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vendredi 30 octobre 2015

Ma paillasse comme notre âme

par Marie-Pier Daveluy






Écrits d'Élaine Audet



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    Je ne sais pas comment sera la troisième guerre mondiale
    mais je sais qu’il n’y aura plus beaucoup de monde
    pour voir la quatrième.
    Albert Einstein




Le vent tournoie lentement sur la paillasse de mon corps et les brins de campagne déserte. J’assiste, depuis le socle de ma mémoire, au divorce du souvenir du monde avec la terre. Les saisons ne comptent plus. Nos ventres hurlent au gré d’une symphonie tarie par une succession de valses du désastre. Le cycle final, résonne - grandiose apothéose d’une faim d’Histoire que nous avons sciemment laissée crever. Devant et tout autour, l’espace s’éventre

sur les corps affalés, affamés du spectacle brut des hommes parvenus au bout d’eux-mêmes comme jusqu’au bout des ongles, la conscience soudée à la main surpuissante de Narcisse

peintre d’homme et frère de songe

Nous baignons dans le reflet béat du pouvoir être suprême, stagnant. Nous avons rêvé "nous(-)même(s)" - trop grand - enfanté l’immense d’un coup fatal porté au temps

Mais sous le vice de nos dollars crampons, la terre gémit, craquelle, révèle la faille odieuse de la contagion globale des sols

All the way around, dreams from the same scratched old lens spreads dirty shadows over our greatest minds and lands. We are to become one. Do not try to escape that which lies at your feet.

The contagion has just begun*


Je s’entredévore

écorche les frontières migrantes qui sculptent l’harmonie des hommes. L’écho d’une valse de cultures d’accords piétinés, broyés, et enfouis sous le masque anonyme d’une archéologie du silence. Puis revendu au plus offrant, et refaçonné impunément à l’image des intérêts de la géopolitique mondiale.

Le souffle de Narcisse se prolonge à même les cieux d’un Big Brother de l’éphémère, tissé au gré des discours mouvants à la pointe des lèvres des marchés s’énonçant dans la langue du Global Action Plan -



Je suis un Produit Intérieur Brut, au vide raffiné Dow Jones, et je me signe les mains tendues à travers les campagnes désertes, de l’occident jusqu’à l’orient, j’embrasse la terre entière d’un grand partenariat intercontinental



Depuis mon corps paillasse, les nuages ne pleuvent plus que virtuels, épinglés ici et là sur la toile à travers d’étranges entrelacements de constellations dorées, d’une beauté structurelle à faire pleurer nos portefeuilles et faire froncer les sourcils de nos mathématiciens les plus célèbres.



sous la paillasse, le gouffre
s’ouvre

les brindilles de nos têtes aériennes frémissent
unies par les cuirs chevelus, de l’occident jusqu’à l’orient
le temps gronde d’une faim dantesque

un tsunami d’immense
sous ma paillasse comme notre âme



* La même vieille lentille rayée reflète ses ombres crasses sur la terre comme nos plus grands esprits . Ne tentez pas d’échapper au mensonge qui repose à vos pieds. Nous ne ferons bientôt plus qu’un.

La contagion vient à peine de commencer

Site de l’auteure

Mis en ligne sur Sisyphe, le 29 octobre 2015


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Marie-Pier Daveluy


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