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mardi 20 juin 2006

« Amazones » de et par Françoise Barret
À la recherche des racines du patriarcat






Écrits d'Élaine Audet



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« Amazones » de et par Françoise BARRET
mise en scène Jean Louis GONFALONE

*****

Un peuple de femmes guerrières vint un jour assiéger Athènes. Leur hardiesse et leur héroïsme impressionnèrent les Grecs, les firent trembler aussi... L’histoire des Amazones est explosive.

Séduction, fascination, amour, confrontation, incompréhensions, désillusions : la diversité des versions racontées par les Grecs eux-mêmes nous renvoie à nos propres hésitations. Cette histoire est-elle si ancienne ? Existe-t-il encore des Amazones ?

Quelle est la place de la femme dans le monde ?

Le spectacle nous interroge sur les racines du patriarcat dans nos sociétés, et parle, au travers de témoignages, des violences faites aux femmes aujourd’hui, mais aussi du désir de construire l’avenir différemment.

Passionnée de mythologie, Françoise Barret nous entraîne avec plaisir, conviction, humour aussi, dans cette tumultueuse aventure ; elle interprète une quinzaine de personnages d’hier et d’aujourd’hui, chante, s’accompagne d’un hang (instrument percussif et mélodique) qui donne force et poésie à ce récit épique.

Du 7 au 29 juillet, à 13h30, tous les jours, dans le cadre du festival OFF d’Avignon.
Espace Roseau
Salle Nicolas Gogol
8 rue Pétramale, Avignon

Salle climatisée - durée du spectacle : 1 h 20
Tarifs : 12 E Réduit : 8 E Pro : 5 E
Renseignements- réservations : 04 90 25 96 05
Théâtre Dire d’Etoile : 06 86 73 58 32
www.diredetoile.com

La naissance d’un texte

Quand j’ai commencé à travailler sur la mythologie Grecque, je suis retombée sur l’histoire des Amazones.

Cette histoire m’a immédiatement fascinée : comment ! Un peuple de femmes guerrières assiégeant et faisant trembler Athènes ! Et me voilà plongée dans des recherches, des questionnements :

Qui étaient-elles vraiment ?
Ont-elles vraiment existé ?
Qu’en disaient les Grecs ?

En rassemblant les textes antiques et les études récentes de chercheurs, sont apparues deux constatations :

Oui, ce peuple de femmes a pu exister : les archéologues ont retrouvé des tombes de femmes guerrières à l’Est de la Mer Noire, là où les Grecs situaient le pays des Amazones, dans la mouvance des peuples Scythes, Celtiques, et la toponymie (nom de lieux, de routes, de tombes) sont un indice de leur venue en Grèce. Ce peuple n’est pas le seul exemple de peuple matriarcal.

Si les Grecs les citent souvent, les récits les concernant sont contradictoires. Certains les décrivent d’une violence inouïe vis-à-vis des hommes, d’autres racontent qu’elles s’en servent comme étalons et les renvoient ensuite avec des cadeaux et les bébés mâles... Dans un cas comme dans l’autre il y a fascination. Pensez ! Pour un peuple au patriarcat radical tel les Grecs, se retrouver face à un peuple de femmes libres, et de plus capable de se mesurer militairement à lui !

On retrouve là toute la subtilité et la perspicacité des mythes grecs : ils ne sont pas univoques, ils portent en eux toutes nos contradictions. Dans le mythe, c’est une femme, une déesse, qui envoie les Grecs détruire le peuple des « Amazones » (il s’agit du 9ième des travaux d’Hercule).

Mais ne raconter que le mythe ne me satisfaisait pas, je voulais aussi parler d’aujourd’hui, des violences qui sont faites aux femmes, m’interroger sur les difficultés de notre société à sortir du patriarcat (au point d’être obligé de voter une loi sur la parité), m’interroger sur l’enracinement de cette violence en nous, m’interroger en tant que femme et mère aussi.

Le spectacle

Françoise Barret, seule en scène

Françoise Barret est seule en scène, habitée par tous ces personnages aux destins contradictoires, porteuse des certitudes des uns, des hésitations des autres.

Avec agilité, souplesse, démultipliant les images de son corps, elle incarne tous les personnages du récit, raconte l’histoire des Amazones antiques.

A certains moments, le fil du récit s’interrompt, le personnage de l’antiquité se retourne comme un gant et un autre personnage vient témoigner, parler du monde d’aujourd’hui.

Soudain la voilà simplement conteuse, porteuse d’une parole directe, presque journalistique, parole adressée au public, faussement neutre puisqu’elle est celle de l’auteur... Elle appelle notre propre regard, nos questionnements, interpellant notre point de vu. Puis la parole devient chant et poésie, le corps mouvant se met à danser...

Avec elle, deux objets aux multiples facettes :
- un tissu aux couleurs chamarrées qui se fait chemise, lit, robe ou tache de sang,
- un instrument de musique - un hang - instrument percussif et mélodique de la forme d’un bouclier, qui se fait arme, ventre de femme, astre ou sein.... et dont le son vibrant soutient la force de ce récit épique.

L’aventure tumultueuse du peuple des Amazones...

Seule en scène, Françoise Barret nous entraîne dans le tourbillon des multiples personnages qu’elle incarne :

Nous nous attachons d’abord à Marpésia, petite fille prise dans la tourmente de la guerre. Elle est force et vie, ne se laisse pas abattre, apprivoise une pouliche, et sur les ruines, avec les femmes survivantes, fonde le peuple des Amazones...

La vieille Phoébé a caché Marpésia sous la chemise du père tué par la horde barbare. Phoébé est la gardienne de la mémoire, figure emblématique et éternelle, elle traversera le spectacle et le temps, avec sa bonhomie rassurante elle raconte l’histoire, encore aujourd’hui...

Héra, la déesse grecque, du haut de l’Olympe ne supporte pas la vision de ce peuple de femmes libres... Elle-même est soumise et frustrée, nous rions de ses ruses pour garder sa place auprès de Zeus, son infidèle mari... C’est elle qui mènera l’histoire à son achèvement tragique, envoyant Thésée et Héraclès chercher la ceinture des Amazones.

Antiope et Orythie, alors reines de Amazones, accueillent les Grecs, Thésée et Héraclès... Amoureuses ou guerrières, comment doivent-elles recevoir ces hommes qui viennent à leur rencontre ?

Ponctuant le récit, les témoins apparaissent : la petite Rwandaise décrit le massacre de sa mère, Waris raconte son excision, Olympe de Gouges, sa version de la Révolution Française...

Et traversant le spectacle, se transmettant de génération en génération, le chant d’amour adressé depuis la nuit des temps par Eurydice à Orphée...

- Le site Dire d’Étoile

Mis en ligne sur Sisyphe, le 20 juin 2006


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