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mercredi 13 février 2008


Commission parlementaire sur le projet de loi 63
Comment aider les hommes quand on pense que tout le monde est ligué contre eux ?

par Pierrre Reid, député d’Orford






Écrits d'Élaine Audet



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Mardi, à la Commission des affaires sociales sur le projet de loi 63, Loi modifiant la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, la Coalition pour la défense des droits de l’homme du Québec présentait son mémoire. Ses porte-parole ont soutenu que la police, les juges, les lois et tout le système socio-politique font preuve de discrimination à l’égard des hommes. Ils ont cité notamment les exemples du divorce, de la garde des enfants et de la violence. Ils ont demandé que la politique gouvernementale contre la violence faite aux femmes soit abolie parce qu’elle serait, selon eux, injuste à l’égard des hommes et contraire à l’égalité. Ils souhaitent aussi que soient abolies les institutions publiques qui soutiennent l’égalité des femmes car, selon eux, elles sont discriminatoires envers les hommes. Ils se prononcent contre le projet de loi 63 car il ne serait que “cosmétique“ et ne changerait pas la discrimination à l’égard des hommes mais renforcerait plutôt la position des femmes qu’ils jugent déjà suffisante.

La ministre Christine St-Pierre n’a posé aucune question ni commenté la présentation du groupe. Son collègue le député Russell Copeman, qui avait déjà croisé le fer avec un groupe semblable lors de la Commission des affaires sociales sur l’Avis du Conseil du statut de la femme en 2006, a relevé l’expression “misandre“ par laquelle la Coalition qualifiait le système judiciaire au grand complet. S’il y a “misandrie“, a déclaré le député de Notre-Dame-de-Grâce, ce seraient des hommes qui s’en rendraient coupables car le système justificiaire est composé à 70% d’hommes.

C’est le député d’Orford, Pierre Reid, qui a apporté la réponse la plus intéressante à ce groupe. Comment peut-on aider les hommes en difficultés, a-t-il demandé, quand on dépeint la société québécoise comme étant composée de gens qui, fondamentalement, sont là pour leur faire du tort ? Voici son intervention. Il s’agit de la transcription de débats, donc le style en est un parlé. Le titre et les sous-titres sont de Sisyphe.

*****

Comment aider les hommes quand on pense que tout le monde est ligué contre eux ?

Je ne sais si vous allez avoir beaucoup de temps pour répondre, peut-être que vous pourrez utiliser d’autres moments dans ce qui nous reste.

Des expériences différentes

Écoutez, moi, je suis un peu perplexe face à votre mémoire. J’ai été de ceux qui faisaient partie des grandes vagues de divorces de 1980 et j’avoue que je n’ai pas vécu d’injustice de mon côté. J’ai eu d’ailleurs la garde de mes enfants, ce qui était assez rare à l’époque, et nous nous sommes arrangés, à un moment où la garde partagée n’existait pas, nous nous sommes arrangés pour faire une sorte de garde partagée avec mon ex-femme. La plupart des amis que j’ai eus - et il y en a beaucoup qui ont divorcé dans cette période-là et les quelques années qui ont suivi, n’ont pas non plus subi, autant que je sache, d’injustice. Mais c’est arrivé dans au moins un cas, et il est clair que nous avons aidé cet ami-là à faire des procédures en justice, nous l’avons soutenu, etc. Parce qu’il peut y avoir des injustices dans tous les secteurs (...), et ça s’est terminé sans que, moi, je ne voie, en tout cas, quelque chose qui me paraît dans votre présentation comme étant, j’irais jusqu’à dire, un certain nombre de procès d’intention. Et on dirait que vous prêtez à des juristes, à différents intervenants dans le milieu, des intentions de vouloir, je ne sais pas, moi, être malhonnêtes envers les hommes alors que, moi, je n’ai pas vécu ça.

Et je vous dirais que, comme député, ça m’est arrivé deux fois d’aider des gens dans mon comté, des hommes de mon comté, qui vivaient des difficultés (...), ne pouvaient pas voir leurs enfants ou enfin un certain nombre de choses. Et je vous dirais que je n’ai pu le faire pour une seule raison, parce que je crois profondément en l’égalité entre les hommes et les femmes, et ça marche des deux côtés, bien sûr, ça marche aussi pour les hommes. Et ma conviction me permet de travailler dans ce sens-là comme je l’ai fait avec des amis, comme je l’ai fait dans ma carrière précédente à l’université et comme je l’ai fait comme député avec des personnes. Et, quand je lis votre texte et que je vous écoute, c’est que tout est tellement noir - et ce n’est pas ce que, moi, j’ai vécu -, tout est tellement sombre, je peux comprendre qu’une personne qui vit quelque chose de difficile, vit quelque chose de sombre et je l’ai vécu et j’ai des amis qui l’ont vécu, mais je ne vois pas quelque chose... C’est presque caricatural et ce n’est pas négatif ce que je veux vous dire.

"Un Québec d’égalité"

Je veux vous dire que... et ma question est la suivante, c’est : Comment peut-on - et votre groupe veut aider les hommes, là, qui ont des difficultés ; comment peut-on - aider les hommes quand on a l’impression qu’au départ et qu’on dépeint la société québécoise comme étant quelque chose où fondamentalement il y a des gens qui sont là pour faire du tort aux hommes ? Et mon impression, c’est que la société, notre société n’est pas comme ça. Ça ne veut pas dire que ça ne résulte pas par moments, par rapport à une loi ou à une autre, en certaines injustices, mais la société fondamentalement n’est pas biaisée totalement dans un sens. Et malheureusement, quand on lit votre texte, on a un peu l’impression que c’est la vision des choses que vous avez et, moi, ma question, c’est : Comment...

Moi, je ne pourrais pas aider des femmes ou des hommes qui ont des difficultés, même sur ce plan-là, je ne pourrais pas aider ces gens-là si je ne croyais pas fondamentalement que notre Québec est un Québec d’égalité et que nos institutions visent l’égalité. Ça ne veut pas dire que c’est toujours parfait, mais que grosso modo, ça vise l’égalité et, comme j’ai l’impression que vous ne voyez pas les choses comme ça, je me demande : Comment pouvez-vous arriver à apporter une aide à des personnes pour que ça donne des résultats, pas juste pour dire : “Bon, bien, on te comprend“, mais aussi pour que ça donne des résultats, ce qu’on a à faire, nous, dans nos comtés, quand on a des gens qui viennent nous visiter ?

Source : Les débats de la Commission des affaires sociales sur le projet de loi 63.

- Lire également les échanges du député Pierre Reid et de Gilbert Claes, le 13 février 2008.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 13 janvier 2008


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