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Appel à l’action
L’Association canadienne des centres contre les agressions sexuelles réclame des politiques contre le commerce du sexe

29 novembre 2005

Nous, de l’Association canadienne des centres contre les agressions à caractère sexuel (ACCCACS), qui unit plus de cinquante centres anti-viol partout au pays, avons conclu lors de notre assemblée générale d’avril 2004 que l’optique de décriminalisation-légalisation que favorise présentement le sous-comité [chargé de l’examen des lois sur le racolage] n’assurerait pas la dignité ou même la sécurité de base des femmes aux prises avec la prostitution. Nous insistons sur la nécessité d’obtenir des politiques et des lois axées sur l’abolition du commerce mondial de la prostitution et non sur sa légalisation.

À titre d’organisatrices luttant contre la violence sexuelle, nous sommes
quotidiennement redevables à des femmes qui tentent de survivre à leur position dans la prostitution. Nous disons qu’en légitimant ce commerce du sexe, le Canada aggraverait ce danger. Des jeunes de quatorze ans vont continuer à être recruté-es par des prédateurs et des profiteurs sexuels pour cet « emploi », ce « travail du sexe », avant d’avoir la moindre notion de ses conséquences. Les femmes pauvres du monde vont continuer à être trafiquées vers les hommes du premier monde.

S’il n’est pas arrêté par l’inquiétude populaire, le Parlement canadien se prépare à protéger les intérêts qui exploitent le trafic planétaire des femmes et des enfants. Des hommes vont continuer à violer impunément les femmes et leurs droits, qu’il s’agisse des commerçants internationaux ou des hommes qui, par leur achat, dans leur quartier, dans un « red light » ou dans quelque destination touristique, réclament ce commerce.

Nous disons que les véritables solutions de rechange consistent à veiller à la réduction de la dette du Tiers-monde et à rétablir les droits économiques des gens à un niveau de vie décent, par une forme ou une autre de revenu garanti acceptable, en alliant des soins de santé publics et une éducation publique au réseau de soutiens sociaux essentiel à une société viable. Quant à l’équité salariale, elle devrait aller sans dire. Nous disons aussi que la sécurité des gens pourrait être améliorée par des services appropriés de police et par une imputabilité des policiers quant à toutes les formes de violence masculine à l’endroit des femmes, y compris la prostitution.

Chaque victime de la violence masculine, y compris les personnes prostituées, a besoin d’être assurée d’une protection contre ses agresseurs et a besoin d’être traitée avec dignité par les autorités. Comme les femmes sont amenées à la prostitution par la pauvreté et par la violence, ce n’est qu’en s’attaquant à ces problèmes que l’on peut traiter la prostitution. Un service de police acceptable et imputable appuierait les femmes attaquées, qu’elles le soient par un mari, un père, un amant, un fils, une connaissance ou un étranger, sans égard aux arrangements économiques qui les lient. Un tel service ne tolérerait pas de mesures de déjudiciarisation comme les engagements inefficaces à garder la paix, les ordonnances de protection, l’application de la Charia ou d’autres tribunaux religieux, les tribunaux familiaux ou les programmes d’éducation des « clients ».

Parmi la combinaison de politiques qui nous paraissent essentielles pour entraver la prostitution, il importe d’abord de mettre fin à la façon dont le sous-comité manipule la compassion qu’éprouvent la plupart des Canadiennes et des Canadiens face à la condition des femmes agressées dans la prostitution. Si l’on supprime les limites encore imposées à l’industrie et à la suprématie masculine, toute ville ou administration municipale qui cherche à réglementer la sécurité verra ses efforts bloqués par l’accusation d’être en train de créer une loi de façon détournée. Les politiques adoptées par l’ACCCS sont affichées sur son site.

Nous vous invitons nous aussi à téléphoner ou écrire à votre député(e) ou aux chefs de parti pour réclamer un débat clair et approfondi, fondé sur des faits vérifiables, à la Chambre des communes. Nous vous incitons également à écrire aux journaux pour ajouter à la pression populaire.

Lee Lakeman
Porte-parole de l’ACCCACS
Site

Mis en ligne sur Siyphe, le 28 novembre 2005.

P.S.

Suggestions de Sisyphe

Adresses utiles

* Adresse du premier ministre, M. Paul Martin : pm@pm.gc.ca
* Adresse du ministre la Justice, M. Irwin Cotler : webadmin@justice.gc.ca
* Adresse de la ministre Liza Frulla, Condition féminine Canada : Frulla.L@parl.gc.ca
* Adresse du chef de l’opposition, M. Stephen Harper : Harper.S@parl.gc.ca
* Adresse du chef du NPD, M. Jack Layton : Layton.J@parl.gc.ca
* Adresse du chef du Bloc québécois, M. Gilles Duceppe : Duceppe.G@parl.gc.ca
* Pour trouver les coordonnées de votre député-e, voir liste des député-es.

Documents

* Dossier prostitution sur Sisyphe
* Document de travail du Regroupement québécois des CALACS
* Oui à la décriminalisation des personnes prostituées, mais non à la décriminalisation de la prostitution. Pétition de Sisyphe.
* La lettre-type de la CLES à envoyer vous-même à votre député-e.

Dans les librairies :

- Rose Dufour, Je vous salue... Le point zéro de la prostitution, éditions Multimondes, 2005.
- Élaine Audet, Prostitution, perspectives féministes, Sisyphe, Montréal, 2005.
- Yolande Geadah : La prostitution, un métier comme un autre ? Montréal, 2003, VLB éditeur
- Richard Poulin, La mondialisation des industries du sexe. Prostitution, pornographie, traite des femmes et des enfants, Ottawa, 2004, éditions L’Interligne.




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