| Arts & Lettres | Poésie | Démocratie, laïcité, droits | Politique | Féminisme, rapports hommes-femmes | Polytechnique 6 décembre 1989

| Prostitution & pornographie | Syndrome d'aliénation parentale (SAP) | Voile islamique | Violences | Sociétés | Santé & Sciences | Textes anglais  



                   Sisyphe.org    Accueil                                                         







mercredi 12 octobre 2016
Appel de textes de Recherches féministes pour "Femmes et pouvoir érotique"

"Femmes et pouvoir érotique", Vol. 32, no 1, 2019

Sous la direction de Julie Lavigne et de Chiara Piazzesi

Au cours de l’histoire occidentale, le pouvoir érotique des femmes a été construit comme une force ambiguë, capable d’influencer la conduite d’autrui. Ce pouvoir de séduction a été traditionnellement interprété comme un don, un devoir ou un service complémentaire du désir masculin. Source de fascination, il a aussi été craint comme pouvoir instrumental et émancipateur.

Le développement d’une société moderne de consommation a transformé le discours sur le pouvoir érotique des femmes sans changer son ambiguïté fondamentale : d’une part, il est espace d’agentivité, d’émancipation, d’invention de soi, de légitimation ; d’autre part, il est réduit aux qualités corporelles sexualisées que les femmes possèdent. Le pouvoir érotique est alors "prison", s’il est vrai que la légitimité sociale des femmes est conditionnelle par rapport à une désirabilité généralement définie par des critères normatifs stéréotypés et contraignants, qu’une mince proportion de femmes généralement privilégiées remplissent. Le pouvoir érotique niche au cœur d’une intersection des privilèges et de différentes formes d’oppression dont il faut tenir compte.

De manière parallèle à la sexualisation croissante des représentations et des autoreprésentations, le pouvoir érotique a été récemment conçu comme une forme de "capital", qui peut être accumulé, dépensé, performé, échangé. Formé par un ensemble de beauté, de charme, de savoir-faire et de sex-appeal, le capital érotique mesure la désirabilité de quelqu’un et l’influence qui en découle. La théorie des champs sexuels lie le capital érotique des personnes à des champs sexuels spécifiques. L’approche d’Hakim permet au contraire de le traiter comme un portfolio de ressources transversales. Cependant, elle ne problématise pas le caractère construit des différences genrées inscrites dans son accumulation et sa mobilisation : elle rend invisible le fait que l’insistance des femmes relativement à des ressources corporelles et personnelles sexualisées se situe dans des relations de domination matérielle et symbolique axées sur le genre, l’ethnicité, la classe sociale, l’âge, la capacité et l’orientation sexuelle.

Le numéro intitulé "Femmes et pouvoir érotique" discutera les questions suivantes :

. Quelles sont les représentations du pouvoir de séduction, du pouvoir érotique (qu’elles soient normatives, résistantes ou émancipatrices) qui sont livrées aujourd’hui ?
. Comment articuler les luttes de pouvoir qui traversent ce pouvoir ?
. Quels sont les avantages et les pièges du concept de "capital érotique" ?
. Par quels concepts et par quelles méthodes peut-on documenter le pouvoir érotique ?
. Comment théoriser les demandes pour une démocratisation du capital érotique ?
. Comment comprendre les effets de la pornographie courante (mainstream), féministe et queer sur le pouvoir érotique de certaines minorités ?

Les délais

Les propositions (300 mots) doivent parvenir à la revue avant le 1er mai 2017.

Les manuscrits (7 000 mots) doivent être soumis au plus tard le 1er septembre 2018 et respecter le protocole de publication. Voir site.

Ils doivent être transmis au secrétariat de la revue, ainsi qu’aux responsables du numéro : Julie Lavigne et Chiara Piazzesi.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 30 septembre 2016



Partagez cette page.
Share



Commenter ce texte
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

*    Nous suivre sur Twitter ou en créant une alerte Sisyphe dans les Actualités de Google.

© Sisyphe 2002-2014




Chercher dans ce site
Lire les articles de la page d'accueil


LES AUTRES BRÈVES
DE CETTE RUBRIQUE


samedi 3 juin
L’association franco-canadienne Wendo Provence fête ses 5 ans
jeudi 18 mai
20 ans du Théâtre Libre 4-5-6 juin 2017
jeudi 27 avril
Éditions du remue-ménage - "Partition pour femmes et orchestre. Ethel Stark et la Symphonie féminine de Montréal"
lundi 17 avril
Le Festival de films féministes de Montréal vous invite à sa première édition du 20 au 23 avril 2017
jeudi 2 mars
Livre - Femmes et cinéma
mercredi 22 février
Exposition Galerie AAPARS les 4 et 5 mars 2017
jeudi 16 février
PRENDRE LIEUX. Une exposition du 16 au 26 février 2017, à l’Écomusée du fier monde
jeudi 2 février
Festival d’ouverture à l’Euguélionne, librairie féministe
jeudi 24 novembre
"Toute femme est une étoile qui pleure", de Karim Akouche, à la scène du 29 novembre au 10 décembre
mercredi 23 novembre
"Femmes des casernes" de Louise Leroux, en postproduction








La domination féminine dans les relations BDSM : subversion du pouvoir de séduction ?
28 décembre 2016, par Nathalie LUGAND
La domination féminine dans les relations BDSM : subversion du pouvoir de séduction ?
28 décembre 2016, par Nathalie LUGAND



La domination féminine dans les relations BDSM : subversion du pouvoir de séduction ?
28 décembre 2016, par Nathalie LUGAND   [retour au début des forums]

Cet article vise à interroger le pouvoir érotique de la femme dominante dans les relations BDSM (Bondage, domination, soumission, discipline, sadomasochisme).

L´acte génital avec pénétration n´étant plus au centre du sexe dans ces pratiques sexuelles, on peut s´interroger sur la polarité homme/femme dans les représentations de la domination féminine dans la culture populaire. Reste t´elle un thème central ? Les femmes dominantes sont-elles construites en tant qu´agents de la sexualité ?
Comment s´articulent inégalités de genre et pouvoir de séduction dans ces représentations ?

Je me baserai sur la production de trois films : My mistress (2014), La femme flambée (1983) et Sick : The life of death of Bob Flanagan, Supermasochist (1997). Mon analyse s´appuie sur la théorie filmique des années 1970 et 1980 qui s´est développée à l´intersection de la sémiotique, de la psychanalyse et du féminisme. Ma tâche ici, sera d´articuler le mot « féminité » à sa signification, ses usages, et de construire un autre cadre de référence, tel que le sujet féminin soit pensé de façon autonome, non subordonné aux hommes.

Un des buts de cet article sera de questionner le concept de « male gaze » de Laura Mulvey à travers la représentation dans les pratiques sexuelles d´un homme masochiste (Bob Flanagan) satisfaisant le voyeurisme de sa compagne dominante (Sheree Rose) en exhibant son corps. Dans ce couple les rôles sexuels attribués socialement aux femmes et aux hommes sont renversés : L´économie du regard est inversée : c´est une femme qui filme son compagnon masochiste, et c´est le corps d´un homme qui est exposé là où habituellement c´est le corps féminin qui fait l´objet d´un processus d´objectification. Ce renversement nous permet t´il de penser le pouvoir érotique en terme démocratique ?

[Répondre à ce message]

La domination féminine dans les relations BDSM : subversion du pouvoir de séduction ?
28 décembre 2016, par Nathalie LUGAND   [retour au début des forums]

La domination féminine dans les relations BDSM : subversion du pouvoir de séduction ?

Cet article vise à interroger le pouvoir érotique de la femme dominante dans les relations BDSM (Bondage, domination, soumission, discipline, sadomasochisme).

L´acte génital avec pénétration n´étant plus au centre du sexe dans ces pratiques sexuelles, on peut s´interroger sur la polarité homme/femme dans les représentations de la domination féminine dans la culture populaire. Reste t´elle un thème central ? Les femmes dominantes sont-elles construites en tant qu´agents de la sexualité ?
Comment s´articulent inégalités de genre et pouvoir de séduction dans ces représentations ?

Je me baserai sur la production de trois films : My mistress (2014), La femme flambée (1983) et Sick : The life of death of Bob Flanagan, Supermasochist (1997). Mon analyse s´appuie sur la théorie filmique des années 1970 et 1980 qui s´est développée à l´intersection de la sémiotique, de la psychanalyse et du féminisme. Ma tâche ici, sera d´articuler le mot « féminité » à sa signification, ses usages, et de construire un autre cadre de référence tel que le sujet féminin pensé de façon autonome, non subordonné aux hommes.

Un des buts de cet article sera de questionner le concept de « male gaze » de Laura Mulvey à travers la représentation dans les pratiques sexuelles d´un homme masochiste (Bob Flanagan) satisfaisant le voyeurisme de sa compagne dominante (Sheree Rose) en exhibant son corps. Dans ce couple les rôles sexuels attribués socialement aux femmes et aux hommes sont renversés : L´économie du regard est inversée : c´est une femme qui filme son compagnon masochiste, et c´est le corps d´un homme qui est exposé là où habituellement c´est le corps féminin qui fait l´objet d´un processus d´objectification. Ce renversement nous permet t´il de penser le pouvoir érotique en terme démocratique ?

[Répondre à ce message]

http://sisyphe.org | Archives | Plan du site | Copyright Sisyphe 2002-2016 | |Page d'accueil |Admin