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jeudi 8 mars 2007

La CLES interpelle les partis en campagne électorale






Écrits d'Élaine Audet



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PARCE QU’UN MONDE SANS PROSTITUTION
EST POSSIBLE

La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) va intervenir
lors des prochaines élections québécoises et vous invite à en faire de même dans votre milieu.

Notre objectif est d’amener tous les partis à se prononcer publiquement en faveur d’un pays, d’un monde sans prostitution et à s’engager à y travailler.

Nous croyons important de rappeler aux candidatEs des divers partis qu’un monde sans prostitution est possible et qu’ils et elles peuvent y contribuer, au Québec, au Canada et même internationalement.

Nous proposons divers moyens pour y arriver, à partir des pouvoirs que détient déjà le gouvernement québécois et selon les responsabilités qui lui reviennent.

Des représentantes de la CLES ont déjà entrepris des démarches pour rencontrer des dirigeantEs de chacun des principaux partis politiques, afin de connaître les positions de leur parti et leurs engagements dans la lutte contre l’exploitation sexuelle. Nous vous tiendrons informéEs des résultats.

Mais l’appui et l’intervention du plus grand nombre sont la clé du succès. Plus les partis politiques entendront dans toutes les régions du Québec des voix réclamer que l’État lutte réellement contre la prostitution (et non contre les personnes dans la prostitution), plus notre voix collective sera forte et articulée et plus nous provoquerons un réel débat de société, axé sur le droit de toutes les femmes à l’égalité.

C’est pourquoi nous vous invitons à intervenir vous aussi, de toutes sortes de façons, selon vos possibilités. Vous pouvez, par exemple :
- Appeler ou rendre visite dès que possible au local de campagne de chacunE des candidatEs de votre circonscription pour leur faire part de vos préoccupations.
- Leur adresser une lettre ou une carte postale résumant votre position.
- Adresser une lettre ouverte aux journaux, participer à des tribunes libres radio.
- Intervenir lors des assemblées publiques que les partis ou des organismes organisent dans votre milieu pour y affirmer cet enjeu lié aux droits des femmes.
- Organiser, avec d’autres militantEs, une rencontre sur ce sujet et y convier les candidatEs à l’élection.
- Informer et sensibiliser régulièrement les médias régionaux et nationaux pour qu’ils répercutent vos questions et demandes auprès des partis.

PARCE QU’UN MONDE SANS PROSTITUTION
EST POSSIBLE

La prostitution, qu’elle se fasse dans la rue ou via des agences d’escorte, salons de massage sexuel, bars spécialisés ou bordels, est indissociable de l’exploitation sexuelle et de la traite des femmes à des fins sexuelles, puisque les femmes trafiquées le sont pour répondre à la « demande » dans une ville, une région, un pays donné.

Sous la poussée de la mondialisation, de la militarisation ou de la montée de la misogynie se dresse une propension à légitimer et légaliser la prostitution, sous divers prétextes : répondre à une « demande » présentée comme naturelle, « nettoyer » les quartiers résidentiels, contrôler le crime organisé, contrer la violence subie par les femmes dans la prostitution tout en ouvrant la porte à d’énormes profits pour les proxénètes et l’État.

La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle - une organisation communautaire regroupant des groupes de femmes, des universitaires et d’autres intervenantEs - croit que la légalisation de la prostitution équivaut à légitimer l’une des formes de violence envers les femmes. Cette violence touche particulièrement les femmes marginalisées (pauvres, racisées, migrantes, autochtones, etc.).

Les femmes qui sont actuellement dans la prostitution nécessitent solidarité et respect. Il est urgent de leur assurer les services sociaux et de santé existants. Nous dénonçons et luttons avec elles contre la violence dont elles sont victimes comme nous le faisons pour l’ensemble de la violence envers les femmes. Elles ont également droit, comme toutes les femmes, à ce que l’on défende le droit de vivre dans un monde sans prostitution. Nous refusons d’endosser la marchandisation du corps des femmes par les proxénètes et les prostitueurs et d’avaliser le marché sexiste et raciste imposé par notre société.

La présente campagne électorale est le moment, pour celles et ceux qui portent les mêmes préoccupations que nous, de demander des engagements clairs aux partis politiques pour faire du Québec, un territoire d’égalité entre les femmes et les hommes, un Québec sans prostitution.

POUR QU’UN MONDE SANS PROSTITUTION
SOIT POSSIBLE

ENGAGEMENTS DEMANDÉS AUX PARTIS POLITIQUES AU COURS DE LA PRÉSENTE CAMPAGNE ÉLECTORALE

Nous voulons que le prochain gouvernement du Québec fasse preuve de créativité et de courage politique dans cet enjeu et se dote d’une stratégie globale et cohérente de lutte contre l’exploitation sexuelle et la traite des femmes, reposant sur quatre axes d’intervention : 1) éducation/prévention ; 2) protection des survivantes et alternatives ; 3) élimination du proxénétisme ; 4) responsabilisation/pénalisation des prostitueurs (« clients »).

Nous demandons aux partis politiques de prendre les engagements suivants :
- reconnaître que la prostitution est une forme de violence, d’exploitation et de domination des femmes par les hommes ;
- réaliser une grande campagne d’éducation publique et scolaire pour contrer toute banalisation de la prostitution et du proxénétisme affirmant qu’acheter des rapports sexuels n’est pas compatible avec une égalité de fait entre les femmes et les hommes ;
- établir des directives claires pour que l’État cesse de tolérer et de favoriser les crimes que sont le proxénétisme, la traite et le tourisme sexuel et la sollicitation de « services sexuels » par les prostitueurs en commençant par exiger des fonctionnaires et des parlementaires de ne pas solliciter de « services sexuels » dans le cadre de leurs fonctions ;
- donner le mandat aux corps policiers de poursuivre les proxénètes et les clients de la prostitution incluant les entreprises médiatiques qui tirent profit du commerce de la prostitution dans leurs médias ;
- prendre des mesures concrètes pour que cesse, sur le territoire québécois, toute forme de criminalisation, de judiciarisation, de harcèlement systémique et de déni de justice aux femmes dans la prostitution ;
- appuyer les organismes qui font un travail d’éducation, de prévention et de recherche d’alternatives à la prostitution ;
- appliquer réellement la Loi pour l’élimination de la pauvreté et instaurer des mesures essentielles pour permettre aux femmes d’échapper à la pauvreté (hausse du salaire minimum à un niveau permettant de vivre décemment, indexation et hausse des prestations d’aide sociale, politique de logement social bonifiée, refonte en profondeur du régime fiscal, mesures spécifiques d’accès à l’emploi pour les femmes immigrantes, etc.)

Voici quelques exemples de questions à poser dans vos rencontres, appels, lettres et interventions publiques.

QUESTIONS POUR LE PARTI LIBÉRAL

Votre gouvernement a rédigé et adopté une politique pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans laquelle vous reconnaissez, à l’article 3.5.2, la prostitution comme une forme d’exploitation sexuelle et de violence, liée à la domination des femmes par les hommes. C’est un pas important dans la bonne direction. Par contre, à aucun moment vous ne parlez de la « demande » provenant très majoritairement des hommes ni de l’urgence de s’y attaquer. Vous mentionnez la nécessité de prévenir l’entrée en prostitution des adolescentes mais aucunement le besoin de prévenir le clientélisme chez les jeunes garçons sauf une vague référence au besoin d’éducation à la sexualité.

Êtes-vous prêtEs à affronter cette « demande » attisée par l’industrie de la prostitution et à prendre les mesures nécessaires pour la contrer ? Comment ?

Par ailleurs, dans le plan d’action gouvernemental qui accompagne la politique on ne parle aucunement d’actions spécifiques pour lutter contre la prostitution ; il n’est question que de la traite des femmes. Il y a pourtant un lien direct entre l’existence de la traite des femmes et des filles à des fins sexuelles et la prostitution : il faut contrer ces deux problèmes pour arriver à de véritables transformations sociales. Avez-vous l’intention de proposer des actions spécifiques accompagnées des budgets nécessaires pour faire un travail de base, efficace et à long terme pour mettre fin à la prostitution au Québec ? Lesquelles ?

Votre parti est-il prêt à prendre les engagements demandés par la CLES ? Acceptez-vous de défendre ces positions dans votre caucus ?

QUESTIONS POUR LE PARTI QUÉBECOIS

Le Parti québécois a-t-il pris position concernant la question de la prostitution et de la traite sexuelle des femmes et des filles ? Quelle est cette position ? Êtes-vous d’accord avec l’article 3.5.2 de la nouvelle politique gouvernementale sur l’égalité entre les femmes et les hommes, qui reconnaît la prostitution comme une forme d’exploitation sexuelle et de violence ? Croyez-vous que cette politique peut être bonifiée pour mieux contrer l’industrie de la prostitution ? Comment ?

Êtes-vous prêtEs à vous engager, comme futur gouvernement, à faire du Québec un pays sans prostitution, à l’instar de gouvernements comme celui de Suède ?

Votre parti est-il prêt à prendre les engagements demandés par la CLES ? Acceptez-vous de défendre ces positions dans votre caucus ?

QUESTIONS POUR L’ACTION DEMOCRATIQUE DU QUÉBEC

L’ADQ a-t-elle pris position concernant la prostitution et la traite sexuelle des femmes et des filles ? Quelle est cette position ? Êtes-vous d’accord avec l’article 3.5.2 de la nouvelle politique gouvernementale sur l’égalité entre les femmes et les hommes, qui reconnaît la prostitution comme une forme d’exploitation sexuelle et de violence ? Croyez-vous que cette politique peut être bonifiée pour mieux contrer l’industrie de la prostitution ? Comment ?

Êtes-vous prêtEs à soutenir un arrêt de toute pénalisation des femmes exploitées dans la prostitution sur le territoire québécois ?

Comment votre parti envisage-t-il de mieux prévenir l’exploitation et la traite sexuelles des femmes et des filles au Québec ?

Votre parti est-il prêt à prendre les engagements demandés par la CLES ? Acceptez-vous de défendre ces positions dans votre caucus ?

QUESTIONS POUR QUÉBEC SOLIDAIRE

Quelle est la position de Québec Solidaire concernant la question de la prostitution et de la traite des femmes et des filles ? Êtes-vous d’accord avec l’article 3.5.2 de la nouvelle politique gouvernementale sur l’égalité entre les femmes et les hommes, qui reconnaît la prostitution comme une forme d’exploitation sexuelle et de violence ? Croyez-vous que cette politique peut être bonifiée pour mieux contrer l’industrie de la prostitution ? Comment ?

Quels liens faites-vous entre prostitution, marchandisation du corps des femmes, mondialisation et traite des femmes et des filles ? Quelles solutions un parti de gauche, féministe et égalitaire comme le vôtre souhaite-t-il apporter à ces problèmes ?

Est-ce que votre parti est prêt à prendre les engagements demandés par la CLES et à travailler pour qu’un Québec solidaire soit un Québec sans prostitution, ni traite ? Êtes-vous prêtE à défendre ces engagements au sein de votre parti ?

QUESTIONS POUR LE PARTI VERT

Quelle est la position du Parti Vert dans ce dossier ? Êtes-vous d’accord avec l’article 3.5.2 de la nouvelle politique gouvernementale sur l’égalité entre les femmes et les hommes, qui reconnaît la prostitution comme une forme d’exploitation sexuelle et de violence ? Croyez-vous que cette politique peut être bonifiée pour mieux contrer l’industrie de la prostitution ? Comment ?

Est-ce que votre parti est prêt à prendre les engagements demandés par la CLES ?

Pour information

Extrait de la nouvelle Politique gouvernementale pour l’égalité entre les femmes et les hommes « Pour que l’égalité de droit devienne une égalité de fait », 2006, concernant l’exploitation sexuelle et la traite des femmes.

Article 3.5.2 : « Au Québec, comme partout ailleurs, la prolifération des activités lucratives liées à l’industrie du sexe et à la prostitution (spectacles de danseuses nues, agences d’escorte, salons de massage sexuel, prostitution de rue, vidéos pornographiques, etc.) fait en sorte qu’un nombre croissant de jeunes personnes, généralement des femmes, offrent des services sexuels pour assurer leur subsistance. Les études indiquent clairement que ces femmes subissent un niveau de discrimination et de violence très élevé. L’exploitation sexuelle des femmes adultes et des adolescentes est une activité économique qui génère des profits importants, notamment pour les organisations criminelles - dont les gangs de rue.

« De plus, même s’il est difficile d’en préciser l’ampleur, on retrouve parmi les femmes qui se prostituent des femmes davantage discriminées, notamment les femmes immigrantes et autochtones. L’exploitation sexuelle est une forme de violence qui inclut la traite des femmes migrantes.

« Dans le contexte de la mondialisation, la traite des personnes ne se limite pas au sens le plus courant du terme puisqu’elle englobe aussi les différentes formes d’exploitation auxquelles la migration des personnes peut donner lieu, notamment dans le domaine du travail.

« La pornographie et sa version virtuelle, la cybercriminalité, ainsi que toutes les activités liées à la vente de services de nature sexuelle sont d’autres formes de violence qui reposent sur des rapports de domination. De façon générale, l’exploitation sexuelle touche davantage les femmes, les adolescentes et les petites filles, et elle est la manifestation d’un abus de pouvoir qui ne peut être toléré dans une société qui défend les valeurs de justice et d’égalité.

« Pour contrer la prostitution et la traite des femmes, le Québec s’assurera que soient instaurés des mécanismes qui lui permettront de lutter contre la traite des êtres humains et qui allieront la répression de la traite avec la protection des femmes qui en sont victimes. Dans les limites de ses compétences, il s’assurera de la mise en place de programmes et de directives pour contrer le plus efficacement toutes les autres formes d’exploitation sexuelle, notamment la cybercriminalité, le tourisme sexuel et la prolifération du matériel pornographique comportant des actes de violence contre des femmes ou des enfants. Il faut également prévenir l’entrée des adolescentes dans la prostitution, notamment par la lutte contre la pauvreté et le décrochage scolaire ainsi que par une éducation à la sexualité qui responsabilisera les garçons et les filles. »
(Article 3.5.2 page 73)

Courriel de la CLES : la_cles@yahoo.com

Mis en ligne sur Sisyphe, le 1er mars 2007.


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