, à l’instar de l’Union européenne et de l’Académie de médecine de Paris, se concerter et appuyer les organisations de femmes engagées dans la lutte contre les MGF en vue de développer ensemble des stratégies adéquates de prévention de cette pratique, ici au Canada, et de son éradication à l’échelle mondiale.

Il est nécessaire que tous les segments de la société comprennent que la pratique des MGF est un nouveau problème de société au Québec et au Canada. Le Réseau québécois FEMMES AFRICAINES, Horizon 2015 (FAH2015) fait donc appel à la solidarité de tous et de toutes dans cette lutte contre la pratique des MGF en vue de sa prévention et de son éradication ici et ailleurs.

Notes

1. L’immigration africaine en Europe est de loin plus ancienne qu’en Amérique du Nord. En France, en 1982, le décès, suite à l’excision, d’une fillette d’origine malienne et d’une autre d’origine ghanéenne en 1983 ont fait scandale, éveillant ainsi l’opinion publique.
2. Ce chiffre représente une sous-estimation importante du nombre d’immigrant-es francophones d’origine africaine parce que les personnes qui sont passées par l’Europe ou par les Etats-Unis sont dénombrées parmi les immigrants européens ou américains.
3. Certaines Africaines qui viennent au Canada pour rejoindre leurs conjoints ont souvent seulement une scolarité de niveau primaire ou de niveau secondaire incomplet.
4. En France, il y a le Groupe pour l’Abolition des mutilations sexuelles (GAMS-France), sa section en Belgique (GAMS-Belgique), au Pays-Bas, la Foundation for Women’s Health, Research and Development (FORWARD), au Royaume-Uni, London Black Women’s Health Action Project (LBWHAP) et en Suède, le Conseil national des associations des femmes immigrées (RIFFI) et d’autres pays (Autriche, Danemark, Allemagne, Espagne) se sont regroupés au sein du Réseau européen de prévention des MGF (EuroNet - FGM).
5. On a enregistré 15 articles et dossiers dans les journaux, 20 entrevues à la radio et 3 à la télévision. Pour plus de détails, voir le site de FAH
6. Le réseau FAH2015 s’est donné « l’horizon » 2015 parce que les filles qui sont nées entre 1985 et 1995 seront des femmes adultes en 2015 (ayant entre 20 et 30 ans). Il a fallu quasiment 15 ans (1984 à 1995) pour sensibiliser le monde à la question des MGF, entre autres, dans le contexte des grandes conférences des Nations Unies sur les femmes. Le réseau travaille pour que nos filles et nos petites filles ne connaissent pas ce que nos grand-mères, nos mères et nous-mêmes avons connu. Il faut que ces femmes puissent vivre sans violence, sans pauvreté et non excisées.

- Voir également cette page.

Références bibliographiques

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- Cet article est publié dans le cadre de la Journée internationale des Nations Unies « Tolérance Zéro aux mutilations génitales féminines (MGF-excision) » (6 février 2006).

Mis en ligne sur Sisyphe le 22 décembre 2005.


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Aoua Bocar Ly-Tall, sociologue
Femmes africaines Horizon 2015


Docteure en sociologie, Aoua Bocar LY-Tall est chercheure associée à l’Institut d’études des femmes de l’Université d’Ottawa et membre associée à l’Institut Santé et société de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Elle est la présidente-fondatrice du Réseau « Femmes africaines, Horizon 2015 ». Elle est aussi membre fondatrice du Comité inter-africain de lutte contre les pratiques traditionnelles affectant la santé de la femme et de l’enfant (CI-AF) et elle fut la première secrétaire générale du Comité (national) sénégalais du CI-AF (1984-1989) de cet organisme. À ce titre, elle a participé à la première Conférence des Nations Unies sur les femmes à Nairobi en 1985. Elle a reçu plusieurs distinctions dont le Prix « Femmes de mérite », décerné en 2000, par la Fondation du YWCA de Montréal, dans la catégorie « Services publics et communautaires ». En 2001, elle a été lauréate du Mois de l’Histoire des Noirs et a reçu le Flambeau d’excellence octroyé par le Groupe de reconnaissance communautaire (GRC). Enfin, le 15 novembre 2005, le Prix de la Gouverneure générale du Canada en commémoration de l’affaire « personne » lui a été attribué.



Plan-Liens Forum

  • > Les mutilations génitales féminines, une forme extrême de violence faite aux femmes
    (1/1) 15 janvier 2006 , par Jac

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  • > Les mutilations génitales féminines, une forme extrême de violence faite aux femmes
    15 janvier 2006 , par Jac   [retour au début des forums]

    « Si l’origine de la pratique de l’excision et de l’infibulation reste mal connue, on sait par contre qu’elle est ancienne ……………….. »

    Comment peut-on écrire encore ça aujourd’hui ?

    Il est tellement évident que l’excision n’a qu’un but : empêcher les femmes d’avoir du plaisir lors des relations sexuelles et essayer de faire en sorte ainsi qu’elle n’en ait plus que pour servir d’« utérus sur pattes » à leur mari. Les hommes ne peuvent en effet concevoir d’héritiers parce qu’ils n’ont ni matrice ni mamelles alors qu’un puissant instinct dont ils ne sont pas toujours conscients, les pousse cependant à se reproduire. Les hommes n’ont pas « puni » leur compagne pour rien, ils n’ont simplement pas trouvé historiquement d’autres solutions : les femmes doivent leur servir de reproductrices parce que tous seuls, ………. ils n’y arrivent pas et comme ils sont plus forts physiquement ainsi que plus violents …………..ils les obligent et le tour est joué !!!
    Ailleurs, ils les enferment ou inventent des religions qui les contraignent : l’imagination en effet ne leur manque pas, et tous les moyens leur semblent bons !
    L’infibulation répond à la même préoccupation ……….. de manière encore plus évidente !!!!!!!!!

    L’origine est donc bien connue et aucunement mystérieuse !

    Pour autant, elle trouve, aujourd’hui moins qu’en tout temps, la moindre justification. Il y belle lurette qu’on sait que les femmes ne sont pas que des « utérus sur pattes » mais des êtres humains complets, même si certains hommes ont de la peine à l’admettre encore (les talibans, par exemple) !.
    Pour les « angoissés de la paternité » il y a par exemple, les tes ADN, beaucoup plus fiables et surtout moins dangereux Beaucoup ont compris tout de même qu’il était infiniment plus important de nos jours de transmettre son savoir et sa culture que la forme de son nez ou de ses oreilles !!!
    Les MGF sont effectivement potentiellement dangereuses, en dehors du fait que le sexe « d’une individue » lui appartienne en propre.

    Alors que doit-on faire ?

    La première chose est de bien reconnaître la cause des MGF et de ce fait tout faire pour les empêcher car elles sont, non seulement potentiellement dangereuses mais en plus complètement inutiles et d’origine archaïque dépassée.
    La deuxième chose est de fournir un bonne instruction au maximum de filles qu’il faut conforter dans le fait qu’elles sont bien autre chose que des « utérus sur pattes », de simples reproductrices !
    La troisième chose est de rappeler aux hommes que c’est bien dommage qu’ils ne puissent se reproduire seuls mais que les femmes ne sont pour autant « leurs » reproductrices et qu’elles sont des êtres humains complets qu’il faut respecter.
    Les MGF n’ont pas une origine culturelle ou autre qu’il faudrait respecter, elles ne procèdent que de l’incapacité des mâles à se reproduire. Il faut le dire, haut et fort si nécessaire et l’expliquer.

    Bien sûr, des mesures d’accompagnement telles que la reconversion des exciseuses sont aussi nécessaires : il faut aussi y penser.


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