| Arts & Lettres | Poésie | Démocratie, laïcité, droits | Politique | Féminisme, rapports hommes-femmes | Polytechnique 6 décembre 1989

| Prostitution & pornographie | Syndrome d'aliénation parentale (SAP) | Voile islamique | Violences | Sociétés | Santé & Sciences | Textes anglais  



                   Sisyphe.org    Accueil                                                         







dimanche 4 juillet 2010
Une femme risque la lapidation en Iran pour un présumé adultère

CNN, 2 juillet - Sakineh Mohammadi Ashtiani, mère de deux enfants, attend la mort en Iran par une exécution que son avocat qualifie de « barbare » : la lapidation.

Elle sera enterrée jusqu’à la poitrine, plus profond que ne le serait un homme, et les pierres qui lui seront lancées seront assez grandes pour lui faire mal mais pas assez pour la tuer immédiatement, selon un rapport d’Amnesty International citant le code pénal iranien.

Cette femme de 42 ans, originaire de Tabriz dans le nord de l’Iran, a été reconnue coupable d’adultère en 2006, et son exécution est imminente, a déclaré l’avocat des droits humains Mohammad Mostafa’i.

Ashtiani a été forcée d’avouer, après avoir été soumise à 99 coups de fouet, a déclaré Mostafa’i jeudi dans une interview téléphonique depuis Téhéran.

Elle s’est ensuite rétractée avant de tout nier. Sa condamnation n’est pas basée sur des preuves, mais sur la décision de trois des cinq juges, a déclaré Mostafa’i. Elle a demandé la grâce du tribunal, mais les juges ont refusé la clémence.

La cour suprême d’Iran a confirmé la condamnation en 2007.
Mostafa’i estime que la barrière de la langue a empêché sa cliente de comprendre pleinement les procédures judiciaires. Ashtiani est d’origine azerbaïdjanaise et parle l’azeri, pas le persan.

Les circonstances de l’affaire Ashtiani n’en font pas une exception, mais la règle en Iran, selon Amnesty International, qui suit les peines de mort dans le monde.

« La majorité des personnes condamnées à mort par lapidation sont des femmes, qui souffrent de manière disproportionnée de ces sanctions », a déclaré l’organisme des droits de l’homme dans un rapport en 2008.

Mercredi, Amnesty a fait un nouvel appel au gouvernement iranien à cesser immédiatement toutes les exécutions et à commuer toutes les condamnations à mort. Le groupe a répertorié 126 exécutions en Iran depuis le début de cette année jusqu’au 6 juin.

« L’organisation exhorte également les autorités à examiner et à abroger la peine capitale, à divulguer les détails de toutes les condamnations à mort et exécutions et à adhérer à la tendance internationale croissante de l’abolition », indique le communiqué.

À Washington, le département d’État a critiqué la lapidation prévue en disant qu’elle soulève de sérieuses préoccupations quant aux violations des droits de l’homme par le gouvernement iranien.

« Nous sommes gravement préoccupés car la punition ne correspond pas au délit présumé », a déclaré jeudi 1 juillet le sous-secrétaire d’État PJ Crowley. « Pour une société moderne comme l’Iran, nous pensons que cela soulève d’importantes questions relatives aux droits de l’homme. »

Qualifiant le système judiciaire de l’Iran de « disproportionné » dans son traitement des femmes, Crowley a dit que « du point de vue des États-Unis, nous ne pensons pas qu’exécuter des femmes pour adultère soit une sanction appropriée. »

Les militants des droits humains ont fait pression sur le gouvernement islamique pour abolir la lapidation, en faisant valoir que les femmes ne sont pas traitées de façon égale devant la loi en Iran et sont particulièrement vulnérables dans le système judiciaire. Le témoignage d’une femme vaut la moitié de celui d’un homme.

L’article 74 du code pénal iranien exige au moins quatre témoins - quatre hommes ou trois hommes et deux femmes - pour un adultère menant à une condamnation à la lapidation, dit Mina Ahadi, coordinatrice du Comité international contre la lapidation. Mais il n’y avait pas de témoins dans le cas d’Ashtiani. Souvent, dit Ahadi, les maris accusent leurs épouses pour s’en débarrasser.

Mostafa’i dit ne pas comprendre comment une peine de mort aussi sauvage peut exister en 2010 ou comment une femme innocente peut être séparée de son fils et de sa fille, qui ont écrit à la Cour plaidant pour la vie de leur mère.

Le public ne sera pas autorisé à assister à la lapidation, a dit Mostafa’i, par crainte de la condamnation d’une méthode aussi brutale. Il espère qu’il n’y aura pas d’exécution.

Mostafa’i, qui a lui-même été emprisonné à la suite de l’élection présidentielle contestée de juin 2009, dit réaliser le risque de parler en faveur d’Ashtiani. Mais il ne se laisse pas dissuader afin de lutter pour les droits humains.

Il a vu Ashtiani pour la dernière fois, il y a cinq mois, derrière les barreaux à Tabriz. Depuis, il dit être à la recherche d’un moyen de la sauver de la lapidation.

CNN Bobby Afshar et Elise Labott ont contribué à ce rapport.

Source : CNN

  • Une lapidation

    Mis en ligne sur Sisyphe, le 2 juillet 2010



  • Partagez cette page.
    Share



    Commenter ce texte
    modération a priori

    Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

    Qui êtes-vous ?
    Votre message
    • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

    *    Nous suivre sur Twitter ou en créant une alerte Sisyphe dans les Actualités de Google.

    © Sisyphe 2002-2014




    Chercher dans ce site
    Lire les articles de la page d'accueil


    LES AUTRES BRÈVES
    DE CETTE RUBRIQUE


    jeudi 24 mars
    Mutilations génitales féminines : nous pouvons agir
    jeudi 24 mars
    L’assassinat de Berta Cáceres ne sera pas vain, par la MMF France
    samedi 19 mars
    Maroc - Plusieurs organisations dénoncent l’avant-projet de loi sur les violences contre les femmes
    mardi 8 mars
    JIF 2016 - L’avenir des femmes en Côte d’Ivoire
    vendredi 4 mars
    Ruptures - "Viols, armes de guerre : 9 mars 2016, pour un tribunal pénal international en République Démocratique du Congo (RDC)"
    samedi 27 février
    CNDF - Appel à un 8 mars de lutte pour l’égalité femmes/hommes au travail et dans la vie !
    mardi 16 février
    "Femmes et processus de paix". Le cas de la Bolivie
    samedi 6 février
    Congo - Le viol, une arme de terreur - Dans le sillage du combat du Docteur Mukwege
    mardi 8 septembre
    Les deux Aylan ou la compassion sélective, par Rudi Barnet
    lundi 15 juin
    Professions libérales - Les oubliées des politiques d’égalité femmes-hommes ? Le Laboratoire de l’égalité






    http://sisyphe.org | Archives | Plan du site | Copyright Sisyphe 2002-2016 | |Page d'accueil |Admin