| Arts & Lettres | Poésie | Démocratie, laïcité, droits | Politique | Féminisme, rapports hommes-femmes | Femmes du monde | Polytechnique 6 décembre 1989 | Prostitution & pornographie | Syndrome d'aliénation parentale (SAP) | Voile islamique | Violences | Sociétés | Santé & Sciences | Textes anglais  

                   Sisyphe.org    Accueil                                   Plan du site                       






mercredi 18 mars 2015

Lettre de Julie Miville-Dechêne
En réponse au texte de Micheline Carrier

par Julie Miville-Dechêne, présidente du Conseil du statut de la femme






Écrits d'Élaine Audet



Chercher dans ce site


AUTRES ARTICLES
DANS LA MEME RUBRIQUE


PDF Québec dénonce la position du CSF sur le recours aux mères porteuses
De l’hystérie de la gestion politique dans nos services de santé publics
Où va le Conseil du statut de la femme ?
CSF et projet de loi 20 : une position contre les femmes ?
La réforme Barrette est le prélude à un démantèlement annoncé (FIQ)
Mépris du gouvernement Marois à l’endroit des sages-femmes - Leur modèle de pratique est menacé
Le Conseil du statut de la femme plaide pour un accès ouvert à la première ligne médicale
Louise Vandelac veut comprendre la « transformation sociotechnique du vivant »
Dix-neuf jeunes femmes sur vingt "modifieraient leur corps"
Manifestation concernant le procès d’une femme séropositive à Montréal le 1er mai
Anorexie mentale - Dompter la douleur
La télé, complice de la pandémie d’obésité chez les enfants
La dépression au-delà des préjugés
Des monts et merveilles !
Écoute ton corps... Jusqu’à quel point ?
Les animaux, nos cobayes
Va-t-on déposséder l’Amazonie de ses ressources ?







En réponse au texte de Micheline Carrier intitulé « Où va le Conseil du statut de la femme ? », publié le 16 mars 2015 sur le site sisyphe.org.

Je souhaite répondre à certaines affirmations faites par Mme Micheline Carrier dans son texte intitulé « Où va le Conseil du statut de la femme ? », publié le 16 mars 2015.

Sur le mandat de la présidente du Conseil du statut de la femme et le rôle de l’assemblée des membres, il me semble important de rectifier certains faits. Il est vrai que la loi sur le Conseil n’accorde pas le pouvoir à la présidente de décider seule des orientations des recherches du Conseil. Je n’ai jamais prétendu le contraire. En effet, le rôle des membres de l’assemblée est précisément d’élaborer les grandes orientations, d’approuver les avis et les mémoires produits par la Direction de la recherche et de l’analyse du Conseil, et d’entériner les recommandations transmises au gouvernement.

Toutefois, je trouve important de rappeler que dans le cas du projet de loi 20, la décision de soumettre un mémoire en commission parlementaire sans qu’il ait été entériné par l’assemblée des membres est une décision exceptionnelle, qui s’inscrivait dans un contexte particulier : le Conseil avait une position récente sur les problèmes d’accessibilité à la première ligne médicale. En effet, l’assemblée des membres avait entériné un an et demi plus tôt un avis qui invitait le gouvernement à mettre en place des mesures incitatives et coercitives, afin que les médecins généralistes prennent en charge plus de patients et que l’accès ouvert devienne la norme dans le système de santé québécois. Devant ce constat, la direction du Conseil a jugé que nous avions une position claire à présenter dans le cadre d’une commission parlementaire qui portait justement sur ce type de mesure.

Le même processus a été utilisé l’été dernier, lorsque le Conseil du statut de la femme a déposé un mémoire sur le projet de loi fédéral C-36, Loi sur la protection des collectivités et des personnes exploitées. S’appuyant sur notre avis sur la prostitution, qui date de mai 2012, le mémoire accueillait favorablement le projet de loi du gouvernement fédéral, parce qu’il allait dans le sens de ce qui avait été recommandé par le Conseil, deux ans plus tôt. Personne ne s’est formalisé de cette démarche.

Cela dit, loin de nous l’intention d’utiliser arbitrairement cette voie rapide d’exception. Au contraire, les mémoires (projet de loi 27, projet de loi 28, projet de loi sur les aides domestiques, etc.) et les avis (conjoints de fait, crimes d’honneur, accès à la première ligne médicale, retraite, procréation assistée, femmes dans la construction, prostitution, etc.) qui ont été publiés sous ma gouverne ont été approuvés par l’assemblée des membres, comme il se doit.

Sur le projet de loi 20, vous me reprochez également ma supposée « timidité » à l’égard des pouvoirs en place. Je n’aurais pas résisté, selon vous, à un ministre autoritaire. Pourtant, notre avis sur la santé, duquel est tiré notre mémoire sur le projet de loi 20, a été publié bien avant que M. Barrette ne devienne ministre. La personnalité d’un ministre, quel qu’il soit, n’a aucune influence sur les positions exprimées par le Conseil.

De plus, vous oubliez un peu vite nos mémoires récents et les sorties médiatiques qui les accompagnaient. Ainsi, nous avons été critiques de la modulation des tarifs de garderies et des mesures punitives envisagées contre les parents dans le dossier des places fantômes.
Vous me reprochez par ailleurs d’être « résignée » et d’avoir « accepté » les compressions budgétaires au Conseil, sans avoir consulté les membres de l’assemblée. À ce chapitre, je crois avoir agi de façon diligente et responsable. Le pouvoir de gestion et d’administration du Conseil est confié de manière exclusive à la présidente, comme c’est le cas pour tous les autres conseils consultatifs au sein de la fonction publique. Et tout comme les autres organismes, le Conseil n’a jamais négocié sur la place publique ses budgets, ni pris position sur les négociations entre l’État et ses employés pour des raisons évidentes.

Je tiens à rappeler que ce n’est pas la première fois que le Conseil est amené à réduire ses effectifs en régions. En 2010, la présidente de l’époque avait dû composer avec des réductions budgétaires qui l’avaient menée à la décision de fermer 7 des 11 bureaux régionaux du Conseil. Elle n’avait accordé aucune entrevue à ce sujet et n’avait pas publiquement dénoncé le gouvernement. Pourtant, elle n’avait pas eu à subir de procès d’intention.

Vous me reprochez également de ne pas avoir cherché l’appui de l’ensemble des groupes de femmes du Québec, afin de dénoncer les coupures budgétaires au Conseil. Il me semble que les groupes de femmes ont suffisamment à faire en ce moment, pour défendre leur existence. Certes, le Conseil a subi des compressions supplémentaires de 287 500 $ cette année, ce qui représente 7,5 % de son budget. Je refuse néanmoins de me laisser abattre par cette nouvelle réalité. Nous avons encore 27 employées, parmi lesquelles des chercheures chevronnées et une équipe de communication créative qui est déjà à l’oeuvre pour trouver d’autres façons d’entretenir des liens avec nos partenaires régionaux.

Malgré ces fermetures crève-coeur, le noyau de notre mission, la recherche, demeure. Nous travaillons actuellement sur plusieurs recherches, notamment sur le partage du congé parental, le sexisme dans les manuels scolaires, les mères porteuses, la présence des femmes en politique, et la vie sexuelle et amoureuse des adolescentes. Ces recherches font l’objet depuis des mois de débats vigoureux au sein de notre assemblée des membres, comme il se doit.

Pour terminer, vos commentaires m’attristent. Ils vont à mon sens au-delà d’une saine critique sur nos prises de position ou de nos manières de fonctionner. En fait, ils font fi de la réalité vécue au Conseil. Ce sont ceux qui réclament l’abolition pure et simple du Conseil qui se délectent de ce genre de chicanes qui nous montrent comme faibles et divisées.

Julie Miville-Dechêne
Présidente du Conseil du statut de la femme

Conseil du statut de la femme
Direction des communications
800, place D’Youville, 3e étage
Québec (Québec) G1R 6E2
Site Web

Mis en ligne sur Sisyphe, le 18 mars 2015


Partagez cette page.
Share


Format Noir & Blanc pour mieux imprimer ce texteImprimer ce texte   Nous suivre sur Twitter   Nous suivre sur Facebook
   Commenter cet article plus bas.

Julie Miville-Dechêne, présidente du Conseil du statut de la femme


modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


    Pour afficher en permanence les plus récents titres et le logo de Sisyphe.org sur votre site, visitez la brève À propos de Sisyphe.

© SISYPHE 2002-2015
http://sisyphe.org | Archives | Plan du site | Copyright Sisyphe 2002-2016 | |Retour à la page d'accueil |Admin