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Repenser le multiculturalisme

9 octobre 2010

par Manon Cornellier, Le Devoir

Le Globe and Mail a profité de sa refonte graphique pour se donner une nouvelle mission : alimenter des débats de fond sur des enjeux de société. Premier dossier : le multiculturalisme. Et le résultat est jusqu’à présent très intéressant (

) et impossible à résumer en une seule chronique. Il a aussi tout pour susciter la curiosité de quiconque a suivi le débat sur les accommodements raisonnables au Québec.

Le quotidien ne cache pas ses couleurs et affiche même une teinte républicaine. Selon lui, le mot « multiculturalisme » a fait son temps et devrait être rayé de notre vocabulaire, car il a perdu tout son sens au fil de l’éternel débat sur ses avantages et inconvénients. Les nuances de la politique originale se sont perdues. De plus en plus de gens croient que son but est de célébrer la différence, donnant au nouvel arrivant l’impression qu’on cherche à l’enfermer dans une boîte. Le Canada, pense le Globe, doit recentrer le débat et « avoir le courage de bâtir une société autour du concept de citoyenneté. Les Canadiens ne devraient pas craindre d’articuler — pour ceux nés ici et ailleurs — ce qui définit le pays et d’avancer l’idée que la citoyenneté vient avec des responsabilités, pas seulement des droits. »

Le quotidien rappelle que le Canada compte plus d’immigrants per capita que tout autre pays, sauf l’Australie. La diversité qui en découle est un enrichissement, tient à souligner le Globe, mais le Canada ne devrait pas chercher, par souci d’accommodement, à reproduire les pays d’origine. Les immigrants doivent être informés, dit-il, de l’obligation d’apprendre une des langues officielles et de comprendre les garanties offertes par la Charte des droits et libertés en matière de religion, de liberté d’expression, mais aussi d’égalité des sexes. En contrepartie, le Canada a le devoir non seulement de recruter des immigrants instruits, mais de leur faire une place à la mesure de leurs talents. Le quotidien rappelle que les immigrants ne viennent pas ici pour reproduire leur ancienne vie, mais pour ce que représente le Canada, son mode de vie, ses institutions démocratiques, sa liberté, sa règle de droit et ainsi de suite. « Ces concepts fondamentaux ont beaucoup plus de résonance qu’un autre débat sur le sens du multiculturalisme. Le futur du Canada en dépend », conclut-il.

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du 9 octobre 2010.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 9 octobre 2010

Manon Cornellier, Le Devoir


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