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Taux de pauvreté et femmes autochtones assassinées - L’ONU demande au Canada de soumettre un rapport

25 novembre 2008

par l’AFAI

(Ottawa, le 24 novembre 2008) - Un organisme clé de surveillance des droits de la personne de l’ONU vient de publier un rapport extrêmement critique sur la performance du Canada en matière de droits humains des femmes. Le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes de l’ONU (Comité de la CEDEF) a examiné le respect par le Canada de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et publié ses observations finales cette semaine à Genève. Le Canada devrait lui faire rapport dans un an quant aux mesures prises pour remédier aux taux inadéquats d’aide sociale dans l’ensemble du pays et l’échec des organismes chargés de l’exécution de la loi à intervenir dans les disparitions et les assassinats de filles et de femmes autochtones.

« Le Canada doit faire beaucoup plus pour s’acquitter de ses obligations relatives aux droits humains des femmes », déclare Shelagh Day, présidente du comité des droits de la personne de l’Alliance canadienne féministe pour l’action internationale (AFAI). « Même s’il en a amplement les moyens, le Canada a échoué à réaliser ces droits ».

« La pauvreté des femmes au Canada est au coeur des préoccupations du Comité », explique Leilani Farha, coprésidente de l’AFAI. Elle ajoute : « Le Comité de la CEDEF a conclu que les taux d’aide sociale sont beaucoup trop faibles pour permettre aux femmes et à leurs enfants de se loger et se nourrir de manière adéquate. Il a recommandé au Canada d’élaborer des normes uniformes pour l’aide sociale dans toutes les régions du pays, et de s’assurer que les taux d’aide sociale leur garantissent un niveau de vie suffisant ».

« Le niveau très élevé de violence envers les femmes autochtones a particulièrement choqué le Comité », révèle Sharon McIvor, dirigeante autochtone et coprésidente de l’AFAI. « Il a pressé le Canada de faire enquête dans les cas des 511 femmes et filles autochtones disparues ou assassinées et de remédier aux lacunes du système d’application de la loi. Les mauvaises conditions sociales et économiques des femmes autochtones au Canada préoccupent également grandement le Comité qui a recommandé l’élaboration d’une stratégie globale pour pallier leur pauvreté, leurs faibles niveaux de scolarisation, leur mauvaise santé et leur manque d’accès à l’eau potable et à des logements décents »

Le Comité a relevé que le Canada ne s’acquittait pas adéquatement de ses engagements envers les droits humains des femmes dans les domaines suivants :

  • nombre insuffisant de places en garderie et de logements abordables,
  • accès à l’aide juridique civile,
  • manque de services et de maisons d’hébergement pour les femmes et les filles victimes de violence,
  • annulation du Programme de contestation judiciaire,
  • sous-représentation des femmes dans la vie publique,
  • persistance des inégalités dans le marché du travail, particulièrement pour les femmes racisées,
  • mauvais traitement des femmes et des filles purgeant une peine de ressort fédéral
  • et élimination du financement de Condition féminine Canada pour la revendication de droits par les organisations de femmes.

    « Le Comité de la CEDEF exige de véritables pas en avant, constate Louise Riendeau, membre du comité de direction de l’AFAI. C’est aussi ce que nous souhaitons. L’AFAI veut rencontrer le plus tôt possible le premier ministre Stephen Harper et la ministre responsable de la condition féminine, Helena Guergis, pour discuter d’un processus de mise en oeuvre ».

  • Voir aussi : "Documentation sur les observations finales du Comité de la CEDEF"
  • Information : Louise Riendeau
    514-878-9134 poste 223 (cellulaire 514-220-1057)

    Source : l’AFAI.

    Mis en ligne sur Sisyphe, le 24 novembre 2008

  • l’AFAI


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