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mardi 14 janvier 2020 Championne olympique iranienne de Taekwondo Kimia Alizadeh choisit l’exil
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La championne de Taekwondo Kimia Alizadeh, seule médaillée olympique iranienne, a annoncé le 11 janvier 2020 avoir quitté définitivement son pays, n’en pouvant plus de l"hypocrisie " d’un système qui, selon elle, utilise ses sportives à des fins politiques et ne fait que les humilier". Nous publions ici la traduction d’une de nos collaboratrices en Iran.
Dois-je commencer par dire bonjour, au revoir, mes condoléances ?
Bonjour peuple persécuté de l’Iran, adieu peuple opprimé, je t’offre mes condoléances à toi, peuple en deuil. À quel point me connais-tu ? Est-ce seulement ce que tu as aperçu au cours des compétitions, à la télé, ou en présence des autorités ?
Maintenant, permets-moi de te présenter, cette fois librement, mon identité censurée. Ils disent : "hors d’ici, Kimia ne sera rien." Moi-même, j’irai plus loin et je dis : même avant, je n’étais pas grand-chose. "Moi, Kimia Alizadeh, je ne suis pas un personnage historique, ni une héroïne, ni un porte-drapeau de la caravane d’Iran".
Je suis l’une des millions de femmes iraniennes étouffées avec qui ils jouent depuis des années. Ils m’ont amenée là où ils voulaient, je me suis habillée selon leur bon vouloir, j’ai répété les phrases qu’ils m’ont ordonné de dire. Ils ont mis mes médailles au crédit du voile islamique obligatoire, de leurs mérites, de leurs directives.
Pour eux, ni moi ni aucune d’entre nous n’est importante. Nous ne sommes que des instruments, seules comptent ces médailles métalliques, ils nous les rachètent au prix qu’ils veulent pour leurs fins politiques. En même temps, pleins de mépris, ils disent qu’étirer ainsi ses jambes contrevient à la dignité des femmes.
Le matin, quand je me lève, mes jambes tournent inconsciemment comme un ventilateur et se cognent au mur. Comment accepter de devenir leur pantin ? Au programme de la télé en direct, ils m’ont posé des questions, celles précisément pour lesquelles j’ai été invitée.
Maintenant que je ne suis pas là, ils disent que je me suis rabaissée.
Monsieur Saï, je suis partie parce que je ne voulais pas suivre le même chemin que vous. En adoptant votre démarche, j’aurais pu avoir plus de richesse et de pouvoir. J’ai tout refusé. Je suis un être humain et je veux garder mon humanité. Selon votre conception patriarcale et misogyne,, vous considérez que, comme toutes les femmes,, Kimiia est incapable de s’exprimer. Mon âme offensée ne peut se contraindre à vos étroits lobbys politiques et voies économiques. Je ne demande rien d’autre que le Taekwondo, la quiétude et une vie saine et radieuse.
Mon peuple chéri et affligé ! Je ne voulais pas gravir les marches d"un progrès fondé sur le mensonge et la corruption. Personne ne m’a invitée en Europe, avec des propositions fabuleuses. Mais, j’ai choisi volontairement le déchirement de l’exil, pour ne pas me soumettre à l’hypocrisie, à la courbette, au mensonge et à l’arbitraire. Cette décision est plus dure que l’obtention de la coupe olympique. Mais, où que je sois, je resterai une enfant du peuple l’Iran, je m’appuierai sur ta solidarité et tes encouragements. Sur cette voie difficile, ta confiance est ma seule espérance.
Mis en ligne sur Sisyphe le 13 janvier, 2020 |
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