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samedi 27 août 2011
Commémoration de l’assassinat des opposants en Iran dans les années 80 (Les Mères pour la paix)

Communiqué de presse

Appel commun de toutes les organisations de défense de la démocratie et des droits humains iraniens pour réclamer justice et commémorer l’assassinat des opposants dans les années 80 (1360) en Iran

Il y a 23 ans, plusieurs milliers de prisonniers politiques ont été assassinés en Iran dans les prisons où ils étaient détenus. L’ordre de ces exécutions inhumaines venait de l’Ayatollah Khomeini, le leader et fondateur de la République islamique d’Iran ; l’ordre qui a incité un groupe de ses fidèles les plus fanatiques et les plus fondamentalistes à prendre l’initiative de nettoyer les prisons de la présence des « athées et des révisionnistes ».
Ce massacre dont l’échelle le qualifie de « crime contre l’humanité » défie l’imagination. Seul le témoignage courageux de l’Ayatollah Montazeri a permis de divulguer la sauvagerie du régime et de certains de ses fidèles les plus intégristes qui ont commis ces meurtres.

La « Catastrophe nationale » des assassinats des années 60 est la suite du projet pour éradiquer de la société toute personne qui pensait différemment de la théorie de la « Velayat Faghih » (Suprématie sans conteste du leader religieux suprême). Cette opération de nettoyage a débuté dès le lendemain de l’instauration de la république islamique depuis le toit de l’École Refah où les premières exécutions ont commencé. À partir du juin 1360 (1982) et les mois suivants, Khomeini et ses fidèles, opportunistes et réactionnaires, ont profité du manque d’expérience et de l’absence de l’unité parmi les forces progressistes et défenseurs de la liberté pour lancer leur première grande vague de purge politique. Durant cette opération, des milliers de prisonniers politiques en quête de justice et de liberté ont été fusillés ou pendus devant les murs de la prison d’Évin sans procès ni présence d’avocat ; sans même que leurs familles soient informées ni qu’elles puissent leur dire au revoir. Certains d’entre eux n’avaient même pas été nommés par ceux qui ont donné les ordres d’exécution.

Le 22 juillet 1988 (Mordad 1367 ), l’Ayatollah Khomeini fut forcé d’accepter à contrecœur la trêve proposée par l’ONU pour mettre fin à 8 ans de guerre avec l’Irak et, 8 jours plus tard, il donna l’ordre de purger les prisons de tous les sympathisants du groupe des « Mojahedins du peuple » et de tout autre musulman s’opposant à son régime. Mais la tuerie ne s’est pas limitée à ces jeunes qui souvent avaient été condamnés à des années de prison pour simplement avoir lu des livres. Les foudres du Leader sont tombées plus loin encore pour englober tout autre prisonnier opposé au régime islamique. Des comités de mort composés de trois personnes ont été formés pour accélérer l’assassinat des prisonniers. En 30 jours, plus de 3000 prisonniers furent exécutés et, après un arrêt de 10 jours, ils ont recommencé de plus belle l’exécution des prisonniers condamnés pour athéisme et non croyance islamique. Les prisonniers qui refusèrent d’embrasser la foi et les traditions islamiques ont été exécutés après humiliations et torture. Le nombre et la cadence des exécutions étaient tels que les cadavres ont été enterrés dans des tombes communes.

Vingt-trois ans plus tard, les familles éprouvées n’ont toujours pas le droit de se recueillir sur les tombes ou les emplacements présumés de leurs êtres chers et, chaque fois, elles font face aux insultes, à l’humiliation et aux coups et blessures de la part des forces de sécurité. Ce même comportement est de nouveau adopté par le gouvernement face aux meurtres des jeunes, perpétrés dans les rues et les prisons depuis les élections présidentielles de 2009.

Ces vagues de purge idéologique continuent encore sous le règne du nouveau Leader suprême, l’Ayatollah Khameinei et la poursuite et l’assassinat des intellectuels de toute tendance se poursuivent à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Trente-trois ans après l’instauration du régime islamique, les vagues d’arrestation, d’emprisonnement, de torture, du viol et l’exécution des défenseur-es de la liberté continuent à peser sur la société au point de placer la libération de tous les prisonniers et prisonniers politiques au centre des demandes des démocrates et du mouvement vert en Iran.

À la veille de l’anniversaire de cette catastrophe nationale, il nous incombe de commémorer le décès de ces victimes et d’alerter l’opinion publique internationale pour s’assurer que le souvenir de cette horreur ne soit pas effacé de notre mémoire collective. Les organisations démocratiques et les familles des victimes insistent encore et toujours sur la nécessité d’un procès ouvert pour juger les responsables et les instigateurs de ces crimes historiques. La désignation d’un rapporteur spécial de l’ONU pour les droits de l’Homme pour l’Iran est le résultat de ces efforts.

En ce 23ème anniversaire de ces tristes événements, nous, les organisations démocratiques iraniennes renouvelons notre engagement envers ces victimes et unissons notre voix à celles des familles pour demander que la lumière soit faite sur ces meurtres et que les responsables soient traduits en justice. En appui à cette demande, les démocrates de l’Iran et les défenseurs des droits humains à travers le monde soulignent cet anniversaire, du 25 août au 25 septembre, par des rassemblements, des séminaires et des expositions ainsi que des communiqués aux médias afin que ces meurtres ne soient pas oubliés.

Courriel : Les mères pour la paix

Mis en ligne sur Sisyphe, le 26 août 2011



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