| Arts & Lettres | Poésie | Démocratie, laïcité, droits | Politique | Féminisme, rapports hommes-femmes | Femmes du monde | Polytechnique 6 décembre 1989 | Prostitution & pornographie | Syndrome d'aliénation parentale (SAP) | Voile islamique | Violences | Sociétés | Santé & Sciences | Textes anglais  

                   Sisyphe.org    Accueil                                   Plan du site                       






mardi 5 mai 2015

Transgenres - Le point de vue des femmes complètement occulté

par Diane Guilbault, Daphné Poirier et Michèle Sirois, Pour les droits des femmes du Québec (PDF)






Écrits d'Élaine Audet



Chercher dans ce site


AUTRES ARTICLES
DANS LA MEME RUBRIQUE


Remettre en question la notion d’identité de genre et le silence imposé à l’analyse féministe
Toronto - Un éminent chercheur congédié pour son approche prudente face à la dysphorie du genre chez les enfants
Le Conseil québécois LGBT demande à Lise Payette de clarifier ses propos
Règlement pour les transgenres au Québec - Être femme est-il un privilège ?
Mention du sexe pour les personnes transgenres - Un vrai problème, mais une mauvaise solution
La pièce "Les monologues du vagin" annulée parce que jugée non inclusive pour les transgenres
Transgenres et « black faces », même combat ?
Mon genre, ton genre, mais quel genre ?
Des groupes dénoncent le mot d’ordre de la Marche des Fiertés de Lyon qui amalgame trans, PMA, IVG, GPA et prostitution
Inégalité hommes-femmes - Combien de temps le mouvement LGBT va-t-il pouvoir se cacher derrière son petit doigt ?
Le queer, un nouvel emballage pour un vieux patriarcat
II. Genre et sexualité : convergences et divergences du féminisme radical et de la théorie queer
I. Qu’est-ce que le genre ? D’où vient la confusion qui l’entoure ?
À qui appartient le genre ? Rapports entre féminisme radical et idéologie transgenre
La théorie "queer" et la violence contre les femmes
Lesbophobie, homophobie, sexisme : vers un nouveau délai de prescription
Le mariage de mon fils
Après la Marche des lesbiennes, un lieu pour répondre à nos questions
"LESBIANA - Une Révolution parallèle". Entretien avec la réalisatrice Myriam Fougère
Témoignage - Comportement destructeur au sein d’un couple lesbien
L’Enchilada - En finir avec l’objectification de notre corps
Si nous parlions de parentalité plutôt que d’homoparentalité
Maintenant, vous allez nous entendre !
La violence lesbophobe et ses conséquences
La longue marche vers l’égalité pour les gais et les lesbiennes du Québec
Ce qu’il faut savoir de la déclaration de l’ONU sur la dépénalisation de l’homosexualité
10-13 avril 2009 à Toulouse : Bagdam. Colloque international d’Études lesbiennes
25 messagers et messagères anti-préjugés homophobes
Psychanalyse, société et "vie lesbienne", rien qu’une incompatibilité d’hu-moeurs ?
Tout sur l’amour
Le Canada devient le 3e pays à reconnaître le mariage entre personnes de même sexe
Protestations internationales contre l’assassinat de FannyAnn Eddy, militante de l’Association lesbienne et gaie de la Sierra Leone
L’humanitarisme républicain contre les mouvements homo
« Débander la théorie queer », un livre de Sheila Jeffreys
La pensée "queer" et la déconstruction du sujet lesbien
Le mariage, reflet de la société
Les « vérités » contradictoires de l’Église catholique sur le mariage gai
Mariage des conjoint-es de même sexe : une question de droit civil, non de religion.
L’amour en plus
Carnet de voyage
Homoparentalité ou pluriparentalité







Le 7 mars 2015, la journaliste Jessica Nadeau présentait dans ’Le Devoir" le point de vue des personnes transgenres*. C’est intéressant, mais la journaliste fait la même erreur que bien des médias : elle ne présente qu’un seul côté des choses, le point de vue des hommes qui « se sentent » femmes. Sans jamais regarder ce que cela peut impliquer pour la majorité des femmes qui sont et se sentent des femmes.

Litige et confusion autour d’un projet de règlement

On sait que le Québec paie depuis 2009 les traitements et les opérations pour les personnes qui veulent changer de sexe biologique. Et c’est une très bonne chose. Comme certaines de nos membres transsexuelles nous l’ont expliqué, les personnes transsexuelles sont en effet passées par un long processus personnel et par un suivi professionnel pour en arriver à cette transformation physique et à leur nouvelle identité.

Cependant, en décembre 2013, le gouvernement a adopté un amendement au Code civil qui permet aux personnes transgenres d’être déclarées de l’autre sexe sans opération et sans traitement médical. Et pour que cette modification puisse entrer en vigueur, le gouvernement vient de présenter en décembre 2014 un projet de règlement.

Les personnes transgenres contestent le projet de règlement qui prévoit que les personnes aient vécu selon « l’apparence de l’autre genre » pendant 2 ans. Les transgenres exigent le droit à « l’autodétermination », c’est-à-dire que, sur leur simple parole, le directeur de l’état civil change le sexe sur leur extrait de naissance et autres papiers d’identité. Le règlement demande aussi que ce changement soit pour le reste de la vie. Les transgenres jugent que c’est inacceptable et veulent avoir le droit de changer de sexe quand bon leur semble.

Ce dossier nage dans la confusion, le mot même de « trans » constituant le premier leurre, car il inclut les transsexuelles, c’est-à-dire personnes ayant changé de sexe après avoir subi une chirurgie de réassignation sexuelle, et les personnes transgenres, c’est-à-dire celles qui ne veulent pas subir d’opération. On parle des « trans » comme si toutes les personnes étaient dans la même situation et avaient la même position face à ce règlement. Or, les personnes transsexuelles ne sont pas concernées par ce règlement puisque leur situation est claire et déjà réglée : la loi leur permet de changer d’identité sexuelle après leur chirurgie.

Inquiétudes légitimes quant à la sécurité des femmes

Si le règlement est adopté, des hommes avec tous leurs attributs masculins auront désormais accès à tous les lieux réservés aux femmes la plupart du temps pour des raisons de sécurité comme les toilettes, les gymnases sportifs, les prisons, etc. Rien non plus ne les empêchera de demander d’être accueillis dans les maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence, ou dans les centres de femmes.

Qui demande des papiers d’identité pour vérifier votre sexe à la porte des toilettes ? À la porte des gymnases ? Personne. Nous sommes très nombreuses à ne pas vouloir nous retrouver dans un vestiaire sportif à côté d’hommes nus sous prétexte qu’ils disent se sentir femmes. Et comment fera-t-on pour distinguer ceux qui se sentent femmes de ceux qui ont juste envie de se retrouver dans un vestiaire pour femmes ? Avec des papiers officiels qui attestent que les hommes « transgenres » sont des « femmes », ceux-ci pourront-ils poursuivre pour discrimination les associations féministes qui auront fait le choix de la non-mixité et qui les refuseront ? Ce qu’on ne semble pas voir, c’est qu’en ouvrant aux hommes « transgenres » les portes des lieux d’intimité et de sécurité aménagés pour les femmes, on doit ouvrir la porte à tous les hommes, sous peine d’être accusé de discrimination sur la base de l’apparence.

C’est d’abord pour cette raison que PDF Québec rejette le règlement et demande même l’abrogation de ce nouvel article du Code civil : pour des raisons de sécurité. Mais plus globalement, PDF Québec s’oppose à l’amendement apporté au Code civil parce que cela implique un recul par rapport à la lutte féministe contre les stéréotypes sexuels.
Le vrai problème : les stéréotypes sexuels

La loi qui régit l’état civil n’est pas le réel problème des transgenres ; ce sont plutôt les stéréotypes. Si un homme veut s’habiller en femme, qu’il le fasse. Mais il n’a pas à être déclaré femme. Qu’est-ce qu’une femme, d’ailleurs ? Est-ce une simple question d’habillement ou de coiffure ? Il est remarquable de constater qu’il y a beaucoup plus d’hommes qui disent se sentir femmes que de femmes qui disent se sentir hommes. Serait-ce que le carcan dans lequel on enferme chacun des sexes est devenu moins rigide pour les femmes ? Les femmes ont en effet gagné de longue lutte le droit de s’habiller ou de se coiffer comme elles le veulent, et de pratiquer des activités autrefois réservées aux hommes. Nous nous sommes battues contre ces stéréotypes sans pour cela demander de changer de sexe.

Aujourd’hui, nous ne voulons pas que la coquetterie redevienne une caractéristique de ce qui fait une femme, pas plus que la jupe, les souliers, les longs cheveux, etc. Laissons les jeunes garçons s’habiller « comme des filles » si tel est leur désir. Aller de l’avant avec le règlement viendrait renforcer les stéréotypes et envoyer un message aux hommes qu’ils doivent faire changer leur identité sexuelle sur leurs papiers officiels pour avoir droit à la jupe, au maquillage et à la coquetterie. Ce serait un retour en arrière inacceptable.
Ces demandes, qui à première vue ne semblent concerner qu’une petite poignée de personnes, peuvent avoir des conséquences sur l’ensemble de la société et tout particulièrement sur les femmes. Une véritable réflexion s’impose pour mettre fin à l’ostracisme que vivent les personnes qui ne correspondent pas aux stéréotypes. Il est temps d’examiner ces conséquences et de chercher à comprendre le vrai problème pour mieux répondre aux difficultés des personnes « transgenres ».

Ne serait-ce pas plutôt le moment pour les hommes de miser sur la lutte aux stéréotypes sexuels pour sortir du carcan ? Sans doute parce que PDF Québec est une association mixte qui regroupe des femmes ainsi que de nombreux hommes, nous croyons que la lutte de libération des femmes peut aussi servir d’exemple aux hommes.

* "Les transgenres luttent pour l’égalité juridique et sociale".

- Site PDF Québec.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 12 avril 2015


Partagez cette page.
Share


Format Noir & Blanc pour mieux imprimer ce texteImprimer ce texte   Nous suivre sur Twitter   Nous suivre sur Facebook
   Commenter cet article plus bas.

Diane Guilbault, Daphné Poirier et Michèle Sirois, Pour les droits des femmes du Québec (PDF)



Plan-Liens Forum

  • Transgenres - Le point de vue des femmes complètement occulté
    (1/1) 18 mai 2015 , par Philippe Pérot





  • Transgenres - Le point de vue des femmes complètement occulté
    18 mai 2015 , par Philippe Pérot   [retour au début des forums]

    C’est un faux problème : les trans H>F, opérées ou non, qui vivent en permanence en tant que femmes sont des femmes, et elles ne représentent vraiment aucun danger pour les femmes cisgenre ! Craindre que des hommes se déguiseraient en femmes pour avoir accès aux lieux intimes de ces dernières me parait relever du fantasme plus que d’une crainte vraiment fondée.

    modération a priori

    Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

    Qui êtes-vous ?
    Votre message
    • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


        Pour afficher en permanence les plus récents titres et le logo de Sisyphe.org sur votre site, visitez la brève À propos de Sisyphe.

    © SISYPHE 2002-2015
    http://sisyphe.org | Archives | Plan du site | Copyright Sisyphe 2002-2016 | |Retour à la page d'accueil |Admin