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mercredi 25 janvier 2006
Lendemain d’élection au Canada, par Isabelle N. Miron

Je reste toujours stupéfiée de la vitesse avec laquelle on entend la phrase « si la tendance se maintient ». Ces mécaniques électorales sont trop complexes pour moi, mais une chose est sûre : on n’a plus les soirées longues et excitantes qu’on avait. A peine le temps de se servir un verre de vin qu’on sait déjà qui formera le prochain gouvernement.

L’Institut canadien de recherches sur les femmes (ICREF) souligne que « seulement 62 femmes siégeront au nouveau Parlement et leur pourcentage passera sous la marque des 20 p. 100. » Si les conservateurs peuvent inspirer des craintes quant aux droits des femmes et des minorités, leur gouvernement sera cependant beaucoup trop faible pour qu’ils arrivent à quoi que ce soit. Ce sera - un autre !- gouvernement instable et frileux, qui ne vivra pas deux ans. Une succession de gouvernements minoritaires : de quoi rendre cynique l’électrice la plus optimiste.

Avec seulement une cinquantaine de femmes élues, cette 39e Législature sera fortement masculine. Évidemment, comme les conservateurs présentaient peu de femmes au départ, cela se répercutera forcément au conseil des ministres…

Soulignons cependant quelques candidates qui se sont illustrées : Vivian Barbot, l’ancienne présidente de la FFQ, a battu le ministre Pierre Pettigrew dans le comté de Papineau ; Olivia Chow a gagné sa troisième tentative à Toronto, et dans le coin de Vancouver, l’option du NPD, représentée par des femmes, a été très populaire. Certaines nouvelles venues ont fort bien fait, comme les bloquistes Claude DeBellefeuille (talonnée par un conservateur dans Beauharnois-Salaberry) et Maria Mourani (qui a défait, dans Ahuntsic, la députée libérale Éleni Bakopanos). Et Josée Vermeer, qui, admettons-le, a bien fait ça. Elle est l’un des éléments les plus à gauche du parti conservateur. Elle sera sûrement ministre, reste à voir de quel portefeuille elle héritera.

Ce qui surprend, dans le fond, c’est le nombre de Québécois et de Québécoises qui ont été sensibles au discours des conservateurs. Bien sûr, on voulait donner une leçon aux libéraux, mais au lieu de voter Bloc, la région de la Capitale nationale et la Beauce ont choisi la droite conservatrice. Étonnant ? Le sociologue Simon Langlois pense que ces régions ont été sensibles aux promesses ministérielles. La région de Québec vote, depuis fort longtemps, du côté du pouvoir.

Quant à l’élection de l’indépendant André Arthur, c’est à n’y rien comprendre… J’ai lu quelque part qu’il existe en Amérique du Nord un syndrome des « jeunes hommes blancs en colère » : ces hommes dans la trentaine qui privilégient la radio poubelle et qui votent à droite, fatigués semble-t-il de la gauche « socialiste » et des impôts élevés. Le retour en force des préjugés et du sexisme, sous le couvert de la liberté d’expression. Ce syndrome semble particulièrement vivant dans la grande région de Québec, il faudrait s’y pencher sérieusement.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 26 janvier 2006



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> Lendemain d’élection au Canada, par Isabelle N. Miron
27 janvier 2006



> Lendemain d’élection au Canada, par Isabelle N. Miron
27 janvier 2006   [retour au début des forums]

Bien d’accord avec vous sur toute la ligne, Mme Miron, sauf sur le caractère apparament négatif que vous prêtez à un gouvernement minoritaire (surtout conservateur), qui engendrerait davantage de cynisnme.

Une réforme souhaitable du mode de scrutin qui introduirait davantage de proportionnelle et de rreprésentativité de l’électorat (et qui favoriserait une meilleure parité hommes-femmes au parlement), menerait plus souvent à des gouvernements minoritaires. Or, si on veut moins d’instabilité au gouvernement, il suffit selon moi que le gouvernement minoritaire gouverne davantage en collaboration avec les autres partis élus. Et il s’adonne justement que le NPD a pris du poids et que le Bloc n’a pas trop souffert, dans le dernier scrutin, et ces deux partis à mon avis sont relativement plus progressistes que les 2 autres.

Aussi, à mon avis, des scrutins aux deux ans à peu près, je ne crois pas que ce soit forcément négatif.

Merci

[Répondre à ce message]

    quand l’instabilité a du bon..
    30 janvier 2006, par
    Isabelle   [retour au début des forums]


    Excellent point de vue. Vous avez bien raison, des élections plus fréquentes pourraient être un bon moyen d’empêcher un parti de s’installer trop confortablement sur les bancs gouvernementaux, comme on a vu les libéraux le faire cette dernière décennie. Mais il faudrait que cela s’accompagne d’un éveil citoyen : sinon, j’ai peur que les gens, fatigués, n’aillent simplement plus voter, et qu’on se retrouve avec de pires déficits démocratiques. Si on doit changer notre façon de faire de la politique, soit, mais les mentalités doivent changer aussi !

    Merci de contribuer à ma réflexion.

    [Répondre à ce message]

      > quand l’instabilité a du bon..
      31 janvier 2006   [
      retour au début des forums]
      Réforme électorale - D’anciens députés conseillent la prudence aux élus actuels


      Vous dites qu’il faudrait que cela s’accompagne d’un éveil citoyen ? En effet, combattre le cynisme et le je-m’en-foutisme croissants, vaste et nécessaire programme !

      En passant, avez-vous entendu parler de ce groupe d’anciens députés de l’Assemblée nationale qui s’opposent à des changements trop brusques au système électoral*, une réforme étant de plus en plus en voie d’être mise en oeuvre ? On y craint surtout l’« instabilité » présumée et le poids trop grand que de petits partis pourraient avoir au parlement.

      Selon l’ineffable ex-ministre péquiste Jacques Brassard, qui n’a jamais fait mystère depuis qu’il est simple citoyen de son mépris condescendant envers la gauche québécoise dans des chroniques du journal Le Quotidien, « les députés jugent que la stabilité et la cohérence de la gouvernance sont plus importantes que la représentation mathématiquement fidèle des divers partis en lice ».

      En tout cas, je trouvais jusqu’ici les péquistes plutôt discret sur le projet de réforme envisagée par le Parti Libéral du Qc, réforme dont on dit qu’elle favoriserait le PLQ par la suite. Or, les péquistes semblent maintenant de réveiller et se mouiller dans le dossier, eux qui ont depuis 30 ans dans leur programme la réforme du mode de scrutin, jugé "démocratiquement infect" par René Lévesque. Mais il semble que les bonzes actuels du PQ d’aujourd’hui préfèrent ne pas trop favoriser l’envol d’une certaine concurrence à gauche...

      Tiens, qu’en pensent les Syndicalistes et Progressistes pour un Qc Libre (SPQ-Libre), un club politique progressiste du PQ se présentant comme le chien de garde du programme adopté en juin 2005 ?...

      *

      [Répondre à ce message]

      > quand l’instabilité a du bon..
      31 janvier 2006   [
      retour au début des forums]


      voici l’article du Devoir que je voulais ajouter comme source annoncée par l’astérique, plus haut :

      http://www.ledevoir.com/2006/01/27/100708.html

      [Répondre à ce message]

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