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jeudi 3 mars 2011
La Chinoise Mao Hengfeng, défenseure des droits humains, renvoyée dans un centre de "rééducation par le travail"

Mao Hengfeng, une défenseure des droits humains qui vit à Shanghai, avait été libérée d’un centre de « rééducation par le travail » pour raisons médicales le 22 février. Cependant, elle y a été renvoyée le 24 février au motif qu’elle n’avait pas respecté les conditions imposées. Elle risque d’être torturée.

Selon l’époux de Mao Hengfeng, la police du district de Yangpu, à Shanghai, est arrivée à leur domicile le 24 février 2011 aux alentours de 16 heures. Les agents ont demandé à parler à sa femme. Ils ont rapidement été rejoints par des représentants du centre de « rééducation par le travail » pour femmes de la province d’Anhui. Au total, plus de 30 policiers ont encerclé leur maison.

Ils ont dit à Mao Hengfeng qu’elle s’était livrée à des activités allant à l’encontre des conditions imposées lors de sa libération pour raisons médicales, et l’ont renvoyée au centre de « rééducation par le travail ». Elle n’a pas été autorisée à se changer ni à emmener les affaires dont elle avait besoin.

Au moment de sa libération, le 22 février, un fonctionnaire lui avait indiqué que son hypertension était la raison de cette mesure. Par ailleurs, Mao Hengfeng présente de graves blessures imputables aux actes de torture qu’elle a subis en détention. Elle a déclaré qu’elle avait perdu en partie la sensibilité du côté gauche de son corps et qu’elle ne pouvait pas se mouvoir correctement. Peu avant sa remise en liberté, elle avait été envoyée dans deux hôpitaux pour des examens médicaux. Un médecin lui a fait passer un scanner de la tête et a détecté des traces de saignements au niveau du cerveau.

Après avoir été libérée le 22 février contre toute attente, Mao Hengfeng a fêté l’événement en dînant dans un restaurant avec un groupe d’amis. Par la suite, elle n’a plus été autorisée à quitter son domicile. Le 23 février, elle a tenté d’aller consulter un médecin mais la police le lui a interdit. Selon sa famille, Mao Hengfeng n’a pas affronté les agents, elle est restée chez elle. Plus tard dans la journée, plusieurs de ses amis sont venus la voir mais les policiers les ont arrêtés. D’autres personnes ont été informées de la situation et ont essayé de lui rendre visite mais elles ont toutes été renvoyées.

Source : Amnesty International, le 3 mars 2011

Vpir aussi : Dossier Individus en danger.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 3 mars 2011



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