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Sida, la dernière violence faite aux femmes

28 novembre 2004

Toute mesure contre le VIH/sida n’intégrant pas l’égalité des sexes est
condamnée à l’échec, affirme un rapport conjoint de l’ONUSIDA, de
l’agence de l’ONU pour les femmes et de l’UNFPA, qui révèle que 48% des
personnes touchées par le sida sont désormais des femmes, et qui plaide
pour la lutte contre la violence à l’égard des femmes et le renforcement
de leurs droits patrimoniaux.

« Notant que les femmes représentent désormais près de la moitié des
personnes infectées par le VIH, le rapport illustre l’impact dévastateur
et souvent invisible du sida sur les femmes et les jeunes filles, et
souligne la façon dont la discrimination, la pauvreté et la violence
contre les femmes contribue à la propagation de l’épidémie », indique un
communiqué du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida, publié
à l’occasion de la XVe Conférence sur le sida qui se tenaitmà Bangkok en Thaïlande en juillet dernier.

Le rapport, intitulé « Les femmes et le VIH/sida : Confronter la crise », préparé par l’ONUSIDA, le Fonds de développement des Nations Unies
pour la femme (UNIFEM) et le Fonds des Nations Unies pour la population
(UNFPA), révèle que près de 48% des adultes vivant avec le VIH sont des
femmes, ce qui représente un accroissement de 35% depuis 1985.
« Aujourd’hui, 37,8 millions de personnes sont infectées dans le monde :
17 millions d’entre elles sont des femmes. La situation est encore plus
alarmante en Afrique sub-saharienne, où la proportion est de 57%.

Les jeunes femmes africaines entre 15 et 24 ans ont trois fois plus de
risques d’être infectées que les hommes dans la même tranche d’âge »,
précise le communiqué, tandis que le porte-parole de l’ONU, Fred
Eckhard, a indiqué aujourd’hui qu’un rapport du PNUD, révélait que la
crise du sida avait réduit l’espérance de vie dans de nombreux pays
africains à moins de 40 ans, ce qui en fait le principal facteur du
déclin du développement humain en Afrique. Le Rapport sur le
développement humain pour 2004 du PNUD, le Programme des Nations Unies
pour le développement, sera publié vendredi prochain.

Sans stratégie contre le sida spécifiquement adaptée aux femmes, il n’y aura pas de progrès dans la lutte contre la maladie, précise par ailleurs le communiqué d’ONUSIDA : « Les femmes sont moins informées que les hommes quant à la prévention, et ce qu’elles savent est souvent inutile en raison de la discrimination et de la violence qu’elle doivent affronter ».

« L’approche "ABC" - Abstain, Be faithful, use Condoms (s’abstenir,
être fidèle, utiliser des préservatifs) - n’est pas un moyen de
prévention suffisant pour les femmes et les jeunes filles », a déclaré
le directeur exécutif de l’UNFPA, Thoraya Obaid.

« L’abstinence n’a pas de sens pour les femmes qui ont des relations
sexuelles sous la contrainte. La fidélité n’offre que peu de protection
aux femmes dont les maris ont plusieurs partenaires, ou qui ont été
infectés avant le mariage, et les préservatifs requièrent la coopération
des hommes », a-t-elle poursuivi.

Le rapport présente ainsi l’expérience de Kousalya Periaswamy, une jeune
femme indienne, veuve et séropositive à 19 ans d’un mari qui ne lui a
révélé qu’il était infecté que quelques semaines après leur mariage, et
qui a défié la désapprobation sociale pour encourager les femmes
séropositives à prendre la parole.

« L’épidémie ne sera pas renversée tant que les gouvernements ne
fourniront pas aux femmes les ressources nécessaires à la défense de
leurs droits à la santé en matière de reproduction », a précisé Mme Obaid.

Lire le communiqué intégral

Source : le Centre de nouvelles ONU

- Lire également :

*Sida : Annan apporte son soutien aux femmes.
*Journée mondiale contre le sida 2004 : Femmes, filles, VIH et Sida
*Sida, la dernière violence faite aux femmes
*Journée mondiale du sida : la dangereuse féminisation de l’épidémie
*La pandémie du sida s’est féminisée
*Dossier de Cyberpresse

« (...) Un nombre croissant de femmes apprennent leur séropositivité souvent à l’occasion d’une grossesse car on leur propose systématiquement un test de dépistage, alors que les hommes qui les ont contaminés ne sont pas dépistés et continuent de contaminer d’autres femmes sans que personne ne s’en préoccupe. Il faut rappeler qu’une femme est plus vulnérable qu’un homme face au Sida, d’abord physiologiquement, le risque de transmission de l’homme vers la femme est de 6 à 8 fois supérieur que de la femme vers l’homme (la concentration de virus dans le sperme est importante, et la muqueuse vaginale, retenant le sperme plusieurs heures, voire plusieurs jours et pouvant comporter des micro lésions, facilite l’entrée du virus dans l’organisme). La grande vulnérabilité des femmes vient encore des rapports sociaux de domination homme/femme : les rapports sexuels forcés où l’homme n’utilisera pas de préservatifs ; le refus d’utiliser un préservatif même si sa partenaire le demande ; le pouvoir masculin sur des jeunes femmes/ filles peu informées, ou trop timides pour exiger un préservatif ; l’inconscience de certains hommes bisexuels face au sida (ne se vivant pas comme des homos, le sida ne les concerne pas) ; l’échangisme, que certaines femmes pratiquent pour faire plaisir à leur homme. Il faut rappeler aussi que le préservatif féminin existe, qu’il est très efficace, mais qu’il est peu connu, trop cher.

Pour toutes ces raisons, on assiste à une féminisation de l’épidémie, qui dévoile les limites de l’émancipation des femmes au niveau de la sexualité (...) » Lire l’article intégral

Mis en ligne sur Sisyphe, le 30 novembre 2004




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