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mardi 9 septembre 2008

Sexe et médias - Le Conseil du statut de la femme répond à Lise Ravary, directrice de Châtelaine






Écrits d'Élaine Audet



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La directrice de Châtelaine a rencontré la ministre de la Condition féminine Christine St-Pierre récemment afin d’essayer de la convaincre d’abolir le Conseil du statut de la femme. À quel titre et au nom de qui Mme Ravary a-t-elle fait cette démarche, nous ne le savons pas. Il semble que l’une des prochaines éditions de Châtelaine abordera le sujet de l’aide aux hommes qui serait insuffisante de la part du gouvernement. Les hommes antiféministes et les masculinistes, qui n’ont cessé de combattre le CSF et les féministes depuis cinq ans, se sont peut-être trouvé une nouvelle porte-parle en la personne de Mme Ravary. Raison de plus pour faire savoir à la ministre que nous ne partageons pas l’avis de la directrice de Châtelaine. Après tout, ce n’est pas à cette dernière de décider du sort du Conseil du statut de la femme.

- Allez signer la lettre à la ministre St-Pierre : "Lettre à la ministre Christine St-Pierre - Ne Laissez pas l’ignorance saper les acquis des femmes québécoises", par Micheline Carrier et Élaine Audet.


C’est Mary Daly, je crois, qui écrivait que les hommes n’auraient pas à combattre le féminisme, dans un proche avenir, des femmes s’en chargeraient.

Dans l’édition de septembre 2008 du magazine Châtelaine, Lise Ravary (féministe, mon oeil !) publie une critique de l’Avis du CSF, Le sexe dans les médias : obstacle aux rapports égalitaires. Certains propos de la directrice de Châtelaine laissent penser qu’elle n’a pas lu l’avis dont elle parle, ni même le résumé qui accompagne la version intégrale de ce document. La Direction de la recherche du CSF a transmis à Lise Ravary la réponse que vous pourrez lire plus bas dans cette page. Dans le numéro d’octobre, la directrice de Châtelaine, qui croit peut-être détenir la légitimité et la crédibilité pour ce faire, demande l’abolition du Conseil du statut de la femme et, comme les masculinistes en 2004-2005, son remplacement par un conseil mixte. Ce conseil se réunirait une fois l’an pendant trois jours... Diantre, trois jours de travail par an ! Une dure année, pour ce conseil ! Une réunion sociale entre "gens du monde", peut-être...

Il me semble que le monde se porterait mieux si les gens qui ignorent ce dont ils parlent se taisaient plus souvent et s’occupaient de leurs propres affaires (en l’occurrence, pour Lise Ravary, de son magazine de publicités et de promotions de toutes sortes destinées à maintenir les femmes centrées sur leur apparence et à accroître les profits des patrons, en plus d’encourager l’hypersexualisation, justement...). On ne saurait s’attendre que les médias et ceux/celles qui en dépendent pour vivre acceptent facilement la critique sur leur part de responsabilité dans l’hypersexualisation de la société dont les conséquences néfastes touchent particulièrement les adolescentes et pré-adolescentes. Mais quand une directrice de magazine à grand tirage, dont l’objectif est de faire des profits sur le dos des femmes et des adolescentes, se sert de ce magazine pour "bitcher" des personnes mieux informées qu’elle sur le sujet qu’elle aborde, je qualifie cette attitude de saloperie.

Richard Martineau, qui ne se regarde sans doute pas souvent dans un miroir, autrement il aurait hésité à s’attaquer à la présidente du Conseil du statut de la femme, en juin dernier, et Marie-France Bazzo qui se livre à du sous-Bazzo dans sa chronique du Journal de Montréal ont aussi tous les deux démontré que le milieu dans lequel on évolue déteint sur l’esprit et sur les manières. À milieu frivole, réflexion frivole. Dans les trois cas se confirme l’adage "la fonction fait le larron" : des journalistes qui n’informent plus selon l’éthique de leur profession, mais qui polémiquent au profit de leurs patrons.

Nous n’avons pas, en tant que femmes et que féministes, à plier l’échine devant ces gens qui abusent du pouvoir des médias auxquels ils appartiennent. S’ils invoquent la liberté d’expression, c’est à la leur qu’ils font référence. Ne craignons pas de nous exprimer à notre tour, même s’il y a peu de chances que ces trois-là publient des commentaires critiques à leur endroit.

- Le blogue de Lise Ravary qui se qualifie de "Regard féminin sur le monde" : http://blogues.chatelaine.com/ravary/

Vous pouvez y laisser des messages.

Micheline Carrier

***

Québec, le 14 août 2008

Réaction du Conseil du statut de la femme concernant le billet signé par Lise Ravary, directrice du magazine Châtelaine, dans l’édition de septembre 2008

C’est en tant que corédactrice de l’avis du Conseil du statut de la femme, Le sexe dans les médias : obstacle aux rapports égalitaires, que je vous écris aujourd’hui car votre billet intitulé « Minute ! » dans l’édition de septembre de Châtelaine m’a étonnée. Il ne reflète pas une compréhension adéquate des positions défendues par le Conseil, c’est pourquoi une mise au point s’impose. Notons d’abord que le Conseil, en déposant son récent avis, a répondu à une demande de la précédente ministre de la Condition féminine.

L’avis s’emploie à montrer, à partir d’une revue des travaux de chercheuses éminentes, que les médias, très présents dans la vie des jeunes, font une large place aux messages sexualisés. Ceux-ci, loin d’être anodins, influencent la population qui les consomme et tout particulièrement les jeunes. L’avis ne dit jamais que « TOUS les magazines lus par les jeunes sont coupables de montrer des images dégradantes de la femme », comme vous l’écrivez, pas plus qu’il ne condamne TOUTES les revues, d’ailleurs. Il établit simplement que l’exposition à du contenu sexuel modifie le comportement des jeunes.

Et les nouveaux comportements des jeunes sont inquiétants en ce qu’ils menacent leur santé. Les études montrent qu’exposés à du contenu sexuel, les jeunes : 1) ont des relations sexuelles plus précoces ; 2) adhèrent davantage aux stéréotypes sexuels ; 3) transforment leurs attentes en matière sexuelle ; 4) acceptent la violence dans leurs relations amoureuses. Sans compter le plus grand risque de contracter des ITSS et les troubles alimentaires associés à l’obsession de l’image corporelle. Les effets de la sexualisation de l’espace public doivent être pris au sérieux, ce que vous reconnaissez dans votre billet.

Par contre, vous niez la pertinence des actions proposées dans l’avis pour atténuer ces effets. Signalons que, contrairement à votre affirmation, l’avis ne recommande nullement au gouvernement de « passer des lois », préférant des mesures pédagogiques et incitatives.

Le Conseil souhaite voir les jeunes mieux outillés pour interpréter les messages sexuels dont ils sont bombardés et dit qu’il faut stimuler l’exercice de leur esprit critique. Il ne s’agit pas ici de nier le rôle des parents dans l’éducation de leurs enfants, mais de sensibiliser les intervenants entourant les « ados », de même que les concepteurs et les diffuseurs de messages à l’intention des ados, à l’influence néfaste sur eux de l’exposition à du contenu sexuel, telle que l’ont révélée les études.

Vous reprochez au Conseil de chercher à promouvoir une sexualité égalitaire ? Dans une société comme la nôtre, caractérisée par la reconnaissance de l’égalité entre les femmes et les hommes, une telle sexualité n’est-elle pas préférable à celle que caractériseraient des rapports de domination ? Je vous mets en garde d’opposer féminisme et féminité : ce serait faire le jeu des anti-féministes.

Un dernier mot : le Conseil ne condamne pas la séduction ni la sexualité adolescente. Toutefois, lorsque trop souvent des jeunes de 12 ou 13 ans baignent dans un univers pornographique, il y a lieu de s’inquiéter et d’agir.

Nathalie Roy
Direction de la recherche et de l’analyse

- Site du Conseil du statut de la femme
- Téléchargez un résumé du rapport : Le sexe dans les médias : obstacle aux rapports égalitaires.

- Lire aussi : "Lettre à la ministre Christine St-Pierre - Ne Laissez pas l’ignorance saper les acquis des femmes québécoises", par Micheline Carrier et Élaine Audet

Mis en ligne sur Sisyphe, le 18 août 2008


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    Cette page est remplie de messages qu’il peut être difficile de suivre. Nous vous invitons à intervenir dans celle-ci (Lettre à la ministre St-Pierre, que vous pouvez signer en ligne, si vous le voulez). Le message de mise au point ci-dessous y a été copié, car il concerne aussi le contenu de la lettre à la ministre St-Pierre. Merci.

    Une mise au point sur "ignorance et mauvaise foi"
    14 septembre 2008 , par   [retour au début des forums]

    La dernière partie des propos ci-dessous m’étant sans doute attribués, je fais donc cette mise au point. Avertissement : "la directrice de Châtelaine" ne signifie pas dans ce message "tout le lectorat de Châtelaine", mais bien la directrice de Châtelaine, Lise Ravary.

    On peut lire : « Enfin, vous m’interrogez sur mon emploi de l’expression "femme normale". Dans le contexte où j’ai employé cette locution, j’entendais qu’on pouvait être "normale" ET appuyer la disparition du CSF. Normale, soit : pas ignorante à mort, bassement mercantile, de mauvaise foi, ultraconservatrice radicale, passéiste, masochiste, etc.

    D’abord, comme certaines correspondantes qui ont écrit ici, je lis occasionnellement Châtelaine et d’autres magazines du genre, comme Madame (pas pour les recettes, je suis nulle en cuisine, donc pas une "vraie" femelle, comme dirait B. Dutrizac, un futur nouveau blogueur dans Châtelaine.) Quand la directrice d’un média d’information privé avance l’opinion que l’égalité des femmes est acquise pour demander l’abolition d’un organisme public travaillant pour la promotion des femmes, je dis qu’elle me semble ignorer certains aspects de la vie des femmes, car l’égalité n’est pas chose acquise complètement ni pour toutes, et cela, il est facile de le documenter. De nombreux travaux gouvernementaux, universitaires et féministes l’ont fait, que devrait connaître la directrice de Châtelaine en tant que travailleuse de l’information. Si elle ne les ignore pas et prétend tout de même que l’égalité est acquise, alors, c’est de la mauvaise foi. Donc, pas "ignorante à mort", mais pas assez au courant non plus de l’ensemble de la réalité des femmes pour justifier sa demande d’abolir le CSF.

    Ce n’est pas au CSF tout seul de se préoccuper de l’égalité, il est un instrument parmi d’autres que l’État s’est donné pour agir en ce sens. Les femmes travaillent aussi individuellement à la conquête (c’est encore une conquête, rien ne leur est donné) de l’égalité et le mouvement féministe collectivement. Quand la directrice de Châtelaine demande de remplacer le CSF par un conseil mixte qui siègerait 3 jours par an "pour dresser une liste des enjeux de l’heure dans les relations entre les individus", elle me paraît aussi "ignorer" le véritable travail du CSF (membre du c.a. et personnel) et l’envergure desdits enjeux. Il ne s’agit pas seulement de dresser une liste d’enjeux - cela peut se faire en un colloque de trois jours - il faut mettre en place les mécanismes qui favorisent l’égalité dans ces rapports entre individus de même que dans les rapports des individus avec les institutions privées et publiques, et y travailler à l’année longue. Le CSF a été créé comme outil pour combattre la discrimination systémique à l’égard des femmes (collectivement, pas une à une, même si "chaque femme est unique"), et cette discrimination n’est pas disparue, on en est plus conscient-e et on a fait de grands progrès vers son élimination, notamment grâce à l’existence du CSF et du mouvement féministe, mais elle persiste.

    "Bassement mercantile" - ce n’est pas ce qui a été dit. Mais, comme d’autres, je pense que la question éthique et financière se pose. D’abord, la directrice de Châtelaine, magazine et média commercial qui vit en grande partie d’annonces publicitaires encourageant le culte de l’image chez les femmes (1) (en perpétuant le stéréotype de la femme qui a l’obligation d’être toujours jeune, belle, séduisante, accueillante, etc., une femme irréelle puisqu’on vieillit, engraisse et finit par se lasser d’être toujours au garde à vous pour séduire), la directrice de Châtelaine, dis-je, sert davantage, à mon avis, les intérêts des publicitaires et de ses patrons que ceux des femmes quand elle demande l’abolition du Conseil du statut de la femme, organisme qui combat justement les stéréotypes véhiculés par ce genre de magazine. Éthiquement parlant, je crois qu’un média d’information (si Châtelaine se considère tel) n’a pas à faire campagne contre un organisme public en demandant son abolition, même si la mission de cet organisme risque de desservir ses intérêts.

    « ultraconservatrice radicale, passéiste, masochiste ».

    Ces termes ne qualifient pas la directrice de Châtelaine et ils n’ont pas été employés. Toutefois, reprendre comme elle le fait les revendications antiféministes et masculinistes qui demandent depuis quelques années l’abolition du Conseil du statut de la femme et qui prétendent que les hommes sont discriminés en tant que groupe ne me semble pas une position progressiste. Mais le contenu des annonces de Châtelaine peut être qualifié de passéiste parce qu’il véhicule et maintient les stéréotypes. Toutefois, ce n’est pas de cela qu’il est question ici, c’est de la demande d’abolir le Conseil du statut de la femme. Si Lise Ravary citoyenne veut partir en campagne, qu’elle le fasse sans utiliser son magazine commercial. Autrement, les soupçons de conflits reliés à l’éthique, ainsi que de motivations personnelles, peuvent se justifier. Il est très inhabituel que des journalistes ou directrices de publication aillent personnellement demander à la ministre de la Condition féminine d’abolir un organisme qui leur semble inutile. (Dans la même logique, le ministère de la Condition féminine le serait aussi et il devrait être aboli). Ils peuvent le penser et l’écrire, tout le monde a droit à son opinion, mais de là à se lancer en campagne comme un groupe militant pour l’obtenir (la directrice de Châtelaine a été invitée à plusieurs émissions pour exposer son point de vue, en plus de le faire sur son blogue et dans le magazine, et elle aurait rencontrer personnellement la ministre dans ce but)...

    Enfin, s’il n’est pas nécessaire d’être féministe pour défendre les intérêts des femmes, cela aide de chercher au moins à connaître l’ensemble des réalités que vivent les femmes avant de conclure que tout est gagné. Il n’est pas nécessaire pour ce faire d’être une femme, certains hommes semblent conscient de ces réalités. Mais ce sont d’abord aux femmes de prendre les choses en main.

    1. « Le marché de la beauté, un enjeu de santé publique », selon le titre du colloque du Réseau québécois d’action pour la santé des femmes (RQASF), en 2006.

    Micheline Carrier

    Le Conseil du statut de la femme a joué un rôle-clé dans la réforme du code civil
    11 septembre 2008 , par   [retour au début des forums]

    Je pense que celle qui écrit ceci ignore tout de la lutte des femmes, et elle devrait lire "L’histoire des femmes du Québec" (Collectif CLIO).

    Elle écrit : « Par ailleurs, vous dites que "depuis des lustres, des hommes se battent pour la cause des femmes, en fait depuis toujours". Je dirais plutôt que depuis des lustres, les hommes sont beaucoup moins sexistes et "boqués" qu’on voudrait bien le croire. Un seul exemple : La réforme du droit civil au Québec (1955-1991) - avancée majeure pour les droits des femmes - s’est faite dans un univers politique 100% masculin (à l’exception de Claire Kirkland Casgrain), la plupart des amendements majeurs au Code ayant été apportés AVANT la création du CSF. »

    Elle a l’air de penser que les hommes au pouvoir se sont levés un beau matin et se sont dit : "Bon, c’est le temps de réformer le code civil pour que les parents soient des égaux. C’est le temps de considérer les femmes comme nos égales, même si elles ne le demandent pas. Nous allons modifier le code civil, même si nous y perdrons des privilèges " (Un droit qui est réservé à un groupe donné est un privilège). Je veux bien croire que les hommes québécois sont pas plus progressistes que bien d’autres, mais ça ne s’est pas fait sans débats ardus et tiraillements, et ça s’est fait avec des femmes (même un petit nombre dans l’appareil gouvernemental.

    La majorité des amendements législatifs qui tendaient à rendre les citoyennes et citoyens égaux sur le plan social, familial et économique ont été gagnés sous les pressions de groupes et d’individus : le Réseau d’action et d’information sur les femmes (RAIF), notamment, militait spécifiquement pour des changements législatifs. Et il est FAUX de dire que les principales réformes dans le code ont toutes été faites avant la création du Conseil du statut de la femme. Regardez les dates des projets de loi, notamment sur le droit de la famille et le droit des personnes : 1980, 1982, 1983, et adoption en 1987. Le Conseil du statut de la femme, créé en 1973, a joué un rôle-clé dans l’adoption de ces réformes car il conseillait le gouvernement, lui donnait des avis, comme aujourd’hui, en faisant produire des recherches très élaborées pour appuyer ces avis. Les groupes comme l’AFEAS, le RAIF, la FFQ, l’Association des familles monoparentales, et bien d’autres aussi ont participé aux consultations nombreuses autour de ces réformes. Les personnes qui ont de la mémoire ou qui ne cherchent pas à occulter délibérément l’histoire collective des femmes pour servir leurs thèses reconnaissent le rôle du CSF et de ces groupes, qui ont travaillé ensemble pour toutes les femmes du Québec, et elles leur en sont aujourd’hui reconnaissantes.

    À l’étranger, notamment en France, on estime que le Québec est l’un des États parmi les plus avancés en ce qui a trait à la reconnaissance des droits juridiques et sociaux des femmes, à l’ouverture sur l’égalité, même s’il a encore un bout de chemin à faire pour les traduire dans la réalité. Je crois que le progrès n’aurait pas été aussi rapide sans l’existence du Conseil du statut de la femme et que ce dernier peut jouer un rôle important de chien de garde, à notre époque où ces droits subissent des assauts de toutes sortes. Je n’apprendrai rien à qui que ce soit en disant qu’un noyau d’hommes et de femmes au Québec voudraient annuler ces réformes parce qu’ils trouvent qu’elles sont allées trop loin. Comment peut-on aller trop loin pour favoriser l’égalité des sexes, l’autonomie économique des personnes, la justice sociale, etc ? Une telle pensée est une menace certaine aux acquis des 3 ou 4 dernières décennies.

    Appuyons le maintien Conseil du statut de la femme, en dépit de ses failles et quitte à le critiquer. Si le CSF disparaissait, il faudrait s’attendre à un recul sur bien des plans. Non pas parce que : "(A) Nous sommes trop empotées pour nous en sortir toutes seules, donc nous avons besoin d’organismes pour nous protéger contre nous-mêmes et nous extraire à notre propre turpitude", comme dit l’intervenante très habile à distortionner les faits et à ridiculiser. Parce que nous en avons encore besoin : l’égalité n’est pas chose acquise. Elle est en voie de l’être, grande différence.


    Voici ce qu’on peut lire sur ce site :

    Bref historique de la réforme du Code civil

    « En 1955, le gouvernement du Québec entreprend la réforme du Code civil en adoptant la Loi concernant la révision du Code civil. Pour mener à bien ce projet, il crée alors l’Office de révision du Code civil. Il met également en place différents comités chargés de proposer des réformes dans certains secteurs du droit civil. Le fruit des travaux de l’Office et des comités est soumis à la consultation avant d’être intégré dans un rapport déposé à l’Assemblée nationale du Québec, en 1978, sous la forme d’un projet de Code civil commenté.

    Après avoir reçu le rapport, le gouvernement procède à une consultation publique sur le droit de la famille, domaine jugé prioritaire. En décembre 1980, il adopte les réformes proposées dans ce secteur. En 1982 et en 1983, des projets de loi visant la réforme du droit des personnes, des successions et des biens sont à leur tour présentés à l’Assemblée nationale avant d’être fondus en un seul projet de loi, lequel est adopté en avril 1987.

    Entre décembre 1986 et juin 1988, trois avant-projets de loi sont soumis à la consultation générale : un premier sur les sûretés réelles et la publicité des droits, un deuxième sur les obligations et un troisième sur la preuve, la prescription et le droit international privé.

    Durant cette période, afin de répondre aux besoins les plus pressants, diverses modifications sont apportées au droit de la famille dans le Code civil du Bas-Canada et dans le Code civil du Québec. Entre autres, signalons la réforme du droit de l’arbitrage, certaines modifications en matière de copropriété et d’emphytéose, l’institution du patrimoine familial et la réforme de la curatelle publique et des régimes de protection des majeurs. L’adoption internationale, qui a subi des modifications importantes en 1983 et en 1987, fait à nouveau l’objet d’une réforme en 1990.

    Le 18 décembre 1990, l’Assemblée nationale reçoit le projet de nouveau Code civil du Québec. Celui-ci est adopté le 8 décembre 1991 et entre en vigueur en 1994. »

    - Source : Site du ministère de la Justice du Québec.

    Pas d’égalité sans féminisme
    10 septembre 2008 , par   [retour au début des forums]

    Dire que l’on est pour l’égalité mais non féministe, c’est démontrer une totale ignorance (ou un déni) du contexte socio-historique de l’égalité !
    Dans la même veine, aurait-on pu abolir l’esclavage sans se proclamer humaniste ?!

    - 40 ans de féminisme c’est encore trop jeune pour croire (ou se cacher les yeux et les oreilles) que tout est gagné tel que le rapporte une Internaute :« elle/on nous sert l’argument de l’évolution de la société (québécoise) sur fond de mythe de l’égalité-déjà-là, dont Christine Delphy affirmait qu’il est un poison à plus d’un titre lors de sa venue à Montréal l’an dernier.) »

    Par ailleurs, les faits parlent d’eux-mêmes en ce qui concernent la prétendue égalité. Et, comme amoureuse de la mer, je vous invite à vous rendre au port de plaisance et à noter combien de femmes pilotent les bateaux (la main sur la manette des gaz et l’autre sur la barre pour manœuvrer, sortir ou entrer du port, accoster au quai, ...) tandis que monsieur s’occupent des bouées.

    Vous n’en verrez parfois aucune...

    À Halifax, même chose.

    À Arcachon, France, même chose.

    La liste couvrirait une très grande partie des villes portuaires du monde...

    La mer n’appartient à personne, (comme bien d’autres espaces), vraiment ? en tout cas pas aux femmes. Ou alors à ce qu’on appelle les "femmes remarquables" ou "alibis". (ce dernier terme démontrant bien le déni de l’inégalité toujours présente).

    Alors, pour ceux qui nient ou ne voient pas le besoin d’un Conseil pour continuer de se battre pour l’égalité, vous faut-il des lunettes ou la longue vue ?

    Oui, je souhaiterais qu’une majorité de personnes se souviennent d’inverser les rôles dans une situation donnée et juger si l’égalité est complète dans les activités, les métiers, en politique et dans les CA ! Et pour les mœurs, allez donc voir la vidéo faite par des F et des H pour le fun ;))

    En attendant...

    Bon vent au CSF !

    • Pas d’égalité sans féminisme
      11 septembre 2008 , par
        [retour au début des forums]

      Oui, c’est possible d’être pour l’égalité sans être féministe. Parce que le féminisme, c’est être pour l’égalité, plus une manière particulière d’interpréter le monde.

      C’est comme si, en marge des humanistes qui ont un jour aboli l’esclavage, existait un mouvement "anti-esclavagiste" qui verrait désormais des esclaves partout. Le salarié esclave du patron, l’enfant esclave du parent, le voisin esclave de son autre voisin, le PDG esclave des actionnaires. Et au nom de la dignité humaine, on s’emploierait à abolir tous les rapports de force pour mettre fin à la "société esclavagiste".

      Je reconnais que j’exagère. Mais si peu.

      Votre exemple des bateaux est typique du féminisme, si vous me permettez. Vous terminez votre propos en disant que "la mer n’appartient à personne [...] en tous cas pas aux femmes". Comme si les femmes avaient été dépossédées de la mer parce qu’une sorte de joug patriarcal les bannissait du poste de pilotage des bateaux de plaisance.

      En passant, ce que vous dites à ce sujet est faux. Je fréquente les ports de plaisance 4-5 mois par année (mes parents ont un bateau) et je compte beaucoup de femmes aux commandes. Ma mère est meilleure pilote que mon père. J’ai moi-même quelques bases de navigation et il m’est arrivé une fois de diriger le vaisseau pendant que mes amis gars s’amusaient en arrière !

      Donc (1) : votre "vérité" sur les bateaux est une fausse vérité, pure extrapolation tirée de vos observations strictement personnelles et (2) même si votre énoncé était vrai, pourquoi ne pas simplement en conclure que les femmes aiment moins piloter des bateaux de plaisance ?

      Et en tous les cas, je ne vois pas ce que le CSF - à supposer qu’il survivrait - pourrait bien changer à votre histoire de femmes dépossédées du droit de piloter des bateaux de plaisance par les dents du patriarcat.

      En enfin madame, et je vous le dis en tant que jeune femme, votre égalité interchangeable dans tout ne m’intéresse pas. Quelle est donc cette obsession du laminage des différences ?

      Si je veux faire quelque chose qui sort de l’image "traditionnelle" d’une femme, je le fais et c’est tout !

      [Répondre à ce message]

      • Pas d’égalité sans féminisme
        12 septembre 2008 , par
          [retour au début des forums]

        C’est bien le mouvement féministe qui a permis de remettre en cause les fondements de la société tant sur le plan privé que publique dans le but d’aboutir à une meilleure compréhension de l’inégalité et de ce fait pouvoir changer les rapports H/F. Ainsi, la volonté d’égalité (donc d’élargissement de choix d’action) s’inscrit dans le féminisme.

        Comme si on avait pu obtenir/changer des politiques sociales sans penser à la lutte des classes, bref au contexte.

        Les femmes ont été effectivement et pendant longtemps (et encore aujourd’hui dans bcp de pays) interdites à bord des bateaux (commerciaux, militaire et plaisance).

        Avant de dire d’emblée que c’est faux - J’ai emmené récemment un ami au port de plaisance de Québec pour observer la situation afin qu’il donne son avis - Et il était très étonné de voir que si peu de femmes (voire aucune parfois) pilotaient les bateaux dès qu’il s’agissait de faire des manœuvres plus difficiles dans le port.

        Au port de Halifax qui a une longue histoire maritime les excursions en mer sont organisées de tel sorte que les jeunes filles distribuent les brochures et les hommes manœuvrent et surtout pilotent !

        Pour changer les choses, des femmes doivent se regrouper et former un équipage strictement féminin !!
        Cela est déjà arrivé.

        Vous dites bien vous-même que vous ne l’avez fait qu’une fois, et de plus généralisez une situation personnelle alors que mon constat est global et n’a rien à voir avec ma personne.

        Le déni consiste à voir ce que l’on veut bien voir en oubliant le contexte social, collectif, historique. Une approche très individualiste en somme ! C’est peut-être lié au contexte néo-libérale et individualiste propre à votre génération ; l’illusion du self-made man/woman, le mythe de l’auto-engendrement.

        Puis progressivement vous glissez vers l’essentialisme facile (joli contradiction !) en évacuant encore le contexte (vous feriez une mauvaise sociologue lol) en présupposant que les femmes aiment (beaucoup) moins piloter les bateaux. Grotesque !

        J’ai amené ce sujet comme un exemple parmi d’autres concernant l’inégalité des chances et le rapport de force entre les sexes. Le fait étant visible, il porte à réfléchir que ce soit au sein d’un comité ou pour un individu. De plus le privé est lié au publique et au politique. On choisit un métier par ce que l’on voit autour de soi. Nous sommes un « nous » avant d’être un « Je ».

        Enfin vous avez dévoilé votre vrai peur, celle de voir une réelle égalité de choix dans une société. Avant d’affirmer que l’on procède vraiment à un laminage des différences, il faudrait avant tout être certain de ce qui est naturel ou culturel - Et si toute seule, vous savez mieux que les autres, alors tant mieux pour vous !

        [Répondre à ce message]

    Sexe et médias - Le Conseil du statut de la femme répond à Lise Ravary, directrice de Châtelaine
    9 septembre 2008 , par   [retour au début des forums]
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    Mais que tout cela est donc imprévisible, dites donc ! Mme Ravary et Châtelaine ont décidé d’exprimer un point de vue. Ils décident d’agir en citoyens et de transmettre leurs idées à la ministre St-Pierre.

    Mais quel est le problème au juste ?

    Le problème est qu’ils n’ont pas le BON point de vue. Et forcément, quand vous n’avez pas le BON point de vue - c’est-à-dire celui de Sisyphe - c’est que vous jouez avec les masculinistes et les antiféministes.

    La façade de l’église s’effondre.

    Sexe et médias - Le Conseil du statut de la femme répond à Lise Ravary, directrice de Châtelaine
    9 septembre 2008 , par   [retour au début des forums]
    Sexe et médias - Le Conseil du statut de la femme répond à Lise Ravary

    Courriel expédié à madame Ravary, 9 sept. 18h30.

    Madame Lise Ravary,
    directrice de Châtelaine

    Du journalisme, ça ?

    Madame Ravary, vos arguments concernant l’abolition du Conseil du statut de la femme pour le remplacer par un Conseil du statut de la personne arrivent trop tard.

    La société québécoise s’est prononcée là-dessus en 2005-2006 comme nous y revenons plus loin, et il s’avère surprenant qu’en tant que journaliste, vous ne vous sembliez pas en être informée. Le soi-disant Conseil de la personne que vous suggérez serait tout à fait vain compte tenu de l’existence de Commission des droits de la personne, qui s’occupe des individus, comme vous le souhaitez, et qui fait un travail beaucoup plus sérieux que ce que vous envisagez. D’ailleurs vos propos me renversent suffisamment pour ne pas renouveler mon abonnement.

    J’avais constaté au cours des dernières années que le contenu des articles de Châtelaine s’allégeait, au point de devenir très peu substantiels. Mais la légèreté demeurait tout de même distrayante. Mais là, je deviens inquiète quant à ce que vous diffusez .

    Vous prétendez représenter une opinion répandue selon laquelle la pertinence du Conseil serait questionnable. De plus, vous suggérez que le salaire de sa présidente et les autres dépenses de l’organisation seraient de l’argent mal dépensé par le gouvernement. Mais sur la base de quoi ? Avez-vous comparé comment se dépense l’argent dans les organismes gouvernementaux dirigés par les hommes et doutez-vous aussi de leur nécessité ? Desquels ?
    Pour votre information, tous les organismes gouvernementaux ont été passés au crible depuis l’entrée en vigueur du gouvernement libéral en 2003. Avez-vous consulté ces rapports ?

    Tel qu’évoqué ci-dessus, une commission parlementaire a examiné en 2005 plus de cent mémoires issus d’un questionnement sociétal sur la meilleure stratégie pour assurer l’égalité entre les femmes et les hommes ? Les avez-vous examinés pour éclairer votre jugement ?

    Cette même commission, composée de réprésentantEs des trois partis siégeant è l’Assemblée nationale, concluait unanimement à la nécessité de maintenir l’existence du Conseil du statut de la femme et ses bureaux régionaux.

    Pour avoir été responsable de l’un d’entre eux, je suis à même de témoigner de la nécessité de maintenir un organisme conseil, qui soutient les groupes de femmes dans leurs réflexions et actions visant notamment à une égalité de représentation dans les instances de pouvoir et à l’égalité économique dont nous sommes encore loin.

    Oui, il est vrai que le Conseil des ministres est paritaire au Québec, que le Parti québécois est dirigé par une femme, mais avez-vous suivi la campagne au leadership du Parti québécois avant le couronnement de Madame Marois ? Avez-vous suivi la campagne d’Hillary Clinton ? Dans les deux cas , toutes les caractéristiques dont ces femmes disposent : expérience, aisance financière, élégance.., qui s’avèrent des atouts chez les hommes, sont tout à coup devenus des handicaps.

    Êtes-vous consciente qu’au fur et à mesure que les femmes progressent dans des professions traditionnellement masculines : politique, médecine, gestion au niveau supérieur etc., on questionne leur compétence, leur salaire ? On est même rendu à remettre en question la compétence des femmes à enseigner, les rendant plus ou moins subtilement responsables des échecs scolaires masculins. De la même façon, l’offre de services de santé ou oeuvrent majoritairement des femmes est revue sous prétexte que hommes ne recevraient pas les soins appropriés parce que ce sont des femmes qui les prodiguent.

    Madame Ravary, un examen de la réalité et particulièrement des dernières années, vu la montée du conservatisme religieux et politique, milite contrairement à votre opinion, pour le maintien et même le renforcement du soutien gouvernemental à l’amélioration des conditions de vie des femmes. Le Conseil a joué un rôle exemplaire en ce sens, à preuve sa réputation internationale et nationale, et doit continuer à le faire.

    Vous souhaitez vous intéresser davantage à la situation des femmes à travers le monde, ce qui est fort louable, mais je crains que votre sens journalistique vous empêche de décrire ce qui s’y passe réellement.

    Commencez donc par sortir de votre tour d’ivoire de Châtelaine, titre de revue qui me semble plus anachronique que l’organisme que vous souhaitez voir disparaître…, et documentez-vous davantage avant de prendre position sur des sujets dont la connaissance semble largement vous faire défaut.

    Lyse Frenette
    Pré-retraitée de la fonction publique québécoise et ex-responsable du Bureau du Conseil du statut de la femme en Montérégie.

    • Sexe et médias - Le Conseil du statut de la femme répond à Lise Ravary, directrice de Châtelaine
      9 septembre 2008 , par
        [retour au début des forums]
      Le Conseil doit survivre parce que je n’aime pas Lise Ravary

      @ Mme Frenette,

      Moi je les ai lus les documents liés à la commission parlementaire à laquelle vous faites référence. J’ai lu l’avis préliminaire, le compte rendu et plusieurs mémoires.

      Disons-le sans détour : cette commission fut une mascarade. On sentait nettement qu’il y avait deux clans : (1) celui des groupes féministes et groupes de femmes (majoritaire) et (2) celui des hommes, minoritaires et apparemment des "masculinistes" dont la plupart n’ont eu que très peu de temps pour préparer leurs interventions, ayant été invités à la toute dernière minute.

      En résumé : des femmes, comme vous, venues dire combien elles avaient besoin du CSF. Puis des hommes, minoritaires, venus jouer le mauvais rôle.

      Une différence entre l’avis préliminaire et le rapport final ? Aucune, je vous prie. On aurait pu avoir écrit les deux le même jour.

      Jamais "la société québécoise" ne s’est prononcée : c’est plutôt la société des amies du CSF qui l’a fait. Et au fait, qu’est-ce qui empêche une personne de revenir sur une question déjà discutée ?

      Pour le reste de votre intervention, voici ce qu’on en retient :

      - L’existence du CSF est d’une importance capitale pour régler les problèmes que le CSF et les féministes identifient toutes seules, en vase clos ;
      - Le CSF doit continuer d’exister. La preuve : vous êtes pour ;
      - Le CSF doit continuer d’exister parce que la femme n’est pas encore l’égale d’hommes extrêmement inégaux entre eux ;
      - Si Lise Ravary était plus brillante, il est clair qu’elle serait de votre avis.

      Très convaincant.

      [Répondre à ce message]

      • Sexe et médias - Le Conseil du statut de la femme répond à Lise Ravary, directrice de Châtelaine
        10 septembre 2008 , par
          [retour au début des forums]
        Sexe et médias - Le Conseil du statut de la femme répond à Lise Ravary, directrice de Châtelaine

        La commission parlementaire qui a étudié les mémoires présentés et qui a remis un rapport unanime sur la nécessité de maintenir l’existence du Conseil du statut de la femme(CSF) était composée de députés de l’Assemblée nationale, que l’on ne peut qualifier comme vous le faites de club partisan du CSF.
        Ce sont des députés élus démocratiquement et qui représentent les valeurs de leur parti. Comme ils sont d’allégeances diverses, on peut présumer qu’ils représentent assez bien la société québécoise.
        Il n’est donc pas excessif de dire que leur rapport témoigne du point de vue de la société québécoise sur la question.
        À moins que pour vous, la démocratie ne soit pas le système politique qui convienne !

        [Répondre à ce message]

        • Sexe et médias - Le Conseil du statut de la femme répond à Lise Ravary, directrice de Châtelaine
          11 septembre 2008 , par
            [retour au début des forums]

          Alors dites-moi, madame : si tous les députés sont à ce point sensibles aux droits des femmes, et qu’eux-mêmes sont représentatifs de la société, pourquoi les femmes auraient-elles encore besoin d’un Conseil pour les défendre ?

          Mais n’en discutons pas trop, parce que vous dites n’est pas exact. Les députés de l’Assemblée nationale ont convoqué une commission parlementaire pour leur indiquer la voie à suivre. Dès lors que l’avis de la commission était "unanime" en faveur du CSF, comment les députés auraient-ils pu la contrecarrer ?

          Or, l’unanimité de la commission, c’est celle dont je vous parle :

          "Le CSF est encore utile, puisque tous les amis du CSF - pratiquement les seuls qui furent invités / écoutés en commission - l’ont dit !"

          Je vous renvoie au concept de mascarade : on consulte les bonnes personnes pour obtenir une réponse qu’on connaît déjà.

          Et bien sûr, les députés sont légitimes de prendre des décisions en démocratie. Mais de là à prétendre que leurs décisions sont nécessairement représentatives de l’opinion publique...

          [Répondre à ce message]

          • Sexe et médias - Le Conseil du statut de la femme répond à Lise Ravary, directrice de Châtelaine
            11 septembre 2008 , par
              [retour au début des forums]

            La question à poser est plutôt : "Tant que l’égalité des femmes n’est pas réalisée dans tous les domaines CONCRÈTEMENT, pas seulement au plan des intentions, pourquoi le conseil serait-il remis en question ??

            En quoi le travail du conseil en faveur de la promotion des femmes peut-il déranger les "Châtelaine" de ce monde ? Si elle ne le croit pas utile, d’autres le croient, qu’elles ne s’occupent plus du conseil et laissent les autres profiter de son travail et des avis pertinents qu’il donne au gouvernement, par exemple, celui sur l’hypersexualisation. Je ne comprends pas pourquoi il faudrait abolir un organisme seulement parce que certaines ne l’aiment pas.

            [Répondre à ce message]

    Sexe et médias - Le Conseil du statut de la femme répond à Lise Ravary, directrice de Châtelaine
    9 septembre 2008 , par   [retour au début des forums]
    Odeur de panique

    Nous avons bien hâte au jour où vous, Mme Carrier, émettrez un commentaire critique à votre endroit. Mais il y a peu de chances, vous qui nous avez habitués à comprendre que seuls de sombres idiots ne partagent pas votre pensée.

    Nous vous avons bien saisi la substance de vos écrits, Mme Carrier. Les lectrices de Châtelaine sont aliénées bien qu’elles l’ignorent. L’éditrice de Châtelaine, mercenaire plus que femme et tête-en-l’air plus qu’intellectuelle, oeuvre pour l’aliénation des siennes à son seul profit. Les hommes qui la suivent sont des masculinistes. Les femmes qui la suivent commettent des *saloperies* (avec un beau caractère gras).

    Le monde n’attendait plus que vos lumières pour retrouver le chemin de la Vérité.

    Chacune de vos interventions, Mme Carrier, démontre à quel point la liberté de penser a subi une décote dans votre club. Et que les attaques ad hominem sont votre dernière arme.

    Votre réplique à Lise Ravary sent la panique. Et la bêtise.

    • Sexe et médias - Le Conseil du statut de la femme répond à Lise Ravary, directrice de Châtelaine
      9 septembre 2008 , par
        [retour au début des forums]

      La liberté de pensée se porte si bien ici que je publie vos propos. Je ne parle pas du tout du lectorat de Châtelaine dans le texte sous lequel votre message est publié, et la saloperie dont je parle, je l’attribue clairement à Lise Ravary, directrice de Châtelaine, et non par association à son lectorat, comme vous le faites. Il est difficle d’apprendre à lire, semble-t-il.

      Un commentaire critique à mon endroit : certains jours, je me trouve bien naïve de croire encore qu’on peut changer le monde et convaincre certaines personnes que l’estime de soi est la base essentielle pour atteindre l’égalité, peu importe le domaine de la vie.

      [Répondre à ce message]

      • Qui êtes-vous M. Lemay ?
        9 septembre 2008 , par
          [retour au début des forums]
        Sexe et médias - Le Conseil du statut de la femme répond à Lise Ravary, directrice de Châtelaine

        Qui êtes-vous Monsieur Lemay ? Auriez-vous le courage de vous identifier au complet SVP ?

        Pouquoi des propos aussi méprisants et sarcastisques personnellement adressés à l’éditrice de ce site ? Pourquoi vous attaquez-vous personnellement à Madame Carrier, êtes-vous incapable d’apporter des arguments solides, fondés et recherchés ?

        Il serait intéressant de comprendre vos intérêts dans ce débat mais en vous cachant vous ne risquez pas grand chose… Pas fort votre argument consistant à dénaturer totalement la substance des propos de l’auteure !

        Votre réplique manque totalement de raffinement, de recherche et surtout d’utilité !

        [Répondre à ce message]

        • Qui êtes-vous M. Lemay ?
          9 septembre 2008 , par
            [retour au début des forums]

          Je taisais mon prénom dans l’attente qu’on m’identifie à un homme. Car on le sait bien, il n’y a que des hommes qui puissent être en désaccord avec vous, n’est-ce pas ?

          Je me présente, Mélanie Lemay. Je suis étudiante à Montréal, femme accomplie, heureuse en amour, heureuse dans mes boulots. Châtelaine ? Je le lis dans les salles d’attente. Mais quand je suis tombée sur le texte de Lise Ravary, j’ai songé à m’y abonner.

          Pourquoi ? Parce que je suis une femme sûre de moi. Une femme qui atteint ses buts. En cela, je suis comme mes amies, comme mes soeurs. Ma féminité n’est pas une maladie : elle est mon bonheur. Les hommes dans ma vie sont des collègues, des professeurs, des amoureux, des amis. Jamais des nuisances. Et leur "statut" ne me fait ni peine ni envie.

          Je ne doute guère que ma réplique vous soit inutile, je ne m’adressais pas à vous. Elle m’est utile à moi. Elle m’est utile parce que je ne peux plus supporter ce mouvement féministe qui prétend parler en mon nom, pour la défense de mes droits. Ce mouvement qui voudrait me déresponsabiliser et faire porter le poids de mes malheurs par une soi-disant société patriarcale.

          En somme, un mouvement qui, de toute évidence, milite plus pour sa survie que pour mon épanouissement.

          Vous démontrez bien, madame, la différence entre "femme pour l’égalité" et féministe. Je suis une femme pour l’égalité. En vous attaquant rageusement à toute critique, en véhiculant vos dogmes indiscutables, en refusant le respect le plus élémentaire à quiconque rejette votre analyse, vous vous montrez clairement féministe.

          Je ne suis pas des vôtres, et je tenais à vous le dire. Puissent d’autres femmes en faire autant.

          — -

          Vous trouvez que ma réplique à Mme Carrier manque de contenu et qu’elle est méprisante ? C’est normal. Je tentais de demeurer dans le même style narratif...

          [Répondre à ce message]

          • Permettez une petite intrusion
            10 septembre 2008 , par
              [retour au début des forums]

            Permettez, tout homme que je suis, de penser que votre style ressemble plutôt à celui de madame Ravary qu’à celui de madame Carrier... Mais d’où vous vient le goût de vous répandre en une multitude de messages ? Le besoin de parler ? Sans vouloir vous blesser, vous me semblez l’archétype des femmes peu sûres d’elles, qui ont des choses à prouver et lancent des flèches dans toutes les directions. Hélas, j’en ai rencontré plusieurs de cette catégorie... Si vous me permettez une confidence... selon ce que j’ai vécu, bien humblement, j’ai bien conscience de ne pas être dans mon milieu naturel ici, celles qui se pensent obligées d’en appeler à leur vie privée et de répéter, qu’ELLES, elles sont féminines, sont bien avec les hommes (sous-entendant que celles qui pensent autrement sont des frustrées et en conflit avec les hommes) me font sourire et m’éloigner... La féminité n’est pas une maladie, vous dites, mais pourquoi avez-vous besoin de l’afficher dans vos courriels et de l’opposer à des propos qui ne remettent aucunement en question la féminité en général ? Soyez féminine sans avoir besoin d’en parler. Les femmes de ce type ont tendance à accuser les autres de ce qu’elles font elles-mêmes - c’est un peu votre cas, si, quand vous accusez l’auteure de "s’attaquer rageusement à...". En lisant vos messages j’étais content de ne pas être près de vous, j’aurais eu peur d’être griffé. Une autre caractéristique de ce genre de femmes qui ont besoin de chanter les louanges des hommes pour se positionner face à des critiques, c’est qu’elle n’apporte généralement pas beaucoup d’idées nouvelles aux discussions. Elles invectivent et cherchent à blesser, à faire sentir le rejet, elles n’ont pas beaucoup de talent pour se placer au niveau de l’analyse. ("Je ne suis pas des vôtres, je tiens à vous le dire. Puissent d’autres femmes en faire autant", dites-vous. Était-ce nécessaire ?). J’ai pu constater dans mes classes (je suis prof de cégep, je vous laisse deviner en quelle discipline) que ce type de femme se sent insécure face à leurs consoeurs qui remettent en question les idées reçues et ont un regard critique aiguisé sur la société. Elles s’en méfient. Je pense que la deuxième catégorie est plus autonome que celle qui a besoin d’invoquer leurs "bonnes" relations avec les hommes et leur féminité comme caution de rectitude et preuve d’être dans la "bonne voie". (Je marche sur les oeufs en me permettant ces réflexions, excusez-moi mesdames si je vous choque un peu, mais on échange ici, si ?).

            Je ne suis un homme féministe, je ne défends ni ne condamne le féminisme, mais j’aime bien les discussions, parfois musclées, avec les féministes et j’ai saisi l’occasion d’intervenir. Je fréquente le site depuis quelques années. Je n’ai pas l’impression que le mouvement féministe veuille déresponsabiliser les femmes, des femmes sont mieux placées que moi pour vous l’expliquer. Vous avez l’air un peu montée contre madame Carrier, cela paraît dans tous vos messages. Je n’ai pas remarqué dans ses écrits les caractéristiques qui se dégagent de vos propos. Elle critique pointu et semble ne pas démordre facilement de ses opinions, je vous l’accorde, mais elle exprime des idées et fait des analyses qui provoquent des réflexions utiles. J’envoie parfois mes étudiants lire ce site pour provoquer les discussions. Sur le sujet de madame Ravary, ma foi, je n’ai pas d’opinion sur elle personnellement. Sur le Conseil du statut de la femme, j’ai signé une pétition il y a quelques années pour le maintenir. C’était le sujet en litige, il me semble, le maintien du Conseil, pas Mme Ravary VS Mme Carrier.

            Amicalement vôtre,

            Jean-Yves Bouchard

            [Répondre à ce message]

            • Permettez une petite intrusion
              10 septembre 2008 , par
                [retour au début des forums]

              Cher Jean-Yves,

              J’apprécie votre prise de position, malgré que je trouve qu’il vous en faut bien peu pour procéder à l’analyse complète d’une personnalité. Sur ce que vous pensez de la mienne, je ne peux malheureusement vous donner raison. Évidemment, il n’existe aucune façon de vous le prouver.

              Si j’ai donné quelques informations sur ma vie personnelle, c’était pour souligner à quel point les positions féministes sont en décalage avec mon vécu et mes besoins. Et si j’ai pris, depuis hier, quelques temps pour répondre à des textes de Mme Carrier (une première dans ma vie), c’est que j’ai cru qu’il était utile de marquer mon désaccord à une démarche (celle de Mme Carrier) entièrement construite autour de véhémentes attaques personnelles.

              Il est vrai que Mme Carrier pond parfois des textes intéressants. Je viens d’en relire quelques uns. Mais je me demande bien, dans ses interventions concernant Mme Ravary, où la tenancière de ce site a "fait des analyses qui provoquent des réflexions utiles". Moi aussi, j’aime les discussions musclées (vous vous en doutez). Mais le texte de Mme Carrier n’a rien pour provoquer une "discussion musclée". C’est plutôt une foire d’empoigne qu’elle nous prépare.

              Ce faisant, Mme Carrier s’inscrit dans une tendance proprement féministe à démoniser et à ridiculiser la critique.

              Enfin, quand je lis les réponses à mes messages, je note qu’il est commun de refuser qu’une femme normale puisse être franchement en accord avec l’abolition du CSF. Ou bien il s’agit de femmes ignorantes et mesquines (Lise Ravary), de complexées passives-agressives (moi apparemment) ou d’antiféministes ultraconservatrices. Quant aux hommes qui risqueraient de soutenir cette position, nous savons tous qu’ils ne sont que des grimpeurs de ponts.

              Un argumentaire sur le fond ? Croyez-moi, je vous en soumettrais avec plaisir. J’ai déjà assez écrit, mais j’aurais aimé savoir en quoi le Conseil n’est plus, aujourd’hui, qu’une structure politique, peuplée par un establishment féministe qui ne voudra jamais disparaître, et strictement destiné à colporter les positions de ses parents idéologiques.

              J’aimerais aussi qu’on me dise en quoi nous avons besoin d’un Conseil pour crier au sexisme chaque fois qu’une femme subit une défaite (ex. : le service des nouvelles de la SRC). En quoi nous avons besoin d’un Conseil pour nous pondre une étude de 100 pages sur l’hypersexualisation, avec la prémisse que la société patriarcale opprime encore les femmes et avec la conclusion principale que... les parents doivent s’occuper de leurs enfants.

              Idéologique, le Conseil l’est. Il l’est parce qu’il teinte toutes ses interventions de la notion très contestée de "société patriarcale". Il l’est parce qu’il classe méticuleusement toute analyse alternative sous la coupe du masculinisme ou de l’antiféminisme. Il l’est parce que sa conception de l’égalité des sexes est fondée sur la croyance en une sorte de lutte de classes où les hommes seraient les bourgeois et les femmes, les prolétaires.

              J’attends de ma société qu’elle abolisse le CSF, mais qu’elle le remplace par une autre structure qui évoluerait hors des cercles hermétiques du féminisme. Des spécialistes des droits de la personne et des politiques publiques, hommes et femmes, pourraient identifier avec prudence (vertu manquante au CSF) les difficultés vécues par les femmes et trouver ensemble des solutions.

              J’attends qu’on réfléchisse vraiment aux fondements de la violence conjugale et qu’on sorte de la dualité homme-monstre / femme-victime. J’attends qu’on cesse de me faire croire - parce que mon expérience démontre que c’est faux - que le sexisme est tel qu’il explique encore la sous-représentation des femmes en lieux de pouvoir.

              Le Conseil du statut de la femme est idéologique. C’est le pendant gouvernemental d’un mouvement politique. Voudriez-vous, monsieur, d’un Conseil du marxisme-léninisme ?

              Cordialement.

              [Répondre à ce message]

              • Permettez une petite intrusion
                10 septembre 2008 , par
                  [retour au début des forums]

                Bonjour Mélanie,

                Marxiste-léniniste ? Vous pensez ? Sous un gouvernement ultra-libéral ? C’est ce que vous voulez dire par "parents idéologiques ?" Cela me surprend beaucoup. Il me semble que le m-l est une idéologie trop complexe pour y comparer les rapports des hommes et des femmes sur le modèle des luttes de classe. Il faudrait m’expliquer ça, ce n’est pas évident pour moi.

                Pourquoi les spécialistes des droits de la personne et des politiques sauraient-ils mieux identifier les problèmes des femmes que des femmes elles-mêmes et trouver des solutions ? Vous méfiez-vous des personnes de votre sexe ?

                Si le sexisme n’est pas en partie responsable de la sous-représentation des femmes en politique, qu’est-ce qui explique cette sous-représentation ?

                Je vous ai prévenu que j’étais prof. Un prof qui pose des questions.

                Jean-Yves B.

                [Répondre à ce message]

                • Permettez une petite intrusion
                  10 septembre 2008 , par
                    [retour au début des forums]

                  Re-bonjour Jean-Yves,

                  Vos questions sont les bienvenues. Je me suis mal exprimée avec le marxisme-léninisme. L’idée derrière ma phrase n’était pas de comparer cette idéologie avec le féminisme. Mon point, c’est plutôt que le féminisme est une idéologie (je ne dis pas mauvaise en soi) et qu’elle est au centre de toutes les positions du CSF. Or je m’étonne qu’on s’en accommode, alors que l’intégration dans le gouvernement de tout autre mouvement idéologique passerait très mal. Ma question n’était qu’un exemple. J’aurais pu vous demander si vous voudriez d’un Conseil de l’altermondialisme, d’un Conseil du sionisme ou tenez, d’un Conseil du kantisme, où toutes les questions sociétales seraient abordées à travers le prisme de la Morale de Kant ?

                  Quant à la lutte des classes, l’idée même d’égalité en est imprégnée. Depuis que les questions de droit sont largement réglées, tout est concentré sur "ce qui empêche la femme de devenir l’égale de l’homme malgré son égalité en droit". Bien sûr, ce sont les thèmes de l’asservissement, du sexisme, de la dévalorisation, de la mysoginie et des "relans de patriarcat" qui servent d’explication. En contexte conjugal, les gentilles femmes que nous sommes sont victimes de monstrueux monsieurs violents. En matière de publicité, nous serions dépossédées de notre dignité et de notre volonté devant les suggestions avilissantes des gros empires prêts à nous considérer comme des choses fût-ce cela payant. Au travail et en politique, nous heurterions le plafond de verre sournoisement maintenu par la classe des hommes.

                  Et j’en passe. Mais que retenir ? L’homme, classe des gagnants, des exploiteurs, des dominateurs. La femme, classe des opprimées, des bafouées, des dépossédées.

                  À mon tour de vous poser une question, cher prof, le puis-je ? De quel homme devrions-nous être l’égale ?

                  Votre 2e question : L’ennui n’est pas que des femmes se prononcent sur les problèmes des femmes. Si c’était cela, j’en serais heureuse. Mais ce sont plutôt des féministes qui le font. Les féministes ont une façon de définir les problématiques qui leur est propre. Je ne dis pas qu’elle est foncièrement mauvaise. Mais elle ne peut être la seule qui vaille.

                  J’ai une autre question pour vous. Quelle différence voyez-vous entre un/une féministe et une personne non-féministe favorable à l’égalité ?
                  Vous vous dites féministe : c’est bien qu’il doit y avoir, à votre avis, une différence substantive entre "féminisme" et "non féminisme". Et s’il n’y en avait pas, sur quoi se baseraient alors les féministes pour traiter d’autres femmes d’antiféministes (comme on l’a fait envers Elizabeth Fox-Genovese dans sa fin de carrière) ?

                  Enfin, vous me demandez quels autres facteurs que le sexisme pourraient expliquer la sous-représentation des femmes dans les lieux de pouvoir. Essayons quelques hypothèses : les exigences de la maternité (j’entends : la "gestation"), un intérêt moins marqué pour le pouvoir, la capacité parfois supérieure des hommes à "donner un show" pour s’attirer la popularité et vanter leurs compétences, le manque d’assurance.

                  Mais je pense surtout que l’association "femme et pouvoir" devait passer dans les moeurs. Il faut toujours atteindre une masse critique pour déclencher un phénomène. Et plus il y a de femmes en lieux de pouvoir, plus il est facile pour elles de socialiser, de se sentir à l’aise, voire de se coopter.

                  J’en suis une preuve, si cela vous intéresse. Ironiquement d’ailleurs, ce sont la plupart du temps mes collègues masculins qui défendaient mes candidatures. Et mes amies qui refusaient de s’impliquer, ce n’est pas le sexisme ambiant qui les inhibait, croyez-moi.

                  Voilà. J’espère que mes réponses vous apportent des précisions utiles.

                  [Répondre à ce message]

                  • Permettez une petite intrusion
                    11 septembre 2008 , par
                      [retour au début des forums]
                    Idéologie et recherche féministe

                    Madame,

                    Toute une tradition intellectuelle, reconnue par l’institution universitaire comme valide, puisqu’elle est financée à même les fonds publics et évaluée par les pairs de toutes tendances idéologiques, théoriques et disciplinaires, documente depuis plusieurs décennies le phénomène sociohistorique des inégalités structurelles entre les sexes.

                    Ces recherches sont pour la plupart inscrites dans une approche féministe (c’est-à-dire qui reconnait la persistence des inégalités et la nécessité de les combattre) qui n’est pas incompatible avec la rigueur, la scientificité, l’honnêteté intellectuelle.

                    Il s’agit bien entendu d’une perspective particulière qui oriente les recherches, dans le sens où elle est un point de départ - et il en faut dans tous les cas un - des problématiques particulières. Toute réflexion sur la vie en société est partielle et orientée en fonction de la position sociale de l’auteur ainsi que de ses croyances normatives et idéologiques.

                    Certaines croyances sont plus dominantes que d’autres dans nos sociétés, selon les époques, et apparaissent plus neutres parce que davantage partagées et diffusées par les institutions sociales comme normales ou naturelles.

                    Manifestement toute cette littérature sociologique, historique, philosophique vous est étrangère. Vous profiteriez sans doute de la lecture de quelques ouvrages fondamentaux sur la question. Cela vous ferait peut-être comprendre que si vous ne vous sentez pas opprimée par les structures sociales patriarcales, cela ne signifie pas qu’elles n’existent pas et n’ont pas d’effets sur les autres femmes, et au moins que cela ne vous autorise pas à nier la pertinence des analyses féministes sérieuses.

                    Vous réaliseriez à la lecture de ces textes féministes qu’il est possible de voir les rapports sociaux autrement qu’à partir de son propre point individuel. Vous caricaturez un peu trop le féminisme, que vous connaîssez probablement mal, qui est extrêmement diversifié et est toujours demeuré porteur d’un projet d’égalité entre les sexes.

                    [Répondre à ce message]

          • Une réaction épidermique
            10 septembre 2008 , par
              [retour au début des forums]
            Qui êtes-vous M. Lemay ?

            Vous pensez sincèrement que la lutte pour l’autonomie des femmes se fait sur le dos des hommes ? Que le débat est basé sur une polarisation hommes-femmes ? Beaucoup de gens le croient (encore, est-ce possible !). Madame Ravary le croit car elle annonce en grande pompe la venue « d’un loup dans la bergerie « châtelaine », un homme ) !) – en l’occurrence Benoît Dutrizac – y aura sa chronique. Quel scoop ! Mais quelle nouveauté ! Quelle innovation ( !) Vraiment !

            Sait-elle que depuis des lustres des hommes se battent pour la cause des femmes, en fait depuis toujours ?!?!? Et que les femmes ne se battent pas uniquement pour les femmes mais pour tous (ou presque) les laissés pour compte ? Madame Ravary dénonce cette « supposée » polarisation mais le plus drôle c’est qu’elle crée et maintient cette polarisation dans sa revue. Cela démontre une ignorance crasse du mouvement pour l’autonomie des femmes. Marie-France Bazzo fait exactement la même chose dans sa dernière chronique. Il est plus facile de cibler directement des personnes, un organisme, que de se questionner sur leur engagement et d’analyser leurs positions. Plus facile d’affirmer que le CSF veut nous empêcher de jouer à l’infirmière avec notre mari dans la chambre à coucher (et pourquoi pas au docteur, mosus, ????), donc lui attribuer de fausses intentions et un pouvoir « surnaturel » -inexistant bien sûr – ça donne plus de pouvoir à ses propos. Et ça fait plus peur aux lectrices et aux lecteurs de sa revue. Belle stratégie !

            Bon, il est clair que vous détestez les féministes. Vous n’êtes pas la seule. Madame Carrier le disait bien en début de texte, des femmes (encore plus que certains hommes) se chargent de combattre le mouvement féministe. Mais quelle est l’origine de cette rage ? Vous semblez si épanouie, si accomplie, tellement bien dans votre peau. Pourquoi cette réaction épidermique qui vous amène à nier même le droit de parole et de contestation à des féministes ? Quand on est vraiment en paix avec soi on n’a pas de réaction aussi exagérée.

            [Répondre à ce message]

            • Une réaction épidermique
              10 septembre 2008 , par
                [retour au début des forums]

              Merci Johanne pour votre message.

              Votre 1ère question se fournit elle-même sa propre réponse. En effet, la "lutte pour l’autonomie des femmes", quand on connaît l’état actuel du droit, ne revient plus qu’à lutter pour que les femmes, bénéficiaires de droits égaux à ceux des hommes, s’en sortent "aussi bien que les hommes". Je mets des guillemets parce que je ne suis pas certaine que je voudrais m’en sortir "aussi bien" que n’importe quel homme.

              Posons-nous alors une question pour savoir sur le dos de qui se fait cette lutte. Si nous jouissons des mêmes droits que les hommes, qu’est-ce qui nous empêcherait de nous accomplir "aussi bien" (remarquez encore les guillemets) qu’eux ? Ici, de deux choses l’une :

              (A) Nous sommes trop empotées pour nous en sortir toutes seules, donc nous avons besoin d’organismes pour nous protéger contre nous-mêmes et nous extraire à notre propre turpitude.

              (B) Ce sont les hommes - ou le système qu’ils ont mis en place (les féministes disent souvent le "système mâle" qui les en empêche encore sournoisement).

              Si vous rejetez A - je l’espère bien - convenez avec moi que ce n’est pas sur le dos des ânes que la lutte féministe se fait.

              Par ailleurs, vous dites que "depuis des lustres, des hommes se battent pour la cause des femmes, en fait depuis toujours". Je dirais plutôt que depuis des lustres, les hommes sont beaucoup moins sexistes et "boqués" qu’on voudrait bien le croire. Un seul exemple : La réforme du droit civil au Québec (1955-1991) - avancée majeure pour les droits des femmes - s’est faite dans un univers politique 100% masculin (à l’exception de Claire Kirkland Casgrain), la plupart des amendements majeurs au Code ayant été apportés AVANT la création du CSF.

              Vous écrivez, plus loin, que les femmes se battent aussi pour les "laissés pour compte". Je vous repose alors la question du début : qui alors vous "laisse pour compte", surtout dans le Québec des années 2000 ? Les hommes ? Le système mâle ? Le patriarcat ?

              Si vous me dites ensuite que votre lutte ne se fait pas sur le dos des hommes, je me verrai obligée de féliciter la subtilité de vos raisonnements.

              Bon, et enfin, ce ne sont pas les féministes que je déteste. C’est celles qui sortent toujours en grande pompes la vertu dont elles ont apparemment le monopole. Faites le bien et dites comme moi. Dites le contraire et vous ferez le mal.

              Je ne sais même plus comment montrer que rien ne semble épidermique quand on le compare aux réactions de Mmes Carrier / Audet elles-mêmes dans l’affaire Ravary-CSF. Je ne sais plus. Pourtant, on ne lui ménage pas beaucoup d’insultes. Mais j’imagine qu’il aurait fallu en appeler à trancher la gorge de Lise Ravary pour que la lumière s’allume.

              Alors oui, ce genre de choses me rendent "épidermique". Même si ma peau, je suis bien dedans.

              [Répondre à ce message]

              • Une réaction épidermique
                11 septembre 2008 , par
                  [retour au début des forums]

                Je ne vous comprends pas bien. C’est Lise Ravary qui veut trancher "la gorge" du CSF (au figuré, bien sûr) et c’est Audet et Carrier que vous accusez de l’attaquer. Elles ne font que réagir à l’entreprise de démolissage qu’entreprend Lise Ravary en se servant de son magazine (qui a beaucoup d’intérêt $, vous en conviendrez, à ce que les femmes ne soient que "féminines", belles et se taisent) et des ondes publiques (Radio-Canada et autres). Des moyens que Carrier et Audet n’ont pas, ni le Conseil du statut de la femme qu’on gifle publiquement sans lui fournir l’occasion de répliquer. Beaux médias qui se prétendent au service de l’information, neutres et objectifs, et qui manquent à l’éthique la plus élémentaire (on les connaît, on a affaire à eux aussi dans le monde municipal, mon domaine). Vous vous exprimez abondamment ici en faveur de la position de Mme Ravary. Il m’est difficile de comprendre pourquoi vous montez sur vos grands chevaux quand d’autres s’expriment en faveur du CSF et que vous les accusez presque de vouloir lyncher Ravary. Moi, c’est vous qui me faites hérisser les poils sur la peau. Vous avez le ton de la donneuse de leçon classique qui veut faire table rase de tout (ici du conseil et de 30 ans de travaux), mais n’a rien de constructif à proposer elle-même, sauf de vagues idées. Et vous avez dit à M. Bouchard que vous vouliez aller en politique, si j’ai bien compris et que les femmes ne vous soutenaient pas, mais les hommes oui. Si vous vous présentiez dans une équipe à laquelle j’appartiendrais, moi non plus je ne vous soutiendrais pas pour cause d’inconscience face à certaines questions socio-politiques qui touchent les femmes et d’insultes gratuites envers les féministes, dont je suis. Pour rien au monde je ne voudrais être représentée par une personne comme vous. Vous avez pris assez de place ici et je trouve les gens de ce site bien tolérants envers vos diatribes sarcastiques et futiles. Je vous aurais virer à leur place.

                Odile Dion-Fortier, fonctionnaire municipale

                [Répondre à ce message]

                • Une réaction épidermique
                  13 septembre 2008 , par
                    [retour au début des forums]

                  "Et vous avez dit à M. Bouchard que vous vouliez aller en politique, si j’ai bien compris..."

                  Vous avez mal compris. Je n’ai jamais parlé de politique et pour cause, puisque je n’en fais pas.

                  "...et que les femmes ne vous soutenaient pas, mais les hommes oui."

                  J’ai vraiment dit ça ?

                  [Répondre à ce message]

                  • Une réaction épidermique
                    13 septembre 2008 , par
                      [retour au début des forums]

                    Vous avez écrit :
                    « Mais je pense surtout que l’association "femme et pouvoir" devait passer dans les moeurs. Il faut toujours atteindre une masse critique pour déclencher un phénomène. Et plus il y a de femmes en lieux de pouvoir, plus il est facile pour elles de socialiser, de se sentir à l’aise, voire de se coopter. J’en suis une preuve, si cela vous intéresse. Ironiquement d’ailleurs, ce sont la plupart du temps mes collègues masculins qui défendaient mes candidatures. Et mes amies qui refusaient de s’impliquer, ce n’est pas le sexisme ambiant qui les inhibait, croyez-moi. »

                    Je vous ai mal interprétée probablement, mon exaspération m’a fait mal lire, et je m’en excuse. Comme vous veniez de parler de femmes et politique et que vous donniez votre exemple, j’ai cru que les candidatures en question étaient des candidatures à des postes politiques. Mais n’y aurait-il pas une autre raison pour laquelle vos collègues féminines ne vous appuyaient pas ? Parlez-vous toujours des femmes comme vous le faites ici et leur prêtez-vous des intentions comme le vous faites pour certaines ici ? Vous savez, cela peut être blessant.

                    Une autre petite question me tracasse : dans l’un de vos messages, vous parlez de "femme normale". Qu’est-ce qu’une "femme normale" ?

                    [Répondre à ce message]

                    • Une réaction épidermique
                      13 septembre 2008 , par
                        [retour au début des forums]

                      Re-bonjour,

                      Je réponds à vos deux questions, sans trop m’étendre parce que j’ai déjà beaucoup écrit sur ce forum.

                      Vous me demandez : "Mais n’y aurait-il pas une autre raison pour laquelle vos collègues féminines ne vous appuyaient pas ?"

                      Je pense que je me suis mal exprimée ici. Je voulais seulement dire que j’avais beaucoup de très bons appuis masculins. Aussi n’ai-je jamais ressenti que des hommes tentaient de bloquer ma progression. À vrai dire, c’était comme si mon genre n’avait jamais été une considération.

                      Vous me demandez ensuite : "Parlez-vous toujours des femmes comme vous le faites ici et leur prêtez-vous des intentions comme le vous faites pour certaines ici ?"

                      Je me désole que vous ayez été blessée par ce que je tentais d’amener. Tel n’était pas mon but. Dans mes interventions, j’ai voulu parler non pas des femmes en général, mais de celles qui ont toujours l’air d’attendre l’avènement d’une impossible (à mon avis) société égalitaire à tous les niveaux avant de se risquer à être ce qu’elles veulent bien être.

                      Et je parlais aussi de ce qui me semble être un aspect clé du féminisme (ou "des féminismes"), soit la croyance que toute différence entre les sexes est forcément artificielle et résulte d’un éternel travail collectif de rabaissement ou de marginalisation de la femme.

                      Enfin, vous m’interrogez sur mon emploi de l’expression "femme normale". Dans le contexte où j’ai employé cette locution, j’entendais qu’on pouvait être "normale" ET appuyer la disparition du CSF. Normale, soit : pas ignorante à mort, bassement mercantile, de mauvaise foi, ultraconservatrice radicale, passéiste, masochiste, etc.

                      En somme, voir l’égalité en droit comme une composante essentielle d’une société juste, sans pour autant cautionner l’approche du CSF.

                      Autrement, je me verrais mal vous fournir une définition large de "femme normale".

                      Cordialement.

                      [Répondre à ce message]

              • La rage au ventre !
                11 septembre 2008 , par
                  [retour au début des forums]
                Une réaction épidermique

                Chère Madame Lemay,

                Je suis tannée de lire vos propos rageurs. Vous n’avez absolument pas compris mes propos, votre rage vous aveugle. J’arrête donc ici mon échange car je ne crois pas qu’il vous soit possible d’échanger décemment. Mais je vois que d’autres personnes se chargent de vous remettre les pendules à l’heure. J’imagine que vous vous rendez compte que vos propos poussent d’autres personnes à réagir sur ce site. Je trouve cela très bien. Continuez...

                [Répondre à ce message]

      • Sexe et médias - Le Conseil du statut de la femme répond à Lise Ravary, directrice de Châtelaine
        9 septembre 2008 , par
          [retour au début des forums]

        Je ne pense pas que ce soit de la naïveté, Madame Carrier, moi j’appelle ça du coeur au ventre.

        [Répondre à ce message]

        • Programme du Conseil
          10 septembre 2008 , par
            [retour au début des forums]

          J’ai trouvé ça sur le site du Conseil du statut de la femme. Ça ne ressemble pas tellement à un manifeste marxiste-léniniste.

          Mission
          Le Conseil du statut de la femme est un organisme gouvernemental de consultation et d’étude qui veille, depuis 1973, à promouvoir et à défendre les droits et les intérêts des Québécoises. Il conseille le gouvernement du Québec sur tout sujet qui concerne la condition féminine et fournit de l’information pertinente aux femmes et au public.

          Les actions qu’accomplit le Conseil s’inscrivent dans un plan stratégique pluriannuel qui se traduit par un plan annuel d’activités. Résultat d’une vaste consultation de l’opinion de groupes nationaux et régionaux, le plan et les orientations qu’il comporte prennent racine dans un contexte social, politique et économique en mutation. Dans un Québec pluraliste, où s’opèrent la mondialisation et des changements démographiques importants, la recherche de l’égalité entre les hommes et les femmes se révèle plus que jamais nécessaire. Le Conseil souhaite que les femmes soient parties prenantes aux transformations qui se dessinent et qu’elles les infléchissent vers leurs besoins et leurs aspirations.

          Des actions appropriées aux besoins des femmes
          Le Conseil cherche d’abord, par des études et des recherches, à documenter et à illustrer les conditions de vie des Québécoises. Il transmet également des avis au gouvernement afin de rendre compte de leurs réalités et suggérer des actions à accomplir pour améliorer leur situation économique et leur santé, accroître leur bien-être et faire en sorte qu’elles occupent la place qui leur revient dans les différents lieux de pouvoir et d’influence. Par ses travaux, le Conseil veut sensibiliser les instances gouvernementales et les partenaires socioéconomiques, tout en fournissant aux femmes et aux groupes de femmes des outils pour intervenir dans la collectivité. Enfin, le Conseil porte souvent, sur la place publique, les grands enjeux qui interpellent les femmes. Il suscite donc des débats entre elles, leurs associations et leurs partenaires.

          De l’information porteuse de changements
          C’est à partir des recherches, des études et des avis qu’il produit que s’amorce au Conseil un travail d’information. Des documents synthèses, des brochures et des dépliants sont publiés, non seulement pour faire connaître les enjeux de l’heure au public, mais aussi pour outiller les groupes de femmes et les autres partenaires. Tous les ans, le Conseil prend une part active à la Journée internationale des femmes. Aussi, chaque 8 mars, propose-t-il aux femmes et aux groupes de femmes un thème et du matériel pour animer les discussions ou pour soutenir les activités organisées par les ministères, les entreprises et les autres milieux.

          Pour sa part, le bulletin trimestriel Info-CSF relate les activités et les événements menés par le Conseil. Toute cette documentation est offerte gratuitement aux personnes qui en font la demande et peut être consultée sur le site internet du Conseil : Page des publications. Le Conseil publie tous les deux mois la Gazette des femmes. Grâce à des reportages sur des sujets inédits et des dossiers étoffés, ce magazine présente la réalité féminine sous tous ses angles. Par ailleurs, le Conseil a lancé, par l’intermédiaire de la Gazette des femmes, une collection de guides qui traitent de sujets qui préoccupent notamment les femmes, la famille et la santé. Les guides remplis de conseils, de ressources et de renseignements pratiques sont vendus aux Publications du Québec ou remis en prime avec un abonnement au magazine.

          Le Conseil en région
          Présent sur tout le territoire québécois, le Conseil est en mesure d’établir un contact privilégié avec les femmes, les groupes de femmes, les milieux de la santé, de l’éducation et de l’économie, ainsi qu’avec les ministères et autres organismes gouvernementaux.

          Composition du Conseil
          Le Conseil du statut de la femme est présidé, par Me Christiane Pelchat qui est appuyée par dix autres membres représentatives des divers milieux de la société québécoise. Le Conseil élabore les grandes orientations et approuve tous les avis formulés par l’organisme. Participent aussi aux délibérations, les sous-ministres membres d’office ou leur déléguée. Le Conseil relève de la ministre de la Culture et des Communications et de la Condition féminine, Mme Christine St-Pierre.

          Site.

          [Répondre à ce message]

      • Sexe et médias - Le Conseil du statut de la femme répond à Lise Ravary, directrice de Châtelaine
        10 septembre 2008 , par
          [retour au début des forums]

        Ok !

        Seule Lise Ravary commet une **SALOPERIE**. Pas toutes les femmes qui pourraient dire comme elle (j’en prends bonne note pour moi-même !) ;

        Mais dans sa **SA-LO-PE-RIE**, Mme Ravary fait comme les masculinistes.

        C’est beaucoup plus clair. Et le niveau du débat est nettement rehaussé, maintenant qu’on vous comprend bien.

        [Répondre à ce message]

    Les propos antiféministes de la directrice de Châtelaine
    8 septembre 2008 , par   [retour au début des forums]

    Dans le numéro d’octobre de cette revue souvent citée comme un modèle de revue féminine "intelligente", l’inénarrable Lise Ravary livre une charge à fond de train contre le Conseil du Statut de la femme, jugé obsolète et dispendieux. Défendant son gagne-pain comme d’autres avant elle (voir Bazzo), Ravary reproche au CSF de cibler les médias et de les responsabiliser pour leur dérive qualitative.

    Arguant que LA femme n’existe pas (ou plus), elle nous sert l’argument de l’évolution de la société québécoise sur fond de mythe de l’égalité-déjà-là, dont Christine Delphy affirmait qu’il est un poison à plus d’un titre lors de sa venue à Montréal l’an dernier.

    Ravary reprend également les arguments masculinistes entendus en 2003 lors de la commission parlementaire sur le CSF et qui avait mobilisé le mouvement des femmes. Heureusement que la rédactrice en chef de Châtelaine se dit féministe, au cas où on en douterait...

    Bref, voilà une nouvelle bonne raison de soutenir le boycott que vient de lancer l’IREF pour protester contre la nature et le ton des propos de Ravary dans l’éditorial de septembre à l’égard du dernier rapport du CSF concernant le rôle des médias en matière d’hypersexualisation intitulé Le sexe dans les médias : obstacle aux rapports égalitaires (Réf. : Billet de Ravary dans Châtelaine).

    Les recommandations de Châtelaine :

    1. Abolir le présent Conseil du statut de la femme (CSF) québécois, organisme consultatif dont l’existence perpétue l’idée que les femmes accusent un retard permanent par rapport au reste de la société québécoise. De plus, la femme est un concept collectif non représentatif des femmes qui habitent le Québec moderne. Chaque femme est unique.

    2. Nous recommandons que le CSF soit remplacé par un Conseil du statut de la personne, aussi de nature consultative, composé à parts égales de femmes et d’hommes.

    3. Ce nouveau Conseil serait composé de « sages », des hommes et des femmes provenant de milieux divers, de toutes les générations et de tous les milieux professionnels, travailleurs manuels ou artistes, et reconnus dans leur communauté comme étant des gens d’action ou de réflexion faisant évoluer la société québécoise par leurs interventions, individuelles ou collectives. L’Assemblée nationale choisirait les membres à partir d’une liste de noms soumise par la collectivité, par l’intermédiaire d’un site Web. Ils recevraient une rémunération symbolique pour leur travail.

    4. Ce Conseil se réunirait une fois l’an, pendant trois jours, pour dresser une liste des enjeux de l’heure dans les relations entre les individus – hommes-femmes, hommes-hommes, femmes-femmes – et ce, dans une perspective de justice et d’égalité des chances pour tous.

    - 
    Pour lire la suite.

    - Référence Bazzo ici.

    Sandrine Ricci

    • Les propos antiféministes de la directrice de Châtelaine
      9 septembre 2008 , par
        [retour au début des forums]

      Qui lit Sisyphe ? Pas grand monde, je vous le dis. Votre hargne n’intéresse guère le peuple.

      [Répondre à ce message]

    • Les propos antiféministes de la directrice de Châtelaine
      11 septembre 2008 , par
        [retour au début des forums]
      Châtelaine ne peut faire autrement et précisions sur le débat féministe

      Si l’on regarde le débat d’un peu plus loin, force est de constater deux choses : la première est que Châtelaine n’a jamais vraiment assumé ses contradictions puisque qu’il s’agit d’un catalogue de vente souvent hypersexualisé (tout comme Elle Québec) qui ne peut survivre que dans une société où les rôles sont bien définis selon des normes de beauté dépassées et archi-traditionnelles. Tout comme les magazines automobiles traditionnels, une plus grande égalité entre les femmes et les hommes est extraordinairement menaçante puisque leurs clients corporatifs risquent de bouder un magazine égalitaire parce qu’il remettrait en question l’existence même de ceux-ci. Ces magazines (tant autos que ’féminins’) devraient alors revoir de fond en comble leur approche marketing afin de remplacer leur liste de clients corporatifs, ce qui constituerait une révolution en soi dans un monde où l’innovation n’est pas très présente...
      Il faut être passablement insécure et retourné sur soi pour lire ce genre de magazine. Et pour avoir été une lectrice assidue du Vogue américain pendant mes années d’insécurité, il m’est possible d’affirmer qu’un peu de confiance en moi m’a fait comprendre le ridicule de la chose. Deuxièmement, là où le terme "féminisme" accroche, c’est qu’il est utilisé par sexisme et je m’explique : on ne traite pas de "noiriste" Barak Obama ou "d’immigrantiste" quelqu’un qui défend les droits des gens issus de l’immigration... Pourtant, on "traite" de féministe les gens qui défendent l’égalité entre les femmes et les hommes (pour celles et ceux qui croient que c’est déjà fait, comptez le nombre de premiers ministres femmes du Canada... à moins que vous ne soyiez extraordinairement poches en math, vous devriez vous rendre compte de quelque chose... Ou sinon, regardez qui réalise les films, qui est membres des conseils d’administration de la SGF ou de toute grande industrie, etc., etc.). De fait, nous vivons dans une société excessivement sexiste (regardez les structures et les systèmes plutôt que de critiquer les personnes...). C’est ce qui explique qu’on ait l’éternel débat sur "je suis féministe ou je ne suis pas féministe", enlevant ainsi aux hommes non seulement leur responsabilité face à l’égalité mais limitant également l’avancement de la société : les études démontrent de plus en plus que l’augmentation de l’égalité entre les femmes et les hommes a un impact bénéfique considérable sur l’amélioration de l’économie, une plus grande qualité de vie et augmente le niveau d’innovation et de compétitivité. Malgré certaines lacunes évidentes à qui les connaît bien, l’avant-garde environnementale, le haut niveau de paix et la grande qualité de vie des pays scandinaves sont tout de même très éloquents.
      Enfin, le commentaire de Mélanie à l’effet que ce sont les qualités stéréotypées des femmes et des hommes qui font qu’il n’y a à peu près que des hommes au pouvoir démontre simplement une méconnaissance des enjeux et réalités liés à l’exercice du pouvoir, et ce, à tous les niveaux. À moins qu’elle ne donne tort à l’OCDE, à l’UNICEF, au Forum économique mondial et autres organismes internationaux (ainsi qu’à plusieurs banques finlandaises) qui reconnaissent tous les problèmes structurels liés à l’égalité entre les femmes et les hommes...

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