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Un miroir bordé de feu

13 décembre 2021

par Élaine Audet


Être cette feuille son feu
sa folle incandescence
sa chute dans la beauté
au fond de toute mémoire

Elle cherche la palpitation familière
de l’air des feuilles et du vent
cette mélodie si secrète de ta main
sur toutes les cordes de sa vie

Le feu peut-il être fidèle
à ce qu’il éclaire de l’intérieur
à ce qu’il brûle en profondeur
dans l’embrasure de la nuit

La présence la plus précieuse
vient d’une aptitude unique
à voir ce qui échappe à la vue
le vide qui précède le poème

Parfois nos rêves et nos pas
dans le froissement des ailes
la splendeur incendiée de l’or
font le bruit sec d’un adieu

Après le long passage du vent
que reste-t-il de l’arbre nu
rien que pure passion d’être
et corps à corps avec l’infini

Aller toujours vers toi
d’un seul mouvement immense
de l’âme et du corps
son cœur à la pointe du possible

Si pour toi et pour elle la vie
paraît comme un rêve
et le rêve la vraie vie
aimer c’est vaincre le temps

Sa vie est une rencontre
une seule
et l’étincelle vive venue
la perpétuer

Goutte de l’instant
l’été la lumière
le ciel aux doigts
corps de plume

L’ampleur du vertige
la minceur du fil
la vie et ton sourire
revenu du vide

Où vont nos rêves l’aube venue
les rames du poème fouillent l’eau
pour suivre le soleil à la source
et n’oublier ni la trace ni le passage

Vivre l’errance l’enracinement
un miroir bordé de feu
un seul éclat de beauté
soudain lové dans l’infiniment là

Photo : ©Laetitia Portal

Mis en ligne sur Sisyphe, le 13 novembre 2021

Élaine Audet


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