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Vingt ans de combat contre le voile : 1989-2009

22 juin 2009

par Dre Michèle Dayras, présidente de SOS-SEXISME

SOS SEXISME ne peut que se réjouir de voir le problème gravissime du voile islamique devenir, à nouveau, un sujet de débat pour l’ensemble de la société française – en dépit de la honteuse tolérance que les pouvoirs publics de tous bords lui accordent depuis 20 ans !

Notre association, créée en 1988, n’a cessé depuis 1989 de tirer la sonnette d’alarme (réunions, tracts, courriers, courriels, fax, pétitions, lettres ouvertes) sur la signification et les risques pour les droits des femmes, du port du hidjab et de ses dérivés (tchador, niqab, burka), expression de "la peste misogyne" et de la "haine et du mépris du féminin", selon Françoise d’Eaubonne, Secrétaire générale de SOS Sexisme.

Dès 1989, lors de la polémique du « Voile de Creil », Michèle Dayras, présidente, a organisé une réunion des associations féministes à la Maison des femmes de Paris, pour dénoncer le danger de l’arrivée de filles voilées à l’école qui ferait reculer les droits de toutes les femmes de France. Les musulmanes présentes n’entendaient pas un tel discours ; elles l’ont traitée de fasciste, de lepéniste… Ce n’est que beaucoup plus tard (trop tard ?) qu’elles se sont ralliées à notre combat.

En 1991, nous avons fait parvenir à qui de droit nos « Propositions législatives paraissant urgentes », dans lesquelles figurait « l’interdiction du hidjab dans les lieux publics sur le territoire français ».

Telles étaient aussi les mises en garde prononcées par Françoise d’Eaubonne dans « Le voile, NON ! » où elle répondait, en 1994, aux rédactrices des Cahiers du Féminisme qui défendaient le voile comme "différence culturelle"...

En janvier 1999, un fax urgent fut envoyé par Michèle Dayras à la Ministre déléguée à l’Education Nationale, Ségolène Royal : « Non au voile à l’école ! » : « Le port du voile à l’école n’est pas neutre. C’est une manifestation religieuse, directement issue du Coran et discriminatoire pour les femmes et les fillettes. Il s’agit d’un pas de plus effectué par l’islam en France, pays pourtant laïque, à travers ce symbole de leur servitude et de leur marginalisation. Comment pouvons-nous accepter un tel affront à nos lois démocratiques et laïques ? Nous connaissons le courage des femmes algériennes qui, chaque jour, même si elles risquent la mort, défient les intégristes en sortant non voilées. C’est au nom de ces milliers de femmes qui résistent à l’ordre patriarcal religieux et qui suivent ce qui se passe en Occident et tout particulièrement en France, que nous devons interdire le port du voile à l’école et dans tous les lieux publics, hors les mosquées ».

Il y eut d’autres articles :
« NON aux femmes voilées en dehors des lieux de culte ! » (2002) : « Porteur d’exclusion, le voile est totalement incompatible avec l’intégration citoyenne ».
« Lettre ouverte aux Politiques » demandant une Loi (2003) : « Il est temps que les Politiques aient pleinement conscience du danger de dérive communautaire que ces attributs vestimentaires traduisent et qu’ils prennent fermement position contre les signes ostentatoires d’une religion qui refuse de reconnaître aux femmes l’égalité des chances et l’égalité des droits ».

« Ni à poil, Ni en voile ! » (2003) : « Dans les sociétés où l’Islam impose son diktat, les femmes sont contraintes de se cacher de la concupiscence masculine pour pouvoir survivre ».

La « Lettre ouverte aux Maires » (2003) a été adressée pour qu’elle/ils reviennent au plus vite sur leurs décisions discriminatoires concernant les horaires aménagés pour les femmes de confessions musulmane ou juive dans leurs piscines communales, car « recréer sur notre territoire, l’apartheid sexuel tel qu’il existe dans les pays où l’islam a force de loi, avec son cortège de discriminations à l’égard des femmes, est une régression et une atteinte fondamentale aux droits de TOUTES les femmes ».

Elle fut suivie d’un autre courrier de Michèle Dayras « Merci Madame la Maire ! Merci Monsieur le Maire ! » (2003) qui insistait sur « la montée en puissance de l’Islam (qui) conforte les prérogatives et les privilèges masculins et personne ne semble le comprendre ou tout le monde feint de l’ignorer. Malgré les luttes des femmes et en contradiction totale avec les législations nationales et le droit international, les acquis des femmes régressent à une vitesse vertigineuse. Le danger n’est plus potentiel, il est réel et imminent : l’intégrisme musulman est prêt à rétablir, pour des lustres, l’enfermement et la soumission des femmes à la dictature religieuse la plus réactionnaire, misogyne et machiste qui soit  ».

En 2007 à l’occasion du procès de Fanny Truchelut, Michèle Dayras écrivait dans « Halte aux enfermements sexistes des femmes en France ! » : « Et si les femmes n’y prennent garde, ce qui leur arrivera prochainement sera très grave car l’offensive est réelle et planifiée. En effet, à travers la concurrence médiatique à laquelle elles font semblant de se livrer, les religions patriarcales oeuvrent de concert pour renforcer la place des femmes dans le giron de la famille et le pouvoir masculin sur les femmes. (Colloque 1997 / Palais des Congrès : ‘Islam et Occident’) ».

Enfin le 21 juin 2009, SOS Sexisme intervenait contre le port du voile intégral « NON à l’apartheid vestimentaire des Françaises musulmanes ! » : « Ces voiles ont pour finalité d’asservir les musulmanes, de leur rappeler qu’elles appartiennent aux hommes et au dieu qu’ils ont inventé à leur image, de les isoler, les marginaliser et les exclure, entraînant un véritable apartheid sexuel ».

Tolérer de plus en plus de femmes voilées en France, instrumentalisées par les extrémistes à des fins politiques, c’est condamner l’ensemble des femmes de ce pays à une régression, sans précédent, de leurs droits si durement acquis depuis la Révolution française, et c’est faire un affront aux générations de féministes dont le sang a parfois coulé dans ce long et difficile combat contre le patriarcat et vers l’égalité des sexes.

SOS SEXISME

  • Voir aussi : "Les femmes demandent réparation"

    Mis en ligne sur Sisyphe, le 22 juin 2009

  • Dre Michèle Dayras, présidente de SOS-SEXISME


    Source - http://sisyphe.org/article.php3?id_article=3346 -