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Pauline Marois, un choix responsable et prometteur

20 octobre 2005

par Élaine Audet, Pierrette Bouchard, Micheline Carrier et Johanne St-Amour

Personne ne croira que Pauline Marois est parfaite et, à notre connaissance, elle ne prétend pas l’être non plus.

Pour les signataires de ce texte, la députée de Taillon et son parti ne se situent pas suffisamment à gauche sur le plan social, bien que Pauline Marois ait affirmé à plusieurs reprises - avec sincérité, croyons-nous - que, si l’économie occupe à ses yeux une place essentielle dans la vie d’une société, elle ne saurait occuper toute la place et en être le seul moteur. Bref, tout ne doit pas lui être subordonné.

Pauline Marois est une membre influente d’un parti dont l’engagement social a rétréci comme peau de chagrin en quelques décennies, un parti qui s’est tourné progressivement vers les puissances financières et qui ressemble, à quelques nuances près, aux autres partis néolibéraux.

Toutefois, jamais on n’a vu Pauline Marois exprimer du mépris à l’égard des plus pauvres de cette société comme l’a fait, par exemple, le candidat à la direction du PQ en avance dans les sondages, qui avait dit, lors de l’adoption de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale : « Pourquoi pas une loi contre la pluie ? »

Pauline Marois est la femme politique à l’origine des garderies à 5$, une mesure fort importante pour la société québécoise. Elle a aussi instauré la maternelle à plein temps et a mis sur pied des programmes de réinsertion sociale à l’aide sociale (bourses, stages). Son intérêt pour l’éducation ne s’est jamais démenti.

Photo : Assemblée nationale du Québec

En outre, les engagements passés de la députée de Taillon témoignent bien de ses intérêts communautaires variés et constants, par exemple : collaboration à la mise sur pied de l’Association des coopératives d’économie familiale (ACEF) de l’Outaouais (1970), participation à la création de CFVO, la première coopérative de télévision au Québec (1973), membre du bureau de direction de l’Association Québec-France (1978-1979), membre d’Amnistie Internationale (1989). Elle a également participé au démarrage du Forum sur l’emploi à Montréal (1989).

Pauline Marois nous semble la personne la plus apte à assumer les fonctions de cheffe du Parti québécois et éventuellement de future première ministre. Non en soi parce qu’elle est une femme, mais à cause de son expérience, de ses capacités éprouvées et de sa personnalité. Ayant fait ses premières armes dans les groupes sociaux, elle a toujours lié le projet d’indépendance du Québec à un projet de société fondé sur l’égalité entre les hommes et les femmes ainsi que sur la justice sociale. Dans tous les ministères qu’elle a occupés, elle s’est d’ailleurs souciée de faire progresser la cause de l’égalité. Elle n’a jamais fait mystère de ses convictions féministes et y a été fidèle contre vents et marées.

En dirigeant avec brio une dizaine de ministères parmi les plus importants et en contribuant à redresser le fonctionnement de ministères en crise, Pauline Marois a montré qu’elle possède les qualités requises pour exercer le pouvoir et mener à bien ses priorités. Elle a également joué un rôle majeur pour faire amender la Constitution canadienne afin d’y inclure la transformation des commissions scolaires confessionnelles en commissions scolaires linguistiques au Québec.

La députée de Taillon est une personne pragmatique qui croit profondément en des valeurs fondamentales et en des idéaux partagés par toutes les générations. Dans la force de l’âge, elle nous inspire confiance parce qu’elle possède, outre une pleine maturité personnelle et politique, un sens aigü des responsabilités. Elle ne perd pas de temps à "surfer" sur son image ni à déplacer du vent. Elle avance prudemment et ne promet que ce qu’elle se sait capable de réaliser. Outre leadership et réalisme, on lui reconnaît le souci d’autrui, un penchant pour la concertation et la conciliation, des convictions et la fidélité à ses engagements - personnels, féministes, indépendantistes et autres. Ne sont-ce pas là des atouts majeurs pour une future cheffe de parti et peut-être cheffe d’État ?

L’engagement passionné et constant de Pauline Marois envers son parti, dont elle a été vice-présidente et présidente de l’exécutif national, ne fait pas de doute aux yeux des militants et des militantes péquistes de longue date. Des personnalités comme Marie Malavoy, Pierre Paquette, Jocelyne Caron, Jean-Pierre Charbonneau, Jonathan Valois et plusieurs autres ont expliqué pourquoi la députée de Taillon leur paraissait la plus apte à diriger le Parti québéois et à réaliser son projet d’indépendance. Quel candidat à la direction du PQ pourrait se réclamer, plus que Pauline Marois, de cette jeunesse véritable qui se caractérise par l’audace et la capacité de relever sans cesse de nouveaux défis, en puisant dans sa vaste expérience ? La candidate à la direction du PQ a démontré qu’elle pouvait défendre ses projets avec une combativité qui repose non seulement sur ses idées, ses convictions et sa détermination, mais aussi sur des études et des analyses.

On a reproché à Pauline Marois d’être ambitieuse. L’ambition est-elle devenue un défaut depuis que des femmes font de la politique et aspirent à des postes de haute direction ? Pourquoi serait-elle un défaut chez Pauline Marois et pas chez les autres aspirants à la direction du Parti québécois ? On lui a aussi reproché d’avoir exprimé la nécessité d’une course à la chefferie, alors que Bernard Landry tergiversait depuis deux ans à savoir s’il se retirerait ou non, et d’avoir annoncé trop tôt son intérêt pour la direction du parti quand le chef a démissionné. Autrement dit, on lui reproche d’avoir été franche et d’avoir dit tout haut ce que plusieurs membres de son parti murmuraient en coulisses avant d’oser l’exprimer publiquement.

Le Parti québécois a besoin d’une personne comme Pauline Marois pour mener à bien le projet qu’il peaufine depuis longtemps. Le Québec aura besoin d’elle pour revenir à un meilleur équilibre entre le social et l’économique et pour faire avancer la cause de l’égalité entre les hommes et les femmes. Les féministes de toutes tendances, qu’elles soient péquistes ou non, ne trouveraient-elles pas en l’élection de Pauline Marois à la direction du Parti québécois un encouragement à leur volonté de voir les femmes en politique jouir des mêmes chances que les hommes d’accéder à des postes de responsabilité supérieurs ?

Les hommes et les femmes membres du Parti québécois sont des gens sérieux et réalistes. Nous croyons qu’ils dépasseront la frontière des sexes, les apparences, les préjugés et les querelles futiles pour choisir la plus expérimentée et la plus apte des candidat-es à assurer l’avenir de leur parti et du Québec.

- Photo officielle et biographie : Assemblée nationale du Québec.

- « Lettre à Pauline Marois », par Lise Payette, chroniqueure politique au Journal de Montréal
- Le facteur "sexe" dans la course à la direction du Parti québécois

Mise en ligne sur Sisyphe, le 28 septembre 2005.

Élaine Audet, Pierrette Bouchard, Micheline Carrier et Johanne St-Amour

P.S.

Suggestions de Sisyphe

- Pauline a un-je-ne-sais-quoi
- « Lettre à Pauline Marois », par Lise Payette, chroniqueure politique au Journal de Montréal
- La vie politique devant soi
- L’intérêt supérieur de la nation
-  Le Parti québécois a besoin d’une femme, dit Marie Malavoy, Le Devoir et La Presse canadienne, 10 septembre 2005.
- Dure charge de Lebel contre Marois et Boisclair, La Presse canadienne, 10 septembre 2005.
- Appuis à Pauline Marois
- Pour une "vraie" nouveauté au PQ
- Ah ! si elle était un homme, par Évelyne Tardif, Le Devoir, 30 septembre 2005.
- Le site de Pauline Marois




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