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lundi 27 novembre 2006

L’UQÀM et la formation sur le travail du sexe : lettre au ministre de l’Éducation, M. Jean-Marc Fournier

par Johanne St-Amour






Écrits d'Élaine Audet



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Vous pouvez utiliser cette lettre-type pour contester l’association de l’UQÀM à des forums ou formations visant à promouvoir la prostitution comme travail du sexe et visant la décriminalisation totale de la prostitution.

Le X novembre (décembre) 2006

Monsieur Jean-Marc Fournier
Ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport
1035, rue De La Chevrotière, 16e étage
Québec (Québec)
G1R 5A5
Télécopie : (418) 646-7551
Par courriel : ministre@mels.gouv.qc.ca

Monsieur le ministre,

Suite à l’émission de « Maisonneuve en direct » du 22 novembre 2006 portant sur la possible complicité de l’UQÀM dans l’industrie du sexe, je m’interroge sérieusement des appuis de cette université, et par le fait même de votre ministère, au groupe Stella qui milite ouvertement contre la décriminalisation totale de la prostitution. L’émission de M. Maisonneuve faisait suite à un article de Madame Ana Popovic, animatrice communautaire au Centre des femmes de Laval, publié sur le site féministe Sisyphe, « L’UQÀM est-elle complice de l’industrie du sexe ? ».

Je vous rappelle que le 17 novembre dernier avait lieu à l’UQÀM une formation organisée par le groupe Stella, un groupe de Montréal qui travaille auprès des personnes prostituées et qui fait la promotion de la prostitution en tant que travail, en partenariat avec madame Maria Nengeh Mensah, professeure à l’École de travail social de l’UQÀM (Université du Québec à Montréal) et le Service aux collectivités de l’UQÀM. Cette formation avait pour titre : « Travail du sexe : Tout ce que vous avez toujours voulu savoir et n’avez jamais osé demander ». La formation s’adressait prioritairement aux groupes de femmes, aux personnes des milieux communautaires, du réseau des services sociaux et de santé et aux services de police.

C’est la deuxième fois que l’UQÀM s’associe au groupe Stella. En juin 2005, ce groupe avait bénéficié du support logistique de l’UQÀM pour l’organisation du Forum XXX, un événement de 4 jours, dont avaient été totalement exclus tous les groupes et toutes les personnes qui ne concevaient pas la prostitution comme un travail et qui ne soutenaient pas la décriminalisation totale de la prostitution (donc y compris celle des prostitueurs et des proxénètes), dont les militantes et les travailleuses du Centre des femmes de Laval .

Outre le fait que le groupe Stella, auquel sont souvent associés certains professeurs de l’École de travail social, aide des prostituées (je l’inscris au féminin puisqu’elles sont majoritaires dans la prostitution) dans plusieurs services sociaux, il demeure que l’idéologie première de ce groupe est de promouvoir la prostitution comme un travail, comme une industrie. Ce groupe souhaite décriminaliser non seulement les prostituées (opinion à laquelle la très grande majorité des groupes de femmes adhèrent, entre autres, considérant que ces femmes n’ont pas besoin d’être criminalisées mais soutenues pour retrouver une vie meilleure hors de la prostitution), mais également décriminaliser le milieu proxénète (qui travaille souvent avec le crime organisé et les gangs de rue) ainsi que les clients, les principaux responsables de la prostitution.

Hors, aucun débat de société n’a été fait au Canada, et au Québec, concernant cette question. L’UQÀM désire-t-elle imposer son point de vue sans tenir compte de cela et surtout du fait que, selon le Conseil du statut de la femme, les prostituées ne désirent pas uniquement être soutenues psychologiquement, socialement, économiquement ? 92 % d’entre elles aimeraient quitter ce milieu, si on leur en donnait les moyens. Je souligne que le groupe Stella et certain-es professeur-es à l’École de travail social de l’UQÀM ne représentent aucunement ce 92% de personnes, même que madame Thiboutot, directrice du groupe Stella, mentionnait à l’émission de monsieur Maisonneuve qu’elle ne connaissait aucunement le pourcentage de prostituées représentées par le groupe. Elle a, par contre, clairement reconnu que le groupe ne vise aucunement à aider leurs membres à sortir du système prostitutionnel, mais à les y maintenir en tentant d’améliorer leurs conditions de "pratique".

L’analyse du groupe Stella et de certain-es professeur-es de l’UQÀM fait fi des causes et des circonstances qui amènent les femmes à être prostituées : la banalisation de la prostitution (amplement véhiculée par une supposée légitimité d’une industrie sexuelle d’exister), l’appartenance à une minorité ethnique ou nationale (par exemple, les femmes autochtones en sont gravement victimes au Canada), des agressions sexuelles subies dans la jeunesse (amenant la fugue), la pauvreté. Il est également extrêmement important de souligner que les prostituées développent à la longue les symptômes du syndrome du stress post-traumatiques. Le groupe Stella et, je le répète, des professeur-es de l’École de travail social de l’UQÀM, ne tiennent aucunement compte de ces analyses et de ces faits, bases fondamentales pour véritablement attaquer le problème à la source.

Je me demande alors si, comme Ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, vous soutenez les efforts du groupe Stella et des personnes de l’UQÀM associées, étant donné qu’on utilise délibérément les locaux et les ressources d’une partie du réseau de l’UQÀM ? Je vous informe qu’une copie de cette lettre sera envoyée au rectorat de l’UQÀM et que cette lettre sera publiée sur le site féministe de Sisyphe à laquelle sera jointe votre réponse et celle du recteur.

Acceptez, Monsieur le Ministre, mes salutations distinguées,

Johanne St-Amour


Les personnes qui voudraient écrire au ministre ou lui envoyer cette lettre peuvent le faire à cette adresse :

Monsieur Jean-Marc Fournier
Ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport
1035, rue De La Chevrotière, 16e étage
Québec (Québec)
G1R 5A5
Télécopie : (418) 646-7551
Par courriel : Ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport

Mis en ligne sur Sisyphe, le novembre 2006


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Johanne St-Amour

L’auteure a étudié et travaillé dans le domaine social et dans celui de la santé.



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    > L’UQÀM et la formation sur le travail du sexe : lettre au ministre de l’Éducation, M. Jean-Marc Fournier

    Madame,

    À la demande du cabinet du Ministre, nous faisons suite à votre lettre que vous lui avez transmise le 29 novembre 2006.

    Par la présente, nous tenons à vous informer que les établissements universitaires sont des entités autonomes. Aussi, la gestion des activités réalisées dans leurs locaux est de leur responsabilité. Dans le respect de l’autonomie de gestion des établissements, le ministère de l’Éducation du Loisir et du Sport ne peut intervenir dans ce dossier.

    Pour toute information ou commentaire sur les activités que vous soulevez dans votre courriel et qui se sont déroulées à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), nous vous invitons à vous adresser à l’UQAM.

    Veuillez agréer, Madame, l’expression de nos salutations les meilleures et vous souhaitons de Joyeuses Fêtes !

    Céline Rousseau
    Conseillère en éducation
    Direction des affaires étudiantes universitaires et collégiales
    Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport
    1035, De La Chevrotière, 18ième étage
    Québec (Québec) G1R 5A5
    Téléphone : (418) 644-0272
    Courriel : celine.rousseau@mels.gouv.qc.ca

    Le ministre va-t-il mettre fin à cette association ?
    30 novembre 2006 , par   [retour au début des forums]
    > L’UQÀM et la formation sur le travail du sexe : lettre au ministre de l’Éducation, M. Jean-Marc Fournier

    Ce ministre - libéral - osera-t-il mettre fin à cette association ? Si je comprends bien le Service aux collectivités a pris un engagement de deux ans ? Deux ans ? Pendant encore deux ans, L’UQÀM va imposer à toutes les femmes - et à tous les hommes - son idée de la prostitution, ses supposés bienfaits ??? N’y a-t-il pas de critères d’admission à ces projets ?


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