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mardi 18 avril 2006 Homa Arjomand dénonce le multiculturalisme canadien et l’islamisme politique, par Élaine Audet
Lors de sa conférence à Montréal, le 11 avril dernier, Homa Arjomand s’est réjouie de la victoire remportée contre l’instauration de tribunaux religieux en Ontario, mais a recommandé la vigilance active face à la montée de l’islamisme politique au Canada et dans le monde. Arjomand est coordonnatrice de la campagne internationale contre les tribunaux de la Charia au Canada, présidente de Children First Now, coordonnatrice de la campagne pour la défense des droits des femmes en Iran. Elle a été élue femme de l’année 2005 par la Gazette des femmes du Conseil du statut de la femme du Québec et est lauréate du Prix Toronto humanist of the year, 2006. La conférence portait sur les obstacles que met l’islamisme politique radical sur le chemin du mouvement en faveur des droits des femmes et les règles qu’il cherche à imposer, et proposait des solutions pour enrayer cette menace envers les droits des femmes et la laïcité. Pour illustrer les conséquences du laxisme face aux revendications des fondamentalistes religieux, Mme Arjomand a rappelé les affaires récentes de la reconnaissance légale de tribunaux islamiques au Canada, des caricatures de Mahomet, du lieu de prière de l’École de technologie supérieure de Montréal, du port du kirpan, du turban, du voile, des revendications pour légaliser la polygamie, de la pratique de l’excision, des crimes d’honneur. Pour Arjomand, le plus grand obstacle au développement des droits des femmes est sans contredit la politique du multiculturalisme canadien, qui empêche toute intégration des minorités ethniques et les condamne à vivre isolées dans des ghettos où les femmes sont soumises aux diktats religieux et patriarcaux d’un autre âge et séquestrées dans le domaine familial où le mari règne en maître absolu. Au nom de la tolérance, on donne le feu vert à l’intolérance, a-t-elle déclaré. Par peur d’être qualifié-es de racistes, d’islamophobes, on ferme les yeux sur la réintégration progressive de la religion dans l’État et le domaine public, permettant ainsi au fondamentalisme politique de gangrener les États de droit laïques et d’imposer ses propres lois fondées sur la préséance de la religion et la subordination des femmes et des enfants aux "chefs de famille". Pour la militante, il s’agit là d’un accommodement déraisonnable et dangereux. La conférencière a rappelé avec émotion comment elle a dû fuir l’Iran par les montagnes avec son compagnon et ses deux enfants pour ne pas subir le sort de ses ami-es, exécuté-es par le régime islamique et a suggéré différentes formes d’action, telles que la signature des pétitions sur son site, l’envoi de lettres à nos député-es et ministres, la participation aux diverses tribunes d’opinion, la lutte dans toutes les instances contre le financement des écoles privées et pour la défense des écoles publiques et de la laïcité. Arjomand insiste sur la nécessité de s’opposer à l’ingérence de toutes les religions dans le domaine public, aussi néfastes les unes que les autres en ce qui concerne les droits des femmes et l’éducation des enfants. Pour elle, il ne doit y avoir qu’une loi pour toutes et tous, et la religion doit rester du domaine privé et séparée de l’État. À lire : Vida Amirmokri, Homa Arjomand, Élaine Audet, Micheline Carrier, Fatima Houda-Pepin, Des tribunaux islamiques au Canada ?, éditions Sisyphe, 2005. Mis en ligne sur Sisyphe, le 16 avril 2006. Commenter ce texte ![]() © Sisyphe 2002-2014 |
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