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lundi 29 novembre 2010
L’État algérien s’oppose à la tenue d’un colloque sur les violences faites aux femmes et interdit aux étrangères d’y participer

par Catherine Le Magueresse

Un collectif d’une quinzaine d’associations algériennes s’était constitué pour organiser, le 25 novembre 2010, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, une journée de réflexion sur le thème « Stop à la violence ! Les Droits aux femmes maintenant ». Pour partager les expériences menées et échanger sur les critiques émises sur le droit, des intervenantes d’Espagne, d’Italie, de France, du Maroc et de Tunisie avaient été invitées.

Cette journée, fruit de six mois de travail, a été interdite.

Interdite par un État algérien qui redoute cette prise de parole de femmes engagées dans la lutte contre les violences faites aux femmes et censure les actions menées par elles en dehors des cadres institutionnels qu’il contrôle.

Interdite par un État algérien qui n’assume même pas ce choix politique. En effet, ce n’est que la veille de la conférence que le collectif a été informé, verbalement, de la "non-autorisation" de cette conférence, sans qu’aucune explication ne leur soit donnée.

Le procédé fut le même pour le visa que je demandais (depuis le 5 novembre) en tant qu’intervenante invitée par le collectif. La veille du départ pour Alger, les services du consulat à Paris ne pouvaient le délivrer, « n’ayant pas reçu l’accord d’Alger ».

"Non-autorisation", "non-accord"… la non-qualification de ces actes cache mal leur portée et leur signification : interdiction de se réunir, interdiction d’échanger, interdiction de circuler.

Censure, atteintes à la liberté de réunion, aux droits d’expression, de circulation. Ce n’est pas nouveau pour les Algériennes. Et cela se passe un 25 novembre 2010, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, alors que l’État algérien a pris des engagements internationaux en ratifiant la Convention sur l’élimination de toutes les discriminations à l’encontre des femmes (CEDAW) et, notamment, celui d’encourager « l’établissement de (…) recherches sur l’ampleur, les causes et les effets de la violence ainsi que sur l’efficacité des mesures visant à prévenir la violence et à la combattre (1) ». Engagements bafoués donc.

Douze associations, membres du collectif et signataires d’un communiqué (2) entendent « réaffirmer leur volonté de se battre contre les violences que, comme femmes, elles subissent avec toutes les algériennes. » Le communiqué se termine ainsi : « [les associations] soulignent qu’alors que les femmes du monde entier commémore cette journée, les femmes algériennes sont sommées de compter silencieusement leurs victimes. » Je partage leur colère et leur amertume.

La journée du 25 novembre est aussi l’expression de la solidarité des femmes en lutte contre les violences, qu’elles émanent des individus ou des États. L’État algérien ne brisera pas cette solidarité.

Catherine Le Magueresse
Ancienne présidente de l’AVFT
(Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail)
Paris, le 28 novembre 2010

Notes

[1] Recommandation n°19 du comité CEDAW (A/47/38), 1992.
[2] « Communiqué relatif à la "non-autorisation" de la tenue de la journée de commémoration de la journée mondiale contre les violences faites aux femmes », fait à Alger, le 24 novembre 2010.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 29 novembre 2010



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