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mardi 9 septembre 2008 Sexe et médias - Le Conseil du statut de la femme répond à Lise Ravary, directrice de Châtelaine
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La directrice de Châtelaine a rencontré la ministre de la Condition féminine Christine St-Pierre récemment afin d’essayer de la convaincre d’abolir le Conseil du statut de la femme. À quel titre et au nom de qui Mme Ravary a-t-elle fait cette démarche, nous ne le savons pas. Il semble que l’une des prochaines éditions de Châtelaine abordera le sujet de l’aide aux hommes qui serait insuffisante de la part du gouvernement. Les hommes antiféministes et les masculinistes, qui n’ont cessé de combattre le CSF et les féministes depuis cinq ans, se sont peut-être trouvé une nouvelle porte-parle en la personne de Mme Ravary. Raison de plus pour faire savoir à la ministre que nous ne partageons pas l’avis de la directrice de Châtelaine. Après tout, ce n’est pas à cette dernière de décider du sort du Conseil du statut de la femme.
C’est Mary Daly, je crois, qui écrivait que les hommes n’auraient pas à combattre le féminisme, dans un proche avenir, des femmes s’en chargeraient. Dans l’édition de septembre 2008 du magazine Châtelaine, Lise Ravary (féministe, mon oeil !) publie une critique de l’Avis du CSF, Le sexe dans les médias : obstacle aux rapports égalitaires. Certains propos de la directrice de Châtelaine laissent penser qu’elle n’a pas lu l’avis dont elle parle, ni même le résumé qui accompagne la version intégrale de ce document. La Direction de la recherche du CSF a transmis à Lise Ravary la réponse que vous pourrez lire plus bas dans cette page. Dans le numéro d’octobre, la directrice de Châtelaine, qui croit peut-être détenir la légitimité et la crédibilité pour ce faire, demande l’abolition du Conseil du statut de la femme et, comme les masculinistes en 2004-2005, son remplacement par un conseil mixte. Ce conseil se réunirait une fois l’an pendant trois jours... Diantre, trois jours de travail par an ! Une dure année, pour ce conseil ! Une réunion sociale entre "gens du monde", peut-être... Il me semble que le monde se porterait mieux si les gens qui ignorent ce dont ils parlent se taisaient plus souvent et s’occupaient de leurs propres affaires (en l’occurrence, pour Lise Ravary, de son magazine de publicités et de promotions de toutes sortes destinées à maintenir les femmes centrées sur leur apparence et à accroître les profits des patrons, en plus d’encourager l’hypersexualisation, justement...). On ne saurait s’attendre que les médias et ceux/celles qui en dépendent pour vivre acceptent facilement la critique sur leur part de responsabilité dans l’hypersexualisation de la société dont les conséquences néfastes touchent particulièrement les adolescentes et pré-adolescentes. Mais quand une directrice de magazine à grand tirage, dont l’objectif est de faire des profits sur le dos des femmes et des adolescentes, se sert de ce magazine pour "bitcher" des personnes mieux informées qu’elle sur le sujet qu’elle aborde, je qualifie cette attitude de saloperie. Richard Martineau, qui ne se regarde sans doute pas souvent dans un miroir, autrement il aurait hésité à s’attaquer à la présidente du Conseil du statut de la femme, en juin dernier, et Marie-France Bazzo qui se livre à du sous-Bazzo dans sa chronique du Journal de Montréal ont aussi tous les deux démontré que le milieu dans lequel on évolue déteint sur l’esprit et sur les manières. À milieu frivole, réflexion frivole. Dans les trois cas se confirme l’adage "la fonction fait le larron" : des journalistes qui n’informent plus selon l’éthique de leur profession, mais qui polémiquent au profit de leurs patrons. Nous n’avons pas, en tant que femmes et que féministes, à plier l’échine devant ces gens qui abusent du pouvoir des médias auxquels ils appartiennent. S’ils invoquent la liberté d’expression, c’est à la leur qu’ils font référence. Ne craignons pas de nous exprimer à notre tour, même s’il y a peu de chances que ces trois-là publient des commentaires critiques à leur endroit.
Vous pouvez y laisser des messages. Micheline Carrier Québec, le 14 août 2008 Réaction du Conseil du statut de la femme concernant le billet signé par Lise Ravary, directrice du magazine Châtelaine, dans l’édition de septembre 2008 C’est en tant que corédactrice de l’avis du Conseil du statut de la femme, Le sexe dans les médias : obstacle aux rapports égalitaires, que je vous écris aujourd’hui car votre billet intitulé « Minute ! » dans l’édition de septembre de Châtelaine m’a étonnée. Il ne reflète pas une compréhension adéquate des positions défendues par le Conseil, c’est pourquoi une mise au point s’impose. Notons d’abord que le Conseil, en déposant son récent avis, a répondu à une demande de la précédente ministre de la Condition féminine. L’avis s’emploie à montrer, à partir d’une revue des travaux de chercheuses éminentes, que les médias, très présents dans la vie des jeunes, font une large place aux messages sexualisés. Ceux-ci, loin d’être anodins, influencent la population qui les consomme et tout particulièrement les jeunes. L’avis ne dit jamais que « TOUS les magazines lus par les jeunes sont coupables de montrer des images dégradantes de la femme », comme vous l’écrivez, pas plus qu’il ne condamne TOUTES les revues, d’ailleurs. Il établit simplement que l’exposition à du contenu sexuel modifie le comportement des jeunes. Et les nouveaux comportements des jeunes sont inquiétants en ce qu’ils menacent leur santé. Les études montrent qu’exposés à du contenu sexuel, les jeunes : 1) ont des relations sexuelles plus précoces ; 2) adhèrent davantage aux stéréotypes sexuels ; 3) transforment leurs attentes en matière sexuelle ; 4) acceptent la violence dans leurs relations amoureuses. Sans compter le plus grand risque de contracter des ITSS et les troubles alimentaires associés à l’obsession de l’image corporelle. Les effets de la sexualisation de l’espace public doivent être pris au sérieux, ce que vous reconnaissez dans votre billet. Par contre, vous niez la pertinence des actions proposées dans l’avis pour atténuer ces effets. Signalons que, contrairement à votre affirmation, l’avis ne recommande nullement au gouvernement de « passer des lois », préférant des mesures pédagogiques et incitatives. Le Conseil souhaite voir les jeunes mieux outillés pour interpréter les messages sexuels dont ils sont bombardés et dit qu’il faut stimuler l’exercice de leur esprit critique. Il ne s’agit pas ici de nier le rôle des parents dans l’éducation de leurs enfants, mais de sensibiliser les intervenants entourant les « ados », de même que les concepteurs et les diffuseurs de messages à l’intention des ados, à l’influence néfaste sur eux de l’exposition à du contenu sexuel, telle que l’ont révélée les études. Vous reprochez au Conseil de chercher à promouvoir une sexualité égalitaire ? Dans une société comme la nôtre, caractérisée par la reconnaissance de l’égalité entre les femmes et les hommes, une telle sexualité n’est-elle pas préférable à celle que caractériseraient des rapports de domination ? Je vous mets en garde d’opposer féminisme et féminité : ce serait faire le jeu des anti-féministes. Un dernier mot : le Conseil ne condamne pas la séduction ni la sexualité adolescente. Toutefois, lorsque trop souvent des jeunes de 12 ou 13 ans baignent dans un univers pornographique, il y a lieu de s’inquiéter et d’agir. Nathalie Roy
Mis en ligne sur Sisyphe, le 18 août 2008 © Sisyphe 2002-2010 |
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Kim Cornelissen, consultante en développement régional et international
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Oui, c’est possible d’être pour l’égalité sans être féministe. Parce que le féminisme, c’est être pour l’égalité, plus une manière particulière d’interpréter le monde. C’est comme si, en marge des humanistes qui ont un jour aboli l’esclavage, existait un mouvement "anti-esclavagiste" qui verrait désormais des esclaves partout. Le salarié esclave du patron, l’enfant esclave du parent, le voisin esclave de son autre voisin, le PDG esclave des actionnaires. Et au nom de la dignité humaine, on s’emploierait à abolir tous les rapports de force pour mettre fin à la "société esclavagiste". Je reconnais que j’exagère. Mais si peu. Votre exemple des bateaux est typique du féminisme, si vous me permettez. Vous terminez votre propos en disant que "la mer n’appartient à personne [...] en tous cas pas aux femmes". Comme si les femmes avaient été dépossédées de la mer parce qu’une sorte de joug patriarcal les bannissait du poste de pilotage des bateaux de plaisance. En passant, ce que vous dites à ce sujet est faux. Je fréquente les ports de plaisance 4-5 mois par année (mes parents ont un bateau) et je compte beaucoup de femmes aux commandes. Ma mère est meilleure pilote que mon père. J’ai moi-même quelques bases de navigation et il m’est arrivé une fois de diriger le vaisseau pendant que mes amis gars s’amusaient en arrière ! Donc (1) : votre "vérité" sur les bateaux est une fausse vérité, pure extrapolation tirée de vos observations strictement personnelles et (2) même si votre énoncé était vrai, pourquoi ne pas simplement en conclure que les femmes aiment moins piloter des bateaux de plaisance ? Et en tous les cas, je ne vois pas ce que le CSF - à supposer qu’il survivrait - pourrait bien changer à votre histoire de femmes dépossédées du droit de piloter des bateaux de plaisance par les dents du patriarcat. En enfin madame, et je vous le dis en tant que jeune femme, votre égalité interchangeable dans tout ne m’intéresse pas. Quelle est donc cette obsession du laminage des différences ? Si je veux faire quelque chose qui sort de l’image "traditionnelle" d’une femme, je le fais et c’est tout !
C’est bien le mouvement féministe qui a permis de remettre en cause les fondements de la société tant sur le plan privé que publique dans le but d’aboutir à une meilleure compréhension de l’inégalité et de ce fait pouvoir changer les rapports H/F. Ainsi, la volonté d’égalité (donc d’élargissement de choix d’action) s’inscrit dans le féminisme. Comme si on avait pu obtenir/changer des politiques sociales sans penser à la lutte des classes, bref au contexte. Les femmes ont été effectivement et pendant longtemps (et encore aujourd’hui dans bcp de pays) interdites à bord des bateaux (commerciaux, militaire et plaisance). Avant de dire d’emblée que c’est faux - J’ai emmené récemment un ami au port de plaisance de Québec pour observer la situation afin qu’il donne son avis - Et il était très étonné de voir que si peu de femmes (voire aucune parfois) pilotaient les bateaux dès qu’il s’agissait de faire des manœuvres plus difficiles dans le port. Au port de Halifax qui a une longue histoire maritime les excursions en mer sont organisées de tel sorte que les jeunes filles distribuent les brochures et les hommes manœuvrent et surtout pilotent ! Pour changer les choses, des femmes doivent se regrouper et former un équipage strictement féminin !! Cela est déjà arrivé. Vous dites bien vous-même que vous ne l’avez fait qu’une fois, et de plus généralisez une situation personnelle alors que mon constat est global et n’a rien à voir avec ma personne. Le déni consiste à voir ce que l’on veut bien voir en oubliant le contexte social, collectif, historique. Une approche très individualiste en somme ! C’est peut-être lié au contexte néo-libérale et individualiste propre à votre génération ; l’illusion du self-made man/woman, le mythe de l’auto-engendrement. Puis progressivement vous glissez vers l’essentialisme facile (joli contradiction !) en évacuant encore le contexte (vous feriez une mauvaise sociologue lol) en présupposant que les femmes aiment (beaucoup) moins piloter les bateaux. Grotesque ! J’ai amené ce sujet comme un exemple parmi d’autres concernant l’inégalité des chances et le rapport de force entre les sexes. Le fait étant visible, il porte à réfléchir que ce soit au sein d’un comité ou pour un individu. De plus le privé est lié au publique et au politique. On choisit un métier par ce que l’on voit autour de soi. Nous sommes un « nous » avant d’être un « Je ». Enfin vous avez dévoilé votre vrai peur, celle de voir une réelle égalité de choix dans une société. Avant d’affirmer que l’on procède vraiment à un laminage des différences, il faudrait avant tout être certain de ce qui est naturel ou culturel - Et si toute seule, vous savez mieux que les autres, alors tant mieux pour vous !
Et les gens de sisyphe ont décidé de contester ce point de vue. Où est le problème ?
Le problème, c’est que Sisyphe affiche l’irrespect le plus complet envers la position contraire. Position qu’elle attribue à :
Voir la lettre adressée à Mme St-Pierre publiée sur ce site, pour référence. Aucun respect, aucune présomption de bonne foi. Aucun argumentaire sur le fond. Que des attaques ad hominem brutales, méchantes, basses. Il est là le problème.
@ Mme Frenette, Moi je les ai lus les documents liés à la commission parlementaire à laquelle vous faites référence. J’ai lu l’avis préliminaire, le compte rendu et plusieurs mémoires. Disons-le sans détour : cette commission fut une mascarade. On sentait nettement qu’il y avait deux clans : (1) celui des groupes féministes et groupes de femmes (majoritaire) et (2) celui des hommes, minoritaires et apparemment des "masculinistes" dont la plupart n’ont eu que très peu de temps pour préparer leurs interventions, ayant été invités à la toute dernière minute. En résumé : des femmes, comme vous, venues dire combien elles avaient besoin du CSF. Puis des hommes, minoritaires, venus jouer le mauvais rôle. Une différence entre l’avis préliminaire et le rapport final ? Aucune, je vous prie. On aurait pu avoir écrit les deux le même jour. Jamais "la société québécoise" ne s’est prononcée : c’est plutôt la société des amies du CSF qui l’a fait. Et au fait, qu’est-ce qui empêche une personne de revenir sur une question déjà discutée ? Pour le reste de votre intervention, voici ce qu’on en retient :
Très convaincant.
La commission parlementaire qui a étudié les mémoires présentés et qui a remis un rapport unanime sur la nécessité de maintenir l’existence du Conseil du statut de la femme(CSF) était composée de députés de l’Assemblée nationale, que l’on ne peut qualifier comme vous le faites de club partisan du CSF. Ce sont des députés élus démocratiquement et qui représentent les valeurs de leur parti. Comme ils sont d’allégeances diverses, on peut présumer qu’ils représentent assez bien la société québécoise. Il n’est donc pas excessif de dire que leur rapport témoigne du point de vue de la société québécoise sur la question. À moins que pour vous, la démocratie ne soit pas le système politique qui convienne !
Alors dites-moi, madame : si tous les députés sont à ce point sensibles aux droits des femmes, et qu’eux-mêmes sont représentatifs de la société, pourquoi les femmes auraient-elles encore besoin d’un Conseil pour les défendre ? Mais n’en discutons pas trop, parce que vous dites n’est pas exact. Les députés de l’Assemblée nationale ont convoqué une commission parlementaire pour leur indiquer la voie à suivre. Dès lors que l’avis de la commission était "unanime" en faveur du CSF, comment les députés auraient-ils pu la contrecarrer ? Or, l’unanimité de la commission, c’est celle dont je vous parle : "Le CSF est encore utile, puisque tous les amis du CSF - pratiquement les seuls qui furent invités / écoutés en commission - l’ont dit !" Je vous renvoie au concept de mascarade : on consulte les bonnes personnes pour obtenir une réponse qu’on connaît déjà. Et bien sûr, les députés sont légitimes de prendre des décisions en démocratie. Mais de là à prétendre que leurs décisions sont nécessairement représentatives de l’opinion publique...
La question à poser est plutôt : "Tant que l’égalité des femmes n’est pas réalisée dans tous les domaines CONCRÈTEMENT, pas seulement au plan des intentions, pourquoi le conseil serait-il remis en question ?? En quoi le travail du conseil en faveur de la promotion des femmes peut-il déranger les "Châtelaine" de ce monde ? Si elle ne le croit pas utile, d’autres le croient, qu’elles ne s’occupent plus du conseil et laissent les autres profiter de son travail et des avis pertinents qu’il donne au gouvernement, par exemple, celui sur l’hypersexualisation. Je ne comprends pas pourquoi il faudrait abolir un organisme seulement parce que certaines ne l’aiment pas.
La liberté de pensée se porte si bien ici que je publie vos propos. Je ne parle pas du tout du lectorat de Châtelaine dans le texte sous lequel votre message est publié, et la saloperie dont je parle, je l’attribue clairement à Lise Ravary, directrice de Châtelaine, et non par association à son lectorat, comme vous le faites. Il est difficle d’apprendre à lire, semble-t-il. Un commentaire critique à mon endroit : certains jours, je me trouve bien naïve de croire encore qu’on peut changer le monde et convaincre certaines personnes que l’estime de soi est la base essentielle pour atteindre l’égalité, peu importe le domaine de la vie.
Sexe et médias - Le Conseil du statut de la femme répond à Lise Ravary, directrice de Châtelaine Qui êtes-vous Monsieur Lemay ? Auriez-vous le courage de vous identifier au complet SVP ? Pouquoi des propos aussi méprisants et sarcastisques personnellement adressés à l’éditrice de ce site ? Pourquoi vous attaquez-vous personnellement à Madame Carrier, êtes-vous incapable d’apporter des arguments solides, fondés et recherchés ? Il serait intéressant de comprendre vos intérêts dans ce débat mais en vous cachant vous ne risquez pas grand chose… Pas fort votre argument consistant à dénaturer totalement la substance des propos de l’auteure ! Votre réplique manque totalement de raffinement, de recherche et surtout d’utilité !
Je taisais mon prénom dans l’attente qu’on m’identifie à un homme. Car on le sait bien, il n’y a que des hommes qui puissent être en désaccord avec vous, n’est-ce pas ? Je me présente, Mélanie Lemay. Je suis étudiante à Montréal, femme accomplie, heureuse en amour, heureuse dans mes boulots. Châtelaine ? Je le lis dans les salles d’attente. Mais quand je suis tombée sur le texte de Lise Ravary, j’ai songé à m’y abonner. Pourquoi ? Parce que je suis une femme sûre de moi. Une femme qui atteint ses buts. En cela, je suis comme mes amies, comme mes soeurs. Ma féminité n’est pas une maladie : elle est mon bonheur. Les hommes dans ma vie sont des collègues, des professeurs, des amoureux, des amis. Jamais des nuisances. Et leur "statut" ne me fait ni peine ni envie. Je ne doute guère que ma réplique vous soit inutile, je ne m’adressais pas à vous. Elle m’est utile à moi. Elle m’est utile parce que je ne peux plus supporter ce mouvement féministe qui prétend parler en mon nom, pour la défense de mes droits. Ce mouvement qui voudrait me déresponsabiliser et faire porter le poids de mes malheurs par une soi-disant société patriarcale. En somme, un mouvement qui, de toute évidence, milite plus pour sa survie que pour mon épanouissement. Vous démontrez bien, madame, la différence entre "femme pour l’égalité" et féministe. Je suis une femme pour l’égalité. En vous attaquant rageusement à toute critique, en véhiculant vos dogmes indiscutables, en refusant le respect le plus élémentaire à quiconque rejette votre analyse, vous vous montrez clairement féministe. Je ne suis pas des vôtres, et je tenais à vous le dire. Puissent d’autres femmes en faire autant. — - Vous trouvez que ma réplique à Mme Carrier manque de contenu et qu’elle est méprisante ? C’est normal. Je tentais de demeurer dans le même style narratif...
Permettez, tout homme que je suis, de penser que votre style ressemble plutôt à celui de madame Ravary qu’à celui de madame Carrier... Mais d’où vous vient le goût de vous répandre en une multitude de messages ? Le besoin de parler ? Sans vouloir vous blesser, vous me semblez l’archétype des femmes peu sûres d’elles, qui ont des choses à prouver et lancent des flèches dans toutes les directions. Hélas, j’en ai rencontré plusieurs de cette catégorie... Si vous me permettez une confidence... selon ce que j’ai vécu, bien humblement, j’ai bien conscience de ne pas être dans mon milieu naturel ici, celles qui se pensent obligées d’en appeler à leur vie privée et de répéter, qu’ELLES, elles sont féminines, sont bien avec les hommes (sous-entendant que celles qui pensent autrement sont des frustrées et en conflit avec les hommes) me font sourire et m’éloigner... La féminité n’est pas une maladie, vous dites, mais pourquoi avez-vous besoin de l’afficher dans vos courriels et de l’opposer à des propos qui ne remettent aucunement en question la féminité en général ? Soyez féminine sans avoir besoin d’en parler. Les femmes de ce type ont tendance à accuser les autres de ce qu’elles font elles-mêmes - c’est un peu votre cas, si, quand vous accusez l’auteure de "s’attaquer rageusement à...". En lisant vos messages j’étais content de ne pas être près de vous, j’aurais eu peur d’être griffé. Une autre caractéristique de ce genre de femmes qui ont besoin de chanter les louanges des hommes pour se positionner face à des critiques, c’est qu’elle n’apporte généralement pas beaucoup d’idées nouvelles aux discussions. Elles invectivent et cherchent à blesser, à faire sentir le rejet, elles n’ont pas beaucoup de talent pour se placer au niveau de l’analyse. ("Je ne suis pas des vôtres, je tiens à vous le dire. Puissent d’autres femmes en faire autant", dites-vous. Était-ce nécessaire ?). J’ai pu constater dans mes classes (je suis prof de cégep, je vous laisse deviner en quelle discipline) que ce type de femme se sent insécure face à leurs consoeurs qui remettent en question les idées reçues et ont un regard critique aiguisé sur la société. Elles s’en méfient. Je pense que la deuxième catégorie est plus autonome que celle qui a besoin d’invoquer leurs "bonnes" relations avec les hommes et leur féminité comme caution de rectitude et preuve d’être dans la "bonne voie". (Je marche sur les oeufs en me permettant ces réflexions, excusez-moi mesdames si je vous choque un peu, mais on échange ici, si ?). Je ne suis un homme féministe, je ne défends ni ne condamne le féminisme, mais j’aime bien les discussions, parfois musclées, avec les féministes et j’ai saisi l’occasion d’intervenir. Je fréquente le site depuis quelques années. Je n’ai pas l’impression que le mouvement féministe veuille déresponsabiliser les femmes, des femmes sont mieux placées que moi pour vous l’expliquer. Vous avez l’air un peu montée contre madame Carrier, cela paraît dans tous vos messages. Je n’ai pas remarqué dans ses écrits les caractéristiques qui se dégagent de vos propos. Elle critique pointu et semble ne pas démordre facilement de ses opinions, je vous l’accorde, mais elle exprime des idées et fait des analyses qui provoquent des réflexions utiles. J’envoie parfois mes étudiants lire ce site pour provoquer les discussions. Sur le sujet de madame Ravary, ma foi, je n’ai pas d’opinion sur elle personnellement. Sur le Conseil du statut de la femme, j’ai signé une pétition il y a quelques années pour le maintenir. C’était le sujet en litige, il me semble, le maintien du Conseil, pas Mme Ravary VS Mme Carrier. Amicalement vôtre, Jean-Yves Bouchard
Cher Jean-Yves, J’apprécie votre prise de position, malgré que je trouve qu’il vous en faut bien peu pour procéder à l’analyse complète d’une personnalité. Sur ce que vous pensez de la mienne, je ne peux malheureusement vous donner raison. Évidemment, il n’existe aucune façon de vous le prouver. Si j’ai donné quelques informations sur ma vie personnelle, c’était pour souligner à quel point les positions féministes sont en décalage avec mon vécu et mes besoins. Et si j’ai pris, depuis hier, quelques temps pour répondre à des textes de Mme Carrier (une première dans ma vie), c’est que j’ai cru qu’il était utile de marquer mon désaccord à une démarche (celle de Mme Carrier) entièrement construite autour de véhémentes attaques personnelles. Il est vrai que Mme Carrier pond parfois des textes intéressants. Je viens d’en relire quelques uns. Mais je me demande bien, dans ses interventions concernant Mme Ravary, où la tenancière de ce site a "fait des analyses qui provoquent des réflexions utiles". Moi aussi, j’aime les discussions musclées (vous vous en doutez). Mais le texte de Mme Carrier n’a rien pour provoquer une "discussion musclée". C’est plutôt une foire d’empoigne qu’elle nous prépare. Ce faisant, Mme Carrier s’inscrit dans une tendance proprement féministe à démoniser et à ridiculiser la critique. Enfin, quand je lis les réponses à mes messages, je note qu’il est commun de refuser qu’une femme normale puisse être franchement en accord avec l’abolition du CSF. Ou bien il s’agit de femmes ignorantes et mesquines (Lise Ravary), de complexées passives-agressives (moi apparemment) ou d’antiféministes ultraconservatrices. Quant aux hommes qui risqueraient de soutenir cette position, nous savons tous qu’ils ne sont que des grimpeurs de ponts. Un argumentaire sur le fond ? Croyez-moi, je vous en soumettrais avec plaisir. J’ai déjà assez écrit, mais j’aurais aimé savoir en quoi le Conseil n’est plus, aujourd’hui, qu’une structure politique, peuplée par un establishment féministe qui ne voudra jamais disparaître, et strictement destiné à colporter les positions de ses parents idéologiques. J’aimerais aussi qu’on me dise en quoi nous avons besoin d’un Conseil pour crier au sexisme chaque fois qu’une femme subit une défaite (ex. : le service des nouvelles de la SRC). En quoi nous avons besoin d’un Conseil pour nous pondre une étude de 100 pages sur l’hypersexualisation, avec la prémisse que la société patriarcale opprime encore les femmes et avec la conclusion principale que... les parents doivent s’occuper de leurs enfants. Idéologique, le Conseil l’est. Il l’est parce qu’il teinte toutes ses interventions de la notion très contestée de "société patriarcale". Il l’est parce qu’il classe méticuleusement toute analyse alternative sous la coupe du masculinisme ou de l’antiféminisme. Il l’est parce que sa conception de l’égalité des sexes est fondée sur la croyance en une sorte de lutte de classes où les hommes seraient les bourgeois et les femmes, les prolétaires. J’attends de ma société qu’elle abolisse le CSF, mais qu’elle le remplace par une autre structure qui évoluerait hors des cercles hermétiques du féminisme. Des spécialistes des droits de la personne et des politiques publiques, hommes et femmes, pourraient identifier avec prudence (vertu manquante au CSF) les difficultés vécues par les femmes et trouver ensemble des solutions. J’attends qu’on réfléchisse vraiment aux fondements de la violence conjugale et qu’on sorte de la dualité homme-monstre / femme-victime. J’attends qu’on cesse de me faire croire - parce que mon expérience démontre que c’est faux - que le sexisme est tel qu’il explique encore la sous-représentation des femmes en lieux de pouvoir. Le Conseil du statut de la femme est idéologique. C’est le pendant gouvernemental d’un mouvement politique. Voudriez-vous, monsieur, d’un Conseil du marxisme-léninisme ? Cordialement.
Bonjour Mélanie, Marxiste-léniniste ? Vous pensez ? Sous un gouvernement ultra-libéral ? C’est ce que vous voulez dire par "parents idéologiques ?" Cela me surprend beaucoup. Il me semble que le m-l est une idéologie trop complexe pour y comparer les rapports des hommes et des femmes sur le modèle des luttes de classe. Il faudrait m’expliquer ça, ce n’est pas évident pour moi. Pourquoi les spécialistes des droits de la personne et des politiques sauraient-ils mieux identifier les problèmes des femmes que des femmes elles-mêmes et trouver des solutions ? Vous méfiez-vous des personnes de votre sexe ? Si le sexisme n’est pas en partie responsable de la sous-représentation des femmes en politique, qu’est-ce qui explique cette sous-représentation ? Je vous ai prévenu que j’étais prof. Un prof qui pose des questions. Jean-Yves B.
Re-bonjour Jean-Yves, Vos questions sont les bienvenues. Je me suis mal exprimée avec le marxisme-léninisme. L’idée derrière ma phrase n’était pas de comparer cette idéologie avec le féminisme. Mon point, c’est plutôt que le féminisme est une idéologie (je ne dis pas mauvaise en soi) et qu’elle est au centre de toutes les positions du CSF. Or je m’étonne qu’on s’en accommode, alors que l’intégration dans le gouvernement de tout autre mouvement idéologique passerait très mal. Ma question n’était qu’un exemple. J’aurais pu vous demander si vous voudriez d’un Conseil de l’altermondialisme, d’un Conseil du sionisme ou tenez, d’un Conseil du kantisme, où toutes les questions sociétales seraient abordées à travers le prisme de la Morale de Kant ? Quant à la lutte des classes, l’idée même d’égalité en est imprégnée. Depuis que les questions de droit sont largement réglées, tout est concentré sur "ce qui empêche la femme de devenir l’égale de l’homme malgré son égalité en droit". Bien sûr, ce sont les thèmes de l’asservissement, du sexisme, de la dévalorisation, de la mysoginie et des "relans de patriarcat" qui servent d’explication. En contexte conjugal, les gentilles femmes que nous sommes sont victimes de monstrueux monsieurs violents. En matière de publicité, nous serions dépossédées de notre dignité et de notre volonté devant les suggestions avilissantes des gros empires prêts à nous considérer comme des choses fût-ce cela payant. Au travail et en politique, nous heurterions le plafond de verre sournoisement maintenu par la classe des hommes. Et j’en passe. Mais que retenir ? L’homme, classe des gagnants, des exploiteurs, des dominateurs. La femme, classe des opprimées, des bafouées, des dépossédées. À mon tour de vous poser une question, cher prof, le puis-je ? De quel homme devrions-nous être l’égale ? Votre 2e question : L’ennui n’est pas que des femmes se prononcent sur les problèmes des femmes. Si c’était cela, j’en serais heureuse. Mais ce sont plutôt des féministes qui le font. Les féministes ont une façon de définir les problématiques qui leur est propre. Je ne dis pas qu’elle est foncièrement mauvaise. Mais elle ne peut être la seule qui vaille. J’ai une autre question pour vous. Quelle différence voyez-vous entre un/une féministe et une personne non-féministe favorable à l’égalité ? Vous vous dites féministe : c’est bien qu’il doit y avoir, à votre avis, une différence substantive entre "féminisme" et "non féminisme". Et s’il n’y en avait pas, sur quoi se baseraient alors les féministes pour traiter d’autres femmes d’antiféministes (comme on l’a fait envers Elizabeth Fox-Genovese dans sa fin de carrière) ? Enfin, vous me demandez quels autres facteurs que le sexisme pourraient expliquer la sous-représentation des femmes dans les lieux de pouvoir. Essayons quelques hypothèses : les exigences de la maternité (j’entends : la "gestation"), un intérêt moins marqué pour le pouvoir, la capacité parfois supérieure des hommes à "donner un show" pour s’attirer la popularité et vanter leurs compétences, le manque d’assurance. Mais je pense surtout que l’association "femme et pouvoir" devait passer dans les moeurs. Il faut toujours atteindre une masse critique pour déclencher un phénomène. Et plus il y a de femmes en lieux de pouvoir, plus il est facile pour elles de socialiser, de se sentir à l’aise, voire de se coopter. J’en suis une preuve, si cela vous intéresse. Ironiquement d’ailleurs, ce sont la plupart du temps mes collègues masculins qui défendaient mes candidatures. Et mes amies qui refusaient de s’impliquer, ce n’est pas le sexisme ambiant qui les inhibait, croyez-moi. Voilà. J’espère que mes réponses vous apportent des précisions utiles.
Madame, Toute une tradition intellectuelle, reconnue par l’institution universitaire comme valide, puisqu’elle est financée à même les fonds publics et évaluée par les pairs de toutes tendances idéologiques, théoriques et disciplinaires, documente depuis plusieurs décennies le phénomène sociohistorique des inégalités structurelles entre les sexes. Ces recherches sont pour la plupart inscrites dans une approche féministe (c’est-à-dire qui reconnait la persistence des inégalités et la nécessité de les combattre) qui n’est pas incompatible avec la rigueur, la scientificité, l’honnêteté intellectuelle. Il s’agit bien entendu d’une perspective particulière qui oriente les recherches, dans le sens où elle est un point de départ - et il en faut dans tous les cas un - des problématiques particulières. Toute réflexion sur la vie en société est partielle et orientée en fonction de la position sociale de l’auteur ainsi que de ses croyances normatives et idéologiques. Certaines croyances sont plus dominantes que d’autres dans nos sociétés, selon les époques, et apparaissent plus neutres parce que davantage partagées et diffusées par les institutions sociales comme normales ou naturelles. Manifestement toute cette littérature sociologique, historique, philosophique vous est étrangère. Vous profiteriez sans doute de la lecture de quelques ouvrages fondamentaux sur la question. Cela vous ferait peut-être comprendre que si vous ne vous sentez pas opprimée par les structures sociales patriarcales, cela ne signifie pas qu’elles n’existent pas et n’ont pas d’effets sur les autres femmes, et au moins que cela ne vous autorise pas à nier la pertinence des analyses féministes sérieuses. Vous réaliseriez à la lecture de ces textes féministes qu’il est possible de voir les rapports sociaux autrement qu’à partir de son propre point individuel. Vous caricaturez un peu trop le féminisme, que vous connaîssez probablement mal, qui est extrêmement diversifié et est toujours demeuré porteur d’un projet d’égalité entre les sexes.
Vous pensez sincèrement que la lutte pour l’autonomie des femmes se fait sur le dos des hommes ? Que le débat est basé sur une polarisation hommes-femmes ? Beaucoup de gens le croient (encore, est-ce possible !). Madame Ravary le croit car elle annonce en grande pompe la venue « d’un loup dans la bergerie « châtelaine », un homme ) !) – en l’occurrence Benoît Dutrizac – y aura sa chronique. Quel scoop ! Mais quelle nouveauté ! Quelle innovation ( !) Vraiment ! Sait-elle que depuis des lustres des hommes se battent pour la cause des femmes, en fait depuis toujours ?!?!? Et que les femmes ne se battent pas uniquement pour les femmes mais pour tous (ou presque) les laissés pour compte ? Madame Ravary dénonce cette « supposée » polarisation mais le plus drôle c’est qu’elle crée et maintient cette polarisation dans sa revue. Cela démontre une ignorance crasse du mouvement pour l’autonomie des femmes. Marie-France Bazzo fait exactement la même chose dans sa dernière chronique. Il est plus facile de cibler directement des personnes, un organisme, que de se questionner sur leur engagement et d’analyser leurs positions. Plus facile d’affirmer que le CSF veut nous empêcher de jouer à l’infirmière avec notre mari dans la chambre à coucher (et pourquoi pas au docteur, mosus, ????), donc lui attribuer de fausses intentions et un pouvoir « surnaturel » -inexistant bien sûr – ça donne plus de pouvoir à ses propos. Et ça fait plus peur aux lectrices et aux lecteurs de sa revue. Belle stratégie ! Bon, il est clair que vous détestez les féministes. Vous n’êtes pas la seule. Madame Carrier le disait bien en début de texte, des femmes (encore plus que certains hommes) se chargent de combattre le mouvement féministe. Mais quelle est l’origine de cette rage ? Vous semblez si épanouie, si accomplie, tellement bien dans votre peau. Pourquoi cette réaction épidermique qui vous amène à nier même le droit de parole et de contestation à des féministes ? Quand on est vraiment en paix avec soi on n’a pas de réaction aussi exagérée.
Merci Johanne pour votre message. Votre 1ère question se fournit elle-même sa propre réponse. En effet, la "lutte pour l’autonomie des femmes", quand on connaît l’état actuel du droit, ne revient plus qu’à lutter pour que les femmes, bénéficiaires de droits égaux à ceux des hommes, s’en sortent "aussi bien que les hommes". Je mets des guillemets parce que je ne suis pas certaine que je voudrais m’en sortir "aussi bien" que n’importe quel homme. Posons-nous alors une question pour savoir sur le dos de qui se fait cette lutte. Si nous jouissons des mêmes droits que les hommes, qu’est-ce qui nous empêcherait de nous accomplir "aussi bien" (remarquez encore les guillemets) qu’eux ? Ici, de deux choses l’une : (A) Nous sommes trop empotées pour nous en sortir toutes seules, donc nous avons besoin d’organismes pour nous protéger contre nous-mêmes et nous extraire à notre propre turpitude. (B) Ce sont les hommes - ou le système qu’ils ont mis en place (les féministes disent souvent le "système mâle" qui les en empêche encore sournoisement). Si vous rejetez A - je l’espère bien - convenez avec moi que ce n’est pas sur le dos des ânes que la lutte féministe se fait. Par ailleurs, vous dites que "depuis des lustres, des hommes se battent pour la cause des femmes, en fait depuis toujours". Je dirais plutôt que depuis des lustres, les hommes sont beaucoup moins sexistes et "boqués" qu’on voudrait bien le croire. Un seul exemple : La réforme du droit civil au Québec (1955-1991) - avancée majeure pour les droits des femmes - s’est faite dans un univers politique 100% masculin (à l’exception de Claire Kirkland Casgrain), la plupart des amendements majeurs au Code ayant été apportés AVANT la création du CSF. Vous écrivez, plus loin, que les femmes se battent aussi pour les "laissés pour compte". Je vous repose alors la question du début : qui alors vous "laisse pour compte", surtout dans le Québec des années 2000 ? Les hommes ? Le système mâle ? Le patriarcat ? Si vous me dites ensuite que votre lutte ne se fait pas sur le dos des hommes, je me verrai obligée de féliciter la subtilité de vos raisonnements. Bon, et enfin, ce ne sont pas les féministes que je déteste. C’est celles qui sortent toujours en grande pompes la vertu dont elles ont apparemment le monopole. Faites le bien et dites comme moi. Dites le contraire et vous ferez le mal. Je ne sais même plus comment montrer que rien ne semble épidermique quand on le compare aux réactions de Mmes Carrier / Audet elles-mêmes dans l’affaire Ravary-CSF. Je ne sais plus. Pourtant, on ne lui ménage pas beaucoup d’insultes. Mais j’imagine qu’il aurait fallu en appeler à trancher la gorge de Lise Ravary pour que la lumière s’allume. Alors oui, ce genre de choses me rendent "épidermique". Même si ma peau, je suis bien dedans.
Je ne vous comprends pas bien. C’est Lise Ravary qui veut trancher "la gorge" du CSF (au figuré, bien sûr) et c’est Audet et Carrier que vous accusez de l’attaquer. Elles ne font que réagir à l’entreprise de démolissage qu’entreprend Lise Ravary en se servant de son magazine (qui a beaucoup d’intérêt $, vous en conviendrez, à ce que les femmes ne soient que "féminines", belles et se taisent) et des ondes publiques (Radio-Canada et autres). Des moyens que Carrier et Audet n’ont pas, ni le Conseil du statut de la femme qu’on gifle publiquement sans lui fournir l’occasion de répliquer. Beaux médias qui se prétendent au service de l’information, neutres et objectifs, et qui manquent à l’éthique la plus élémentaire (on les connaît, on a affaire à eux aussi dans le monde municipal, mon domaine). Vous vous exprimez abondamment ici en faveur de la position de Mme Ravary. Il m’est difficile de comprendre pourquoi vous montez sur vos grands chevaux quand d’autres s’expriment en faveur du CSF et que vous les accusez presque de vouloir lyncher Ravary. Moi, c’est vous qui me faites hérisser les poils sur la peau. Vous avez le ton de la donneuse de leçon classique qui veut faire table rase de tout (ici du conseil et de 30 ans de travaux), mais n’a rien de constructif à proposer elle-même, sauf de vagues idées. Et vous avez dit à M. Bouchard que vous vouliez aller en politique, si j’ai bien compris et que les femmes ne vous soutenaient pas, mais les hommes oui. Si vous vous présentiez dans une équipe à laquelle j’appartiendrais, moi non plus je ne vous soutiendrais pas pour cause d’inconscience face à certaines questions socio-politiques qui touchent les femmes et d’insultes gratuites envers les féministes, dont je suis. Pour rien au monde je ne voudrais être représentée par une personne comme vous. Vous avez pris assez de place ici et je trouve les gens de ce site bien tolérants envers vos diatribes sarcastiques et futiles. Je vous aurais virer à leur place. Odile Dion-Fortier, fonctionnaire municipale
"Et vous avez dit à M. Bouchard que vous vouliez aller en politique, si j’ai bien compris..." Vous avez mal compris. Je n’ai jamais parlé de politique et pour cause, puisque je n’en fais pas. "...et que les femmes ne vous soutenaient pas, mais les hommes oui." J’ai vraiment dit ça ?
Vous avez écrit : Je vous ai mal interprétée probablement, mon exaspération m’a fait mal lire, et je m’en excuse. Comme vous veniez de parler de femmes et politique et que vous donniez votre exemple, j’ai cru que les candidatures en question étaient des candidatures à des postes politiques. Mais n’y aurait-il pas une autre raison pour laquelle vos collègues féminines ne vous appuyaient pas ? Parlez-vous toujours des femmes comme vous le faites ici et leur prêtez-vous des intentions comme le vous faites pour certaines ici ? Vous savez, cela peut être blessant. Une autre petite question me tracasse : dans l’un de vos messages, vous parlez de "femme normale". Qu’est-ce qu’une "femme normale" ?
Re-bonjour, Je réponds à vos deux questions, sans trop m’étendre parce que j’ai déjà beaucoup écrit sur ce forum. Vous me demandez : "Mais n’y aurait-il pas une autre raison pour laquelle vos collègues féminines ne vous appuyaient pas ?" Je pense que je me suis mal exprimée ici. Je voulais seulement dire que j’avais beaucoup de très bons appuis masculins. Aussi n’ai-je jamais ressenti que des hommes tentaient de bloquer ma progression. À vrai dire, c’était comme si mon genre n’avait jamais été une considération. Vous me demandez ensuite : "Parlez-vous toujours des femmes comme vous le faites ici et leur prêtez-vous des intentions comme le vous faites pour certaines ici ?" Je me désole que vous ayez été blessée par ce que je tentais d’amener. Tel n’était pas mon but. Dans mes interventions, j’ai voulu parler non pas des femmes en général, mais de celles qui ont toujours l’air d’attendre l’avènement d’une impossible (à mon avis) société égalitaire à tous les niveaux avant de se risquer à être ce qu’elles veulent bien être. Et je parlais aussi de ce qui me semble être un aspect clé du féminisme (ou "des féminismes"), soit la croyance que toute différence entre les sexes est forcément artificielle et résulte d’un éternel travail collectif de rabaissement ou de marginalisation de la femme. Enfin, vous m’interrogez sur mon emploi de l’expression "femme normale". Dans le contexte où j’ai employé cette locution, j’entendais qu’on pouvait être "normale" ET appuyer la disparition du CSF. Normale, soit : pas ignorante à mort, bassement mercantile, de mauvaise foi, ultraconservatrice radicale, passéiste, masochiste, etc. En somme, voir l’égalité en droit comme une composante essentielle d’une société juste, sans pour autant cautionner l’approche du CSF. Autrement, je me verrais mal vous fournir une définition large de "femme normale". Cordialement.
Chère Madame Lemay, Je suis tannée de lire vos propos rageurs. Vous n’avez absolument pas compris mes propos, votre rage vous aveugle. J’arrête donc ici mon échange car je ne crois pas qu’il vous soit possible d’échanger décemment. Mais je vois que d’autres personnes se chargent de vous remettre les pendules à l’heure. J’imagine que vous vous rendez compte que vos propos poussent d’autres personnes à réagir sur ce site. Je trouve cela très bien. Continuez...
Je ne pense pas que ce soit de la naïveté, Madame Carrier, moi j’appelle ça du coeur au ventre.
J’ai trouvé ça sur le site du Conseil du statut de la femme. Ça ne ressemble pas tellement à un manifeste marxiste-léniniste. Mission Les actions qu’accomplit le Conseil s’inscrivent dans un plan stratégique pluriannuel qui se traduit par un plan annuel d’activités. Résultat d’une vaste consultation de l’opinion de groupes nationaux et régionaux, le plan et les orientations qu’il comporte prennent racine dans un contexte social, politique et économique en mutation. Dans un Québec pluraliste, où s’opèrent la mondialisation et des changements démographiques importants, la recherche de l’égalité entre les hommes et les femmes se révèle plus que jamais nécessaire. Le Conseil souhaite que les femmes soient parties prenantes aux transformations qui se dessinent et qu’elles les infléchissent vers leurs besoins et leurs aspirations. Des actions appropriées aux besoins des femmes De l’information porteuse de changements Pour sa part, le bulletin trimestriel Info-CSF relate les activités et les événements menés par le Conseil. Toute cette documentation est offerte gratuitement aux personnes qui en font la demande et peut être consultée sur le site internet du Conseil : Page des publications. Le Conseil publie tous les deux mois la Gazette des femmes. Grâce à des reportages sur des sujets inédits et des dossiers étoffés, ce magazine présente la réalité féminine sous tous ses angles. Par ailleurs, le Conseil a lancé, par l’intermédiaire de la Gazette des femmes, une collection de guides qui traitent de sujets qui préoccupent notamment les femmes, la famille et la santé. Les guides remplis de conseils, de ressources et de renseignements pratiques sont vendus aux Publications du Québec ou remis en prime avec un abonnement au magazine. Le Conseil en région Composition du Conseil
Qui lit Sisyphe ? Pas grand monde, je vous le dis. Votre hargne n’intéresse guère le peuple.
Alors, pourquoi le lisez-vous ?
Je ne suis peut-être que l’exception qui confirme la règle. Je suis curieux. Je constate le désarroi du féminisme au Québec ainsi que la division au sein de ce mouvement....
Désarroi, je ne crois pas, je ne le vois pas en tout cas de l’intérieur, mais division, oui. Et pourquoi en serait-il autrement que dans le reste de la société ? Il y a différents points de vue chez les féministes comme chez les nationalistes, comme chez les journalistes, les gens de la politique (n’y a-t-il pas des partis ?) La pluralité existe dans le mouvement féministe aussi. Il serait bien bizarre qu’il en soit autrement, ne trouvez-vous pas ? Si vous faites référence à la division entre Châtelaine et Sisyphe sur la question du CSF, il y a des précisions à faire. Châtelaine n’est pas un magazine féministe et Sisyphe est un site féministe. On pourrait dire ici qu’il s’agit de divisions entre femmes, mais pas entre féministes.
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