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vendredi 5 octobre 2007

Louky Bersianik à la recherche de sa "planète positive"

par Micheline Carrier






Écrits d'Élaine Audet



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Comment savoir avec certitude ce qui détermine les grands choix d’une vie ? Peut-être en a-t-on une certaine idée a posteriori...

En 1976, sur la scène québécoise et internationale, surgissait un personnage aussi étrange que fascinant, sorti tout droit de l’imagination de l’écrivaine féministe Louky Bersianik. C’était l’Euguélionne, cette extraterrestre à la recherche de "sa planète positive" et "du mâle de son espèce". Personnage attachant qui révélait avec finesse et humour des facettes, que je connaissais peu alors, de la vie de cette moitié de l’humanité à laquelle j’appartiens. « Elle arrivait d’ailleurs, par le haut », écrit un reporter [au sujet de l’Euguélionne]. Affolant les yeux électroniques braqués sur elle. Hallucinant les autres regards. Car n’importe qui pouvait la voir à l’œil nu comme sur un écran, en close-up, en plan éloigné, en accéléré, en slow-motion, avec des effets de zoom, de dolley-back, de tilt-up et de tilt-down, bien qu’elle fût réelle, charnelle et de trois dimensions. Le moment le plus saisissant fut celui où elle apparut en surimpression sur un autre monde. » Stupéfaction et enchantement ! Je fus immédiatement accrochée ! Ce livre fut ma bible des semaines, des mois durant, et j’annotai presque chaque page, comme l’auteure put s’en rendre compte lorsque je le lui confiai pour une dédicace... 26 ans plus tard.

Je n’ai jamais pris la peine d’analyser la source profonde de mon engagement féministe, mais je soupçonne que ce premier grand roman féministe québécois en fut l’une des étincelles, Andrea Dworkin alimentant ensuite le feu par sa compréhension brillante du pouvoir et de la violence comme instruments par excellence du patriarcat, un sujet qu’aborde entre autres aussi Louky Bersianik dans son style sans pareil, en plus de déboulonner le sexisme de la langue française. La lecture de L’Euguélionne a légitimé un changement radical qui s’était opéré plus tôt chez moi, quand j’avais quitté de but en blanc un emploi rémunérateur que je trouvais ennuyant et futile, pour chercher un semblant d’utilité à mon existence quelque part ailleurs, en l’occurrence en Afrique. L’Euguélionne, cette oeuvre phare de la littérature féministe québécoise, semblait m’indiquer une voie grâce à laquelle je ne connaîtrais plus l’ennui. C’est à cette époque que j’ai commencé à faire du journalisme à la pige en privilégiant les femmes comme sujet ; elles étaient encore plus absentes des médias qu’elles le sont aujourd’hui.

L’ensemble de l’oeuvre de Louky Bersianik constitue une somme de la condition des femmes, qui sont aussi semblables que différentes dans tous les pays et à toutes les époques. Que je puisse contribuer à la diffuser avec Élaine Audet ne m’était pas venu à l’esprit auparavant. C’est pourtant ce qui se concrétisera dans trois semaines quand L’archéologie du futur sortira de l’imprimerie. Dans cette anthologie, dont Louky Bersianik a choisi elle-même les textes, on retrouve bien sûr de larges passages de L’Euguélionne, aussi des extraits d’autres oeuvres : Permafrost, un roman ; Le pique-nique sur l’Acropole, un autre de ces livres qui vous procure une joie extrême ; Les agénésies du vieux monde et La main tranchante du symbole.

Louky Bersianik, L’archéologie du futur, éditions Sisyphe, Collection Anthologie, Montréal, 2007. Préface de France Théorêt. Format : 10 cm x 15 cm, 136 pages. ISBN : 978-2-923456-08-9.

* Biographie de Louky Bersianik..
* Textes (dont ceux d’Élaine Audet) sur l’oeuvre de Louky Bersianik dans la rubrique Littérature de Sisyphe.
* Hommage à Louky Bersianik.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 4 octobre 2007


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Micheline Carrier
Sisyphe

Micheline Carrier est éditrice du site Sisyphe.org et des éditions Sisyphe avec Élaine Audet.



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