| Arts & Lettres | Poésie | Démocratie, laïcité, droits | Politique | Féminisme, rapports hommes-femmes | Femmes du monde | Polytechnique 6 décembre 1989 | Prostitution & pornographie | Syndrome d'aliénation parentale (SAP) | Voile islamique | Violences | Sociétés | Santé & Sciences | Textes anglais  

                   Sisyphe.org    Accueil                                   Plan du site                       Éditions Sisyphe






mardi 20 février 2007

Un toutou, une p’tite poupée ou un bébé ?

par Michèle Bourgon



Format Noir & Blanc pour mieux imprimer ce texte Imprimer ce texte


Chercher dans ce site


AUTRES ARTICLES
DANS LA MEME RUBRIQUE


L’emprise des écrans sur les enfants : la résistance s’organise
Une meilleure protection des conjointes de fait est devenue nécessaire
France - Projet de Loi sur la famille d’inspiration masculiniste encore plus d’asservissement pour les femmes et les enfants
Union de fait et pension alimentaire - La Cour d’appel donne raison à Lola
La télé, complice de la pandémie d’obésité chez les enfants
Pensions alimentaires pour enfants - La Cour suprême donne raison à une étudiante monoparentale
Non à l’imposition d’une résidence alternée pour les enfants de parents séparés par défaut !
Protection juridique des conjointes de fait - Au-delà des 50 millions $, il y a les autres femmes
Ontario - La campagne "Un seul droit de la famille pour toutes les femmes"
Pensions alimentaires des enfants - La campagne continue auprès des député-es
Des idées reçues compromettent la sécurité des enfants lors des litiges de garde (Partie I)
Des idées reçues compromettent la sécurité des enfants lors des litiges de garde (Partie II)
La résidence alternée, une loi pour les adultes ?
Garde partagée ou résidence alternée : l’enfant d’abord
Autres textes de Jacques Brodeur sur Sisyphe
Le Livre noir de la garde alternée
Courte-pointe d’un amour infini : Éloïse et Loïse
Punir les enfants pour les iniquités des pères
La DPJ et la chasse aux sorcières contre les mères
Les pères continuent à ne pas faire leur part
Mythes et faits sur la détresse "des" hommes
Une mère belge proteste contre un soutien ministériel à des masculinistes
Du calme, Dr Chicoine
« Lyne la pas fine » a son voyage
Des lunettes féministes au secours des enfants
Réforme des services de garde : Lettre d’une maman à la ministre Carole Théberge
Des mères privées de leurs enfants à cause des préjugés sexistes de la DPJ - suite
Un recul, un affront, un geste politique inacceptable
Garde des enfants - Les pères ont-ils raison de se plaindre ?
La garde alternée : au nom des femmes ?
Quand les pères se vengent
Garde partagée ou résidence alternée : l’enfant d’abord
La machine à broyer les solidarités
L’enfant, prétexte de toutes les dérives des pouvoirs ?
Mythes et réalités sur la garde des enfants et le droit de visite
L’influence des groupes de pères séparés sur le droit de la famille en Australie
Un choix parental féministe et subversif : donner le nom de la mère
La paranoïa paternelle triomphera-t-elle ?
Mémoire au Comité fédéral, provincial et territorial sur le droit de la famille, sur la garde, le droit de visite et les pensions alimentaires pour les enfants
Un programme qui prive les enfants de leur mère
Les enfants du divorce ont besoin de notre protection
La « responsabilité parentale » tiendra-t-elle ses promesses ?
Les partisans des "droits des pères" veulent imposer la garde partagée obligatoire




    « Toute structure a pour finalité le maintien de sa structure. » (Henri Laborit)

Mouais... Il paraît que cet instinct se retrouve chez tous les êtres vivants.

La plupart des femmes ressentent un désir violent, irrépressible d’avoir un enfant, dit-on. Les hommes, comme les femmes, voudraient se reproduire, se prolonger.

Quelle que soit notre orientation sexuelle, l’appel apparaît souvent irrépressible. Le désir est tout aussi intense.

Pourquoi ce désir si puissant ? Mère Nature est gardienne de la vie.

Voilà maintenant que les nouvelles technologies de reproduction offrent à toutes et tous, je dis bien toutes et tous, mort-es ou vivant-es, la possibilité de concevoir des enfants.

En Israël, une certaine Madame Cohen, mère de Kevan, attend qu’on insémine une jeune femme qu’elle a choisie (en passant une série d’entrevues) pour porter l’enfant de son fils, mort, il y a cinq ans, à la guerre. Quand elle a appris le décès de son fils qui a sauté sur une mine, elle a demandé que l’on prélève son sperme parce qu’elle savait, dit-elle, que son fils aurait voulu ardemment avoir des enfants. La cour doit statuer sur ce cas.

En décembre de cette année (2006), toujours en Israël, une femme de 63 ans a donné naissance à des jumeaux. Elle avait reçu un traitement contre l’infertilité au cours de la même année. Son médecin, interrogé à son sujet, mentionne qu’elle lui avait menti à propos de son âge. Les enfants sont nés en bonne santé. La mère se porte bien. Elle aura 83 ans quand les jumeaux auront 20 ans. Est-ce acceptable ? Je ne sais pas.

J’ai connu une jeune femme qui a, un jour, décidé d’avoir un enfant. Toute seule. Elle est allée danser dans une discothèque un soir d’ovulation, a rencontré un homme qui lui a plu et a commis la chose. Neuf mois plus tard... Il y a de cela une vingtaine d’années. Le père ne le sait toujours pas.

Est-ce acceptable ? Un enfant ne vient-il pas génétiquement de deux sexes différents ? Le père n’est-il pas en droit de savoir qu’il a engendré ? Certains pères, me direz-vous, ayant su, ont refusé. Eh oui, voilà une autre situation.

On peut aussi acheter des ovules et ensuite se les faire implanter après les avoir faits inséminer en faisant affaire avec une banque de sperme.* À qui est l’enfant ? Qui est-il ? Les liens génétiques n’ont-ils plus aucune importance ?

Le clonage semble encore au stade des recherches fondamentales, quoiqu’en dise notre ami Raël, mais la possibilité de vous répliquer existe potentiellement. Les brebis, les chiens et autres animaux ont montré l’efficacité de cette technique. Autre sujet de polémique.

Est-il acceptable de permettre à tous-tes d’avoir des enfants ? À moi, il me semble que non.

Je suis bien d’accord à ce qu’on aide les individus qui ont besoin d’un petit coup de pouce (hum...), mais il me semble y avoir des limites.

La nature a choisi elle-même de mettre fin au cycle reproducteur de la femme aux environs de 51 ans (en moyenne) et je fais confiance à la Nature. Elle est sage et elle a ses raisons que notre raison ne connaît pas.

Un homme mort depuis cinq ans ne peut désirer un enfant, ne peut l’élever, ne peut manifester son accord. C’est un peu la même chose pour les banques de sperme, me direz-vous. Une femme choisit le profil psychologique et physique désiré et, voilà, elle aura l’enfant souhaité, sans la nécessité de l’acte physique et en l’absence d’un père. Est-ce un choix éthique ? Est-ce souhaitable ? Est-ce un bénéfice pour la société, pour l’enfant ?

Où l’évolution nous entraîne-t-elle ?

Depuis deux décennies, le concept même de la famille, les valeurs qu’elle doit transmettre et desquelles elle est la gardienne ont tellement changé qu’elles nous obligent à nous adapter rapidement. Trop rapidement. Qu’est-ce qu’une bonne famille en 2007 ? Ceux et celles qui s’aiment, quelle que soit leur orientation sexuelle ? Ceux qui ont de l’amour à donner ? Quand on sait que pour plusieurs, l’amour ne dure que le temps des roses... Je suis perplexe.

Qu’en est-il des droits de l’enfant ? Les prend-on pour des cobayes, des poupées, des toutous qui donnent de l’amour et acceptent notre trop plein d’émotions ? Est-ce que nous les protégeons de nos désirs incongrus ou s’ils ne sont qu’une réponse immédiate à nos maux de solitude, de peine, d’angoisse ?

Oui, un enfant, ça nous décroche un rêve, mais ça peut aussi virer au cauchemar.

* « L’achat d’ovules sur Internet, un commerce florissant », Canoë, le 16 février 2007

Mis en ligne sur Sisyphe, le 20 février 2007

Commenter ce texte                         Format Noir & Blanc pour mieux imprimer ce texteImprimer         Nous suivre sur Twitter       Nous suivre sur Facebook

Michèle Bourgon

L’auteure a été professeure de français au niveau secondaire pendant 13 ans et est professeure de littérature française au niveau collégial depuis 1990. Elle a prononcé de nombreuses conférences sur des sujets littéraires partout au Québec et elle travaille à plusieurs projets d’écriture. Elle a publié Contes de Noël, qui lui a valu un prix littéraire, et des articles dans Brèves littéraires (Laval, 1999) et Nouvelles Fraîches (Montréal, 1991). Elle a participé à la création de l’émission pour enfants, « Charamoule », à Radio-Canada (1988-1989), sous la direction de Pierre Duceppe.



Plan-Liens Forum

  • Un autre cas sur lequel on peut réfléchir
    (1/6) 19 avril 2007 , par Michèle Bourgon

  • > Un toutou, une p’tite poupée ou un bébé ?
    (2/6) 26 février 2007 , par casimir

    rép: Loïse Lavallée
  • > Un toutou, une p’tite poupée ou un bébé ?
    (3/6) 23 février 2007 , par Internaute

  • > Un toutou, une p’tite poupée ou un bébé ?
    (4/6) 22 février 2007 , par Internaute

  • > Un toutou, une p’tite poupée ou un bébé ?
    (5/6) 22 février 2007 , par Dano

  • Le prêt-à-porter de la vie
    (6/6) 21 février 2007 , par Loïse Lavallée





  • Un autre cas sur lequel on peut réfléchir
    19 avril 2007 , par Michèle Bourgon   [retour au début des forums]
    Question éthique

    http://sante.canoe.com/channel_health_news_details.asp?channel_id=2001&relation_id=3483&news_channel_id=2001&news_id=2673

    Une montréalaise fait congeler ses ovules pour sa fille de sept ans.

    Qu’en pensez-vous ?

    > Un toutou, une p’tite poupée ou un bébé ?
    26 février 2007 , par casimir   [retour au début des forums]

    Naître au sein d’une famille hétéronormée ne garanti pas le bonheur, loin de là. N’est-ce pas ces familles qui sont les principaux acteurs de la reproduction de la société sexiste et des pires conditionnements que vous dénoncez ?

    Cette femme qui a décidé de faire seule un enfant avec un inconnu rencontré en discothèque ne sera pas plus mauvaise mère qu’une autre. De quel droit la juge-t-on ?

    Son cas, comme le cas de lesbiennes qui se font inséminer n’est pas du tout comparable à celui de cette future grand-mère qui se fait un petit-enfant à partir du sperme de son fils mort. Ne mélangeons pas tout.

    Quant à l’argument de la "Nature", je m’en méfie comme de la peste : c’est la "Nature" que l’on invoque pour différencier les rôles sociaux selon le sexe, c’est la "Nature" que l’on invoque pour discriminer les personnes non hétéronormées, c’est la "Nature" que l’on invoque pour prétendre que les femmes sont moins douées pour les mathématiques et les sciences exactes...

    Et puis, lorsque les ardents défenseurs d’un quelconque "ordre naturel" se retrouvent en position de réclamer l’intervention de nouvelles technologies pour soulager certaines souffrances ou pour guérir d’une maladie, bizarrement le mot "Nature" disparait de leur vocabulaire. Belle hypocrisie.

    • Inquiétante hypocrisie
      3 mars 2007 , par
      Loïse Lavallée   [retour au début des forums]
      Un toutou, une p’tite poupée ou un bébé ?

      Comme le dit Casimir, la nature a effectivement bon dos, et nous sommes des créatures qui nous arrangeons fort aisément de notre conscience. C’est pourquoi, avec l’avancement de la technologie, je disais plus bas qu’il était impérieux de revoir notre éthique sociale. Est-il plus scandaleux de garder en vie des êtres déshumanisés et souffrant de manière inacceptable, ou de créer du prêt-à-porter de la vie, en prenant ce qui fait notre affaire ? Les deux devraient profondément nous déranger. Et c’est là que les intervention de la mère Michèle sont intéressantes, parce qu’elles nous forcent à nous poser les vrais questions.

      [Répondre à ce message]

    > Un toutou, une p’tite poupée ou un bébé ?
    23 février 2007 , par Internaute   [retour au début des forums]

    Quelle situation lourde de conséquences !

    Je crois que l’être humain cherche et se cherche constamment. Trop souvent dans des paradis bien loin du vrai ; du moins de celui qui fait rarement gaffe quand on sait demeurer à son écoute, soit la nature. N’y a-t-il pas là une source de sagesse élémentaire ?

    Il s’agit de bien réfléchir à une question importante :
    "Pourquoi désirer un enfant ?"

    Penser d’abord à l’intérêt de cet être, c’est déjà se placer dans une attitude favorisant le bonheur de ce petit. Autrement....

    Merci Michèle de cette réflexion.

    Monique

    > Un toutou, une p’tite poupée ou un bébé ?
    22 février 2007 , par Internaute   [retour au début des forums]

    Merci Michèle pour ton article,
    Je pense que la première question qui se doit d’être posée est :" Est-ce que c’est dans le meilleur intérêt de l’enfant ?" J’ai bien l’impression, que trop souvent, cette question est mise de côté, oubliée... ou du moins qu’elle ne soit pas mise en priorité...

    > Un toutou, une p’tite poupée ou un bébé ?
    22 février 2007 , par Dano   [retour au début des forums]

    Le toutou va à la SPCA, dans le meilleur des cas, quand il finit par déranger ; la poupée est remisée au fond du placard... et le bébé ?
    Il deviendra grand trop vite et ne sera sûrement pas comme elle l’aura souhaité, malgré le choix minutieux des caractéristiques physiques, psychologiques et autres : le mélange des gènes, elle n’a pas le pouvoir de le contrôler ! Alors, petit bébé va, tôt ou tard, décevoir et finir seul devant la télé, l’ordinateur, à la rue, à la recherche lui aussi de quelque chose, de quelqu’un qui comblera sa solitude à lui.

    Je crois que Michèle a raison : la Nature a ses raisons que la nôtre ne connaît pas ou choisit d’ignorer.
    Du point de vue de l’enfant, c’est inacceptable de lui donner une maman qui, dans quelques années (si elle prend bien soin d’elle), commencera à ressentir les douleurs de la sciatique, la baisse soudaine d’énergie juste au moment où le petit ou la petite veut jouer à la balle, faire de la bicyclette.

    Nous, les humains, sommes des êtres profondément instables, capricieux et égoïstes. A la moindre contrariété, on flushe le bonhomme (la bonne femme), le toutou et tout ce qui semble faire obstacle à notre prochaine lubie... parce que ce sont, trop souvent, des lubies !

    Le prêt-à-porter de la vie
    21 février 2007 , par Loïse Lavallée   [retour au début des forums]
    Un toutou, une p’tite poupée ou un bébé ?

    Je trouve également que les avancées de la technologie et les manipulations génétiques soulèvent de grands problèmes éthiques : éthique de vie avant tout. On dispose de plus en plus de moyens pour sauver des vies, guérir ce qui ne se guérissait pas auparavant. C’est merveilleux, même si dans un sens c’est déjà aller contre la nature. Or, on ne s’arrête malheureusement pas là : on garde en vie de force des gens qui sont prêt à mourir, on « crée » un enfant comme du prêt-à-porter. L’éthique de notre société n’a pas été ajustée à toutes les découvertes scientifiques des dernières années. Et ce n’est pas fini. Cela va aller de plus en plus vite et de plus en plus loin.Il faut repenser nos valeurs en gardant en tête ce miracle qu’est la vie, contrebalancée par la sagesse terre-à-terre des cycles de la nature elle-même.


        Pour afficher en permanence les plus récents titres et le logo de Sisyphe.org sur votre site, visitez la brève À propos de Sisyphe.

    © SISYPHE 2002-2007
    http://sisyphe.org | Archives | Plan du site | Copyright Sisyphe 2002-2011 | |Retour à la page d'accueil |Admin