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mercredi 8 octobre 2008 Lettre à la ministre Christine St-Pierre Ne laissez pas l’ignorance saper les acquis des Québécoises La directrice de Châtelaine VS le CSF
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La directrice de Châtelaine a rencontré la ministre Christine St-Pierre récemment afin d’essayer de la convaincre d’abolir le Conseil du statut de la femme. À quel titre et au nom de qui Mme Ravary a-t-elle fait cette démarche, nous ne le savons pas. Il semble que l’une des prochaines éditions de Châtelaine abordera le sujet de l’aide aux hommes accordée par le gouvernement, qui serait insuffisante. Les hommes antiféministes et les masculinistes, qui n’ont cessé de combattre le CSF et les féministes depuis cinq ans, se sont peut-être trouvé une nouvelle porte-parle en la personne de Mme Ravary. Raison de plus pour faire savoir à la ministre que nous ne partageons pas l’avis de la directrice de Châtelaine. Mme Ravary se promène dans les médias en se disant victime d’un "site de féministes radicales". Voir ici.
Montréal, le 9 septembre 2008 Madame Christine St-Pierre Madame la Ministre, Depuis juin dernier, le Conseil du statut de la femme, ses travaux sur l’hypersexualisation et la personne même de sa présidente font l’objet d’attaques de la part de gens des médias, et ces attaques apparemment concertées n’ont rien à voir avec une critique journalistique honnête. Il n’est pas superflu de souligner que les attaques les plus agressives proviennent de blogueurs et de blogueuses (qui se disent journalistes) au service de médias (Journal de Montréal, Châtelaine) qui tirent profit largement de l’hypersexualisation banalisée au sein de la société québécoise. Ces attaques s’inscrivent dans la mouvance antiféministe que nous connaissons depuis quelques années et qui vise à arrêter la marche des femmes vers l’égalité. Pour nous en convaincre, il suffit de les entendre répéter que l’égalité est chose acquise alors que, tout autour de nous, nous constatons que ce n’est pas le cas, en dépit des progrès tangibles accomplis vers cet objectif depuis plusieurs années. Les plus récentes attaques contre le CSF proviennent de la directrice du magazine Châtelaine qui, comme des masculinistes en 2004-2005, demande l’abolition du Conseil du statut de la femme et suggère d’y substituer une sorte de club mixte qui se réunirait pendant trois jours, une fois l’an ( !), "pour dresser une liste des enjeux de l’heure dans les relations entre les individus – hommes-femmes, hommes-hommes, femmes-femmes – et ce, dans une perspective de justice et d’égalité des chances pour tous." Une telle proposition révèle chez son auteure de la mauvaise foi ou une ignorance certaine du travail pionnier du Conseil du statut de la femme en matière d’égalité "des chances", comme elle le dit, ainsi que du rôle historique du CSF dans l’avancement des Québécoises au cours des trois dernières décennies. Que le Conseil du statut de la femme soit imparfait et qu’il n’ait pas toujours répondu aux attentes de tout le monde, nous en convenons et nous l’avons nous aussi critiqué à l’occasion. Mais s’il fallait éliminer des organismes et des institutions sur ces seuls critères, plusieurs devraient disparaître sur-le-champ, à commencer par les magazines qui travaillent à l’encontre des objectifs de promotion de l’égalité, - raison d’être du CSF et du féminisme -, objectifs qui reçoivent l’adhésion d’une majorité de Québécois et de Québécoises. Madame la Ministre, nous vous demandons de rejeter catégoriquement et publiquement les prétentions de la directrice de Châtelaine, Lise Ravary, et des personnes qui la soutiennent dans son travail de sape : Lise Ravary ne représente en rien l’opinion majoritaire des femmes québécoises, elle représente son employeur et elle-même. Nous vous demandons ainsi qu’à votre gouvernement de réitérer publiquement votre appui au Conseil du statut de la femme et au mouvement féministe qui luttent sur tous les fronts pour améliorer la condition des femmes québécoises. En 2004, nous avons mené une campagne contre ce genre de proposition dont le résultat a abouti à une pétition de plus de 5000 signatures d’hommes et de femmes, pétition présentée à la ministre de la Condition féminine d’alors, à l’Assemblée mationale. S’il le faut, nous reprendrons le combat. Nous ne laisserons pas la mauvaise foi ou la malveillance, l’ignorance et les intérêts financiers détruire des institutions que les femmes ont acquises de hautes luttes afin d’obliger l’État à prendre en compte la discrimination systémique à leur endroit et à mettre en place les mesures pour y rémédier. Après le Conseil du statut de la femme, qui les médias interpellés en raison de leur exploitation éhontée des femmes et des jeunes filles essaieront-ils de faire taire ? Veuillez accepter, Madame la Ministre, nos salutations distinguées. Micheline Carrier et Élaine Audet, cc. M. Jean Charest, premier ministre
RÉAGIR Ceux et celles qui voudraient appuyer cette lettre peuvent écrire à la ministre à l’adresse suivante. Vous pouvez copier cette lettre et la signer ; ou lui écrire simplement que vous êtes d’accord avec notre position ; ou encore écrire votre propre lettre. Nous donnons aussi les adresses du premier ministre, de la cheffe de la 2e opposition à l’Assemblée nationale et de la présidente du CSF à qui vous pouvez envoyer copie de votre lettre par courriel ou autrement. Si vous avez une réponse de la ministre avant nous, nous vous invitons à la publier dans le forum "Commenter cet article". Min. de la Culture, des Communications et de la Condition féminine Édifice Guy-Frégault 225, Grande Allée Est Bloc A 1er étage Québec (Québec) G1R 5G5 Téléphone : 418 380-2310 Télécopieur : 418 380-2311 ministre@mcccf.gouv.qc.ca Copie conforme à : Édifice Honoré-Mercier, 3e étage 835, boulevard René-Lévesque Est Québec (Québec) G1A 1B4 Télécopieur : 418 643-3924 Courriel : formulaire sur le site. 1045, rue des Parlementaires 3e étage, Bureau 3.151 Québec (Québec) G1A 1A4 Téléphone : 418 644-9318 Télécopieur : 418 643-2957 pmarois-chlv@assnat.qc.ca 3e étage, bureau 300 800, place D’Youville Québec (Québec) G1R 6E2 Téléphone : (418) 643-4326 Sans frais : 1 800 463-2851 Télécopieur : (418) 643-8926 Courriel : csf@csf.gouv.qc.ca Mis en ligne sur Sisyphe, le 9 septembre 2008 POUR SIGNER CETTE LETTRE EN LIGNE Vous pouvez ajouter votre signature en ligne en indiquant votre nom et votre adresse courriel dans le formulaire à gauche. Vous recevrez un courriel demandant une confirmation. Quand vous aurez confirmé en cliquant sur le lien indiqué dans le courriel, votre signature apparaîtra sous Les signataires en bas de cette page. Nous avons essayé le formulaire en indiquant le nom et l’url de Sisyphe et constaté qu’il fonctionne bien. Votre courriel n’apparaît pas sur le site et le logiciel ne le sauvegarde pas, donc vous pouvez participer à cette action en toute sécurité. Les associations peuvent indiquer l’adresse de leur site, une information utile pour les internautes qui visitent cette page et qui souhaitent mieux connaître ces associations.
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Micheline Carrier et Élaine Audet |
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Plan-Liens Forum (1/14) 25 septembre 2008 , par Johanne St-Amour rép:
Internaute
(2/14) 24 septembre 2008 , par Andrée Yanacopoulo (3/14) 19 septembre 2008 , par Internaute (4/14) 19 septembre 2008 , par Internaute (5/14) 19 septembre 2008 , par Internaute (6/14) 14 septembre 2008 , par Micheline Carrier (7/14) 10 septembre 2008 , par Internaute (8/14) 10 septembre 2008 , par Mélanie Lemay rép:
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Madame Ravary tire la "plogue" de son blogue Il n’est pas du tout question de sa petite "personne". Elle veut toujours parler des problèmes graves vécus ailleurs qu’ici. Elle l’a dit les problèmes que nous vivons ici n’ont pratiquement pas d’importance. Elle suscite des controverses mais voudrait qu’il n’y ait aucune réplique. Et elle dit souvent "J’assume" "J’assume". Justement, elle n’assume pas ! On dirait une tactique pour que ses "fans" la supplient de poursuivre le blogue ! Dommage parce que le blogue consistue un bon moyen pour avoir l’heure juste. Quand on prend beaucoup de place dans l’univers médiatique, qu’on a la chance d’avoir des "tribunes" pour s’exprimer, le blogue permet de donner une tribune aux autres. Mais il faut être prêt à affronter l’opinion des autres !
Mon dernier mot ! Je me permets une dernière intervention sur ce sujet, mais avant, merci à Mme Carrier d’avoir publié la majorité de mes messages. C’est appréciable, surtout que quelques échanges furent très intéressants. Certaines lectrices se sont senties vexées par mes propos, ce que je regrette par ailleurs. Bien sûr, j’ai distribué beaucoup de chapeaux, ce qui ne voulait pas dire qu’ils faisaient à toutes les têtes. Pour votre lettre au CSF, Mmes Carrier et Audet, j’aurais mieux réagi si vous aviez écrit comme vous venez de le faire. Moins de boulets rouges, plus d’explications sur le fond. Et justement, sur le fond, je voudrais synthétiser rapidement le reproche que j’adresse au CSF et qui devrait justifier son abolition. J’aimerais voir abolir le CSF, non pas pour faire reculer les droits des femmes. Abolir le CSF, non parce que je suis anti-femmes (j’en suis une moi-même !), et non parce que l’individualisme est mon maître-mot. Mon principal reproche au CSF est qu’il s’est fixé sur un concept d’égalité auquel je ne crois pas. Entendons-nous : l’égalité en droit est possible et nécessaire. Mais l’égalité de faits, entre deux groupes (hommes et femmes), suppose qu’il s’agit de catégories assez uniformes. Or, le premier problème est que justement, rien ne me semble plus fictif qu’une supposée situation privilégiée des hommes. En tous cas, pas au Québec. Pas en 2008. Quand je regarde autour de moi, je dirais même que je vois plus de mal-être, d’échecs et d’isolement chez les hommes que chez mes connaissances féminines. Et s’il règne un vrai problème d’inégalité, je le vois surtout entre les hommes et entre les femmes, non entre la "classe des hommes" et la "classe des femmes". L’autre problème est qu’on m’opposera toujours des mesures statistiques pour me prouver que j’ai tort de ne pas constater l’inégalité de faits hommes-femmes. Mais il faut se rappeler que les statistiques posent d’énormes difficultés, d’abord dans leur conception, puis - et surtout - dans leur interprétation. À ce sujet, le CSF et les féministes ne me convainquent jamais que les disparités observées proviennent bel et bien d’un rapport problématique entre les sexes. Tout y est vu comme si hommes et femmes ne pouvaient différer qu’à force de programmation culturelle inégalitaire, si bien qu’il semble interdit d’affirmer que certaines situations dans lesquelles les femmes se trouvent puissent résulter de différences biologiques ou psychologiques. Je ne voudrais jamais me déclarer certaine qu’il existe de telles différences biologiques (par ex. : face à l’intérêt pour le pouvoir). En revanche, le CSF, lui, semble toujours certain que les disparités observées relèvent d’un sexisme ambiant. La sortie précipitée de Mme Pelchat, lors du remaniement du service des nouvelles à Radio-Canada, illustre bien à quel point le Conseil est prédisposé à débusquer des "rapports de genres" malsains dans tout ce qu’il observe. Ce faisant, non seulement le Conseil écarte l’hypothèse biologique, mais balaye aussi une foule d’autres facteurs d’analyse. Que, par exemple, la violence conjugale puisse souvent naître d’une escalade de violence entre les deux partenaires. Que la sous-rémunération des femmes puisse s’expliquer à la fois par des facteurs générationnels ou la surabondance de main-d’oeuvre dans des emplois qu’elles occupent en majorité. Et, ici, je ne suis pas exhaustive. Toujours au CSF, il faut conclure en une sorte de "climat social sexiste" auquel il faudrait apporter des remèdes. Déjà que le "climat social sexiste" doive être avancé avec beaucoup plus de prudence que n’en démontre le CSF, il faut en plus déterminer jusqu’où le gouvernement peut aller pour faire régner l’égalité de fait. L’égalité en droit se conçoit bien. Mais l’égalité de fait est un bien mauvais point d’horizon, puisqu’elle est inexistante. Elle n’existe ni entre votre voisin et vous, ni entre mon père et ses collègues, ni entre ma soeur et moi, ni encore entre un Montréalais et un résident de la Côte-Nord. L’inégalité de fait est inhérente à la nature humaine et bien qu’on puisse tenter de l’atténuer (il le faut, dans une certaine mesure), l’objectif de l’éliminer complètement est irréalisable. Pourquoi l’est-il ? Parce que pour y réussir adéquatement, il faut bien connaître les causes des inégalités. Lorsque ces causes sont au moins en partie individuelles, il faut intervenir dans les choix qu’exercent les individus. Et lorsque ces causes sont collectives, les mesures d’ajustement peuvent rapidement devenir trop interventionnistes et créer de nouveaux déséquilibres. Prenons un seul exemple : la représentation en milieu de pouvoir. Les systèmes de quotas, plus répandus en Europe qu’ici, démontrent déjà des failles importantes. De bonnes candidatures masculines sont rejetées, créant un sentiment d’injustice et privant parfois les organisations de grandes compétences. Quant aux femmes recrutées pour atteindre le quota, elles courent le risque d’être perçues comme privilégiées par la mesure, leurs compétences étant alors plus facilement mises en doute. Sans compter que ces mesures attirent beaucoup d’attention sur le genre des individus, alors que l’on voudrait précisément que cette distinction s’atténue. On pourrait bien sûr tenir un débat sur les mesures d’ajustement en particulier, mais ce n’est pas le but ici. Le but, c’est de montrer que ce genre d’interventions n’est pas exempt de dangers. Et surtout, les mettre en place revient à estimer que l’égalité 50/50 dans la représentation est une valeur qui doit transcender toutes les autres. Voilà des positions, à tout le moins, orientées idéologiquement. Enfin, il faut bien comprendre que le CSF ne cessera jamais de trouver de nouvelles inégalités. Pourquoi le ferait-il ? Pour se déclarer lui-même caduc ? Aujourd’hui, on dit des femmes qu’elles gagnent 70% du salaire d’un homme, en moyenne. Le jour où cette proportion s’inversera, que dira alors le CSF ? Que les femmes contribuent plus à la société que les hommes et qu’elles devraient donc bénéficier de plus de services ? Qu’il est anormal que les femmes paient plus d’impôt, en moyenne, que les hommes ? Voilà pourquoi je réclame l’abolition du CSF. Son objectif d’égalité est inatteignable, parce que l’égalité de fait n’existe pas. Puis par définition, le CSF ne voudra jamais le déclarer atteint. Et par-dessus le marché, il blâmera sans cesse le sexisme et le patriarcat pour se justifier. Autrement dit, le CSF est d’abord un lobby. Il se bat peut-être pour nous, mais seulement qu’incidemment, parce que d’abord, il se bat pour ne jamais disparaître. Et il consumera toute nos vies à nous sortir des études de groupes féministes pour nous prouver sa pertinence renouvelée... ... au lieu de nous inciter à nous servir de l’égalité de droit dont nous jouissons pour atteindre nos buts, puis de se poser en conseiller prudent et réfléchi sur les derniers enjeux qu’il nous reste à aborder. Salutations cordiales.
Je crois avoir publié tous vos messages. Si certains de vos envois n’ont pas été publiés, c’est qu’ils ne se sont pas rendus au site. En substance, l’explication que je donne se retrouve dans la lettre à la ministre de façon synthétique. Selon moi, les "boulets" sont encore plus frappants, parce que plus explicites, mais c’est une question de perception. « Mon principal reproche au CSF est qu’il s’est fixé sur un concept d’égalité auquel je ne crois pas. » Ne pas croire à ce concept est-il un motif de demander l’abolition d’un organisme ? S’il fallait que tout un chacun se sente le droit de réclamer l’abolition d’un organisme parce qu’il n’y croit pas, il faudrait tout abolir, car l’unanimité est une chose très rare. Il y a d’une part, les croyances individuelels, et d’autre part, les intérêts collectifs. Certaines personnes et groupes de la société n’ont peut-être pas besoin du CSF, mais d’autres oui. Vous le qualifiez de "lobby", ce devrait être le cas aussi de tous les organismes consultatifs qui conseillent le gouvernement dans leur domaine respectif. Il semble que le "lobbying" puisse parfois être efficace. « Son objectif d’égalité est inatteignable, parce que l’égalité de fait n’existe pas. Puis par définition, le CSF ne voudra jamais le déclarer atteint. Et par-dessus le marché, il blâmera sans cesse le sexisme et le patriarcat pour se justifier. » Je ne discuterai pas de votre conception de l’égalité, je n’en ai pas le temps. Certes, tant que le sexisme et le patriarcat continueront de limiter les chances d’une égalité de fait, à laquelle d’autres croient, il faudra réclamer et blâmer. Le CSF n’est pas le seul à blâmer le sexisme et le patriarcat, l’ensemble du mouvement féministe le fait aussi (donc abolition le mouvement féministe aussi ???) et des instances internationales comme l’ONU, Amnistie internationale et autres. Par ailleurs, ni le CSF ni ces organismes n’ont prétendu, à ma connaissance, que le sexisme et le patriarcat étaient seuls en cause. Toutefois, les faits démontrent que beaucoup d’obstacles à l’égalité de fait découlent d’eux. Je pense que vous avez eu suffisamment d’espace pour vous exprimer et vous l’avez fait longuement dans ce dernier message. Moi également, et je me tais aussi, invitant celles et ceux qui le veulent à s’exprimer à leur tour et à signer la lettre à la ministre. Ce pourrait être, ensuite, d’autres organismes, des syndicats ou des groupes féministes contre lesquels on s’en prendra. Le fait que le discours de la directrice de Châtelaine ressemble, sur certains points, au discours d’hommes en lutte depuis des années contre les droits des femmes et contre les féministes, prouve que ces derniers ont réussi à se faire entendre. L’inquiétude est justifiée. Aux femmes, féministes ou non, aux hommes qui veulent l’égalité de fait, de se faire entendre aussi fort pour donner à la ministre davantage de raisons de résister aux pressions.
« Les gens honnêtes sont féministes. » Où cela est-il dit dans la lettre ? De faux journalistes... Des blogueurs ne font pas de journalisme. Ils écrivent des textes provoquants pour susciter des débats et ne se soucient pas nécessairement de l’exactitude des faits. Bazzo et Martineau, quand ils écrivent sur leurs blogues, ne font pas du journalisme, mais de la polémique. Alors, je suis d’accord pour dire que, dans ces circonstances, ils ne sont pas de vrais journalistes, dans d’autres, ils peuvent l’être. Mauvaise foi, malveillance, igrnorance, oui, il y en a dans cette charge contre le Conseil du statut de la femme et cette demande inusitée de le faire disparaître, en prétendant que l’égalité est chose faite. Imaginez l’inverse, que la présidente du CSF ait demandé de faire disparaître l’institution Châtelaine. La directrice de Châtelaine a-t-elle l’autorité de demander une telle chose ? Quelle est sa motivation ? Ses arguments ne tiennent pas, les faits la contredisent : l’égalité n’est pas chose faite. Alors pourquoi une telle initiative ? Y a-t-il un élément personnel sous cela ? A-t-elle été piquée par le fait que le CSF souligne le rôle des médias dans l’hypersexualisation des jeunes et de la société ? A-t-elle pensé que son magazine était visé ? A-t-elle peur que le récent rapport du CSF sur l’hypersexualisation, qu’elle a critiqué d’ailleurs, fasse prendre conscience aux lectrices de Châtelaine que ce magazine renvoie peut-être aussi l’image de la femme hypersexualisée ? Veut-elle montrer à ses patrons le pouvoir qu’elle peut avoir et rassurer les commanditaires ? Je poserais les mêmes questions si c’étaient les patrons de La Presse, du Devoir, du Journal de Montréal, toutes entreprises commerciales privées, qui se lançaient en campagne pour l’abolition du Conseil du statut de la femme. Par contre, je n’ai pas à poser de telles questions aux auteures de la lettre, je sais qu’elles croient le CSF nécessaire tant que l’égalité de fait n’aura pas progressé davantage. Je lis Châtelaine à l’occasion, mais je suis en désaccord avec sa directrice sur cette question. Comme le disent certaines de mes amies, on veut les deux, Châtelaine et le Conseil du statut de la femme.
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