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Changer une convention sociale néfaste : la pratique de l’excision/mutilation génitale féminine

23 décembre 2005

par Centre de recherche Innocenti, UNICEF

Chaque année, trois millions de filles et de femmes subissent l’excision/mutilation génitale, intervention dangereuse, voire mortelle, ainsi que source de douleurs et de maux indicibles. Cette pratique viole les droits humains fondamentaux des filles et des femmes car elle les prive de leur intégrité physique et mentale, de leur droit à une existence exempte de violence et de discrimination, et dans le pire des cas, de la vie même.

La question de l’excision/mutilation génitale féminine (E/MGF) concerne le monde entier. Cette pratique a lieu non seulement dans certaines communautés
d’Afrique et du Moyen-Orient, mais également au sein des communautés d’immigrés à travers le monde. En outre, des données récentes ont révélé qu’elle est bien plus répandue qu’on ne pensait. Aujourd’hui encore, elle constitue une des violations des droits humains les plus obstinées, les plus agressives et les plus soumises à la loi du silence.

Ce Digest Innocenti* examine la dynamique sociale de l’E/MGF. Dans les communautés où elle est pratiquée, l’E/MGF détient un rôle important au niveau
de l’identité culturelle et de genre des femmes et des filles. Le procédé transmet un sentiment de fierté, d’entrée dans l’âge adulte et d’appartenance à la communauté. De plus, le refus de s’y conformer stigmatise et isole les filles et leurs familles, entraînant la perte de leur statut social. Il s’agit d’une convention sociale profondément enracinée si puissante que, sous la pression de la communauté, c’est pour le bien de leurs filles que les parents souhaitent qu’elles soient excisées. Le poids social de l’E/MGF représente un obstacle majeur pour les familles qui sinon choisiraient peut-être de renoncer à cette pratique [...]

Marta Santos Pais, directrice du Centre de recherche Innocenti

Téléchargez ce Digest Innocenti en format PDF sur le site de l’UNICEF.

* Le Centre de recherche Innocenti de l’UNICEF, situé à Florence, en Italie, a été créé en 1988 pour renforcer le potentiel de recherche du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et soutenir son engagement en faveur des enfants du monde entier. Le Centre (connu officiellement sous le nom de Centre international pour le développement de l’enfant) contribue à déterminer et à approfondir les domaines d’activité de l’UNICEF présents et à venir. Ses principaux objectifs consistent à améliorer la compréhension internationale des questions liées aux droits des enfants et à faciliter la pleine application de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant tant dans les pays industrialisés que dans les pays en développement. Les Digests Innocenti sont produits par le Centre dans le but de fournir des informations fiables et accessibles sur des questions spécifiques concernant les droits des enfants.

Source : Publication Innocenti, 2005, UNICEF - Site.

Centre de recherche Innocenti, UNICEF

P.S.

Suggestions de Sisyphe

- Les mutilations génitales féminines, une forme extrême de violence faite aux femmes, par Aoua Bocar Ly, sociologue
- Dossier sur l’excision (afrik.com)
- Des exciseuses d’Abidjan déposent leurs couteaux , par Fulgence Zamble, IPS.
- Le plan d’action du Québec pour contrer les mutilations génitales féminines se fait attendre.




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