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dimanche 7 mars 2004

Un nouveau mandat souhaité pour le Conseil du statut de la femme
Bienvenue aux hommes

par Christine Fréchette et Catherine Boucher






Écrits d'Élaine Audet



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Ce texte a été publié dans Le Devoir, le 24 février 2004. Nous le reproduisons ici car il fait l’objet d’une critique sur Sisyphe.

Le gouvernement libéral a fait preuve à ce jour de peu de sensibilité pour les questions sociales. Néanmoins, la création d’un Conseil pour l’égalité, proposée par la ministre Michelle Courchesne, responsable de la condition féminine, mérite d’être considérée.

La plupart des groupes de femmes n’ont pas réagi favorablement à cette possible réorientation de la mission du Conseil. Une réaction fort compréhensible considérant la suspicion qui règne à l’égard du gouvernement Charest pour les questions de justice sociale. Bien qu’il soit difficile, dans un contexte où les esprits s’échauffent, de faire un débat d’idées serein, nous souhaitons mettre en relief les aspects positifs d’une nouvelle orientation pour le Conseil du statut de la femme (CSF).

Nous croyons que cette proposition doit faire l’objet d’une analyse approfondie, en dépit de la conjoncture politique. Si un Conseil pour l’égalité est proposé en raison de l’importance des nouveaux défis à relever, plutôt que de virtuelles économies financières, et que son mandat continue de comporter l’étude de l’impact des lois, règlements ou nouvelles politiques sur la situation des femmes, nous sommes d’avis que des avancées intéressantes pourraient en résulter.

Dernièrement, la ministre a suggéré de réorienter les missions du CSF et du Secrétariat à la condition féminine vers une perspective d’égalité entre les hommes et les femmes. Il s’agirait d’étudier la question de l’égalité en s’intéressant également au rôle qu’y assument les hommes. Une telle approche a été adoptée ces dernières années en Europe, dont en Suède où la Division de l’égalité entre les femmes et les hommes a pour mission de s’assurer que les femmes et les hommes aient les mêmes occasions, droits et responsabilités dans tous les domaines et à toutes les étapes de la vie.

Une nouvelle étape

Le mouvement des femmes est passé par différents stades au cours des dernières décennies. D’une prise de conscience collective de la discrimination faite aux femmes a émergé un mouvement de revendication pour l’élimination de cette discrimination. La création de ce mouvement a permis l’émergence d’une vision et d’une identité politique propre aux femmes. Des gains majeurs ont résulté des retombées de ce mouvement : le droit de vote, l’accès à l’éducation supérieure, l’égalité de droit, l’autonomie économique et la reconnaissance de l’apport des femmes à la société. Les stratégies féministes se sont donc avérées fructueuses et ont contribué à l’avancement de l’ensemble de la société québécoise.

Dans cette lutte soutenue pour l’égalité, les féministes ont réussi à faire de l’égalité de droit entre les hommes et les femmes une réalité. Ce n’est cependant pas encore le cas pour l’égalité de fait. Pour franchir cette dernière étape, il faudra changer encore plus en profondeur les mentalités concernant les relations hommes-femmes. À notre avis, les nouvelles stratégies à mettre en oeuvre pour concrétiser l’égalité entre les hommes et les femmes devront inévitablement interpeller les hommes. [...]

Des avantages

Un Conseil pour l’égalité permettrait de promouvoir une approche qui fait appel aux hommes en les responsabilisant dans des domaines traditionnellement réservés aux femmes. Plusieurs retombées positives pourraient découler de ce renouveau stratégique :
- il permettrait de faire des hommes des agents de changement pour l’atteinte de l’égalité hommes-femmes ;
- il permettrait d’accroître l’efficacité des interventions visant l’égalité en complétant les mesures de soutien aux femmes par des initiatives destinées aux hommes ;

- il favoriserait le développement de nouvelles alliances avec des acteurs qui, en général, ne se sentent pas interpellés par les revendications féministes, parmi lesquels de nombreux jeunes ;
- il permettrait de mobiliser les hommes sur des problématiques traditionnellement féminines et ainsi en feraient des enjeux de société que tous doivent s’approprier ;
- il permettrait de prendre acte des problèmes qui caractérisent les hommes et qui, lorsqu’ils seront pris en charge, contribueront à l’avancement de la société dans son ensemble, incluant la condition des femmes. [...]

Des exemples de collaboration

La conciliation travail-famille est un bon exemple pour faire valoir l’importance de travailler avec les hommes. À ce jour, les mesures de conciliation travail-famille ont surtout été développées pour les femmes puisque celles-ci ont traditionnellement assumé les rôles reliés à l’éducation et aux soins des enfants. Mais les femmes ne peuvent tout faire. La double tâche qu’assument de trop nombreuses femmes constitue un obstacle qui retarde l’avènement de l’égalité des sexes sur le marché de l’emploi. Toutefois, si on amène les pères à assumer pleinement leurs responsabilités parentales, les employeurs ne pourront plus tenir pour acquis que seules les femmes ont moins de temps à consacrer à leur carrière, ce qui diminuera la pression sur ces dernières.

Les hommes doivent faire partie de la solution. Des mesures encourageant la conciliation travail-famille chez les hommes doivent être proposées. Octroyer un congé de paternité non transférable à la mère lors de l’arrivée d’un enfant pourrait constituer un premier pas intéressant. Réserver une partie d’une banque de congés familiaux aux pères pourrait constituer une autre formule novatrice.

Le problème de la violence conjugale est un autre exemple où la nécessité d’intervenir auprès des hommes nous apparaît évidente. Tant pour le gouvernement que pour les groupes travaillant auprès des femmes violentées, la collaboration avec les intervenants auprès des hommes violents est essentielle. Elle l’est tout simplement parce que les groupes intervenant auprès de ces hommes doivent disposer des ressources humaines et financières adéquates pour que cesse ce fléau. Des initiatives pilotées par des groupes de femmes ont déjà été implantées en ce sens et mériteraient d’être intensifiées. Lorsqu’en matière de violence conjugale, une société ne destine son soutien qu’aux seules femmes, c’est qu’elle considère la violence comme un problème de femmes.

Dans un autre ordre d’idée, pourquoi ne pas encourager les hommes à diversifier leurs choix de carrière ? Les hommes sont absents d’un certain nombre de secteurs d’études, tels l’enseignement préscolaire et primaire, ou le secteur infirmier. Tout comme l’intégration des femmes à des secteurs traditionnellement masculins est essentielle pour la science et la société, la présence accrue des hommes dans certains secteurs hautement féminisés permettrait de diversifier les approches ou interventions dans ces domaines. De plus, les hommes pourraient être davantage associés à de nouveaux rôles sociaux.

La nécessité de travailler avec les hommes se fait également évidente pour ce qui concerne l’immigration. L’égalité homme-femme fait partie de ce qui est fondamental dans la société québécoise, de ce qui est « non négociable », ce qui n’est pas toujours le cas dans les pays d’origine de certains immigrants. Afin de nous assurer que cette valeur soit intégrée par tous les nouveaux arrivants au Québec, nous devrons travailler tout autant avec les femmes des communautés immigrantes qu’avec les hommes qu’elles côtoient.

Enfin, les problèmes plus particuliers aux hommes et aux garçons, tels que le suicide, la violence et le décrochage scolaire, doivent également être pris au sérieux. Il est plutôt difficile d’imaginer que l’égalité hommes-femmes progressera significativement si la violence, le suicide et le décrochage scolaire minent la vie des hommes et celles de leurs mères, leurs soeurs, leurs compagnes ou leurs amies. Si nous trouvons des solutions à ces difficultés, les femmes ne s’en porteront que mieux.

De plus, mieux comprendre la situation et les problèmes des hommes nous permettra probablement de déceler avec encore plus d’acuité la situation et les besoins des femmes. C’est souvent en se comparant que l’on se définit. D’ailleurs, l’attention qu’on y accorde ne doit pas être comprise comme un désintérêt pour la condition féminine. La politique n’est pas qu’un jeu à somme nulle où ce qui est accordé à l’un est nécessairement retiré à l’autre. [...]

L’intervention gouvernementale en matière de condition féminine doit renouveler son approche pour refléter les défis à venir en matière d’égalité des hommes et des femmes. C’est pourquoi nous considérons qu’une révision du mandat et des objectifs du Conseil du statut de la femme et du Secrétariat à la condition féminine permettrait de porter une attention nouvelle et opportune sur le rôle des hommes dans cette quête pour l’égalité.

Ce texte est appuyé par :

Michelle Audette, Geneviève Baril, Rock Beaudet, Éric Bédard, Isabelle Bérubé, Louise Bienvenue, Karine Blondin, Catherine Bourdages, Christine Burtin-Lauthe, Iolande Cadrin-Rossignol, Solange Chalvin, Claude Charrette, Jean-Félix Chénier Myriam Coulombe-Pontbriand, Élizabeth Daigle, Martin Doucet, Ghyslaine Fleury, Nicolas Fournier, Sandra Gauvin, Gisèle Graton, Edith Lambert, Jacques Légaré, Atïm León Germain, Camille Messier, Pascale Navarro, François-Nicolas Pelletier, Louis-Raphaël Pelletier, Aurélia O’Leary, Paul Périard, Nadja Pollaert, Marie-Eve Proulx, François Rebello, Jean-François Roberge, Caroline Sauriol, Étienne Tittley, Vicky Trépanier, Denise Trudeau, Patrick Turcotte, Nadine Viau

Publié dans Le Devoir, le 24 février 2004

- Voir Profil et affiliations des femmes signataires de la pétition pour le maintien du CSF et du SCF

Mis en ligne sur Sisyphe, le 5 mars 2004

Article de référence

Le 10 mars, le Secrétariat à la condition féminine a mis en ligne un article intitulé « L’analyse différenciée selon les sexes au gouvernement du Québec : vers une mobilisation interne et des alliances stratégiques pour l’égalité ». Cet article écrit par Hélène Massé, en collaboration avec Michèle Laberge et Ginette Massé du Secrétariat à la condition féminine, a été publié en 2002 dans la revue Management international, Vol. 7, no1. Ce texte, qui n’avait pas été mis en ligne jusqu’à maintenant, propose une réflexion sur l’analyse différenciée selon les sexes et permet d’établir une comparaison entre les nouvelles orientations de l’approche intégrée de l’égalité (AIÉ) et l’esprit de l’analyse différenciée selon les sexes (ADS) québécoise. Sa lecture peut faciliter la compréhension des perspectives. On peut télécharger l’article en format PDF à cette page : http://www.scf.gouv.qc.ca/bref/bref.asp


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Christine Fréchette et Catherine Boucher

Christine Fréchette est membre du Conseil du statut de la femme



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  • Des hommes déjà associés là où il fallait
    (1/3) 10 mars 2004 , par

  • Pour le maintien du CSF
    (2/3) 10 mars 2004 , par

  • > Un nouveau mandat souhaité pour le Conseil du statut de la femme
    (3/3) 8 mars 2004 , par





  • Des hommes déjà associés là où il fallait
    10 mars 2004 , par   [retour au début des forums]

    Je suis militante depuis plus de 15 ans et je n’ai encore jamais vu de ressac aussi fulgurant depuis l’élection de ce nouveau gouvernement de droite, il faut bien le dire. Il me semble d’ailleurs que l’on ne contextualise pas encore assez le présent débat autour de la réingénierie et des dangers de disparition du CSF et du Secrétariat à la condition féminine.

    Contexte mondial : la droite partout

    N’oublions pas que, non seulement cela s’inscrit dans un mouvement de droite ici au Québec avec cette élection d’un gouvernement extrêmement néolibéral, mais aussi dans un contexte mondial de virage à droite. Je ne comprends pas que des hommes et des femmes, très articulés, très sensibles aux phénomènes politiques, démontrant habituellement des analyses très justes, ne fassent pas plus le lien avec ce courant, cette vague de fond qui est en train de nous engloutir nous aussi.

    La disparition du CSF et du Secrétariat à la condition féminine n’est que le résultat logique de cette contamination mondiale de la droite. Encore hier, un gouvernement de droite à été élu en Grèce. Comment peut-on ne pas s’inquiéter de ce qui se passe au Québec, de ce que l’on veut faire de la condition féminine, alors que l’on a des exemples à tous les jours de reculs subis dans de nombreux autres pays. Cela peut sembler alarmiste, ça ne l’est pas. Je suis bien consciente que l’on ne reviendra pas si loin derrière. Certains acquis seront très difficiles à nous enlever. Toutefois, ne nous leurrons pas sur les visées de ce gouvernement : l’amélioration des conditions de vie des femmes et l’égalité de fait entre les femmes et les hommes, cela n’a jamais été sa priorité et ne l’est toujours pas. Le lobby masculiniste, soutenu par des femmes qui malheureusement méconnaissent le mouvement des femmes, a fait son oeuvre.

    Un discours démagogique sur le mouvement des femmes

    Il y a tellement de démagogie dans ces discours, je n’en reviens toujours pas. On accuse les groupes de femmes et le mouvement des femmes d’avoir travaillé en vase clos et de s’être mis à dos les hommes. Les groupes de femmes et les femmes qui ont milité et revendiqué n’ont cessé de travailler avec des hommes. J’ai travaillé 15 ans dans un CALACS, centre d’aide aux victimes d’agression sexuelle. J’ai travaillé pendant 15 ans avec des policiers, des travailleurs sociaux, des procureurs de la couronne, des médecins, des pères d’enfants abusés, des maris de femmes incestées. J’ai été sur des Tables de concertation où la majorité des membres étaient des hommes. J’ai fait partie de Conseils d’administration où la majorité des membres étaient des hommes. Je ne trouve pas du tout que j’ai travaillé en vase clos. Je ne trouve pas du tout que j’ai été continuellement en opposition aux hommes. Oui, j’ai été opposée à des comportements de certains hommes, j’ai été opposée à un système qui faisait des femmes des subordonnées, qui niait leur potentiel, qui ne les considérait pas comme des personnes à part entière. Oui, j’ai été frustrée devant des injustices, révoltée devant les violences au quotidien que des femmes doivent encore subir. Jamais je n’ai eu comme objectif de diviser les hommes et les femmes, bien au contraire.

    Alors, quand je lis et j’entends qu’il est temps que les hommes et les femmes travaillent à une société égalitaire ensemble et que l’on doit associer les hommes à nos luttes, je me demande bien de quoi on parle. Moi, je trouve que l’on a associé les hommes où il fallait qu’il le soit. Que la nature de ces associations évoluent doucement, en prenant le temps de bien évaluer, de bien mesurer où elles sont utiles, voire nécessaires, et où elles ne sont pas efficaces. De nombreux hommes partagent cette vision.

    Quand on parle du Conseil de l’égalité et qu’il faut travailler à l’égalité de fait... encore là, je ne comprends pas. Je croyais que depuis plus de 15 ans, c’est ce que je faisais très précisément ! !

    Problèmes d’hommes

    Le décrochage scolaire, le suicide chez les hommes, la violence .. voilà des préoccupations "nouvelles" qui touchent les hommes et, apparemment, pour lesquelles nous ne faisons rien. Je m’excuse, il se fait des choses et ces problèmes ne sont pas des nouveaux problèmes. Lisez Emile Durkeim (bien qu’il ait des thèses parfois assez sexistes), un des premiers chercheurs à faire le lien entre le suicide et le contexte socio-économique. Vous constaterez que le taux de suicide a toujours été plus élevé chez les hommes (et toujours de près de 80%) et ce depuis que l’on tient des statistiques, c’est-à-dire depuis la fin des année 1890 début 1900. Le féminisme n’était pas ce qu’il est aujourd’hui ; alors, de grâce, cessons de mettre sur le dos du mouvement des femmes la détresse vécue par les hommes.

    Le décrochage scolaire, c’est un peu la même chose, les garçons ont toujours moins aimé l’école que les filles. On ne s’en rendait pas compte parce que les filles avaient moins accès à l’instruction.

    La violence .. même lorsque ce sont des hommes qui sont victimes de violence, dans la grande majorité des cas, ce sont d’autres hommes qui leur font violence.

    Je crois que l’on charie sur ces éléments parce que l’on a pas d’autres arguments pour essayer de prouver, de démontrer que les hommes vivent dans la marginalité la plus totale et que en plus on ne se soucient pas de leurs problèmes.

    Je ne pense pas du tout qu’il ne faille rien faire pour résoudre et soulager la souffrance des hommes. Bien au contraire. Mais, on ne la soulagera pas si on n’en fait pas une analyse juste. Si l’analyse de ces problèmes est faussée par toutes sortes de mythes et de préjugés, de rancoeur et de résistances, les actions pour y remédier seront inefficaces ou auront des effets pervers sur d’autres groupes de la société, notamment les femmes.

    Les gains sociaux des femmes ont profité aussi aux hommes

    Une dernière chose : de manière assez générale, et plusieurs hommes le confirmeront, les politiques ou mesures ou revendications obtenues par le mouvement des femmes et concernant l’amélioration des conditions de vie des femmes ont aussi eu des effets bénéfiques sur la condition des hommes, le plus souvent en leur permettant de ne pas se plier à des rôles rigides stéréotypés qui ne leur convenaient pas à eux non plus.

    J’y suis allée spontanément et de manière un peu échevelée. Merci de m’avoir enfin permis de me défouler un tant soit peu et félicitation pour ce site .. je le visite à tous les jours !

    Christiane Ouellet, Rouyn-Noranda

    Pour le maintien du CSF
    10 mars 2004 , par   [retour au début des forums]

    Je désire que soit maintenu le Conseil du
    statut de la femme et que son mandat ne soit pas dilué dans un " Conseil pour l’égalité".

    Ce mandat plus large peut certainement être assumé par la Commission des droits de la personne.

    Merci de votre attention
    Monique Fortin

    > Un nouveau mandat souhaité pour le Conseil du statut de la femme
    8 mars 2004 , par   [retour au début des forums]

    Un nouveau mandat souhaité...! Par qui ? Et pourquoi ?

    En mai 2003, au moment où Monsieur Jean Charest nommait les membres de son cabinet, les groupes de femmes ont tout suite su où le nouveau gouvernement campait. Pour la première fois, depuis 30 ans, il n’y aurait pas au Québec de Ministère de la condition féminine ni de Secrétariat d’État à la condition féminine. C’est dans l’air du temps : le féminisme est passé de mode. Et bien ? Quelques semaines plus tard, se ravisant, Monsieur Charest remettait à Madame Michelle Courchesne la responsabilité de la condition féminine au sein du gouvernement libéral sans pour autant assurer la mise en place d’un ministère ou d’un secrétariat d’état.
    Maintenant, Madame Courchesne propose l’abolition du Conseil du Statut de la femme pour le remplacer par le Conseil de l’Égalité. Le 24 février au matin dans l’Édition du Devoir, Madame Fréchette, membre du Conseil du statut de la femme tente de rendre intéressant le dit projet. Je choisis délibérément de vous répondre par voie de lettre ouverte afin je l’espère susciter une réflexion intelligente qui mènera à des solutions dignes de ce nom. Voyons de plus près.
    Le Conseil du statut de la femme est un organisme gouvernemental de consultation et d’étude qui veille, depuis 1973, à promouvoir et à défendre les droits et les intérêts des Québécoises. Il conseille le gouvernement du Québec sur tout sujet qui concerne la condition féminine et fournit de l’information pertinente aux femmes et au public. En prenant conscience de la mission du Conseil, une première question me vient : Pourquoi changer ? Comment fera le Conseil de l’égalité pour sensibiliser le gouvernement aux conditions de vie des femmes ? Et qui défendra les intérêts des femmes désormais ?

    Je vous concède que les femmes ont eu au cours des 30 dernières années des gains, et ce, dans tous les domaines de la société québécoise. Est-ce une raison pour que les femmes cessent d’être vigilantes ? Faut-il retourner en arrière pour cesser toute possibilité d’affirmation des femmes ?

    Les hommes qui ont choisi de se responsabiliser n’ont pas attendu la création d’un Conseil de l’égalité. Ce sont des hommes de tout secteur d’activités qui considèrent les femmes avec respect dans des rapports égalitaires.

    Et loin de moi l’idée de nier la souffrance des hommes. Je suis consciente des problèmes de décrochage, de suicide. Je sais que les hommes à comportement violent souffrent. Mais la question à se poser est la suivante : Est-il juste de penser que la création d’un Conseil de l’égalité mettra fin aux souffrances masculines ? Le gouvernement s’apprête à niveler les problématiques sociales en faisant dévier le débat à la mauvaise place. Cette façon de faire éloignera davantage les hommes et les femmes plutôt que de les rapprocher. Et que l’organisme qui fait la promotion des droits et intérêts des femmes s’allie à cette façon de faire me répugne. Vous interprétez la violence conjugale de façon à ce que la victime soit aussi responsable de la violence que celui qui la fait subir. C’est inconcevable. Dois-je vous rappeler que ce sont les femmes et leurs enfants qui subissent les frasques d’un être dominateur ? Qu’elles doivent quitter le milieu familial pour protéger leur vie et celles de leurs enfants ? Que ce sont elles qui doivent être protégées et non l’inverse ? Et vous croyez sincèrement que la violence conjugale est un problème de femmes ?

    Enfin, vous voulez que les hommes soient aidés. D’accord. Toutefois, ce n’est pas une raison pour abolir les organismes et les mesures qui ont été créés pour protéger les femmes. Je propose plutôt, que des fonds soient investis pour soutenir les groupes qui viennent en aide aux hommes qui vivent de la détresse ou qui sont aux prises avec des problèmes de violence. N’est-ce pas là la solution qui permettra aux hommes et aux femmes de se vivre de façon égalitaire dans le respect de leur différence ?

    Non, Madame Fréchette, ce n’est pas la suspicion au gouvernement Charest qui fait réagir les groupes de femmes, ce sont la négation des problématiques vécues par les femmes que vous cautionnez. Il ne faudrait pas interpréter la réaction légitime des femmes.

    Sylvie Brunelle, Comité Nationale d’Action Politique des Femmes, Centre-du-Québec


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