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samedi 1er septembre 2012
Pakistan : il faut protéger une fillette en danger

Le gouvernement pakistanais doit de toute urgence réformer sa Loi relative au blasphème et assurer la sécurité de Ramsha Masih, une jeune fille chrétienne arrêtée par la police car elle aurait blasphémé, a déclaré Amnistie internationale le 21 août 2012.

« Cette affaire montre l’érosion de l’état de droit et les dangers auxquels font face les individus accusés de blasphème au Pakistan », a affirmé Polly Truscott, directrice du programme Asie du Sud d’Amnistie internationale.

Le 17 août dernier, Ramsha Masih et sa mère ont été interpellées par des policiers à Islamabad, la capitale du Pakistan. La police a réagi sous la pression de personnes qui manifestaient après qu’un prédicateur local a accusé Ramsha Masih d’avoir brûlé des pages d’un texte religieux. Au Pakistan, cette infraction est passible de la peine de mort aux termes de la Loi relative au blasphème.

« Amnistie internationale est très inquiète pour la sécurité de Ramsha. Récemment, des individus accusés de blasphème ont été tués par la population », a ajouté Polly Truscott.

Lorsqu’ils ont entendu parler de cette affaire, des habitants du quartier où vivent Ramsha Masih et sa mère les ont attaquées, ainsi que d’autres membres de la communauté chrétienne locale. Jusqu’à 300 chrétiens ont fui la zone, et la famille Masih se cache.

Le 18 août, le président du Pakistan a ordonné l’ouverture d’une enquête sur cette affaire et appelé les autorités à « protéger la vie et les biens de chacun ».

« Amnistie internationale salue la réaction rapide du président pakistanais face à cette situation, mais cela n’aura que peu d’impact si rien n’est fait pour réformer la Loi relative au blasphème, afin de garantir qu’elle ne soit pas utilisée à mauvais escient pour régler des différends ou permettre à des particuliers de se substituer à la justice.

« Bien que le Pakistan ait promis plusieurs fois de réviser les lois "nuisant à l’harmonie religieuse", telles que la Loi relative au blasphème, cela fait quatre ans que rien n’a été fait dans ce sens. Il est temps pour le gouvernement pakistanais d’agir.

« En ne réformant pas ces lois, cet État laisse entendre que n’importe qui peut commettre de graves atteintes aux droits humains et tenter de les excuser au nom de la protection des sentiments religieux. »

Selon la Loi pakistanaise relative au blasphème, détruire, endommager, profaner des lieux de culte ou des objets sacrés, ou insulter le Coran ou le prophète Mahomet constitue une infraction qui peut être punie de sanctions allant de la simple amende à la réclusion à perpétuité ou la peine de mort.

La formulation en termes vagues de cette loi, les enquêtes lacunaires des autorités et les actes d’intimidation commis par la population, encouragés par des prédicateurs et des groupes religieux locaux, favorisent la constitution de milices d’autodéfense au Pakistan, notamment dans la province du Pendjab.

« Les autorités doivent garantir que Ramsha Masih, qui est mineure et semble souffrir de trisomie, sa famille et la communauté chrétienne d’Islamabad soient protégées de tout acte d’intimidation et de toute agression.

« Elles doivent également poursuivre en justice tous les individus qui incitent la population à commettre des actes de violence au nom de la Loi relative au blasphème. »

Les membres de minorités religieuses sont accusés de façon disproportionnée de blasphème, mais une grande partie des victimes sont issues de la majorité musulmane.

Source : Amnistie internationale, section canadienne

- Voir aussi la pétition lancée par Avaaz : pétition.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 1 septembre 2012



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